‹ D'Alger à TangerChapitre 17 sur 37 · SUR LES BAUTS-PLATE41IX · texte numérisé non relu

SUR LES BAUTS-PLATE41IX

seront alors le poste le plus avancé de la province d'Oran. A deux cents kilomètres plus bas se trouve enfin le Touat.

Forêt de milliers de palmiers arrosés par des nappes souterraines, cette région encore indépendante est une suite d'oasis étendues sur une bande longue de cinq cents kilomètres et comprenant le Gourara, refuge des agitateurs du sud, le Tidikelt et le Touat proprement dit. Celui-ci compte trois cent cinquante villages peuplés, «ensemble, de deux cent à quatre cent mille Berbères. Il n'est pas plus éloigné de Tombouctou que Paris ne l'est de Marseille et, c'est par son territoire que passera peutêtre le chemin de fer transsaharien qui, — l'emportant sur la voie projetée de l'Oucid-Rirh, dans la province de Constantine, — doit nous conduire un ji)ur sur les bords du Niger.

La possession de ces oasis est donc pour nous de la dernière importance. Elle soulève malheureusement des rivalités internationales et, bien que l'Angleterre nous ait reconnu Vinterland, — la possession intérieure, — de l'Algérie au lac Tchad, son influence occulte pousse le sultan du Maroc à s'en emparer, à nous couper ainsi la route du centre de l'Afrique. Et celui-ci envoie déjà des burnous d'investiture aux chefs des Touati qui se déclarent ses vassaux; il leur adresse des prédicateurs choisis dans les sectes les plus fanatiques; il exerce sur eux la suprématie religieuse... Le temps presse pour nous.

Au delà du Touat vivent les Nègres mystérieux, les sombres légions de ce moule j-es-san, — de ce maître de l'heure, — qui, disent les marabouts, viendra avec elles nous chasser de l'Algérie. Il y régnera pendant mille ans, ajoutent-ils, et, à son tour, il fera place à des êtres surnaturels qui, en attendant, demeurent enfermés dans des montagnes de pierre, sous des couvercles de fer...

Revenons à Perré<);aux.

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