‹ D'Homère à nos jours; histoire, écriture, prononciation du grec. --Chapitre 13 sur 65 · LES NOMS DES GRECS · texte numérisé non relu

LES NOMS DES GRECS

dant que dans l'Odyssée ! l'expression ἀν ᾿λλάξα χαὶ μέσον Αργος « par l’Hellade et en Argos » semble déjà renfermer une acception élargie du mot Ἑλλάς. On trouve en outre le terme [{χνέλγνηνες « Panhellènes » dans l’Iliade, à un passage qui parait de date relativement récente”, chez Hésiode (+ vu 5. av. J.-C.)?, chez Archiloque (ΞΕ 650 av. J.-C.) #, etc. Mais en réalité le premier exemple du mot Ἴλλην vraiment généralisé nous est fourni par la mention des ‘EXx2v:23{x2: sur une inscription d’Olympie antérieure à l'année 580 av. J.-C. Les Ελλανοξίχαι où Hellanodices « juges des Hellènes » (la forme est dorienne et serait en attique ᾿λληνοξίχα!) étaient les arbitres des jeux olympiques, dont on connaît le caractère panhellénique. On ignore, il est vrai, pour quelles raisons précises ce nom de Ἕλληνες. qui vraisemblablement fut à l’origine celui d’une tribu épirote, s'est généralisé, mais il est licite de supposer que ces raisons sont d'ordre historique et qu'il y ἃ eu dans le monde grec prédominance de la tribu des Hellènes, après que celle-ci se fut installée et développée en Thessalie.

Aristote, avec lequel la science moderne est ici d'accord, pense que ces Hellènes habitaient, dans des temps très reculés, les parages de

. Odyssée, 1, 34%; IV, 726; xv. 80.

. Iliade, τι. 530; comparer 11, 684.

. HÉSIODE, Travaux οἱ jours, 528.

. STRABON, vint, 6, 6.

Dodone et sur les bords de l’Achéloos (Épire). Il déclare en outre qu'ils se seraient d’abord appelés Γραικοί, Grecs'!. C'est là le témoignage le plus ancien que nous ayons sur cette forme, fréquente à partir d'Alexandre et connue encore des Grecs d'aujourd'hui. Des savants mettent en doute le bien-fondé de cette opinion d’Aristote. Pour eux, les habitants de l'Italie auraient été en relations particulièrement fréquentes avec une peuplade de la Grèce septentrionale, les l'eziss; d’où le nom de Grai (Virgile), appliqué ensuite par eux à tous les Grecs (comparer le nom d’Allemands donné aux Germains). Cela est juste. Gr'aius, ajoutent- ils, aurait pris comme doublet Grai-cus (puis Graecus) et serait alors, cràce sans doute aux nombreuses colonies helléniques de l'Italie méridionale, rentré en Grèce sous la forme l'oux5s. Or, ceci est beaucoup moins facile à admettre. Mieux vaut croire avec Aristote que l'os est une forme indigène. A la suite de circonstances qu'il est difficile de discerner, et auxquelles les conquêtes d’Alexandre n'ont peut-être pas été étrangères, cette forme est restée dans la langue en tant que nom ethnique : c’est sur elle que les Latins ont fait Graecus, Graecia, et c’est à l'usage latin que nous devons l'emploi chez nous des mots Grecs et Grèce, au lieu d’'Hellènes et d'Hellade.

Dans les siècles qui suivirent la conquête

Page 1