‹ D'Entrecasteaux, 1737-1793Chapitre 17 sur 45 · août 1789. (Registre de d'Entrecasteaux · texte numérisé non relu

août 1789. (Registre de d'Entrecasteaux

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en demeure d'enregistrer l'ordonnance du 1er janvier 1787. L'année suivante, les résultais sont entièrement satisfaisants ; « tous les citoyens non exempts par la loi ont paru à la revue générale. C'est un grand pas de fait1 ».

Dans l'île Bourbon, le tact et l'esprit conciliant de M. de Cossigny ne réussirent point à calmer complètement la surexcitation des colons. Cette île fut le théâtre de désordres graves, qui nécessitèrent des modifications dans la législation et une intervention énergique du gouvernement.

Les ordonnances en vigueur placent les créoles, qui se sont garantis de toute infusion de sang noir, dans une situation privilégiée. C'est là une source de discordes qu'il importe de tarir. En voici les raisons : « L'ïsle de France est presque entièrement peuplée de races croisées 2 ; peu de familles y sont exemptes du mélange. Il y a cependant quelques personnes qui prétendent n'en être pas entachées, et ces personnes réclament les privilèges attachés à la pureté de leur origine. Mais comme la majeure partie de l'isle de Bourbon serait comprise dans la proscription qu'entraînerait l'exécution des ordonnances à cet égard, que les familles les plus distinguées dans l'ordre de la noblesse et dans celui de la magistrature en éprouveraient également les effets, il est hors de doute que le moindre soupçon que l'on aurait dans cette colonie de faire appliquer ces or-

1. Lettre du 18 avril 1789. (Registre de d'Entrccasteaux.) *2. Un recensement de la population fait sous l'administration de d'Entrccasteaux, en 1787, pour l'ilc Bourbon, et, en 1789, pour l'Ile de France, a donné les résultats suivants :

lie Bourbon : Blancs 7,833

Esclaves 37, -'!.">

Ile de France : Blancs \. i.">7

Cens de couleur, libres 2,456

■ — — esclaves. . . 37,915

« Dans les deux îles, la population s'accroît sensiblement; il n'en est pas de même des troupeaux, dont il importe de favoriser l'exploitation. V. documents aux archives coloniales, correspondance de l'Ile de France, 1789, 83-C*.

donnantes deviendrait le signa] de la guerre civile J. » Cette difficulté, que M. de Cossigny signale dans ses rapports au gouverneur général, contribuerait à entraver le rassemblement des milices dans un milieu où tout est prétexte à révolte.

Voici comment d'Entrecasteaux, qui fait grand cas de ce gouverneur particulier placé sous ses ordres, apprécie la situation générale de Bourbon : « L'anarchie qui a régné jusqu'ici dans cette île est la cause des troubles; la faiblessedes tribunaux l'entretient. L'iledeBourbon est comme partagée entre trois ou quatre familles importantes. Dans le principe, elles vivaient en parfait accord. Aujourd'hui la désunion s'y est introduite; elle est devenue universelle. Toute la colonie prend parti, y compris les magistrats, qui appartiennent pour la plupart à ces familles. Loin de seconder le gouverneur, ils le contrecarrent. Deux ou trois sujets entretiennent le trouble; il faudrait en purger la colonie. Un commandant de paroisse vient d'être condamné dans un arrêt du conseil pour avoir exécuté les ordres de M. de Gossigny. Cette cour a commis un excès de pouvoir. Je demande l'annulation de cet arrêt et je désire qu'on précise enfin les limites des attributions des commandants de paroisse... Les tribunaux coloniaux combattent les vues de l'administration et violent le secret des correspondances officielles, qu'ils ne connaissent qu'illégalement 2. »

A la façon dont le gouverneur des Mascareignes réorganise la milice, on peut juger du soin qu'il apporte à l'étude de toutes les questions relatives à la défense de ces

1. Lettre de d'Entrecasteaux du 8 septembre 1788. (Registre de d'Entrecasteaux.)

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