MOSQUÉES. ESCLAVES. — MARIAGE. — FEZ-DJÉDID. — JUIFS
TIIÉ. — MÉCHOUAR. — HISTOIRE.
Preiiiirro cité de l'empire et, avec Mequinez et Maroc, l'une de ses trois capitales. Fez occupe le fond d'une vallée, entre des hauteurs que couronnent des ruines de forteresses et que dominent, au nord, le mont Gherarda, au sud, le mont Sakor. Il se compose de dvwx villes qu'entoure une enceinte unique, que réunit l'étranglement de Bou-Djeloud et dont l'ensemble, — ovale, long de quatre kilomètres et large de deux, ■ — affecte enfin la figure d'un huit. La ville occidentale, la plus petite, est Fez-Djedid, — Fez Neuf; la ville orientale est Fez-Bali, — Fez Vieux... Un affluent du Sebou arrose son territoire, c'est l'Oued-Fez, l'Oued- Djarri, le fleuve des Perles qui, dil-on, roule des pierreries et des pépites. Large de cinquante à deux cents mètres, il arrive de l'occident et, à l'angle nord-ouest de Fez-Djedid, il se divise en deux bras. L'un de ceux-ci contourne presque toute la moitié méridionale; de la ville, remonte vers le nord, traverse Fez-Bali et va se jeter dans le Sebou. L'autre pénètre dans Fez-Djedid, le parcourt de l'ouest à l'est, y remplit des bassins où le retiennent des écluses, (!n sort |)ar des ouverturcîs garnies (h; herses, traverse Bou-Djeloud, entre dans Fez-Bali et s'y partage en canaux qui vont rejoindre le premier bras, avant sa sortie de la ville.
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Toujours vêtu du burnous, monté sur notre mule, — pour ne pas être bousculé et surtout pour ne pas avoir l'air d'un homme de rien, — flanqué d'Antonio et escorté d'un soldat, nous traversons des terrains vagues où, parmi les cailloux épars et les cimetières abandonnés, s'écroulent un palais désert et la vieille kasbah de Gherarda, où des konbbns et des buissons de cactus sombrent dans la poussière épaisse. C'est Bou-Djeloud et voici Fez-Bali, — la Médina, — • la ville proprement dite.
Fez-Bali est formé de deux quartiers semblables l'un à l'autre : Adaoua-el-Kaïrouani, jadis habité par des réfugiés venus de Kaïrouan,et Adaoua-el-Andaloux, qui logeait autrefois les Maures expulsés de l'Espagne.
Très hautes, bâties avec des briques, des cailloux et de la terre, les maisons irrégulières, blanchies à la chaux ou noircies par l'âge, n'alignent ici, en saillie ou en retrait, que des façades nues et sombres, que des murailles lézardées et qui, rongées par le bas, semblent prêtes à s'affaisser sur le dos des passants. Fermées de battants peints en rouge et que blindent des lames de fer et des têtes de clous, leurs portes, carrées ou cintrées en un tympan que garnissent des barreaux solides, sont, d'habitude, basses et étroites, simples et moroses comme des portes de prisons. Il en est cependant qui, découpées en pendentifs, entourées de faïence et abritées par un auvent de tuiles vertes, sont de véritables bijoux. 11 en est même de magnifiques; leur baie en fer à cheval est flanquée de colonneltes de marbre ; rondes, carrées ou en losange, des plaques émaillées leur font une bordure multiple; elles s'encadrent enfin d'une sorte de grand panneau légèrement creusé dans la muraille, revêtu de petites briques rouges, rehaussé, dans ses angles, de fleurs et de rosaces, ourlé d'un chambranle de pierre et flanqué de pilastres. Mais celles-ci sont murées ou ne s'ouvrent plus que sur des corridors dont la voûte s'est eff"ondrée, sur des espaces vides, sur des amas de débris que le soleil dévore.
Pas de fenêtres mais seulement des meurtrières, des trous grillés, des lucarnes en croix et, cà et là, quelques moucharabj's de plâtre que soutiennent de grossiers arcs-i)()utanls.
Avec ces demeures sinistres, alternent tantôt des cours éventrées et où, parmi les décombres, gisent de vieux tombeaux, tantôt des murailles qui ferment des jardins et dont des palmiers, de petits dômes et des terrasses dépassent la crête frangée d'herbes.
Beaucoup de ces masures sont inhabitées... Personne? Entrons dans celle-ci. Obscur, coudé, le corridor se creuse des niches dans lesquelles les visiteurs s'asseoient pour attendre qu'on
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