Darier, J^ratigne dermatologique, I, p
CYTOLOGIE DES INEL\MMATIONS CUTANÉES
« Mais les filaments d’union, dont il vient d’être question, ne « sont qu’une portion d’un appareil filamenteux très développé « dans le corps muqueux de Malpighi. Ils représentent seule- (I ment la partie de cet appareil qui se projette en dehors de la « cellule. La partie de l’appareil filamenteux, incluse dans le « corps cellulaire, est plus développée, et plus complexe encore.
(f Les fibrilles de la zône corticale des cellules malpighiennes « sont parallèles entre elles ; mais il n’est pas rare de les voir « chevaucher les unes sur les autres. De ces fibrilles les unes « sont courtes, les autres sont longues.
« Les premières émergent du cortex d’une cellule donnée, « traversent l’espace clair qui entoure un des côtés de la cellule « (filaments d^inion) et pénètrent dans le cortex de l’élément « situé juste en regard. Les filaments courts relient donc les (( faces adjacentes de deux cellules situées en regard l’une de « l’autre.
« Les fibrilles longues se détachent du cortex d’une cellule « malpighienne, traversent l’espace clair qui sépare cet élément « de la cellule qui lui est adjacente (pont d’union) et pénètrent « dans le cortex de cette dernière. Loin de s’arrêter là comme « les fibrilles courtes, elles traversent de part en part cette h cellule, en passant au voisinage de son noyau ; elles abordent « un troisième élément et finissent par s’y perdre. Les fibres « longues prennent donc insertion sur deux cellules comme les « fibres courtes, mais, à l’inverse de ce que 1 on observe sur ces « dernières, les deux pôles d insertion de la fibrille ne sont « jamais situes sur les faces adjacentes de deux cellules adja- « centes » (Branca) (1).
Outre ces filaments il en existe d’autres c{ui au lieu d être rectilignes comme les précédents sont le plus habituellement spiralés. Ce sont les fibres spirales d’Merxheimer. Nous en reparlerons lorsque nous étudierons la cytologie des éléments épidermiques.
I. Hraiica, 7'm/Vê rrt/na/aw/r ch Poirier et Charpy, .Article
Peau, t. V, fascicule. 2 p. 777.
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Le slratwn gramdosum fait suite ù l’assise des cellules polyédriques. Il est formé de t à 4 assises de cellules losangiques à grand axe parallèle à la surface cutanée. Mais celles-ci ne sont qu insuffisamment nourries car à leur niveau les interstices intercellulaires deviennent extrêmement étroits. En effet les filaments d’union se raccourcissent et resserrent ces interstices, de plus ils se tassent à la périphérie de la cellule où ils vont se condenser en une membrane fenêtrée (Ranvier).En conséquence le noyau commence à s’atrophier et dans le corps protoplasmique appparaissent des granulations qui ont valu à cette couche son nom de stratum granulosum. Ce sont des granulations d’une substance appelée éleïdine par Hanvier et kératohyaline par les auteurs allemands. Le rôle de cette substance est assez discuté. Peut-être contribue-t-elle à la formation de la graisse épidermique et de la kératine ? (I).
Au niveau du stratum intermedium situé au-dessus du strat. granulosum les espaces intercellulaires sont complètement fermés. La nutrition des cellules épidermiques cesse; mais leur kératinisation ne fait encore que commencer car elles ne résistent qu’incomplètement à la digestion artificielle.
Les cellules du stratum lucidum ont un noyau nettement atrophié et les filaments épidermiques tassés à la périphérie de la cellule forment maintenant une coque complètement kératinisée, mais la graisse épidermique n’existe pas encore et cette couche reste incolore après action de l’acide osmique. L’éléïdine granuleuse s’est transformée en éléidiiie diffuse (éléidine proprement dite des auteurs allemands) qui diüère de la précédente
t. C’est l’opinion de Waldeyer qui donne à cette substance le nom de prokératine, mais Unna fait remarquer qu’il est des parakératoses dont la couche cornée présente des caractères identiques qu'il y ait ou non un stratum granulosum sous-jacent et que d’autre part celui-ci existe dans l’ichthyose fœtale où la couche cornée est dépourvue dégraissé épidermique. D’autre part Ranvier a montré que l’éléidine fait défaut chez les oiseaux et est propre aux mammifères. Chez certains d’eux, tel que le rat, l’éléidine existe aussi dans l’épithélium des muqueuses buccale, linguale et œsophagienne. Cf. Branca, toc. cil., p. 78.3et80o.
par certaines réactions tinctoriales et cpii se dispose en larges gontteleltes et non pins en fines granulations. Les cellules épidermiques s’aplatissent de plus en plus.
Enfin nous arrivons à la couche cornée, d’épaisseur extrêmement variable suivant les régions et suivant les sujets.
La kératinisation était déjcà complète au niveau de la couche précédente, mais elle ne contenait pas encore de graisse épidermique. Maintenant l’évolution de la cellule épidermique est terminée, ce n’est même plus une cellule, c’est une capsule très aplatie formée de kératine et renfermant une lanoline. La lamelle cornée est un élément mort, on ne retrouve môme des vestiges de son noyau que par certains artifices (1). Nous avons vu au chapitre de physiologie l’importance de la kératine et de la graisse épidermique. Nous n’y reviendrons pas ici.
La couche cornée comprend deux parties, l'une où les lamelles cornées étroitement imbriquées forment une couche cohérente (stratum corneum proprement dit), l’autre où les lamelles détachées par les actions extérieures desquament (stratum disjunctum).
3° Relations entre le corps réticulaire et l’épiderme. — Nous venons d’envisager successivement les deux assises qui constituent l’étage sus-dermique du revêtement cutané. Nous avons dit que Tune, la couche réticulaire, est la membrane vasculaire qui préside à la nutrition de l’autre, l’épiderme. Mais nous n’avons pas examiné comment le raccordement se fait entre ces deux assises.
Pour tous les auteurs classiques elles seraient séparées par une formation spéciale, la membrane basale. Voici la description qu'en donne Branca (2) ;
« Une membrane mince, brillante, transparente comme du « verre, sépare le derme de l’épiderme. L est la basement-mem-
1 . Hctterer {Comple-rend. Acad, des Sciences 1 9 février 1 883) a mis en évidence les noyaux dans la couche cornée en les colorant après 1 action des alcalis dilués.