‹ D'Entrecasteaux, 1737-1793Chapitre 18 sur 45 · avril · texte numérisé non relu

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îles l. Qu'il s'agisse des travaux du port, de l'amélioration du matériel, des forces à rassembler ou des moyens à mettre en œuvre pour assurer la sécurité du territoire, toujours il mûrit le sujet qu'il aborde; souvent aussi il généralise et conçoit tout un plan de campagne digne de fixer l'attention des ministres.

On sait qu'à ses yeux les îles de France et Bourbon sont un dépôt de forces, un arsenal de marine, un lieu de ravitaillement pour les escadres. Il a « le cœur saigné » en voyant l'état déplorable du port « si encombré de carcasses qu'il n'a pas été possible de retirer encore 2 ». Le désordre dans lequel se trouvent les ateliers et les docks nécessite des travaux urgents et dispendieux. Les vaisseaux ont tous besoin de réparations et leur nombre est complètement insuffisant3. « Vous savez, écrit-il au ministre4, dans quel

1. Sa sollicitude s'étend d'ailleurs bien au delà des côtes des îles de France et Bourbon. Voir aux archives coloniales une intéressante correspondance de d'Entrccasteaux sur l'utilité d'empêcher les Anglais de s'installer à Madagascar et dans l'île d'Anjouan, une des Comores, située à l'ouverture du canal de Mozambique. (Correspondance générale, 1788, 80-C*.)

2. Il existe aux Archives coloniales des documents sur la création d'un nouveau port dans l'Ile de Fiance, sous le gouvernement de d'Entrecasteaux, ainsi que le plan de la jetée des îles aux Tonneliers, alors en construction.

3. M. de Motais de Narbonnc, commissaire général faisant fonction d'intendant aux Mascareignes, exprime la même idée lorsqu'il rend compte de la situation du port le 2i novembre 1787 : « Une des premières opérations de M. le chevalier d'Entrccasteaux a été une tournée générale que j'ai faite avec lui dans le port et les ateliers qui en dépendent : il n'a pu qu'être vivement frappé de l'état de délabrement où il l'a trouvé. Des quais écroulés de toutes parts et qui demandent à être refaits en maçonnerie au lieu des pilotis qui les soutiennent maintenant, dei ateliers la plupart en bois, presque tous mal ordonnés, étroits, dans le plus mauvais état et sans ensemble, un local resserré où naît une confusion extrême dans les travaux du Roi et des particuliers, ce qui donne lieu à beaucoup d'abus, enfin un arsenal ouvert dans beaucoup d'endroiN et conséquemment d'une garde difficile, tel est en général le premier aperçu que présente le port de l'isle de Franee. » Voir Archives coloniales, 1887, 77-C*.

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