‹ D'Alger à TangerChapitre 11 sur 37 · POINTE PESCADE · texte numérisé non relu

POINTE PESCADE

turque dont les sombres ruines couronnent un promontoire déchiqueté et rougeàtre... Debout sur une roche que le hasard a taillée en tête de sphinx et profilant, sur le bleu du ciel et des flots, sa grande silhouette blanche, une -Mauresque solitaire suit d'un regard mélancolique les voiles qui, comme des alcyons s'envolent dans l'azur. Quel rêve poursuit-elle ? Cherche-t-elle encore à l'horizon les felouques corsaires ? Attend-elle le retour de quelque raïs aimé ? Non, épave vivante d'une race brisée, statue animée et symbolique, c'est dans le passé que ses yeux de velours vont se perdre... Oh, le profond, oh, le vaste tableau ! Et quels gais souvenirs il nous rappelle! Quelles parties brillantes, quelles joyeuses cavalcades lorsque. — olliciers de zouaves et de

chasseurs à pied, de tirailleurs et de marine, — nous arrivions ici en un bruyant escadron qu'escortaient des spahis, que commandait, en riant, un vieux capitaine de chasseurs d'Afrique!....

Hàtons-nous, le temps presse. Sur des côtes abruptes et battues par les vagues, voici la baie de Mers-ed-Debbàn, — le Port des Mouches, — l'ancien refuge des sandales pirates ; voici Saint- Eugène, avec ses seha-aïoun^ — • ses sept sources, — où vicii-

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