‹ D'Homère à nos jours; histoire, écriture, prononciation du grec. --Chapitre 26 sur 65 · NS + RERO PRE : FD · texte numérisé non relu

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longues et les atones brèves, ce vers possède donc un rythme prosodique; mais à la différence du grec ancien, cette prosodie est dans la dépendance de l'accent.

Remarque II. L'accent du grec moderne n’est pas, comme on le croit généralement, un accent de force ou d'intensité. Dans la plupart des langues européennes, ce qu’on prend d'ordinaire pour un accent d'intensité est, comme en grec, un accent de hauteur et, souvent en même temps, de longueur.

Diverses sortes d'accents. — Il ἃ été dit, page 73, qu’à partir du νη" siècle de notre ère, on prit en Grèce l'habitude de marquer la place de l'accent au moyen d'un aigu, d’un grave ou d'un circonflexe. Cette distinction reposait sur l’étude minutieuse que certains grammairiens avaient faite de la prononciation ancienne, et elle correspondait aux phénomènes que voici :

L'accent aigu indiquait une élévation de la voix: σοφία « Sagesse ».

Aujourd’hui encore, quand les Grecs prononcent ce mot isolément, la différence entre let les deux atones est voisine de la quinte dont parlait Denys d'Halicarnasse, mais ils donnent à l’ valeur de noire et à l’x valeur de croche.

L'accent grave correspondait à l'absence de hauteur musicale; il marquait l’intonation normale. Et en effet, on écrivit d’abord o24i3. Mais, pour simplifier, on convint de supprimer l'accent grave

dans les formes de ce genre. Il en resta cependant quelques traces. Voici la plus fréquente :

Soit la phrase française : « Cet homme est méchant ». L’adjectif qualificatif s'y trouve en relief et 1] a son accent normal, sur la finale. Si l’on dit au contraire « un méchant homme », la syllabe -chant se fond dans le reste de la phrase, elle n’a pas d’accent par elle-même. Il en est de même en grec. Un adjectif comme χαχός, dont l'accent se trouve sur la finale, prend l’aigu devant une pause : ἄνθρωπος χαχός. Partout ailleurs il perd son intonation propre, et on marque cette particularité au moyen de l'accent grave : 22725 ἄνθρωπος. L'interrogatif « qui? » fait exception à la règle et prend toujours l'accent aigu, pour la raison très simple que, même à l’intérieur d’une phrase, il conserve son relief. La prononciation n'a pas varié, à ce point de vue, du grec ancien au grec moderne. |

Le circonflexe ou périspomène est une combinaison de l’aigu et du grave; conformément à son origine,’ on l'écrivait primitivement (). Ceci revient à dire que la voyelle marquée du circonflexe était aiguë dans sa première partie seulement, la seconde ayant l’intonation normale. Il en résultait une modulation qu'on peut aisément se représenter :

Nous avons en francais une modulation ana-

logue, quand nous disons ah! avec une nuance d'étonnement.

On peut se rendre compte de l’origine de certains circonflexes en examinant les cas de contraction : ποϊέὲτὲ -» ποιεῖτε « vous faites », μισθόῦμὲν + μισθοῦμεν « nous donnons à loyer », ete. Comparer yo « moi » avec voyelle iongue aiguë, et ποϊέὼ + ποιῶ « 76 fais », avec voyelle finale périspomène.

Il résulte en somme de ce qui précède, que le grec ancien avait une seule intonation, l'aiguë, et que parfois, à la suite d’une contraction, cette intonation aiguë se trouvait sur une partie de voyelle. Le grec moderne n'a pas conservé cette dernière nuance; il ne possède qu'une intonation, longue-aiguë. L’intonation de τοῦτον « celui-e1 » y est identique à celle de τούτου.

Place de l’accent. — L'accent, en grec ancien eten grec moderne, ne se trouve que sur l’une des trois dernières syllabes du mot. Mais, dans ces limites, sa place est variable. Il peut, dans un même mot, passer d’une syllabe à l’autre : gr. anc. et mod. ὁ ἄνθρωπος « l'homme », τοῦ ἀνθρώπου « de l'homme ». Les grammaires indiquent les règles des déplacements de ce genre. En revanche, rien, ou presque rien, ne peut faire prévoir quel est l'accent propre d’un nom : ἄνθρωπος, mais ἀδελφός, « frère », οἰχία « maison », mais cx:4 « ombre », etc.

ei. Ait à:

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