Branca, Loc. cil., p
« branc de Toocl et Bowmann (18io), la membrana prima de « riensen, la membrane basale de Raiivier, la vitrée de c|uelc[ues « auteurs.
« Cette membrane, isolable sous ras[>ect d’une lame élastique « et cassante, apparaît comme une ligne foncée, sur les coupes « de tissus traités par l’alcool et l’acide osinique et parfois « comme une bande à. double contour. Son aspect homogène, sa t< réfringence plus considérable que celle du derme sous-jacent, « la caractérisent autant que sa minceur (1 à 2 p.). Elle n’acquiert « une épaisseur plus considérable qu’au* niveau des dérivés « épidermiques (poils, glandes sudoripares) ».
Sur nos préparations concernant des fragments de peau saine tantôt nous n’avons rencontré aucune formation rappelant la membrane basale, tantôt et plus souvent nous avons observé une formation conjoiictivo-élastiqiie plus ou moins nettement individualisée plus é[iaisse au niveau des dérivés épidermiques qu’au niveau de l’épiderme proprement dit et qui correspond topographiquement à la membrane basale.
Nous soutenons que c’est une formation conjonctive. Voici en effet ce que nous avons vu : les fibres collagènes du corps réticulaire, plus ou moins flexueuses, sont, dans leur direction générale à peu près perpendiculaires à la surface du corps réticulaire. Arrivées i\ la face inférieure de l’épiderme, elles changent de direction, se recourbent à angle droit, affectent une disposition horizontale et cheminent le long de cette face. Les fibres collagènes réfléchies à la face inférieure de la couche basilaire, ne la quittent plus et rampent le long d’elle en suivant exactement toutes ses sinuosités. Comme elles se comportent toutes de la même manière elles coiistiluent par leur ensemble une formation qui présente une physionomie particulière. Celle-ci est une lame mince, car toutes les fibres collagènes tendent à se placer au contact même des cellules épidermiques; c’est un feutrage très serré, car les fibres conjonctives sont très nombreuses en un espace restreint. Mais malgré son aspect spécial il est aisé de constater qu’il ne s'agit pas là d’une formation homogène et anbiste mais d’un treillis de collagène. Si, en effet, ou fait usage
du liquide de Vau (îieson ou de la double coloration à l’éosine et au vert lumière on constate deux laits : 1" il ne s’agit pas d’une membrane homogène mais d’un treillis constitué par de minces fibrilles tissées en une trame très serrée; 2" ces fibrilles se continuent avec les fibrilles conjonctives du corps réticulaire et elles en présentent toutes les réactions tinctoriales.
Dans ce feutrage collagène se disposent éventuellement des fibres élastiques. Elles sont particulièrement bien développées autour des glandes sudoripares.
Les cellules épidermiques de la couche basilaire sont serties par les fibres collagènes. Lorsque le pied des cellules germinatives est cylindroconique, plus encore lorsqu’il est découpé et ramifié, il est étroitement enlacé par les fibres conjonctives et il résulte de ces liens multiples une union solide entre les deux assises de l’étage sus-dermique. La cohésion de l’épiderme et du corps réticulaire est aussi facile à comprendre par celte disposition cjue par l’interposition d’une membrane basale. l\lieux d’ailleurs qu’une membrane basale continue et homogène, ce lacis conjonctif permet de comprendre la libre communication des espaces conjonctifs du corps réticulaire avec les espaces intercellulaires de répiderme. A travers les mailles du feutrage connectif le passage des plasmas transsudés et des leucocytes migrateurs peut facilement s’opérer. A travers ses mailles nous pouvons comprendre la pénétration dans l’épiderme de terminaisons élastiques (Balzer (1), Schütz (2) musculoiendineuses (Podwysosski) et des fibres nerveuses qui s’y terminent en grand nombre.
En résumé nous constatons sur nos préparations que funion de la couche réticulaire et de l’épiderme s’effectue par l'intermédiaire d’un réseau conjonctif à mailles serrées. Celui-ci est en continuité avec le réseau collagène de la couche réticulaire, dont
1. Malzer. Itechcrclies techniques sur le tissu élastique. Archives de physiologie, 1882, t. X, p. 1314.
2. Schütz. tleher den Nachweiss eiues Zusammeuliagesder Kpithelien. Archiv /. Derm. u. Syph. 18U0, t. XXX\I, p. lit.
il n’est qu’une dépendance, et il sertit, une à une, chaque cellule épithéliale.
Une union solide de la couche réticulaire de l’épiderme est donc bien assurée par ce feutrage connectif.
D’autre part, les mailles de ce réseau conjonctif permettent le passage de filets nerveux, de leucocytes migrateurs et de liquides plasmatiques. Les échanges multiples, entre la couche réticulaire et l’épiderme, nécessaires à la nutrition de ce dernier sont donc faciles à comprendre grùce à ce dispositif anatomique.
Nous sommes donc tentés de croire que la membrane basale des auteurs classiques n’est autre que la formation conjonctive que nous venons de décrire. Cela est d’autant plus vraisemblable que la description de la membrane basale repose principalement sur des fragments cutanés traités par l’alcool qui est, comme on le sait, un mauvais fi.xateur du tissu conjonctif.
Nous n’oserions pas toutefois l’affirmer expressément, en effet voici comment Ruffini s’exprime à son sujet : « Tandis que tout « le monde admet la membrane basale chez les vertébrés infé- « rieurs parce qu’elle est anatomiquement démontrable, quel- « ques-uns la nient chez les Vertébrés supérieurs. Nous consi- « dérons comme erronée l’opinion de ces derniers. S’il est vrai « que cette membrane, chez les Mammifères et chez l’Homme « n’est pas démontrable anatomiquement, elle l’est et clairement « par des moyens chimiques ».
Notre travail ayant pour but l’étude des modifications morphologiques qu’éprouvent les éléments constitutifs de la peau au cours des inflammations cutanées, l’opinion de ce partisan de la membrane basale nous suffit, car nous n’avons pas à rechercher quelles peuvent être les modifications anatomiques d’une formation qui n’est pas anatomiquement démontrable.
4“ Relations entre le corps réticulaire et la lame fibreuse dermique. — Les relations entre la couche réticulaire et la lame fibreuse dermique sont bien plus intimes encore que celles
f. Ruffini. Sur les expansions nerveuses de la peau (1905). Revue d histologie, t. I, fascicule 3, p. 426. Note au bas delà page.
iluboiis Duval ^
qui existent entre la couche réticulaire et répiclerme car il n’y a meme pas de limite nette mais bien au contraire continuité de tissu. En effet les capillaires artériels du cori)S réticulaire lui viennent du derme, les capillaires veineux et lyniphaliques y retournent. Les plexus vasculaires mêmes sont à la limite des deux couches et contribuent encore à l'eiraccr car ils écartent les faisceaux conjonctifs et les fortes fibres élastiques du derme en même temps qu’ils s'entourent d’une gaine péritbéliale de tissu réticulé. Les faisceaux conjonctifs ainsi écartés et dissociés se recourbent de place en place et montent devenus grêles dans le tissu de la couche réticulaire dont ils forment le squelette. Les fortes libres élastiques se divisent et subdivisent et donnent le réseau élastique délicat du corps réticulaire. Les cellules conjonctives enfin du corps réficulaire s’anastomosent avec les fibroblastes et les cellules conjonctives fixes du derme. Il y a donc continuité des protoplasmes cellulaires, du réseau vasculaire sanguin et lymphatique, du plexus nerveux, des faisceaux collagènes et du réseau élastique. Le derme et le corps réticulaire sont le même tissu composé des mêmes éléments mais ici il est formé surtout de cellules très développées et d’une charpente délicate, là constitué surtout par qne forte trame relativement pauvre en cellules.