Dominici signale l’existence de plasmodes adipeux
naire, d’anastomoses ni entre elles, ni avee les cellules voisines et elles ne présentent ejue des rapports de contiguité et non de continuité avec les parois des vaisseaux et avec les faisceaux conjonctifs qui serpentent dans leurs intervalles. Ce sont néanmoins des cellules fixes car elles ne présentent point de motilité et restent immobiles à la place qu’elles occupent.
La cellule est entièrement remplie par une volumineuse goutte de graisse qui se teinte en noir par l’action de l’acide osmique ou en jaune orangé par l'action du Sudau. Le protoplasme forme une mince enveloppe è cette boule de graisse. Cette enveloppe est un peu plus épaisse. lù où elle loge le noyau cellulaire, ovoïde et très aplati, tout à fait comparable à celui des cellules endothéliales. Ce protoplasme est de l’hyaloplasme transparent car à ce stade l’élaboration de la graisse est terminée, il emmagasine simplement celte réserve nutritive et se trouve par suite à l’état de repos.
Lorsque la graisse n’est pas entièrement élaborée ou au contraire lorsqu’elle vient à être résorbée le protoplasme, d’autant plus abondant qu’il y a moins de graisse, manifeste son activité et est alors ou redevient chromophile et par suite nettement apparent.
g) Fibroblastes. — Les fibroblastes sont les cellules conjonctives qui secrétent le collagène c’est-î\ dire la substance qui constitue les faisceaux conjonctifs. Celte définition est celle meme qu’implique le terme de fibroblaste ; mais tous les auteurs sont loin d’adopter ce terme et de se rallier à cette définition.
Pour les uns, les cellules qui accompagnent les faisceaux conjonctifs sont simplement situées dans leurs intervalles et n^atfectent pas avec elles de rapports intimes, pour d’autres elles sont moulées à la surface des trousseaux de collagène qu’elles revêtent à la manière de cellules endothéliales, pour les derniers enfin il y a continuité de substance entre les fibres et le protoplasme cellulaire. Nous nous rangeons parmi ces derniers parce que les travaux de Dominici prouvent, d’une manière irréfutable, qu’il en est bien ainsi. Nous avons fait nous-mêmes de nombreuses préparations de tissu conjonctif lâche hypodermique, en employant les techniques de notre maître et nous avons pu
loi
coustcüci’ pai“ noiis-mômes (jue le collag<'‘iic est bien un produit d’élaboration protoplasiniipie de cellules conjonctives différenciées en vue de cette fonction et (jue la substance fondamentale qui unit les fibrilles du faisceau conjonctif est en continuité avec le protoplasme cellulaire.
Parmi les cellules qui élaborent du collagène, les unesemploient à sa production la majeure partie de leur protoplasme ; le peu de celui-ci qui reste indifférencié forme une mince lamelle appliquée sur le faisceau conjonctif qu’il a en partie secrété. C’est dans cette petite couche de protoplasme que se trouve le noyau de la cellule. Ces cellules sont à proprement parler et uniquement des fibroblastes. D’autres n’élaborent du collagène que d’une manière accessoire. Au uiveau d’un ou deux de leurs bords seulement elles fabriquent un tronçon d’un grêle faisceau conjonctif qui chemine dans le protoplasme d’une série de cellules ainsi tendues entre ces faisceaux comme des voiles entre des cordages. Ces cellules sont essenliellement des cellules fixes anastomotiques qui rendent leur ensemble plus solide en se cousant entre elles, en quelque sorte, au moyen d’un faisceau de collagène faufilé dans leur épaisseur. Celui-ci leur sert à la fois de lien et de moyen de soutien.
Ces dernières cellules ne sont donc (]ue partiellement différenciées en tant que fibroblastes. La portion la plus considérable de leur protoplasme qui reste indifférenciée peut jouer éventuellement le rêle de macrophage et nous pouvons voir des cellules accomplissant simultanément la fonction fibroblastique et la fonction macrophagique.
Entre ces deux types extrêmes de fibroblastes, ceux qui sont principalement des cellules anastomotiques et qui n’élaborent qu’un mince faisceau de collagène et ceux dont la presijue totalité du protoplasme se transforme en fibrilles conjonctives existent tous les intermédiaires. Les premières existent dans la peau surtout au niveau du corps papillaire, de l’bypoderme et parmi les cellules de la gaine des vaisseaux qui constituent le périthélium d'Ebertb, mais c’est au niveau du ganglion lymphatique, parmi celles qui cloisonnent le sinus périfolliculaire qu’on peut
CYTOLOGIE DES INFLAMMATIONS CLÏTANbES
les étudier le plus aisément. Les dernières sont extrêmement nombreuses dans toutes les couches conjonctives de la peau et le tissu cellulaire lAche hypodermique en fournit les meilleures préparations.
Sur de telles préparations, teintées par exemple à l’hématoxyline au fer de lloidenhain et au vert lumière, on voit que le protoplasme des fîbroblastes, coloré de gris noirètre, présente au voisinage du noyau une structure homogène ou réticulée tandis que sa partie profonde appliquée contre le faisceau conjonctif coloré en vert se décompose en minces filaments parallèles allongés suivant l’axe de ce faisceau et affecte ainsi une disposition nettement fibrillaire. Si l’on suit l’ensemble de ces filaments protoplasmiques on constate parfois qu’k une certaine distance du centre cellulaire, de gris noirâtre, ils prennent une teinte verte et se continuent avec des fibrilles conjonctives ou se perdent dans leurs intervalles. Ainsi extérieurement le corps cellulaire est nettement limité, par sa face profonde et par ses extrémités il se continue sans limites précises avec le faisceau conjonctif sur lequel il repose et qu’il a en réalité secrété. A la surface du faisceau conjonctif qui traverse toute la préparation les fibroblastes sont appliqués non au hasard mais à intervalles réguliers et suivant une ligne spirale qui s’enroule autour du faisceau comme axe, de même que sur un rameau d’orme les feuilles ne poussent capricieusement disposées çà et là mais régulièrement ordonnées et alternées suivant une spire allongée.
Le protoplasme du fibroblaste, dont les caractères ne peuvent être bien étudiés qu’à l’aide de colorations énergiques, est un hyaloplasme peu colorable. Le fibroblaste est en effet le plus souvent au stade de repos. Il ne fabrique pas incessamment du collagène. Le plus souvent il le maintient seulement en état et le conserve de môme que la cellule adipeuse emmagasine la graisse qu’elle a élaborée. Aussi sur les coupes et notamment après les colorations qui mettent faiblement en évidence les protoplasmes comme la coloration usuelle à l’hématéine éosine ce protoplasme reste généralement invisible et l’on ne distingue que le noyau du corps cellulaire.
CYTOLOUiE DES INFLAMMATIONS CUTANitES
Cekii-ci participe au repos général de la cellule. 11 est ovalaire et a[)lati. Sa chromatine, peu abondante, se dispose en un lin réticulum qui emprisonne un deux nucléoles. Lorsque l’élémeut entre eu activité le protoplasme périnucléaire devient nettement basophile, en même temps la chromatine du noyau se dispose contre la surface interne de la membrane nucléaire en anneaux ou en arcs de cercle, qui en se resserrant, amènent, ainsi que l’a remarqué Domiuici, la lobulation du noyau.
Les faisceaux conjonctifs élaborés par les colonies de fibroblastes sont d’une longueur très diflicile à apprécier car si l'on peut constater parfois la terminaison en pointe effilée ou en un pinceau de fibrilles dissociées de quelques-uns de ces faisceaux, jamais on a observé les deux extrémités d’un même faisceau ainsi isolé dans toute sa longueur. On doit donc admettre que leur longueur est toujours considérable sans cependant pouvoir l’évaluer même de manière approximative. L’épaisseur de ces faisceaux est extrêmement variable. A un grossissement de 800 diamètres les plus fins apparaissent comme de simples traits; les plus volumineux présentent jusqu'à 300 p de largeur. Ils parcourent de longs trajets décrivant de nombreuses flexuosités et s’entrecroisant en tous sens les uns avec les autres mais sans jamais s’anastomoser. Ils son constitués par de fines fibrilles conjonctives si ténues qu’il a été jusqu’à présent impossible de mesurer leur diamètre et qui semblent occuper toute la longueur du faisceau. Elles y cheminent juxtaposées parallèlement et ne se fusionnent ni ne s’amastomoseni jamais. Elles paraissent forméesd’une substance homogène qui prend vivement les colorants acides et, d’une manière élective, la fuchsine acide du mélange de Van Gieson. Après coloration successive [lar l’éosinc et le vert lumière, c’est cette dernière substance colorante quelles retiennent. Sous l’influence du bleu polychrome, employé seul, elles se colorent faiblement mais prennent la teinte métachromatique verte à la manière des substances acidophiles. Cette acidophilie bien que très accentuée u’est cependant pas absolue puisque le picrocarmin les colore en rose.
Dans les intervalles des fibrilles conjonctives se trouve uuo
substance amorphe qui ne prend pas les réactifs colorants et qui correspond sans doute à I hyatoplasme fondamental et commun des fdDroblastes. Il en résulte que ceux-ci doivent être considérés simplement comme les zones nucléées d’un plasmode extrêmement allongé et différencié en son centre. Cette conception est en conformité avec ce que nous savons de la structure de fibre musculaire striée.
Le faisceau conjonctif parait enveloppé d’une sorte de gaine qui présente çh et là des colliers que Ranvier a mis en évidence en colorant par le picrocarmin des faisceaux conjonctifs préalablement traités par l’acide acétique. Dans ces conditions le faisceau conjonctif se gonfle, sauf dans les points où existent ces anneaux et apparait comme formé d’une série de renflements séparés par des étranglements occasionnés par les liens qui les enserrent. Tandis que les fibrilles conjonctives se teignent en rose par le carmin, ces brides annulaires ou spiralées se colorent en jaune par l'acide picrique. La nature de ces dernières formations est encore à élucider.
On les considère comme des épaississements de la gaine du faisceau. Suivant lesauteurs celle-ci serait continue (Gruenhagen) ou discontinue (Ranvier, Renaut).
Les faisceaux collagènes existent dans toutes les formations conjonctives de la peau. Au niveau du corps papillaire ils sont très nombreux et très fins. Sous la couche basale de l’épiderme ils se tressent en un feutrage épais où s'engage le pied denticulé ou non des cellules épidermiques. La juxtaposition des faisceaux collagènes est à ce niveau si étroite que leur ensemble parait constituer une formation homogène ; c’est cette apparence qui a été prise pour une membrane vitrée anhiste.
Au niveau du derme ils sont au contraire épais et très volumineux. Sur les coupes ils montrent des surfaces de section irrégulièrement polygonales par pression réci[)roque. Ouïes appelle souvent faisceaux fibreux en raison de leur résistance. Les faisceaux collagènes sont peu élastiques, par contre ils résistent beaucoup à la distension. Ils représentent avant tout un appareil de soutien. A l’étude des faisceaux conjonctifs se rattache
celle des formations élastiijues. 11 serait difficile d’admettre que CCS formations ne proviennent pas d’une élaboration cellulaire car ce serait contraire à tout ce que nous savons de riiistogénèse générale des tissus. Mais c’est seulement par assimilation au.\ données acquises et à titre hypothétique (jue nous considérons comme prohahlc l’origine cellulaire des fihres élastiques, car c\ notre connaissance aucune preuve n’en a été fournie. D après la conception de Rcttcrer les fihres élastiques proviendraient des irradiations chromophiles qui apparaissent au sein du plasmode embryonnaire primitif.
Les formations élastiques présentent à considérer des fibres, des lames et des grains élastiques.
Les fibres élastiques se trouvent disséminées dans toutes les parties des couches conjonctives de la [leau. Elles sont surtout développées au niveau de celle du visage. Ce sont de longs filaments constitués par une matière amorphe, homogène, et très réfringente qui prend les colorants acides (vert lumière ; éosine) et notamment l’acide picrique du picrocarmin. Elles se colorent électivement en noir par l’orcéïne acide en solution nitrique ou chlorhydrique et par la fuchséline de Weigert. Quand elles ne sont pas colorées elles apparaissent sous forme de filaments transparents et réfringents limités par un double contour net. Leur diamètre est e.xtrêmement variable. Les plus fines apparaissent comme de simples traits au.x plus forts grossissements. Les plus volumineuses ont un diamètre de 10 [>..
A l’inverse de ce que Ton constate pour les faisceaux conjonctifs, les fihres élastiques se divisent, se ramifient et s’anastomosent fréquemment, de sorte qu’elles sont toujours agencées en un réticulum plus ou moins régulier et à mailles de dimensions variables. Rectilignes lorsqu’elles sont tendues, elles reviennent aussitôt sur elles-mêmes dès qu’elles sont relAcbées. Aussi dans les étalements de tissu conjonctif où beaucoup de ces fibres sont rom[)ues on les observe très souvent rétractées et pelotonnées sur elles-mêmes affectant des aspects de vrille de vigne.
Les lames et les grains élastiques n’entrent guère, au niveau
de la peau, que dans la constitution des vaisseaux et particulièrement des ai'tèrcs qui irriguent celle-ci; aussi serons-nous bref à leur égard. Les lames sont des membranes élastiques [)lus ou moins étendues généralement fenctréespar des orifices de dimensions variables, quelquefois môme tout t\ fait réticulées. Elles sont d’épaisseur variable. Les plus épaisses peuvent être décomposées en feuillets plus minces. La plus considérable de ces lames est celle qui dans les artères sépare la tunique interne de la tunique moyenne et a reçu le nom de lame élastique interne. Sur les coupes elle apparaît nettement, même sans coloration spéciale par suite de sa réfringence et de son aspect festonné.
Les grains élastiques sont de petites granulations réfringentes disposées en série et qui présentent les mêmes caractères physiques et chimiques que les autres formations étatiques.
Le tissu élastique contrilnie faiblement à limiter les distensions car il se laisse étirer assez facilement, mais dès que cellesci ont cessé il revient aussitôt sur lui même et entraînant avec lui les autres tissus il rend à l’organe la forme qu’il possédait avant d’être déformé par une action mécanique passagère.
h) Fibres musculaires lisses. — Les libres musculaires lisses s'éloignent déjà beaucoup des cellules conjonctives ordinaires car elles sont hautement spécialisées. Elles ne sont pas isolées, mais groupées en faisceaux plus ou moins développés constituant les muscles. A chaque follicule pileux est annexé un petit muscle lisse ; en outre certaines régions du tégument (scrotum) présentent de nombreux et volumineux faisceaux musculaires lisses qui leur permettent des mouvements de contractilité d’ensemble. Enfin la paroi des vaisseaux présente des fibres musculaires lisses.
Chaque fibre musculaire lisse est une cellule unique, très allongée. Ces cellules-fibres mesurent de 20 à 50 iji de longueur et de 4 à 8 p. de largeur. Elles possèdent un noyau central très allongé, eu bâtonnet, relativement assez riche en chromatine. Lorsque la cellule est contractée le noyau se plisse etpi’end un asiiect plus ou moins spiralé. Le noyau est entouré d’une petite zône de protoplasme d aspect grenu. Dans tout le reste du protoplasme se
[bO
sont clitrérenciées des tîbi’illes musculaires qui sont des filaments extrêmement ténus et par suite très difficiles à distinguer d’autant plus qu’elles ont sensiblement le même indice de réfraction que le protoplasme qui les englobe. Ces fibrilles sont acidopliiles, c’est-à-dire qu’elles se colorent métacliromatiquement en vert après l’action du bleu polychrome employé seul, en rouge après coloration par l’éosine orange et le bleu de toluidine. Si l’on fait agir successivement l’éosine elle vert lumière elles gardent la coloration rouge de l’éosine ; et par le mélange de van Gieson elles prennent la coloration jaune que leur communique l’acide picrique. Elles se distinguent ainsi très aisément des fibres conjonctives qui se colorent en vert dans le premier cas, en rouge dans le second. Il est beaucoup plus difficile de les distinguer des cellules conjonctives, surtout des cellules conjonctives fusiformes que l’on observe danscertains sarcomes cutanés et qui peuvent être disposées en faisceaux à la façon des fibres musculaires lisses qui constituent les dermatomyomes. Il n’a malheureusement été signalé jusqu’à présent qu’une seule réaction tinctoriale différentielle et encore laisse-t-elle à désirer. Par le picrocarmin les cellules conjonctives sont teintées de rose, les fibres musculaires lisses de jaune orangé.
Les fibres musculaires lisses sont, avons-nous dit, agencées en faisceaux. Y a-t-il simplement juxtaposition ? Certains auteurs ont décrit des anastomoses, des ponts intercellulaires qui relieraient ces cellules entre elles. D’autres auteurs considèrent ces soi disant anastomoses comme des artifices de préparation. Si l’on se reporte aux figures fournies par les premiers et qu’on leur compare des préparations de muscles lisses fixés à l’iodochlorure de mercure iodé et formolé et colorés soit à l’hématéine et au van Gieson, soit à l’hématéïne, à l’éosine et au vert lumière il est facile de constater qu’il n’existe pas de ponts interccllulaires mais que les formations qui ont été décrites comme anastomoses sont en réalité des faisceaux conjonctifs appartenant au treillis de collagène qui forme la charpente du muscle lisse.
j) Fibres musculaires striées ; formations nerveuses de la peau. — Les muscles striés n’existent que d’une manière tout à
fait accessoire et dans un trop petit nombre de territoires du revêtement cutané de l’homme pour que nous ayons à les décrire
iNous avons éliminé de notre travail l’étude des formations nerveuses de la peau. Les terminaisons nerveuses de la peau à l’état normal font à elles seules l’objet d’un important travail de Ruffini auquel nous renvoyons. Leurs modifications aux cours des états pathologiques nécessiteraient et mériteraient une étude entièrement spéciale.
B. — Eléments importés au niveau de la peau.
Les éléments importés au niveau de la peau sont :
Il faut y joindre le plasma sanguin.
Les cellules sont des éléments complets munis d’un protoplasme et d’un noyau ; les organites (Dominici) sont des éléments incomplets représentés seulement par un corps protoplasmique et dépourvus de noyau.
Nous serons brefs sur tous ces éléments qui sont essentiellement les éléments constitutifs du sang (1) et nous n’en dirons que ce qui pourra nous servir pour l’étude des inflammations cutanées.
1“ Cellules. — Les cellules sont les cellules blanches du sang ou leucocytes. Elles peuvent être divisées en deux catégories, a) Les unes possèdent un noyau arrondi ou faiblement lobé et sent dépourvues de granulations, ce sont les mononucléaires non granuleux du sang et de la lymphe, c'est-à-dire les lymphocytes, les moyens mononucléaires et les grands mononucléaires. Nous
1 . Ces éléments sont libres et migrateurs, aussi les trouvons-nous non seulement dans les couches conjonctivovasculaires de la peau, mais même dans l’épiderme.
Bubons Duval H
des cellules des organites
mononucléaires, polynucléaires ; hématies, plaquettes.
avons dit que d’après les travaux de Dominici ils représentaient, au moins pour la plupart, des formes larvaires indilférenciées des cellules conjonctives et nous les avons décrits comme tels au début de ce chapitre ; nous n’avons pas à y revenir.
jÜ) Les autres ont un noyau si fortement lobé et à lobes réunis par des connectifs si grêles qu’ils ont été considérés au début de leur étude comme pourvus de plusieurs noyaux. Aussi ont-ils été nommés leucocytes polynucléaires. Ces leucocytes polynucléaires se différencient entre eux par l’élaboration protoplasmique de granulations particulières. Suivant la nomenclature d’Ehrliclx ces granulations ont été divisées en granulations :
neutrophiles ou s éosinophiles ou a basophiles ou 7.
a) Les polynucléaires à granulations neutrophiles ou s sont les plus nombreux puisqu’ils représentent GO à Go 0/0 du nombre des leucocytes circulant. Ce sont des cellules de 11 p de diamètre, toutes sensiblement égales entre elles. Leur conformation générale est arrondie, mais ces éléments sont des éléments mobiles qui se déplacent par suite de mouvements amiboïdes. Aussi dans les fixations de fragments cutanés ils peuvent avoir été fixés à un moment où ils poussaient des pseudopodes ou se glissaient dans un interstice resserré. Ils apparaissent alors sur les coupes conformés de façon parfois fort irrégulière notamment lorsqu’ils cheminent dans l’épiderne entre les cellules malpighiennes ; ils y affectent parfois des formes rameuses.
Leur protoplasme est un hyaloplasme peu colorable, plus ou moins masqué par les granulations z qu’il a élaborées. Celles-ci se teignent de rose vif par l’éosine. Elles sont extrêmement fines et peu faciles ii distinguer. Cependant les préparations bien réussies à l'éosine orange et au bleu de toluidine les mettent nettement en évidence. Elles apparaissent encore plus manifestement lorsque l’on a fait précéder cette coloration d’un mordançage ii l’alun de fer. Si au lieu d’employer l’éosinebleu on colore à riiématoxylinc et à l’éosine,! hématoxyline dissout
les granulations neutrophiles et le protoplasme en quelque sorte laqué par la sul)stance tle ces granulations se colore uniforméinent en rouge- vif, comme l a montré Dominici. Ceci est surtout vrai pour les polynucléaires neutrophiles étudiés sur des lames de sang étalé et desséché, mais se vérifie aussi quoique d’une manière moins constante sur les polynucléaires fixés à l’état frais dans un fragment cutané. Suivantlescas le protoplasme de ces leucocytes apparaîtra donc après l’action de l’éosine soit uniformément teinté de rouge, si les granulations ont été dissoutes, soit très finement ponctué de rouge vif si celles-ci ont été respectées.
Le noyau est très fortement lobé. Les lobes au nombre de trois ou quatre sont assez grêles et réunis par des connectifs très fins. Ils sont formés d’une chromatine extrêmement dense et prennent intensément les couleurs basiques. Sur les lames de sang sec on peut reconnaître une structure chromatinienne nette à ces noyaux, mais ces fins détails ne se voient guère sur les coupes où les leucocytes sont fixés non étalés et les lobes nucléaires paraissent dans ces conditions formés d’une substance compacte.
Les jiolynucléaires neutrophiles représentent des éléments arrivés au terme de leur évolution; et ils ne sont plus capables de se transformer en une autre variété cellulaire. Ils ne peuvent qu’accomplir la fonction à laquelle ils se sont adaptés ou périr.
La fonction à laquelle ils se sont adaptés est probablement complexe. Metchnikolf, qui les a appelés par oppo-
sition aux macrophages, a vu, au cours de recherches expérimentales, que leur rôle principal est d’englober et de détruire les bactéries, tandis que les corps étrangers plus volumineux, levùres, poudre de vermillon, de charbon, sont phagocytés par les macrophages. Leur action est donc semblable à celle des cellules conjonctives aptes à remplir les fonctions phagocytaires. Mais elle n’est que similaire car les substances nocives répandues par les agents parasitaires excitent électivement le chimiotactisme de l’une ou l’autre de ces variétés cellulaires. Les substances répandues par le streptocoque ont une action chimio*
tactive positive à l’cgartl des polynucléaires neutrophiles et provoquent leur afflux au niveau de la peau atteinte d’érysipèle; dans la blastomycose, les levures jmtliogènes excitent les aptitudes phagocytaires des cellules conjonctives qui manifestent intensément leur activité macrophagique. Mais à l’état normal hcaucoup de polynucléaires circulent qui n’ont sans doute jamais à capter ni h détruire de bactéries, et môme dans les états inflammatoires où il y a un afflux considérable de polynucléaires, ceux qui captent des bactéries sont les moins nombreux. Sans doute l’organisme ne réagit pas strictement suivant les besoins de sa défense et mobilise un excès d’éléments appropriés à celle-ci. 11 n'en reste pas moins vrai que l’aptitude microphagique ne suffit pas à elle seule à expliquer le nombre des polynucléaires neutrophiles.
11 est probable qu’à côté de cette fonction, nettement établie parles travaux de Metchnikoll', les polynucléaires secrétent et répandent dans le plasma sanguin des ferments solubles qui joints à ceux que produisent sans doute aussi les mononucléaires constituent l’alexine, les sensibilisatrices et les anticorps dont l’étude est à l’ordre du jour. On a isolé une microcytase dillérente de la macrocytase. Dans ces ferments quelle est la part qui revient aux mononucléaires et aux divers polynucléaires, il est difficile de le dire à l’heure actuelle, mais il est certain dès maintenant que ces divers éléments sont les organes producteurs de substances solubles et qu’ils ne produisent pas indifféremment ces dilïérentes substances.
Lorsque les polynucléaires viennent à mourir, leurs granulations se fondent spontanément dans leur protoplasme qui se colore alors uniformément. de rouge vif môme après mordançage à l’alun de fer et coloration à l’éosine orange et au bleu do méthylène ou au violet de méthyle. Le protoplasme redevient globuleux et ne pousse plus de pseudopodes ; il subit en môme temps une contraction générale aussi parait-il plus petit et d’autant plus intensément coloré. Le noyau dont on reconnaissait, avec peine il est vrai, une structure chromatinienne, ne présente plus aux plus forts grossissements et avec les techniques
les plus soignées qu’un amas compact de chromatine absolument homogène. Bien [ilus il se contracte encore, les lobes se fusionnent entre eux et ne forment plus qu une masse arrondie de sorte que le polynucléaire est redevenu un mononucléaire, mais un mononucléaire à noyau pyenotique et à protoplasme homogène acidophile. A ce stade il ressemble alors à une hématie nucléée et l’erreur a quelquefois été commise. D’autres fois le noyau ne revient pas entièrement sur lui-même pour sc condenser en une boule unique, les connectifs se rompent, les lobes nucléaires se trouvent isolés et se transforment alors» chacun isolément, en petites boules opaques, ou bien même ils se fragmentent encore et le protoplasme ne contient plus qu’une poussière chromatique. A cet état le polynucléaire mort ne tarde pas (I être englobé par une cellule conjonctive qui achève sa destruction.
La mort et la destruction des polynucléaires que nous décrivons ici est un phénomène normal qui s’observe en effet au niveau de la peau saine. Mais il ne s’y voit qu’éventuellement et d’une manière tout à fait accessoire. En effet, à l’état normal les polynucléaires hors d’usage sont détruits dans d’autres organes, notamment dans la rate. Au cours des états inflammatoires celte destruction locale des polynucléaires est au contraire des plus accusées.
h) Les polynucléaires éosinophiles sc voient [leu au niveau de la peau normale. En effet ils n’y sont apportes que par le sang où ils ne figurent qu’en proportion de 2 à 3 0/0 du nombre total des leucocytes. Ils ne présentent pas de mouvements amiboïdes. Leur protoplasme élabore les granulations a ou éosinophiles de la nomenclature d’EhrIieh. Ce sont de grosses granulations, de véritables petites S[)hérules, frès réfringentes. Comme le fait rcmanpier Dominici après l’action de l’éosine orange elles retiennent l’orange plus que l’éosine, à l'inverse des granulations neutrophiles et mériteraient d’être appelées orangeophiles plutùt qu’éosinophiles. Si l’on fait agir successivement l’éosine et le vert lumière, elles gardent 1 éosine et se colorent en rouge. Leur noyau est moins contracté que celui du polynucléaire neutrophile.
c) Les polynucléaires à type de mastzelle sont encore plus rares puisque dans le sang circulant on n’en trouve qu'un pour 200 ou 300 leucocytes. Ils sont caractérisés par la granulation (Ehrlich) qui se colore métachromatiqueinent par les bleus basiques.
Les polynucléaires éosinophiles et à type de mastzelle ne présentent pas de propriétés microphagiques. Ils élaborent sans doute des ferments solubles, mais nous le répétons, leur rôle des plus réduits du niveau de la peau normale.
2° Organites. — Les organites sont les globules rouges et les plaquettes du sang de Uanvier et Bizozzero (bématoblastcs de Ilayem).
Les globules rouges ou hématies sont les éléments bémoglobinifères. Leur protoplasme est imprégné d’hémoglobine, substance qui, comme on le sait depuis longtemps, cède aux tissus l’oxygène, dont elle s’est chargée au niveau des poumons, et absorbe l’anhydride carbonique, déchet de leur activité. Ils forment la plus grande partie du contenu des capillaires sanguins puisqu’ils sont au nombre de 5.000.000 par millimètre cube dans le sang circulant, contre 6.000 leucocytes. Leur dimension est de 6 [JL O à 7 p.. Les classiques les décrivent comme des disques bi-concaves, Dominici a montré qu’ils pouvaient être aussi planconcaves ou même convexes-concaves. Sur les coupes de fragments cutanés on ne se rend bien compte de leur forme que si la fixation a été excellente et que si les hématies ne sont pas trop pressées les unes contre les autres ci l’intérieur des capillaires, car, étant de substance très plastique, elles se déforment par pression réciproque. Lorsque ces conditions étaient réalisées il nous a paru que la forme que nous observions le plus souvent était la forme convexe-concave décrite par Dominici.
Le corps protoplasmique acidopbile présente une affinité plus mari|uée pour l’orange que pour l'éosine (Dominici). Nous avons constaté que l’on pouvait renforcer celte affinité pour l’orange en mordançanl au préalable par l’alun de fer.
Ces éléments ne sont pas des cellules complètes car ils sont dépourvus de noyaux. Ils ne sont donc pas susceptibles de trans-
CYTOLOGIE DB9 INEGAM MATIONS CUTANÉES
formations ou évolutives. Ils ne peuvent qu’achever leur cycle vital et mourir. La mort de l’élément ii’est reconnaissable à aucun caractère morphologique, car parmi les hématies détruites comme telles au niveau de la rate il en est qui ne diffèrent morphologiquement en rien de celles qui circulent dans le sang.
Les hématies ne fout que passer au niveau de la peau normale et ne sortent pas de l’appareil vasculaire aussi leur origine et leur destruction se font elles en dehors du territoire cutané.
Les plaquettes du sang (hématoblastes de Hayem) se rencontrent en abondance variable dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles proviennent au moins pour la plupart de bourgeons protoplasmiques qui se sont détachés du corps des mononucléaires (Dominici) et ont par conséquent même valeur que les débris protoplasmiques que les clasmatocytes essaiment dans les mailles du tissu conjonctif. Nous n’avons pas à y revenir.
3“ Plasma. — Le plasma sanguin ou lymphatique dont l’importance physiologique est si considérable ne fournit pas à l’histologiste de renseignements du moins è l’état normal. Surles coupes histologiques eu effet les réactifs fixateurs et colorants ne le mettent guère en évidence. Tl n’en est pas de même à l’état pathologique où nous aurons à décrire des coagulations plasmatiques et des précipitations de fibrine.