LES IMMIGRATIONS HELLÉNIQUES
fluctuations, des arrêts, des reculs; 1ci, les envahisseurs ont été absorbés et assimilés par
les indigènes; là, ce sont eux qui ont eu le
dessus, mais dans des proportions variables ; ᾽ Ρ ; ailleurs, ils ont du lutter contre d’autres peuplades helléniques installées avant eux. Tous ces faits ont donné lieu à de multiples combinaisons : disparitions, mélanges, émigrations nouvelles.
Sous ces réserves, et la question des Pélasges mise à part (p. 16), c'est peut-être aux Ioniens
qu'il convient d’accorder la première place dans
cette énumération. Ils occupèrent, dès une époque très ancienne, l'Eubée, l’Attique et quelques points du Péloponèse. Ils furent peut-être les devanciers, tout au moins les contemporains des Achéens sur le sol grec, et colonisèrent de bonne heure nombre d’iles de l’Archipel.
Quant aux Achéens, ils se répandirent d’abord dans la Grèce du nord-est, d’où ils envoyèrent, eux aussi, des colons dans la mer Égée; puis une partie d’entre eux gagna le Péloponèse, s’y établit, sans entamer cependant les Ioniens de l’'Eubée et de l’Attique, et poussa même plus au sud, en Crète par exemple. Les Achéens se trouvèrent ainsi partagés en deux branches : sur le continent, les Achéens du nord-est ou Éoliens:; dans la péninsule, les Achéens proprement dits.
C’est à cette vaste population, qui, à un moment donné, occupa, comme on voit, la
majeure partie de la Grèce, que se rattache la riche civilisation mycénienne, héritière de la minoënne. Elle est ainsi nommée du lieu où, en
Fig. 10. — Carte schématique de la Grèce continentale dans la période préhistorique.
1876, un archéologue allemand, Schliemann; en a découvert les plus beaux vestiges : Mycènes, résidence d'Agamemnon, se trouve à 31 kilométres au nord-ouest de Nauplie; la ligne de chemin de fer Athènes-Péloponèse, conduit aujourd hui