‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 47 sur 71 · LE LONG DE LA VOIE FEUREE · texte numérisé non relu

LE LONG DE LA VOIE FEUREE

fer des cataractes — deux fois 400 kilomètres — sans que rien fût venu troubler la ré|2:ularité de la marche des trains, sans qu'une modification quelconque ait dû être apportée à l'horaire, sans que le moindre accident se soit produit. Le voilà donc le chemin de fer que la calomnie a

tant décrié, qne l'on a voulu tuer par le ridicule en le traitant dédaigneusement de tramway-joujou !... Jugez-en vous-même, vous qui ne croyez pas aux affirmations — intéressées, dites-vous — des ingénieurs qui ont construit la voie, des iînanciers qui ont lancé l'entreprise et qui, peut-être, ferez à un voyageur, digne de foi, qui a fait et refait le trajet, l'honneur de le croire. Tramway-joujou, ce chemin de fer à voie étroite — o^yS seulement, c'est vrai, parce que c'était la solution qui s'imposait — mais dont les muscles sont puissants : des traverses de 33 kilos distantes de 76 centimètres, des rails de 21 kilos au mètre courant, une voie du poids de 100 tonnes par kilomètre. Quelle dérision !

Tramway -joujou, ce chemin de fer à exploitation intense où tous les jours trois trains sont mis en marche, dans chaque sens, pouvant transporter chacun 3o tonnes utiles, où circulent des wagons de 10 tonnes, des locomotives de 19 et de 3o tonnes, où, quand la nécessité s'en fera sentir, l'on pourra, en multipliant les stations et les voies d'évitement, atteindre le nombre de cinq, six trains par jour dans chaque sens ! Tramway-joujou, cet instrument, cet outil qui doit rapporter plus de 2.5oo.ooo francs par mois de 3o jours, quand l'exploitation du réseau entier sera régulière, en ne tablant que sur les bases, certainement modestes, de six trains par jour, au total, transportant chacun 3o tonnes utiles, soit 180 tonnes, et en admettant le tarif réduit de 5o p. c. ! On a dit : " Le tarif si élevé du transport découragera le trafic r^ . — Le tarif est de mille francs la tonne, d'une façon générale. C'est exact. Mais ce chiffre est moins élevé que le coût du transport de la tonne de marchandises par le chemin des caravanes et dans quel état arrivaient-elles, ces marchandises, au lieu de destination ? D'ailleurs, les tarifs d'un chemin de

fer sont nécessairement élastiques, ils baissent au fur et à mesure qu'augmente le rendement de la voie. Sans doute, il y aura des frais de réfection, sans doute certaines parties de la voie doivent encore être parachevées, d'autres auront à être revues après chaque saison de pluies, des talus demanderont à être redressés, des sections réclameront du nouveau ballast, mais il en est ainsi de tous les chemins de fer, ce ne sont là que bagatelles.

Ce qu'il importe de dire, c'est que la voie est solidement

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