‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 39 sur 71 · UN ATELIER DE FORGERONS NEGRES · texte numérisé non relu

UN ATELIER DE FORGERONS NEGRES

représentant du Roi-Souverain, du général Daelman qui nous suit dans le train n° 4.

J'ai le temps de réfléchir aux divers horizons géologiques que nous avons rencontrés en chemin de fer depuis Matadi jusqu'au Stanley-Pool : granits, gneiss, quartzites, micaschistes de Matadi au Palallaba, c'est-à-dire toute la gamme des roches cristallines et schisto-cristallines, puis le faciès passant aux schistes, des schistes aux calcaires par

une série d'assises : schistes, calschistes, calcaires-marbres: de là aux grès calcareux, pour finir par les grès siliceux et les sables, au Stanley-Pool. La décomposition de ces roches par les agents extérieurs, par l'air et la pluie, donne des plaines argileuses et argilo-sableuses où domine le fer sous les formes les plus variées, tantôt comme simple principe colorant, tantôt comme limonite, comme hématite, ou enfin comme oligiste, permettant dans ces derniers cas le traitement industriel du gisement. Les indigènes ne l'ignorent pas, car ils tirent des blocs de minerai que l'on trouve en abondance dans la brousse, des fers excellents, en les faisant passer par la forge catalane. Ce que j'en dis n'a au surplus qu'un but, c'est de constater une fois de plus la véracité de l'hypothèse de cette mer intérieure qui constituait autrefois dans les temps géologiques, le bassin du Haut-Congo. Cette mer intérieure, limitée par les monts de Cristal à l'ouest et les monts Mitumba à l'est, était alimentée par les apports des mers plus petites qui lui étaient adjacentes et dont les lacs Tanganika, Moëro et Banguelo ne figurent plus aujourd'hui que les échos très affaiblis. Un jour, sous l'action d'apports excessifs, le niveau de ses eaux s'est élevé au point que celles-ci ont attaqué peu à peu le faite de la barrière — les monts de Cristal — qui la séparait de la mer et de la rivière côtière de Banana.

Cet écrêtement, cette érosion, par une suite d'efforts dont l'ensemble a probablement porté sur une série de siècles, ont fini par creuser de véritables seuils d'écoulement qui constituent les cataractes et les chutes que nous connaissons, et la mer intérieure s'est vidée dans l'Océan par la rivière de Banana. Le Congo actuel, c'està-dire les dernières eaux de l'ancienne mer qui se sont rassemblées dans la cuvette du bassin, est donc, en der-

nière analyse, le résultat ultime de ces actions géologiques. Tout, depuis les roches cristallines et schisto-cristallines des monts de Cristal jusqu'aux sables de Léopoldville — la laisse de l'ancienne mer, — tout vient, géologiquement, confirmer la théorie de Murchison, que A.-J. Wauters, notre savant géographe, si compétent dans l'histoire du sol africain, a remise si magistralement en lumière.

Mais voici le train n° 4 avec les autorités. Après les

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