Lettre du 30 juillet
;!. Lettre de d'Entrecasteaux du 11) mars J78H, Ile de France.
1. La route tle la Résolution, île Macao à Poulo-Timon, avait été tracée par d'Entrecasteaux sur la carte de Chine de Dalrympe insérée dans le Neptune oriental île M. Daprès,
d'entrecastiabx. :{.")
importants dans une lettre que d'Entrecasteaux adressait le 15 avril 1787 au ministère de la Marine.
La frégate dut passer à l'est de l'île d'Haïnan, pour se diriger ensuite vers le détroit de Malacca.
Pendant cette première partie du trajet, le chef de division eut l'occasion de relever plusieurs erreurs sur la carte de Dalrympe, qui voyageait alors pour la Compagnie des Indes1. Il pensait reconnaître les îles Sapate et Poulo-Condore, qu'il ne rencontra pas, tandis qu'il aperçut la côte du Cambodge, dont il s'estimait très loin; d'où, ces îles sont trop à l'ouest sur la carte du fameux géographe écossais. De môme, non loin de là, dans un passage peu fréquenté h l'ouest des Deux-Frères, il rectifia la position des côtes de ces deux îles, qui gisent est-nord-est et ouest-sud-ouest, et non ouest-nord-ouest et est-sud-est.
Sur la côte occidentale de la presqu'île de Malacca sa route lui permit « d'établir le gisement exact des îles Timon, Pysang, Aor et Tyngy, que Dalrympe place fort mal ». Avec la même précision il vérifia la position de la passe du Gouverneur et dressa la carte du pelit archipel d'écueils au milieu duquel il s'arrêta dans le détroit de Bornéo.
Notons encore cette observation : « En passant devant Malacca, j'ai cru devoir y mouiller pour prendre des renseignements sur le nouvel établissement des Anglais à l'isle Pinang. Cette isie placée à l'entrée du détroit, entre 5° 17' et 5°3ÏÏ! de latitude nord, leur a été cédée par le prince de Quéda. Je ne sais de quel œil les États Généraux verront un pareil établissement, mais il est certain qu'il doit nuire aux leurs dans ces détroits et servir à intercepter le commerce en temps de guerre. L'insouciance de l'administration de la compagnie hollandaise est telle que, quoiqu'elle sente parfaitement le préjudice que son commerce doit éprouver de
4. Ce fut d'après les plans de Dalrympe que le gouvernement anglais organisa les voyages de découvertes que Cook a exécutés.
36 d'kntrecasteaux.
ce voisinage, elle n'a pas encore cherché à faire reconnaître ce port, que l'on assure être très vaste et très sûr et qui ne peut manquer de devenir un point important de la domination anglaise... Si j'avais trouvé le plus petit prélexte pour aller visiter ce port, je n'y aurais pas manqué; mais il m'était impossible d'y paraître sans avoir l'air de jouer un rôle qui ne convenait pas à mon état1... »
Le commandant reprit la direction des forces navales de l'Inde à la fin d'avril 1787, c'est-à-dire à l'époque qu'il avait précédemment fixée. Son premier souci fut de compléter la tâche qu'il venait d'entreprendre. A cet effet, M. de Kergariou reçut l'ordre de partir de Pondichéry,le 4 août 1787, sur la Calypso, pour se rendre par l'archipel de Mergui à Malacca, puis à Macao2.
Un autre point des instructions données à d'Entrecasteaux, lors de son départ de Brest, fut de sa part l'objet d'une attention particulière. Il tint à cœur de sauvegarder par tous moyens l'honneur du pavillon; il se montra toujours rigoureux sur la question du salut dans les différents démêlés qu'il eut avec l'Angleterre5 et il mit en œuvre toutes les ressources de son esprit pour détruire les prétentions émises par la Compagnie hollandaise : « Le commodore persiste, écrit-il le 9 juin 1787, dans l'opinion que le salut fait à une place appartenant à la Compagnie doit être rendu par les vaisseaux de la République. De deux choses l'une, ou le pavillon des places de la compagnie des Indes n'est
1. Par le fait, il réussit à se procurer un plan exact de Pulo-Pinang, que M. Malroux, commandant le vaisseau de la Compagnie Ui Ucijne, obtint d'un capitaine anglais. Voir lettre de Trinqucmalé, 17 juillet 1787, archives du ministère dos Colonies.