‹ D'Eugène Delacroix au néo-impressionnismeChapitre 7 sur 9 · L. et d'empêcher la sécheresse et la i · texte numérisé non relu

L. et d'empêcher la sécheresse et la i

intense cl cieu^ ,,ibration sans laquelle un.

duire, en un mol, ^eUe i ^.^ ^^ ,o„ pour nos oieiue ,

insupportable à nos yeux quel

mêmes conditions. «

i 1. noinlure plaie ei ,., de .ens ce,— -^^^

lisse, qu'il faut croire que les y que les oreilles.

Tf Pncore le témoignage de John ,. voici, plus positif enco , ^^^^^^^ ^,

Ruskin, le didactique esthéticien,

^^^^^^^'^ * ,c rlo SOS Eléments of dra-

.„i„», livre <iue tout arU e ^ ,^,.^ j^ p^,.

peintre néo-impress>onn.ste U. L.

mière traduction française :

. tAnt ce aui ressemble a l na «j.auue protonde répugnance pour tout «,u

bileté de la main. »

Delacroix, lui, avait dit :

ce Ce qu'il faut éviter, c'est Fin'" .lale commodité de la brosse. »

La touche divisée des néo-impressionnistes, posée simplement sur la toile, sans virtuosité, sans escamotage, ne donne-t-elle pas satisfaction à ces deux maîtres ?

Ruskin montre ensuite qu'une couleur ne peut être belle que si elle est soigneusement dégradée, et il signale toute l'importance de ce procédé si négligé :

« Vous reconnaîtrez dans la pratique que l'éctat de la teinte, la vigueur de la lumière et même l'aspect de transparence dans l'ombre sont essentiellement dépendants de ce caractère seul : la dégradation. La dureté, la froideur et l'opacité résultent beaucoup plus de l'égalité de la couleur que de sa nature.

« Il n'est pas, en eftel, physiquement impossible de découvrir un espace de couleur non dégradé, mais cela est si suprêmement improbable, que vous ferez mieux de prendre l'habitude de vous demander invariablement, lorsque vous allez copier une teinte, non pas : « Ceci est-il dégradé ? » mais : « De quelle façon ceci est-il dégradé ? » et au moins dans quatre-vingt-dix-neuf cas sur cent, vous serez à même, après un coup d'oeil attentif, de répondre d'une façon décisive, bien que la dégradation ait été si subtile que vous ne l'ayez pas perçue tout d'abord. Et n'importe le peu d'étendue de la touche de couleur. Ne serait-elle même pas plus grande que la plus petite tête d'épingle, si une de ses parties n'est pas plus foncée que le reste, c'est une touche mauvaise. Car ce n'est pas seulement parce que le fait se présente ainsi dans la nature que votre couleur devrait être dégradée : la valeur et le charme de la couleur elle-même dépendent plus de cette qualité que de toute autre, car la dégradation est aux couleurs exactement ce que la courbure est aux lignes : l'une et l'autre éveillant en tout esprit hiunain, par l'intervention de son pur instinct, une idée de beauté et toutes deux, considérées comme types, exprimant

92 DE DELACRUIX AU NEO-IMPRESSIOXNISME

la loi de l'évolution graduelle et du progrès dans l'àme himiaine. Relativement à la simple beauté, la différence existant entre une couleur dégradée et une couleur non dégradée peut être facilement appréciée en étendant sur du papier une teinte unie de couleur rose et en plaçant à côté une feuille de rose. La triomphante beauté de la rose, comparée aux autres fleurs, dépend entièrement de la délicatesse et de la quantité de ses dégradations de couleur, toutes les autres fleurs étant, soit moins riches en dégradations, de ce fait qu'elles ont moins de pétales accumulés, soit moins délicates, pour êtres tachetées ou veinées au lieu d'être nuancées. »

Puis Ruskin affirme que Turner, dans sa passion de couleur, n'a pas omis ce moyen d'embellir ses teintes :

« Dans les plus grandes peintures à l'huile de Turner, de six ou sept pieds de longueur peut-être sur quatre ou cinq de hauteur, vous ne trouverez pas un fragment de couleur de la grosseur d'un grain de blé qui ne soit dégradé. »

Les néo-impressionnistes, dont les tableaux sont divisés à l'infini, ne sont-ils pas les plus fidèles observateurs de cet important fadeur de beauté, la dégradation, sans laquelle il n'est pas de belle couleur ?

Ayant ainsi signalé l'importance de la dégradation, Ruskin engage le peintre à l'étudier dans la nature, où sans cesse il en trouvera les traces harmonieuses :

« Aucune couleur de la nature n'existe, dans les circonstances ordinaires, sans dégradation. Si vous ne le voyez pas, la faute en est à votre expérience. Vous le reconnaîtrez en temps voulu, si vous vous exercez suffisamment. Mais, en général, vous pouvez le constater tout de suite. »

En outre, il indique nettement le moyen d'obtenir sur une toile une belle dégradation et l'avantage d'un tel procédé sur l'emploi de la teinte plate :

« Placer les teintes modifiantes par petites toucties. » « Si une couleur doit être renforcée par des fragments d'une autre couleur, il est préférable, dans bien des cas, de poser celle-ci sur cellelà en d'assez vigourtuses petites touches, comme de la paille haohée finement, plutôt que de l'y étendre comme une teinte à plat, et c<^ x pour deux raisons : la première, c'est que le jeu simultané de deux couleurs charme l'œil ; la seconde, c'est que de nombreuses expressions de forme peuvent être obtenues par une sage distribution des touches foncées placées au-dessus. »

Ce moyen, « petites touches, comme de la paille hachée finement », n'est-ce pas précisément celui qu'emploient les néo-impressionnistes ?

Mais, mieux, ces petites touches morcelées, ils les veut de couleurs intègres :

« Reproduisez des teintes composées par l'entrelacement des touches des couleurs pures dont ces teintes sont constituées, et usez de ce procédé quand vous désirez obtenir des effets éclatants et d'une grande douceur. »

Touches divisées de couleurs pures : tout l'apport des néo-impressionnistes.

« La meilleure couleur à laquelle nous puissions prétendre, c'est par le stippling que nous l'obtiendrons. »

Or, la traduction littérale de stippling est : poiniillage.

94 DE DELACROIX AU NEO-IMPRESSIONNISME i^

El ce n'est pas là un mot que Ruskin emploie une fois, par hasard. Il consacre à celte facture, qu'il recommande si spécialement, tout un chapitre intitulé : rompre uine

Page 1