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Chantemesse et Podwyssotsky. Processus yéueraiix, I

CYTOLOniK DES INEI.AMMATIONS CUTANÉES

La graisse cpalenuique est liquide à l’étal normal car elle « tond à une température de 35 degrés centigrades » (Ranvier). Aussi, si la couche cornée vient à être sectionnée, la graisse liquide, que renfermait chaque capsule kératinisée, se répand, obstruant ainsi la fente produite et rétablissant la continuité de la membrane isolante.

Les autres couches de l’épiderme ne sont que les assises formatrices de la couche cornée. Cependant, avant de quitter l’épiderme, nous devons signaler certaines particularités de la structure du corps muqueux de Malpighi qui ne sont pas sans intérêt ici. Le corps muqueux de Malpighi est formé de cellules à la fois isolées les unes des autres par des espaces, virtuels ou réels suivant les circonstances, et très fortement unies entre elles par un réseau filamenteux extrêmement solide (stratum filamentosum). Il en résulte que, dans une certaine mesure, le corps muqueux est susceptible de compression ou d’e.xtension, c’est-à-dire qu’il esta la fois résistant et élastique. D’autre part, dans les espaces intercellulaires peuvent se glisser des leucocytes, notamment des polynucléaires neutrophiles, qui vont au devant des parasites accidentellement émigrés dans l’épiderme et les y détruisent sur place.

L’assise la plus profonde de l’épiderme ou stratum germinativum est essentiellement, comme l’indique son nom, la couche germinative d’où dérivent toutes les autres cellules épidermiques. A ce rôle principal s’ajoute une fonction accessoire ayant trait à la protection de l’organisme contre 1 excès des radiations lumineuses. C’est en effet dans le stratum germinativum, que se trouve le pigment qui joue le rôle d’écran.

La protection contre les agents chimiques extérieurs, quels qu’ils soient, constitue une nécessité permanente. Elle est assurée d’une manière continue par une production épithéliale qui doit présenter des propriétés toujours constantes. Aussi peutelle être constituée par des éléments arrivés au terme de leur évolation et non susceptibles de retour à l’état antérieur. La protection est et doit être une barrière d’arrêt.

A l'éffard de la lumière, au contraire, dont 1 influence, encore

mal connue, parait utile, dans une certaine mesure, nuisible au delà de cette mesure, la protection ne doit pas être un écran totalement opaque mais un filtre laissant passer les radiations utiles et n’arrêtant que celles qui pourraient être nuisibles qualitativement ou quantativement. II ne s’agit pas en effet d’arrêter tous les rayons lumineux, mais de modérer et de doser en quelque sorte leur pénétration. Le pigment ne saurait donc être déposé d’une manière immuable dans des cellules mortifiées, à évolution terminée, et reléguées en quelque sorte hors de l’orga-, nisme, mais, au contraire, dans des cellules jeunes, situées près des vaisseaux sanguins, pouvant soit élaborer soit résorber leur pigment suivant les besoins de l'organisme. Ceci explique la rapidité relative de l’apparition et de la disparition de la pigmentation normale sous l’influence de la lumière (exposition au soleil, par exemple).

Le corps papillaire, situé au-dessous de l’épiderme, n’est pas seulement la couche qui fournit à celui-ci les matériaux de sa nutrition, c’est aussi une barrière conjonctivovasculaire apte à lutter contre les germes pathogènes qui auraient pu y pénétrer.

Cette barrière comprend :

1® Un réseau de cellules conjonctives fixes capables d’exercer les fonctions macrophagiques.

2® Un système de capillaires sanguins artériels et veineux permettant l’apport de plasma et de cellules venant seconder les cellules fixes dans leur tâche.

3® Un système de drainage vers les ganglions lymphatiques constitué par le réseau des capillaires lyrnphatiques.

L activité défensive de cette barrière n’est généralement pas sollicitée à l’état normal. Ses réactions sont au contraire des plus intenses au cours des inflammations. A l’état normal, l'épiderme forme la première ligne de défense, le corps papillaire en constitue la réserve. Au-dessous du corps papillaire se trouve le derme. Si l’épiderme protège déjà efficacement l’organisme contre les actions mécaniques par sa surface glissante, sa souplesse, sa compressibilité et son élasticité, c’est le derme

surtout qui, par sa trame fibroélastiquc dense et serrée, constitue l’organe de protection contre les violences extérieures.

L’épiderme, trop mince et trop faible, ne résisterait pas s’il n était soutenu par le plan solide du tissu fibreux dermique. Helalivement aux actions mécaniques, en raison de l’union intime que le corps papillaire établit entre l’épiderme et le derme ces deux couches deviennent solidaires dans tous leurs déplacements. On peut dire que, la couche cornée et le derme ne forment qu’une enveloppe, très fort tissu, verni et imperméabilisé à sa surface.

La solidité de la trame est due aux faisceaux conjonctifs, qui sont, non enchevêtrés au hasard, mais véritablement tissés en une sorte de diagonale. Cette trame est encore renforcée par les parois solides des vaisseaux sanguins qui y circulent.

L’élasticité est due au réseau des fibres élastiques. Celles-ci s’allongent, s’étirent aisément et reviennent aussitôt et très énergiquement à leur état antérieur. Au repos, les faisceaux conjonctifs ne sont jamais tendus, mais sont plus ou moins onduleux. Une tension subite ne les surprend donc pas brusquement. Ils se laissent tendre d’abord et deviennent rectilignes ; puis, par leur tension même, dont la limite est assez rapidement atteinte, les faisceaux conjonctifs s’opposent à la force qui les sollicite. Quand celle-ci a cessé d’agir, les fibres élastiques se rétractent vivement et les faisceaux conjonctifs détendus récupèrent leurs ondulations primitives.

Sous le derme, se trouve l'hypoderme ditférenciable plus ou moins facilement, suivant les régions et suivant les sujets, en deux parties. L’une adhérente à la face profonde du derme est un coussinet adipeux, l'autre, étendue de ce coussinet aux plans sous-cutanés (aponévroses ou périoste des os superficiels), est constituée par du tissu cellulaire lâche.

Les deux parties de l’hypoderme protègent l’org'anisme contre les actions mécaniques et contre les actions biologiques.

Contre les actions mécaniques, le coussinet adipeux, en capitonnant la face profonde du derme, ne transmet qu’en les amortissant les chocs que la résistance de celui-ci n a pu arrêter coin-

plèteinent. Le tissu cellulaire lâche facilite le glissement des plans superficiels sur les plans profonds et diminue la force du coup eu étalant sa surface d’application. L’étendue de ce glissement est toutefois limité parles paquets vasculo nerveux qui après avoir perforé l'aponévrose superficielle se l’endent au derme en tramant avec eux des lames conjonctives résistantes, les cônes fibreux de la peau.

Contre les actions biologiques, le coussinet adipeux et le tissu cellulaire lâche opposent une défense analogue à celle qui est réalisée par le corps papillaire. Ils comprennent en effet un grand nombre de cellules conjonctives fixes ayant ou pouvant récupérer toutes les propriétés des macrophages, un riche réseau vasculaire sanguin et un système de drainage constitué par de gros lymphatiques. L’activité défensive de l’hypoderme, de même que celle du corps papillaire n’est pas sollicitée ù l'état normal.

Tandis que, au cours des états inflammatoires, le corps papillaire relativement peu développé ne peut arrêter que les infections légères et superficielles ; l'hypoderme, beaucoup plus épais, est capable de résister à des infections beaucoup plus considérables et c’est lui qui constitue, en définitive, la réserve générale du tégument cutané contre les infections.

IMiysiologiquement et pathologiquement, l’hypoderme tout entier, tissu adipeux et tissu cellulaire lùche, fait partie intégrante du revêtement cutané. Nous verrons qu’il en est de même anatomiquement. Les termes de pannicule adipeux sous-cutané et de tissu cellulaire lèche sous-cutané sont donc à rejeter, car ce ne sont pas des formations sous-cutanées mais des dépendances de la peau. Celle-ci comprend tous les plans situés au-dessus de 1 aponévrose superficielle.

En résumé, la défense contre les agents chimiques et physiques est réalisée passivement et d’une manière permanente par les propriétés d un ensemble que l’on peut décomposer en une série de couches stratifiées, étalîlissant, comme nous l'avons dit au début de ce chapitre, une série de barrières successives. Mais il ne faut pas perdre de vue que, solidaires les unes des

autres et étroitement unies entre elles, ces diüérentcs couches forment une enveloppe unique, enveloppe constituée essentiellement par la trame flbroélastique du derme, revêtue en dehors par l’épiderme, doublée en dedans par l’hypoderme.

La défense contre les agents physiques et chimiques est donc réalisée passivement du tait même des propriétés de la peau.

La défense contre les agents biologiques est effectuée activement et d’une manière occasionnelle, par les fonctions d’éléments cellulaires jeunes situés dans l’épaisseur de cette enveloppe et assurant normalement sa vitalité.

Un fort tissu, souple, résistant et élastique, enduit extérieurement d’un vernis lisse, imperméable et inattaquable par les réactifs chimiques, doublé intérieurement d’un coussinet moelleux, mobile sur les plans sous-jacents, le tout abondamment pourvu de cellules éminemment actives, promptes à réagir des manières les plus variées, voilà le revêtement protecteur dont la peau enveloppe l’organisme.

Ce n’est pas cependant une cuirasse sans défauts. Si, à l’égard des agents physiques et chimiques, la protection est sensiblement égale partout, il n’en est pas de même relativement aux germes microbiens. En effet, ceux-ci peuvent pénétrer, soit par les orifices des glandes sudoripares, soit par ceux des follicules pilosébacés.

Le canal excréteur des glandes sudoripares est spiralé dans son trajet épidermique. Cette disposition empêche les germes de pouvoir pénétrer profondément, car ils sont arrêtés à chaque tour de spire et ils se déposent ainsi sur les parois du canal non loin de l’orifice. Le canal se protège lui-même par une cuticule qui le revêt dans toute son étendue ; d’autre part, Hanvier (I) a fait remarquer que les cellules épithéliales de ce conduit présentent une évolution épidermique rapide, car les gouttes d’éléïdine y apparaissent au-dessous du niveau du stratum granulosum. Enfin, l’excrétion de la sueur, surtout lorsqu’elle se fait

I . Ranvier. TraiJé technique, d' histologie, 2'' édition, p. G89.

CYTOLOUIE DEB INELAMMATIONS CUTANÉES

avec une certaine abondance, balaie aisément les germes simplement déposés sur les parois très lisses du canal.

Les orifices des follicules pilosébacés sont moins bien défendus contre les agents pathogènes. Pour Darier (1) « l’accolement de l’épiderme au poil ou l’afflux de la sécrétion sébacée suffisent à parer au danger dans les circonstances ordinaires ». De la faiblesse de cette protection résulte la fréquence des infections pilosébacées.

t . Darier. Pratique dermatologique^ t. I, p. 4!J.

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