‹ D'Aranda, ou Les grandes passions, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 6 sur 58 · ACTE I, SCÈNF. I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNF. I

Tous les jours le calme suprême, C'est ennuyeux !... le mot toujours Ferait bailler dans le ciel même !

Oui, sans tourmens et sans désirs, Sans passions, comme sans haines , Une éternité de plaisirs Est une éternité de peines î maria, à llorlensc.

Tu as raison î...

.N'est-ce pas?... et, dans ce moment, que veux-tu luire? qu'espères-tu?

MARIA

Je n'espère pas ; mais j'attends !

HORTENSE

Je parierais qu'il est désolé et qu'il te regrette.

MARIA

Si je le savais !

Henriette, redescendant.

Eli bien ! mes bonnes amies, je le saurai peut-être !...

MARIA et HORTENSE.

Toi ! et comment?

HENRIETTE

Par mon mari, Gabriel Blinval

MARIA

Blinval... l'avocat! mais je l'ai vu souvent chez mon père !

Henriette, vivement.

Ah! tant mieux!... eh bien! est-ce que je n'ai pas raison? est-ce qu'il n'est pas bon, spirituel... aimable...

MARIA

Sans doute , et comme tu le disais , un des premiers lalens du barreau... mais quel rapport y a-t-il entre loti mari et la personne dont nous parlons?...

Je m'en vais te le dire : Gabriel a, dans ses cliens, un grand d'Espagne qui doit prochainement arriver à l';tn^... pour un procès... le comte d'Aranda !

li d'aranda.

maria, vivement } avec émotion.

D'Ara n da!

HENRIETTE

Tu le connais?

maria, cherchant à se remettre.

Qui ne connaît pas à Madrid le comte d'Aranda ?

HORTENSE

Alors. ..ildoitconnaîtretoutle monde. ..{A Henriette.) Tu le verras... tu lui parleras...

HENRIETTE

Mon mari, à la bonne heure... mais pas moi î

HORTENSE

Et pourquoi donc?

HENRIETTE

C'est que le comte d'Aranda... c'est Gabriel qui me l'a raconté... est un homme terrihle... d'abord il estsuperbe , il est jeune , il est riche... et dès qu'il voit une femme, il en tombe amoureux...

HORTENSE

En vérité!

HENRIETTE

Et dès qu'il est amoreux, la tète n'y est plus... la femme qu'il aime le trouve partout... mêmechezellc... il lui remet des billets devant son mari, il entre par la fenêtre, par les panneaux, il séduit les domestiques... on doit mourir de peur quand on est aimé par cet homme-là.

HORTENSE

Mourir ainsi, c'est vivre!

HENRIETTE

Enfin, un jour, il a mis, dit-on, le feu à un pavillon pour enlever une femme veuve qu'il aimait.

HORTENSE

Est-il possible !

maria, avec émotion.

Oui... c'est vrai... c'est vrai !

iiortense, avec exaltation.

C'est sublime !

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