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qu'il ne peut être ici question que de cette même aspiration (ρος « limite », ἔρος « montagne »).
Cependant le témoignage des inscriptions du ν᾽ siècle n’en garde pas moins sa valeur. En somme, dans le dialecte attique, cette disparition de l’aspiration initiale parait avoir été complexe. Nous observons, avant 403, des faits qui font songer au cockney de Londres. Ultérieurement, l'alphabet employé n’est plus susceptible de nous renseigner. Le témoignage de οὐθεὶς et celui de ὅρος y suppléent, dans une certaine mesure. Bien que nous ignorions jusqu'à quel point ces deux indications peuvent être généralisées, elles nous autorisent néanmoins à faire sentir l'esprit rude dans les textes classiques.
Il est difliciie de dire à quelle époque cet ἢ initial a totalement disparu de la prononciation hellénique. Au τι" siècle de notre ère, les Coptes le notent encore dans les mots qu'ils empruntent au grec.
Quant à l'esprit doux, qui n’est pas indiqué sur les inscriptions, son rôle est analogue à celui de l'accent grave (page 106); il marque uniquement l'absence d'aspiration.
Le grec moderne ἃ gardé dans l'écriture l'usage des esprits rude et doux; mais ce n’est là qu’une tradition orthographique, qui ne répond à rien dans la langue parlée.
118 ον LA PRONONCIATION
$ Ὁ. — Voyelles.
Nous étudierons les voyelles dans l’ordre ὦ, e, Ϊ, 0, ou, u. On verra que quelques-unes d’entre elles sont susceptibles de plusieurs variétés. |
1° — La voyelle A.
Le nom de cette lettre est ἄλφα, alpha, L’à ancien pouvait être bref ou long, mais on ne marquait pas cette nuance dans l'écriture.
Dans le groupe ionien-attique l’x fut, tout au moins à l’époque archaïque, une voyelle à tendance ouverte?. Cela est attesté :
15 par le changement ionien-attique de + en ἢ: lat. mater, dor. μᾷτηρ « mère », 10n.-att. μήτηρ; lat. suavis, dor. av: « doux », ion.-att. fève; dor, τιμᾷ « honneur », ion.-att. τιμή; dor. δόξας « d'opinion », ion.-att. δόξης:
2° par le fait qu'en attique la contraction de α et de la voyelle fermée © (p. 133) donne une voyelle, non pas fermée, mais ouverte, w (p. 193) : τιμιίάουμε) «nous honorons » + τιμῶμεν.
Mais l’attique se séparait de l'ionien sur un point : l’3 précédé d’un : ou d’une des voyelles =, 1, v, y avait, à l’époque archaïque. un timbre fermé, tandis qu'en ionien il s’était ouvert en ἢ: ait, roro « je fais », ion. πρήσσω; att. ἡμέρᾳ
1. Pour la prononciation des consonnes, voir plus loin. 2. Sur les termes α ouvert et a fermé voir page 98, note 2.
« jour », θέα « aspect », χαρδία « Cœur », ion. ἡμέρη, bé, χραδίη.
On peut aussi, avec beaucoup de vraisemblance, tenir pour fermé l’z qui avait subi l'allongement compensatoire (p. 187) : τραπέζας (acc. plur.) « tables », pour τραπέζανς.-
Le grec moderne donne à l’x le son de « moyen français (dalle, audace). Rien n’autorise à croire que ces nuances de l’ancien α attique aient passé dans la χοινή, et nous ignorons ce qu'il en restait au juste à l’époque classique. Comme d'autre part ilest certain que les autres dialectes n’étaient pas dans le cas de l’ionien-attique, on peut considérer qu'au point de vue du grec ancien on atteindrait une précision suflisante en prononçant l’z comme en grec moderne.