‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 5 sur 71 · MON JOURNAL DE BORD · texte numérisé non relu

MON JOURNAL DE BORD

D'ANVERS A LÉOPOLDYILLE

Le départ

Samedi, 11 juin.

Le spectacle de la rade avec son fouillis de navires, superbes sous leurs pavois des grands jours, brillants aux rayons d'un soleil radieux, est vraiment empoignant. V Albertville est là contre la rive, tout frémissant d(» la vapeur qui gronde dans ses chaudières ; il semble impatient de prendre son élan, comme un cheval de sang, vers les larges espaces, vers les régions lointaines. Le quai et les promenoirs sont bondés de monde : parents, amis, curieux, accourus pour faire escorte aux passagers de Y Albertville . De toutes parts, les mouchoirs s'agitent fiévreusement, on crie : au revoir!... Enfin, l'heure du départ a sonné, le capitaine ordonne de larguer l'amarre et le navire, majestueusement, descend le fleuve, obéissant à l'impulsion de sa puissante hélice. Le port, Anvers, la tour de

Notre-Dame, tout disparaît peu à peu, noyé dans une buée d'une délicatesse de tons infinie...

Nous voilà donc partis à notre tour pour la terre africaine, après tant d'autres, des meilleurs et des illustres, mais nous ne ferons qu'y toucher barre. Notre voyage ne sera qu'une excursion, mais une excursion superbe, presqu'unique. Elle commence sous les plus riants auspices : tout est à la joie; le soleil — ce grand maître de mise en scène — est de la fête et nous prodigue sans compter les couleurs les plus gaies de sa palette magique. AU right !

N'importe, le départ n'a pas été sans quelqu'émotion. Que voulez-vous? On ne s'en va que pour deux mois, il est vrai, mais c'est à la mer, au climat avec ses foudroyantes surprises, c'est en somme à l'inconnu que l'on s'abandonne ; et si le danger a le don d'attirer les natures qui ne peuvent se contenter des banalités de la vie, il effraie les êtres faibles et aimants qui nous entourent. Bien que nous nous défendions de toute mesquine sensiblerie, nous avouons qu'au moment où Y Albertville a quitté la rive, nous avons senti l'étreinte poignante de la séparation. Mais elle sera si courte et le voyage promet d'être si beau ! En avant !

Les passagers. Les officiels et les non-officiels La presse belge. La presse étrangère

UAlbertville, imposant sous sa parure de fête, escorté d'une foule de yachts et de bateaux, précipite maintenant sa marche vers la haute mer. A son bord, devisent

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