‹ D'Homère à nos jours; histoire, écriture, prononciation du grec. --Chapitre 12 sur 65 · LES IMMIGRATIONS HELLÉNIQUES · texte numérisé non relu

LES IMMIGRATIONS HELLÉNIQUES

les touristes tout près des restes encore fort imposants du palais du roi des rois {/2. 13 οἱ 14). Dans le voisinage, plus près de la mer,

Fig. 11. — Galerie de Tirynthe,

Argos, et davantage encore l'archaïque Tirynthe, sur lesquelles régnait aussi Agamemnon, donnent une impression de puissance et de prospérité (f25. 11 et 12).

L'importance des Achéens étant telle, leur nom se généralisa : Homère appelle ’Ayxzf tous

les Grecs qui participent à la guerre contre Troie, Ioniens y compris. C’est sans doute dans un sens très général aussi qu'il faut prendre la plus ancienne mention que nous ayons d’eux et de toute peuplade grecque : des textes égyptiens rapportent que, sous le roi Mineptab, vers 1220 avant notre ère, débarquèrent en Égypte divers envahisseurs, parmi lesquels se trouvaient des Agaivusha, forme où il est diflicile de ne pas voir le grec ᾿Αχαιός où mieux ᾿Αχαι)ίός, avec un digamma à valeur de w (lat. Achivus).

Cette domination achéenne prit fin vers le x ou le χι" siècle avant J.-C., par l'invasion des Doriens. Les peuplades que l’on désigne sous ce nom paraissent être parties de la région du Pinde (au nord-ouest de la Grèce). Moins nombreuses, semble-t-il, mais plus guerrières que les précédentes, elles eurent raison des Achéens et ruinèrent en grande partie leur civilisation. Au nord-est, des Éoliens résistèrent. Au sud, des Achéens proprement dits se maintinrent, sans doute dans la contrée qui a gardé le nom d’Achaïe (rive méridionale du golfe de Corinthe), et mieux encore en Arcadie; d’autres fuyant de plus en plus vers le sud, gagnèrent Chypre. Mais la plupart des anciens maîtres du pays devinrent les serfs des nouveaux venus. Une oligarchie militaire appesantit sur eux sa lourde main. Dès lors, l'histoire grecque se ramène à

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Fig. 12, — L’acropole d’Argos.

une lutte séculaire entre cet élément oligarchique,

incarné dans Sparte la dorienne, et l'élément démocratique ionien, que représente Athènes.

Quelques dates approximatives peuvent servir

Fiz. 13. — Cimetière royal, à Mycènes,

de point de repère pour ce qui précède. De 2.000 à 1.500, civilisation minoënne ou égéenne. dont le centre est la Crète. De 1.500 à L.10, civilisation achéenne, dont le centre est Mycènes. Vers 1.100, invasion dorienne.

ΘΟΠΟΘΚΙΙ Ὁ SUOÏT 500 91104 ET -- ὙΤ 11

5 4, — Les noms des Grecs.

Pour désigner l’ensemble des Grecs, les poèmes homériques emploient, à côté du mot ᾿Αχαιοί, ceux de ᾿Αργεῖοι et de Δαναοί, que [65 Latins ont rendu par Argivi et Danaï. Les Argiens étaient, à l’origine, les habitants de la seule ville d'Argos, au fond du golfe de Nauplie. Mais le nom de cette ville a pris de l’extension : déjà chez Homère 1] désigne soit la ville elle-même, soit un royaume dont le siège, au temps des Achéens, était Mycènes, soit même la Grèce entière. D'où l’'épithète d'Argiens synonyme d’Achéens. Danaëns n'est qu'une variante d'Argiens, due au fait que le roi Danaüs ἃ régné sur Argos.

À ces mots se sont substitués plus tard ceux d'Hellènes (Ἕλληνες) et d’'Hellade (Ἑλλάς). Mais cette substitution est postérieure à l’état de choses que décrit l’Iliade, car Hellas y désigne une ville ou une province de Thessalie, dont les Hellènes sont les habitants et Achille le chef. « Je n'épouserai pas une fille d'Agamemnon l’Atride, dit Achille!; ... si les dieux me préservent et que je rentre chez moi, c’est Pélée lui-même qui me choisira une femme, car il y ἃ beaucoup d’Achéennes filles de princes, dans l'Hellade et à Phthie?. » On remarquera cepen-

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