‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 46 sur 71 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Le retour à Borna. La séparation

Vendredi, 8 juillet.

Nous reprenons le chemin vers Matadi ; nous repassons par tous les points qui ont frappé et retenu l'attention à l'aller ; on les revoit avec le même charme, mais sous un autre aspect, tant l'impression est affaire du moment ; nous refaisons avec un nouveau plaisir cette adorable vallée de la Lukuya, nous devinons la rivière plutôt que nous ne la voyons, enfouie sous son luxuriant dais de verdure. Tumba nous rappelle encore avec ses logements improvisés la vie des camps, mais Tumba, cette fois, est calme et tranquille, les noirs acteurs de l'autre jour ont rejoint leurs chimbèques, là-bas, au loin. Les plaines immenses avec leurs mamelons chauves se succèdent les unes aux autres, se confondant au loin avec l'horizon. Voici les falaises babyloniennes du Bangu avec les villages nègres juchés au bord de la crête, voici les rochers calcaires de Bafu.

Les percées de granit réapparaissent le long de la Malanga. Zolé avec ses marbres ix)ses,les blocs d'hématite brune émergeant de la brousse, Songololo avec sa montagne chevelue, tout cela repasse devant nos yeux éblouis comme les toiles fuj'antes d'un diorama gigantesque. Avec la Bambisi, nous rentrons dans la région des schistes ; après Kengé, nous roulons de nouveau sous bois pour gravir derechef, mais en sens inverse, le calvaire du Palaballa. Le ravin du diable, la vallée dantesque de la

danvp:rs a leopoldville.

M'pozo, les amoncellements chaotiques de schistes et de granits, les sombres et profonds abîmes où roulent furieuses les eaux de la"'rivière, nous fixons ces traits du paysage pour jamais dans la mémoire, nous arrivons enfin à Matadi !

Nous avions parcouru deux fois le trajet du chemin de

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