‹ D'Aranda, ou Les grandes passions, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 52 sur 58 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

VOLBERG, IIORTENSE.

HORTENSE

Tuer mon mari... par exemple !... passe encore ai c'était moi, ce serait juste... mais lui !... Ah !lc voici !...

Elle tombe assise sur le fauteuil, près de la table à droite. volberg, entrant par la gauche.

Uenriette, voire amie... vient de me dire, madame , que vous me demandez; que vous désiriez me voir? et je suis accouru, me voici... parlez... parlez, de grâce...

HOHTENSE.

Je le voudrais... et je n'ose...

VOLBERG.

Qui peut vous en empêcher?

HORTENSE

Ce qui m'en empêche, monsieur?... (A part.) Dieu! que c'est gênant qu'il soit là.

VOLBERG.

J'étais décidé, si ma présence devait vous imposer Ui moindre contrainte... à m'éloigner pour toujours... * (Horlense toumeverslui un regard tendre et suppliant.) \ Votre bonté me rassure... votre regard me rappelle !... ije crois le voir du moins; et après m'avoir donné un ! tel espoir, vous ne voudriez pas me l'enlever...

HORTENSE

Oh! non, monsieur...

VOLBERG.

Je reste donc... et je peux vous dire que ce matin je n'osais vous exprimer, même devant Henriette, votre

D AflA.ND.*

amie... car c'est une po>ition si crubarrassante de n<? pas être seuls.

hortense, regardant la porte à droite.

Oh ! oui, sans doute.

volberg, avec joie.

N'est-ce pas? en vous trouvant si belle, j'éprouvais une admiration mêlée de bonheur... et de crainte. II me semblait qu'un si grand bien, un tel trésor ne pouvait jamais m'appartenir ! aussi, je ne vous demande ]>as de m'aimer comme je vous aime... je n'exige pas l'impossible... dites-moi seulement que cet amour ne vous déplaît pas, que vous pourrez vous y habituer, et que vous consentez à m'éenuter , dussiez-vous, comme tn ce moment, ne pas me répondre.

hortense, à part, se levant.

Dieu ! que c'est gênant qu'il soit là.

volbep.c.

Vous baissez les yeux... vous vous taisez... prenez girde,jesuis capable, si v»us ne me démentez pas, d'interpréter ce silence en ma faveur. Je vais croire... qu'un amour si pur, si vrai, si respectueux... a fini... par vous toucher... (Voyant qu'elle se tait.) par vous inspirer quelque pitié... peul-élre même quelque reconnaissance.

Air : Taisez-vaus, ama?is} taisez-vous ! premier couplet.

En vous parlant de mes vœux, je redoute L'indifférence et même le courroux!

Vous taire ainsi, c'est me dire : j'écoute ! Taisez-vous encor !.., taisez-vous, Taisez- vous?

deuxième couplet. Silence heureux !... consentement suprême.* Aveu muet qui ferait des jaloux !

En vous taisant, c'est me dire : je l'aime : Taisez-vous toujours !... taisez-vous , Taisez vous !

(S'élançant vers elle.) Hortense ! Hortense !...

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