PLACE DU COUVEB.^EME^T
l'ont travailler ni l'esprit, ni le corps; ils se bornent à des négoces enfantins, à des industries féminines dont les modestes bénéfices suffisent à leur ambition. L'aiguille et les ciseaux ont, dans leurs mains débiles, remplacé la pique et le sabre d'abordage des écumeurs de mer, leurs féroces ancêtres.
Les Arabes ne sont représentés à Alger cjuo par quelques dégénérés sédentaires, — les /ladurs, — et par (luehiues travailleurs de
passage, — les ôerrnnis, — ■ population errante qui couche n'importe où, mange n'importe quoi, s'habille comme elle peut et dont les membres regagnent la montagne ou le Sahara dès qu'ils ont amassé un petit pécule. Tels sont, parmi ces derniers, les Kabyles qui se louent comme hommes de peine ; les Mozabites qui exercent la profession d'épicier, de boucher ou de baigneur ; les Biskris, qui sont portefaix ou domestiques. Selon leur nationalité tous ces hommes se groupent en corporations administrées par des amins dont nous reconnaissons la qualité et dont l'ensemble forme une sorte de tribunal de commerce, une espèce de conseil des prévôts.
Quant aux Turcs qui, pendant trois siècles, furent les maîtres d'Alger, ils ne se mêlèrent jamais aux habitants du pays; ils furent toujours pour eux, — comme, hélas, nous le sommes nousméme, — des envahisseurs abhorrés. Hanéfites tandis que les Algériens sont Malékites, les rites religieux élevèrent même des barrières entre eux et les Arabes et ils disparurent en i83o. A peine reste-t-il, comme souvenir vivant de leur passage, quelques vieux Koulouglis nés avant cette époque et résultat d'alliances conclues entre leurs soldats et des Mauresques.
Et, puisque nous parlons de la population d'Alger, disons de suite un mot de celle de l'Algérie entière. Elle comprend environ 4,3oo,ooo habitants dont 3, 547,000 indigènes, musulmans ou Israélites, 272,000 Français et 220,000 étrangers de nationalités diverses... La population indigène s'accroît de deux pour cent par an et, si cette progression continue, l'Algérie possédera, dans un peu plus de deux siècles, une population musulmane égale à la population actuelle de la France. La population européenne s'accroît, de son côté, de trois et demi pour cent. A la même époque, — peu lointaine par rapport à la vie des peuples, — elle atteindra le même chiffre. L'Algérie possédera ainsi une population franco-arabe de 70 à 80,000,000 d'habitants. Pourra-t-elle alors demeurer une simple colonie ou, comme les Etals-Unis d'Amérique, s'érigera-t-elle en une puissance indépendante, république ou royaume ? Nos descendants le sauront quel(|ue jour.
12 DAIJiEK A TANCEK.
Quittons la place du gouvernement et, vers le sud, suivons le boulevard de la République.
A gauche, surplombant les quais et la gare, c'est une interminable balustrade de fonte, accoudoir favori des ÏNIauresc^ues et des Arabes qui, rêveurs, viennent contempler le large.
A droite, c'est une longue galerie avec de grands magasins, des cafés magnifiques, des restaurants qui font étinceler jusque sur les trottoirs les cristaux miroitants de leurs petites tables. Au fracas des voitures qui courent sur la chaussée, on vient se promener ici aux heures du crépuscule, on y boit gaiement en plein air, on y dine sous le regard curieux des passants, on y rêve devant ces mâts que, mollement, balance le roulis, devant cette rade qui barre le paysage de sa longue bande d'azur. Et le soleil qui décline dore les collines lointaines, les croupes du Sahel, les masses violettes de ce mont Atlas sur lequel ses derniers rayons s'endorment avec tant d'amour.
Voici la place de la République, véritable oasis de bananiers, de palmiers et de banians. Autour do sa fraîcheur et de sa verdure, rayonnent, plantées d'arbres, de larges et belles avenues de grande ville : la rue de la Liberté, la rue Dumont-d'Urville, la rue de Constantine.
A l'ouest, sur un carrefour peuplé de brasseries bruyantes, de buveurs, de promeneuses en toilette, de passants affairés, de corricoti bourrés de voyageurs, s'élève un théâtre qu'envierait plus d'une cité de la métropole.
('/est là que, — pour attirer, pour retenir ces riches hivernants que le sud-est de la France appelle avec respect les étrangers, les étrangers par excellence, — c'est là qu'un comité des fêtes donne des veglioni (jui peuvent presque rivaliser avec ceux de Nice, des redoutes où on danse à la musique des zouaves, des bals masqués, des corsos de toutes les couleurs.
A ces réjouissances un peu banales ne se réduisent pas les attraits mondains de l'Alger hivernal. 11 y a encore les courses de Mustapha, avec le vin de Champagne sablé dans les landaus et dans les victorias qui stationnent sur la pelouse^ tout comme à Longi"hani|)s , mais avec, en plus, le spectacle original des
cavaliers arabes courant le prix des communes mixtes et se livrant à leurs fantasias; il y a des fêtes indigènes organisées pour la commodité des riches curieux qui ne veulent pas se donner la peine de les aller chercher dans les quartiers anciens ; il y a, — joie des Anglais, — les exhibitions un peu conventionnelles des Mauresques et des danseuses arabes ou kabyles qui, dans leurs atours les plus somptueux, les plus baroques, exécutent les pas langoureux des aimées, le menuet solennel des Ouled-Naïls, la pyrrhique du sabre ; il y a des femmes des tribus qu'on fait, au théâtre, arriver sur la scène, dans des ])alanquins portés par des chameaux ahuris, et qui y font des simulacres de mariages; il y a enfin, — toujours au théâtre, — des aïssaoua^ des musiques barbares, des orchestres mozabites, des ballets simiesques dansés à grand vacarme par des troupes de Nègres.
Là-bas, à l'angle sud-est d'Alger, disparaît, — presque tout englobé aujourd'hui dans de récentes constructions, — le vieux fort Bab-Azoun... Passons vite! Nous ne pouvons longer ces fossés, ces terrains vagues de l'esplanade Margueritte, sans y revoir, dans un coin, ce que plusieurs fois nous y vîmes jadis... Des soldats formaient le carré ; les portes de la forteresse s'ouvraient au lever du soleil et, entre des baïonnettes, un Arabe apparaissait, pâle sous le bistre de sa peau africaine. 11 marchait lentement; il s'adossait au poteau qu'on avait planté, là, dans ces cailloux pelés ; on lui bandait les yeux et, lorsque s'abaissait le sabre d'un officier qui détournait la tête, les douze balles d'un peloton d'exécution déchiraient son burnous et trouaient sa poitrine. C'était le lieu des fusillades ordonnées par le conseil de guerre.
Coupons, vers l'ouest, la rue de Constantine; gagnons la rue d'Isly; remontons-la vers le nord; franchissons la place où le marché arabe épai'pille ses figues, ses poules, ses haillons et ses paniers en fenouil autour do la statue du maréchal Bugeaud, vainqueur et duc d'Isly, parrain de ce quartier; à travers les sacs d'avoine, les balles de crin végétal, les tombereaux d'alcarazas, les charrettes entre lesquelles flotte quelquefois la bosse d'un dromadaire égaré, suivons toujours la môme voie, l'une des plus
commerçantes du pays. Elle nous ramène à peu près au théâtre.
Ici, parallèle au boulevard de la République, commence la rue Bab-Azoun.
Rendez-vous des voyageurs et des oisifs, cette rue était autrefois la rue du soiiA, — la rue des marchands. Longue, étroite, ombreuse, bordée de magasins européens et d'arcades qui forment une véritable galerie de bazar, sans cesse encombrée d'une foule mouvante de promeneurs, d'acheteurs et de véhicules, elle
a changé de nationalité et d'aspect mais elle a, au fond, conservé son ancien caractère.
Sortons de ses embarras et, par cet escalier, atteignons la place de Chartres. Là se tient le marché européen; là se froissent les Mozabites blêmes, les glabres Espagnols, les Négresses robustes, les bonnes délurées, les ordonnances militaires et les yaouleds effrontés, domestiques des domestiques. Là, dans des boutiques, se rident des fruits secs, jaunissent des oranges, rougissent des gigots et pâlissent des hures; là enfin, sous des parasols et sous des tentes, s'entassent les herbages, s'amoncellent les bananes, s'empilent les melons et saignent les grenades... La quantité de
grenades que mangent les Algériens est vraiment incroyable.
— Dans chacun de ces fruits, disent les médecins arabes, répétant je ne sais quelle parole du Prophète, il y a un grain tombé du ciel et ce grain guérit toutes les maladies.
Mais comment reconnaître ce pépin miraculeux? Pour être sur de ne pas le manquer, le mieux est de manger toute la grenade. Et on mange des grenades.
A l'ouest de la place de Chartres, au delà de maisons, hélas! bien prosaïques, passe la rue de la Lyre, la rue des marchands d'étoffes. C'est, — encore sous des galeries, comme dans la rue Bab-Azoun, — une série de petits magasins aux auvents relevés ; ce sont des échoppes bourrées de foulards lamés d'or, de pièces de laine rayées de blanc et de rouge, de gazes mouchetées, de gilets soutachés, de burnous galonnés, de toques et de pantoufles... Et, debout sur le seuil de ces boutiques où, comme une araignée dans sa toile, se tapit, à l'affût, un enfant d'Israël, des Mauresques et des Noires se font déplier des pantalons et déballer des vestes, palpent des rubans et des voiles, marchandent ce qui les tente et s'en vont sans rien acheter, ce qui, en tout pays, est l'un des grands plaisirs du sexe auquel elles appartiennent.
Véritable cascade de ^laures en bras de chemise, de .Juifs en bonnet noir, de Maltais qui hurlent à plein gosier pour vendre quelques malheureuses sardines, de Négresses qui portent de petits pains sur la tête, de Mahonnais qui s'égosillent |iour annoncer leurs pastèques, d'ânes qui, grands comme des chiens, ploient sous deux petits paniers de décombres, la rue montante de la Porte-Neuve étage devant nous les degrés de son escalier et nous conduit de la rue de la Lyre jusqu'à la rue Randon.
Nous sommes ici à .lérusalem ; toutes ces belles maisons appartiennent à des Israélites.
Nous l'avons déjà dit ailleurs (i), la plupart des Juifs qui habitent l'Afrique descendent de ceux qui abandonnèrent la Palestine lorsque Titus eut pris leur capitale et qui vinrent ici, soit directement, soit par l'Espagne d'où les chassa l'Inquisition. Ils sont, en
(I) Voir De Tripoli !i Tunis.
16 D'AI.GEn A TANGER.
Algérie, au nombre de quarante ou de quarante-cinq mille et, de tous les indigènes, ce sont eux qui ont le plus bénéficié de notre conquête. Ils sont libres, à présent; ils sont nos égaux depuis que des décrets inconsidérés leur ont conféré des droits civiques refusés aux spahis qui, pour nous, ont versé leur sang sur les champs de bataille, aux aghas qui portent le collier des commandeurs de notre Ordre. Il y a chez eux une faculté d'assimilation véritablement étonnante et ils nous copient si bien que, n'était le sceau indélébile de leur type, ils se confondraient totalement avec nous. Ils ont presque tous abandonné le petit turban
noir sur la chacliia noire, les vêtements de coupe mauresque, mais de couleur sombre, les bas bleus et les souliers lacés qui les distinguaient des musulmans; il ont pris notre costume comme leurs filles et leurs épouses ont adopté celui de nos i'emmes; ils portent le chapeau, voire le haute- forme ; ces dames arborent les coiffures à plumes, chaussent les brodequins, se roulent dans des châles de l'Inde, emprisonnent dans des gants verts ou
UN ÏAOULEU. '
rouges leurs doigts que quelquefois, — restes d'une habitude séculaire, — jaunit encore la couleur du henné. Et c'est grand dommage pour le pittoresque, pour l'originalité des promenades algériennes, grand dommage pour Rébecca et pour Rachel elles-mêmes! Elles étaient si étrangement belles celles-ci lorsque, le jour du sabbat, elles apparaissaient, moulées dans le fourreau de soie qui leur servait de robe, la poitrine largement étincelante des paillettes de leur plastron, les bras nus sous les manches de gaze, la tôtc serrée dans le foulard qui leur faisait comme une calotte noire rejiaussée de bijoux, le bas de leur visage biblique encadré, si elles avaient un mari, dans cette mentonnière de mousseline qui enchâssait si bien la fraîcheur de leur leiiit!...
Pas plus que les musulmanes, les Juives ne travaillent en public ; ce sont les hommes qui font tout. Et ils sont courtiers, marchands, petits industriels, orfèvres, brodeurs, usuriers et souvent pis. Ils louent aux Mauresques les bijoux de leurs femmes; ils prêtent à la grosse semaine, aux Maures dont ils prennent les biens en garantie et qui, peu à peu, poussés par eux, descendent tous les échelons de la misère; s'ils ne vont pas enfin, comme les Arabes qui risquent leur vie pour un mouton, voler sur les grandes routes, la plupart d'entre eux se rattrapent dans les affaires. Pourvu qu'ils trompent des non-israélites, la fourberie et la fraude ne leur sont-elles pas permises, conseillées par le Talmud ? Et puis le vol n'est pas un délit à leurs yeux; ce n'est qu'une ruse autorisée par les usages.
Sur le port, nous vîmes, un jour, un certain Ben-Sabbat surpris au moment où il mettait des poignées de sable dans le plateau d'une balance, du côté de la marchandise qu'il livrait.
— Voleur! lui cria la victime de cette manœuvre.
— Ah va, fit-il, avec un sourire de pitié, moi pas voleur, moi fin.
Et ce mot résume toute l'idée que, sauf quelques exceptions, ses congénères se font de l'honnêteté commerciale.
Au milieu de la rue Randon s'élargit une place entourée de maisons de style européen, mais jonchée, du matin au soir, d'Arabes et de Juifs qui, assis sur des nattes, prennent de l'absinthe et jouent aux échecs ou aux dames, peuplée de Nègres qui pilent du café. Au fond de cette place se ferme la synagogue.
Descendons cet escalier; suivons, vers l'est, l'étroite ruelle du Lézard et reprenons la rue de la Lyre. Elle aboutit à la place Malakolf, petit trapèze irrégulier qu'entourent la cathédrale, l'archevêché et le palais du gouverneur.
Placée sous le vocable de saint Philippe et flanquée de deux tours vertes qui prétendent rappeler les minarets du Caire, la cathédrale est bâtie sur l'emplacement qu'occupait la Djama- Kctchaoua. C'est, assez laid en somme, un temple de style indécis, ni musulman, ni chrétien, avec, à l'intérieur, une chaire de marbre
rose et quelques arcades en fer à cheval, uniques vestiges de la
mosquée disparue.
Très curieux encore, avec ses murs aux guijjures de plâtre, ses
plafonds lambrissés d'arabesques, ses pendentifs en stalactites,
ses colonnettes légères, ses galeries aux balustrades de bois et ses petites coupoles, l'archevêché est une dépendance de l'ancienne Djénina. C'est le bâtiment qu'habitaient les beys des provinces lorsqu'ils venaient ici en dennech , — lorsqu'ils venaient déposer leurs impôts aux genoux du pacha, leur seigneur suzerain. La Djenina elle-même, — Dar-Aziza-benl-el-bey, Dares-Sultan, — était la demeure des deys qui l'occupèrent depuis Baba-Arroudj jusqu'au jour où, en 1817, Ali-ben-Ahmed qui redoutait les janissaires la quitta pour aller se mettre à l'abri, entre les deux cent cinquante canons de la kasbah. C'était une merveille de l'art arabe, une sorte d'Alcazar algérien. Elle est tombée sous la pioche l^arbare des premiers Français, pressés diembellir leur conquête.
Nous avons presque tout pris aux Maures : les palais pour y installer notre tribunal, notre bibliothèque, nos archives et nos pensionnats; les plus belles maisons pour y mettre nos fonctionnaires; les forts pour y loger nos troupes; les mosquées pour en faire des prisons, des écuries ou des églises. La demeure du grand chef de l'Algérie, — le hey lick^ comme l'appellent encore les indigènes, — est, elle aussi, un vieux palais mauresque défiguré par une horrible façade, le palais d'Hassan-pacha. Là habite le gouverneur, successeur médiat du comte Drouet d'Erlon qui, dès 1834, remplaça, dans la haute direction du pays, le commandant en chef de notre armée. Secondé par un conseil, par les directeurs des divers services, par des préfets et des sous-préfets, dans le territoire civil, par des officiers, enfin, dans le territoire de commandement, le gouverneur a la haute main sur l'administration de l'Algérie entière.
L'Algérie se divise en trois départements : Alger, Oran et Constantine, et chacun de ces déparlements se partage en deux territoires : le territoire civil au nord et le territoire militaire au sud. Le territoire civil est régi à peu près comme nos départe-
ments et il comprend des coniinunes de trois espèces : Les communes de plein exercice qui, absolument assimilées aux nôtres, ont à leur tête un maire et un conseil municipal dont peuvent faire partie des étrangers et, — chose juste, mais bien étonnante, — jusqu'à de ces parias qu'on appelle les Arabes; les communes mixtes, régentées par un administrateur civil, sorte de proconsul au petit pied; enfin, les communes indigènes qui ne sont que des réunions de f/oi<«7-,ç ou de villages musulmans, placées sous l'autorité d'un caïd. Le territoire militaire est, pour chaque département, commandé par un général de division que représentent un commandant supérieur et des officiers, chefs de cercle, assistés, quand il y a des Européens parmi leurs administrés, par une sorte de conseil, la commission municipale.
A côté de l'archevêché csl établie une salle de vente bien connue des amateurs de vieilleries plus ou moins artistiques et, à peu près en face de ses entrepôts, commence, tortueuse, la rue de l'Etat-major.
Une toute petite porte encadrée de sculptures s'y ouvre, encore mystérieuse, sur un corridor faïence, creusé des niches où se tenaient autrefois les esclaves, les gardes et les visiteurs qui attendaient leur tour d'être introduits auprès du maître. C'est l'entrée d'un type de riche maison mauresque, de l'ancienne habitation de Mustapha-pacha. Les portes aux petits panneaux de cèdre et aux gros verroux de bronze en ferment encore les chambres aux poutrelles bariolées ; les balustrades ouvragées et les colonnes torses en entourent encore la petite cour, mais des statues, des inscriptions, des fragments de sculptures dorment, dans ce patio, sous les larges feuilles de bananiers ; des manuscrits et des livres s'entassent dans ces chambres.
Loin ilu bruit profane qui remplit les grandes rues et les boulevards, on a installé ici le musée et la bibliothècpie. Nul endroit ne pouvait être mieux choisi et que de bonnes heures nous y passâmes autrefois ! Vieille de plus de deux siècles, une Histoire de la Barhnvie et de ses corsaires nous reportait à l'époque sanglante dt;s pirates ^)\. des abordages et nos regards rêveurs
DALCER A TANGER.
allaient des tableaux naïfs qui représentaient des galères aux coffres bardés de fer où les anciens maîtres du logis entassaient leurs bijoux et leurs parts de prises. Versées et poussées à la même époque, Les larmes et les clameurs des chrétiens. Français de nation, captifs dans la ville d'Alger, en Barbarie, évoquaient les marins vendus au Baptistan, chargés du carcan et de la chaîne. Géronimo nous racontait les supplices infligés à des esclaves et, sous nos yeux, se tordait le moulage éloquent du martyr dont, liés et convulsés, on a retrouvé les restes dans les