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Reste à savoir si cette diphtongue avait le son de ai ou de aé. On trouve fréquemment la graphie AE dès les vi®-v° 5. av. J.-C., sur certaines parties du territoire béotien (Tanagra et Platée) : TAE pour TAI (— τὰ, att. τῇ). Des vases corinthiens ont aussi AEOON — Αἴθων « étincelant », nom de cheval, AOANAEA — ᾿Αθαναία — ᾿Αθηναία « Athéna ». Un vase attique archaïque porte de même AEOGPA — Αἴθρα, nom propre. On peut donc supposer qu’en athénien classique x avait déjà le son de ae.
C’est seulement vers Le n° siècle de notre ère que cette diphtongue devient voyelle simple. On trouve alors sur les inscriptions des graphies comme ΣΤΉΛΗΣ = στήλαις « aux stèles ».
Il ne s'ensuit d’ailleurs nullement que les deux sons fussent identiques. Nous savons pertinemment le contraire, puisqu'ils ont donné en grec moderne, l’un #, l’autre ὁ, Ce ne sont là que des transcriptions approximatives, mais suflisantes en tout cas pour démontrer que x correspondait alors à une voyelle simple. A partir de l’an 150 environ après J.-C., la fusion quantitative aidant, on voit, sur ces mêmes inscriptions αι permuter avec =.
Il est vrai que les papyrus renferment des exemples de x — : et réciproquement, dès le u° siècle avant J.-C. Maïs en pareil cas leurs données ne doivent être utilisées qu'avec réserve;
il faut tenir compte du fait qu'ils reproduisent souvent des prononciations très Pope parfois même étrangères.
En résumé, αι n'avait au ν΄ siècle, à Athènes, ni le son ay que nous lui attribuons, ni le son ὁ que lui donnent les Grecs modernes. C'était une diphtongue, qui probablement sonnait δὰ.
Remarque I. 1] est clair que dans une forme de type archaïque comme αἰετός à côté de ἀετός « aigle » il faut donner à la diphtongue « son ancienne valeur de αἱ,
Remarque 11. Pour la diphtongue αι = ἃ. voir page 132, à l’iota souscrit.
2° — La diphtongue El.
La graphie ET a représenté anciennement e + 1: ἔ[σ]ι -» εἴ « tu es »; στείχω « j'avance », gotique steiga, allem. steigen.
On a vu, page 121, que dès le γι" siècle avant notre ère, ce groupe EI ἃ été employé quelquefois pour marquer l’é long fermé, appelé à cause de cela fausse diphtongue. Ceci permet de supposer qu'à cette époque la diphtongue εἰ était devenue é, ou tout au moins tendait vers cette voyelle. A partir du siècle suivant, il n’est plus possible d’établir une différence de traitement entre la vraie et la fausse diphtongue. Toutes deux s'étaient confondues en un é long fermé, et leurs destinées furent dès lors identiques : permutation épigraphique de et de :; prononcia-
tion ὁ en grec moderne, πίνε: (diphtongue), pi'ni « 1l boit », comme τρεῖς (fausse diphtongue), érés « trois ».
La prononciation «᾿Ξ: doit donc être non pas êy, comme dans nos classes, mais é long très fermé.
Remarque I. Les cas de εἰ vraie diphtongue étaient nombreux; deux d’entre eux méritent d’être retenus au point de vue de la contraction : λύεις « tu délies » λύει « il délie ».
Remarque Il. Pour la diphtongue HI — », voir page 132 à l’« souscrit.
3 — La diphtongue ΟἹ.
La graphie ΟἹ ἃ représenté anciennement ὁ. ἘΣ: ὄξις — ὄϊς (en deux syllabes, /liade, xiv, 125) « brebis », lat. ovis; } οἵδε «il sait », gotique wait, allem. weiss.
Ce groupe ἃ eu d'abord des destinées analogues à celles de ΑἹ, dont le second élément s’est changé en é (p. 143). Dès le νι" siècle avant notre ère, les inscriptions béotiennes qui donnent AE pour z: présentent aussi ΟΕ pour 2: : KOE- PANOËE — Kofpavos (nom propre)!. En Attique, on ne connait qu'un seul exemple de ce phénomène : KPOESOS — Koocïsos « Crésus », sur un vase conservé au Musée du Louvre? et qui ne saurait être antérieur à l’année 548. On en peut
1. On observe un phénomène analogue en français, dans le mot owi, que certaines personnes prononcent owé.
2, Une reproduction en ἃ été donnée dans Duruy, Histoire des Grecs (Hachette), 1887, t. I, p. 680.
conclure qu’à l’époque classique OI avait déjà le son de οὔ. Mais, sous l'influence de la labiale o, cet é s’est lui-même labialisé; d'où οὐ, puis «, et enfin w.
C'est à ce dernier stade que οἱ se rencontre avec », et dès lors leur histoire se confond.
Dans ce cas-ci encore, le béotien a évolué plus vite que l’attique. On y trouve, dès le 1° siècle av. J.-C., des formes comme FYKIA — οἰχία « maison », ΛΥΠΟΣ = λοιπός « restant » et un siècle plus tard, ΑΛΛΕῚ = ἄλλοι « autres », AYTELS — χὐτοῖς « à eux » (οι était alors devenu i en béotien).
Sur les papyrus, c’est seulement au n° siècle av. J.-C. que οἱ permute avec v. Encore les exemples sont-ils alors peu nombreux. Et, si l’on s’en tient au dialecte attique, ce n’est qu'au 111° siècle ap. J.-C. qu'on y trouve nettement le même phénomène : IIDIANEWIONA — Πυανεψιῶνα, nom de mois, OIAAA — ὑαλὰ « de verre ». On remar-
quera que, lorsque Quintilien (1° siècle ap.) fait .
allusion au son τὸ (p. 165), il ne mentionne pas οι; mais seulement v°.