LE MAROC. — POPULATION. GOUVERNEMENT. PRODUITS. ■ — LE
SULTAN. — SON ESCORTE. — SON HAREM. — LE CAMP. — l'aR- MÉE. — LES TOLP.A. LA REVUE. LES JARDINS. — LES FEMMES.
Obstinément enfermé dans sa J^arbario séculaire, le Maroc, — le Slarakech on empire du Maghreb, du couchant, — est un pays plus vaste que la France, isolé entre l'Atlanticjue, — la mer des ténèbres des géographes arabes, — et l'Algérie, dont le séparent des espaces déserts, entre le Soudan et la Méditerranée, — la mer d'azur des poètes latins.
Comme celle de Fez, sa population se compose de Berbères, de Maures, de Nègres, de Juifs et de deux ou trois mille Européens qui, sous la protection de leurs consuls, sont, d'une manière plus ou moins définitive, établis sur le littoral. Jamais recensée, elle n'est que de trois millions d'habitants, selon les uns; elle dépasse neuf millions, d'après les autres.
Le Maroc est, de l'ouest à l'est, traversé par l'Atlas qui le divise en deux parties inégales. Celle du sud, commencement des plateaux et du Sahara algériens, n'est guère qu'une dépendance nominale de l'empereur, habitée par des Arabes nomades qui repoussent ses caïds et n'obéissent qu'à leurs chefs féodaux. Celle du nord est arrosée par des fleuves et possède les grandes villes; c'est la partie à peu près organisée et vivante de l'empire; c'est le hled-es-sultan. — le pays du sultan qui y commande en maître.
AUTOUIi DE FEZ.
Et encore les montagnes qui en occupent le tiers oriental sont-elles peuplées de Berbères, — Chelloks ou Amazirgs, — 'qui, retranchés dans leurs villages, leurs cavernes et leurs abris sous roches, ne reconnaissent que l'autorité de leurs marabouts. Le bled-es-sultan lui-même est, d'ailleurs, à chaque instant bouleversé par des troubles.
En 1S91, par exemple, des douars se révoltèrent contre Vaniel de Tanger, espèce de tyran, il est vrai, qui, pour le remplacer.