‹ D'Aranda, ou Les grandes passions, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 51 sur 58 · ACTE II, SCÈNE fi 11. ()î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE fi 11. ()î

cabuiel. Vous l'avez dit...

IIORTEXSE.

Eh bien ! monsieur... je me suis trompée î... Ai h : Comme il m'aimait.

Ne m'aimez plus ! 'Bis.) Faites qu'une autre me remplace, Ne m'aimez plus !

D'amour mes sens sont éperdus.

IIORTENSE.

Eh bien... dans l'effroi qui me glace... Si vous m'aimez . un peu... de grâce... Ne m'aimez plus !

gabriel, parlant.

Eh bien !

hortense, achevant l'air.

Ne m'aimez plus !

gabriel , avec un geste de fureur.

Comment! que je...

hortense, vivement.

Ne vous fàeliez pas, monsieur, et éeoutez-moi. Je m'abusais moi-même quand je me croyais faite pour les

grands sentimens... les grandes passions je ne suis

qu'une pauvre honnête femme qui tient à ses devoirs, à sa réputation...;» tout ce qu'il y ade plus... prosaïque au monde... vous voyez donc bien... que je ne vous aime pas... mais pas du tout...

GABRIEL

Sacrifice que vous voulez l'aire à la vertu !

HORTENSE

Ali ! que c'est impatientant !... Eli bien! monsieur, s'il faut vous avouer la vérité... je vous hais... je vous déteste !

GABRIEL

Toutes les grandes passions se tiennent ! J'aime mieux votre haine que votre indifférence !

BOftTSIISK.

Alors, monsieur, vous m'êtes le plus indifférent de tous les hommes... Là!...

GABRIEL

Vous ne me le prouverez jamais avec ce tremblement nerveux... avec cette exaltation qui m'enivre... (Se jetant à ses genoux.) 0 Hortense ! que tu es belle ainsi... cberchant à me cacher le sentiment délirant que trahissent tes regards...

hortense, hors d'elle-même.

Vous ne comprenez donc pas, M. d'Aranda, ce que je voulais éviter de vous dire. ..c'est que je trouve mon mari plus galant homme, plus généreux, plus aimable, plus beau que vous!

Gabriel, se levant avec fureur.

Plus beau!... Comment... encore plus beau que moi!... Un tel affront !...

hortense.

Que je l'aime, monsieur.

GABRIEL

Vous l'aimez... lui... (Avec mépris.) un mari ! voilà ce que je n'ai jamais entendu... Voilà ce que je suis bien aise d'entendre!

HORTENSE

Oui, monsieur, je l'aime...

gabriel, avec indignation. Et vous osez me faire un tel aveu... à moi... dont vous connaissez la jalousie incendiaire et frénétique... hortense, tremblante.

Mon Dieu... mon Dieu... je crois l'entendre!

GABRIEL

Qu'il vienne donc... je suis armé...

HORTENSE

Au nom du ciel, monsieur... qu'il m* vousvoie pas... éloignez-vous !

GABRIEL

A votre tour alors ne me réduisez pas au désespoir... (Montrant la porte à droite.) Je serai là... dans cet appartement d'où l'on peut tout entendre! et si devant moi... en ma présence... vous accordez à ce... mari!... la moindre marque d'amour... la moindre faveur...

horte.nse. Eh bien...

Page 1