Ces formes existent en dorien
2, C'est de cette époque que datent les graphies λύει pour λύηι — λύῃ «lu es délié », χλείς pour χληίς — χλής « Clé », λειτουογῶ pour ληιτουργῶ —= λητουργῶ « je remplis une charge ». En revanche on ἃ conservé l'orthographe avec Ἢ dans λῃστῆς « brigand », χρήζω. « je manque de »,
3. Oiseaux, 299-300; Paix, 925-928. Comme preuve que ln aurait eu, dès cette époque, un son trés voisin de à, on cite parfois un passage du Cratyle (418 b.-c.), où Platon fait dire à Socrate que les Anciens se servaient de t, là où ses contemporains emploient Ἢ. L’unique exem-
On serait probablement dans le vrai en donnant à ln classique le timbre de l’e parisien dans péril. Tout ce qui va suivre confirme cette manière de voir.
Il a été dit (p. 120) que, du grec ancien au grec moderne, l’: s’est ouvert. On vient de voir d’autre part que, du grec ancien au grec moderne, l'a s’est fermé en ὦ, et on sait que l’< et l’r, autrefois l’un bref, l’autre long, ont maintenant la même quantité (p. 104).
Quels étaient les timbres respectifs de ces deux voyelles, au moment où s’est produite cette confusion de quantité, c’est-à-dire au plus tard dans les premiers siècles de notre ère (p. 105)? A cette époque l’x n’était pas encore devenu z; voir ci-dessous. Dès lors on ne saurait faire que trois hypothèses. 1° Τὴ avait le même timbre que l'<. Mais ceci est impossible, car les deux voyelles, pareilles en durée, pareilles en timbre, auraient été identiques et il n’y aurait pas eu divergence d'évolution. 2° L'’; était plus ouvert que l’:. Mais alors, en se fermant pour aller vers 1, il aurait coïncidé, à un moment donné, avec l’: qui allait vers e ouvert, et ici encore il y aurait eu fusion. Il ne reste donc que la troisième hypothèse : l’,
ple donné par Socrate est le mot ἡμέρα « jour », qui aurait été auparavant ἑμέρα, el antérieurement encore ἱμέρα « parce que la lumière succédait aux ténèbres pour les hommes joyeux et pleins de désir » (ἱμείρω). Il s'agit là d’une fausse étymologie, et le seul fait précis qui se dégage du contexte, c’est que, pour Platon, ἡ différait de € et de νι. D'HOMÈRE A NOS JOURS, ῖ 9
à l’époque où il s’est abrégé, était plus fermé que l’e.
Comme nous avons des raisons de croire que la fermeture de [Ἢ n’a pas été un phénomène rapide, devançant de peu l’abrégement de cette voyelle, nous sommes autorisés à admettre que l' était un e long fermé aux premiers siècles avant notre ère !.
Certains mots latins passés en grec nous en donnent une nouvelle preuve. Tels rex, regis « roi » et candéla « chandelle », vieux franc. chandoile?, qui sont devenus, par voie populaire, ὁ Emyae « le roi »° et ἡ χαντῆλα (variante orthographique de ἡ χανδῆλα) « la lampe d'église ». Leur entrée dans le domaine hellénique semble dater grosso modo des premiers siècles de notre ère“; c'est un e long fermé latin que les Grecs ont rendu par ἡ. et cet ὁ fermé s’est ultérieurement changé en &.
Il semble qu'à Athènes ce fut au n° ou au 111" siècle après J.-C. que se produisit ce dernier change-
1. On peut rapprocher de là les graphies du type EY2EBHA pour εὐσέδεια « piété », APHOË ΠΑΓῸΣ pour "Apetoc πάγος « Aréopage » qui se trouvent sur les inscriptions attiques exclusivement, aux πὶ" et. n° siècles avant notre ère. Quelle qu'’ait été la raison de ce cas particulier (et — ἢ devant voyelle), il est clair qu’il ne s’agit pas d’un e ouvert.
2, C'est par un changement de suffixe qu'on a dit ensuite chandelle XIV® S.).
3. D'abord en général, puis seulement le roi du jeu de cartes.
3. Le datif ényt est atlesté chez PLUTARQUE (15 5. ap.) et χανδῆλα se trouve chez ATHÉNÉE (n° 5. ap.) 701 B. Différent est le cas de πρίγχιξ, princeps, qu’on rencontre à une époque plus ancienne; celte forme est analogique du gén. πρίγκιπος pour principis.