Lettro du 7 août 1781). (Registre do d'Entrecasteaux
d'eNTRECASTEAUX. (*).r)
« Je ne saurais trop vous faire observer, Monseigneur, combien la circonstance où cet ordre m'est adresse est extraordinaire et combien fâcheuse la nécessité de le faire enregistrer. J'ai très bien senti que c'était lui donner une publicité prématurée et contraire peut-être aux vues du gouvernement, mais l'envoi officiel qui m'en est fait l'a rendue inévitable.
« Je dois également vous faire remarquer qu'il est bien étonnant que ce général m'adresse sous cachet volant la lettre qu'il écrit à un colonel sous mes ordres. Il est évident que le commandant des troupes à Pondichéry semble vouloir me donner une leçon, et elle est d'autant plus forte qu'il paraît croire que ce colonel dirige mes actes... En vérité je ne sais quel nom donner à cette conduite... Je vous prie d'observer encore que ce général (à qui je n'ai jamais parlé des affaires de mon gouvernement, de même que je ne me suis jamais ingéré dans celles du commandement qui lui est confié) se rend juge de la conduite des chefs qui sont sous mon autorité immédiate. Il suppose des discussions el des picotements qui n'existent en aucune manière... Par qui donc est-il si bien ou plutôt si mal informé?... Je n'ai pas besoin de vous l'assurer, Monseigneur, les dissensions, quand elles existent, sont bientôt publiques, et vous en seriez sûrement informé par cette voie toujours sûre et qui doit fixer l'opinion du ministre du Roi, beaucoup plus que des comptes presque toujours suspects parce qu'ils sont rendus par des personnes intéressées à les présenter sous un jour défavorable... »
Ce langage est celui de l'indignation, il n'y perce ni sentiment de colère, ni désir de vengeance. Et pourquoi le gouverneur desMascareignes perdrait-il son temps à récriminer ? Les petits moyens répugnent à ce caractère dont les qualités maîtresses sont la dignité et le dévouement.
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Dévoué, d'Entrecasteaux Test pour tous ceux qui ont mérité son appui *. Ses lieutenants n'ont jamais eu de plus éloquent défenseur que lui. Quoi qu'il puisse advenir, il soutient ses agents, même contre le ministre, a J'espère que vous ne me désapprouverez pas, écrit-il à son chef 2, si je prends la liberté de vous parler avec toute la confiance que vos bontés ont dû m'inspirer et toute la vérité dont la place que je remplis me fait un devoir. M. Motais m'a fait part dans toute l'amertume de son âme de la lettre particulière qu'il a reçue de vous. Il faut qu'il ait été bien cruellement desservi pour qu'au lieu des témoignages de satisfaction qu'une administration aussi longue et aussi sage que la sienne semblait devoir lui assurer, il n'ait reçu qu'une lettre de blâme sur les obj:ts les plus faits pour affecter vivement un administrateur honnête et sans reproche 3. »
1. Voir les lettres de d'Entrecasteaux des 10 et 11 mars 1788 et des 10 février, 17 avril, 15 juillet 1789. (Registre de d'Entrecasteaux.)