On note ici par ὦ l’e dit muet : e de l’article Le
2, On invoque parfois, en faveur d’une prononciation ὁ de o à l'époque classique, Thucydide II, 54, où l’on voit une preuve de l'identité phonétique λοιμός « peste », λιμός « famine ». Il suffit de se reporter à ce passage pour constater qu’à propos du vers ancien ἥξει Δωριαχὸς πόλεμος χαὶ λοιμὸς ἅμ᾽ αὐτῷ « une guerre dorienne viendra, et une peste avec elle », les Athéniens ne se demandent pas quel sens il faut attribuer à un mot {imos, susceptible de deux significations, mais s’il ne conviendrait pas de dire λιμός au lieu
Les observations faites pour » à partir du 11° siècle de notre ère (p. 141) sont aussi valables pour οι. C’est un peu avant le x° siècle que οἱ ἃ pris le son ὦ qu'il a aujourd'hui : οἱ λύχοι, ὦ li « les loups ».
En résumé, c: n'avait au v° siècle, à Athènes, ni le son οὐ" que nous lui attribuons, ni le son ὦ que lui donnent les Grecs modernes. C'était une
diphtongue, qui probablement sonnait oé.
49 — La diphtongue ΥἹ.
Ce groupe ne se rencontre que dans un petit nombre de cas : en finale, dans les datifs comme ἰχθύν « au poisson »; ou bien devant voyelle, dans les formes comme vis: « fils », λελυχυῖχ « ayant fini de délier ».
Dans le premier cas, il est vraisemblable qu’on donnait à l’o et à l’: chacun leur valeur, c’est-àdire w et ὦ, en en faisant ou non une diphtongue, suivant la rapidité de la diction. Les Grecs modernes n'ont plus de formes de ce genre dans leur langue usuelle; quand ils en trouvent dans les textes, ils prononcent deux ὦ de suite.
Pour le second cas, on trouve à Athènes, dès le vi° siècle av. J.-C., les orthographes ΤΌΣ et de λοιμός. Tout entiers aux événements d'alors, ils opinent pour la prononciation traditionnelle avec ot. Thucydide conclut : « Si une autre guerre dorienne survient et qu'il se produise alors une famine
(λιμός), c’est vraisemblablement λιμός qu’on dira alors (ἄσονται). » Ge passage démontre donc précisément la non identité de os et de ι.
Mn ΣΌΣ dé V2 PE ; :
AEAYKYA. Le son dont on marquait ainsi la disparition avait probablement une valeur vocalique et non consonantique; c'était plutôt un ὦ réduit qu'un y (ou ὦ consonne). Ces orthographes furent très usuelles au v° siècle et exclusives au 1v°. Plus tard, sous l'influence de la langue commune, on rétablit en Attique les types YIOX.
AEAYKYTA.
C’est sur la forme commune que repose le byzantin υἱός. qu'on prononça d’abord wyos, puis iyos. Ce dernier est devenu yos en grec courant.
En résumé, on peut se régler sur l’orthographe. Suivant qu’on trouvera dans les textes ὑός ou υἱός. on prononcera wos ou uios. Mais il faut se garder de dire uyos avec un ὦ consonne.
Remarque. La disparition de ᾿ς intervocalique qui vient d’être signalée s’est produite à Athènes, à l’époque classique, non seulement dans w 4mais dans toutes les diphtongues dont le second elément était : αἰεί -» ἀεί « continuellement » Α᾽θηναία -» Ἀθηνάα -» ’AGnvä « Athêna », ποιεῖ -» ποεῖ « il fait », etc. Ceci aussi indique que αἱ, οἱ, n'étaient pas alors des voyelles simples.
D — La diphtongue AY.
C’est à tort que nous donnons aujourd’hui au grec ay le son du français au dans autre. En grec moderne la prononciation de ce groupe est af devant les consonnes sourdes (page 100), ainsi qu'à la fin d’un mot et av partout ailleurs : γαύτης, na'fiis « matelot », αὐλή, aolt « cour ».
Ceci prouve que, depuis l'antiquité, ce groupe ἃ toujours formé deux sons distincts : il est en effet impossible qu'une voyelle au (— οἱ ait jamais donné en grec af ou ἀν.
Le groupe αὖ apparaît, à l’époque archaïque, comme une diphtongue composée des deux éléments ὦ et ou, donc aou : αὖ et αὖτε « de nou-
veau », χαῦλος « tige » répondent au latin au, autem, caulis, qui présentaient cette même diphtongue.
On trouve épigraphiquement, à partir du v° siècle av. J.-C., des graphies comme TAOTA — ταῦτα, AOTOZ — αὐτός. C’est le pendant de AE — αι et de OE — οι, mentionnés pp. 145 et 145 : dans ces trois cas la seconde voyelle s’est ouverte. Ces exemples, très nombreux, de AO pour αὖ sont, à vrai dire, principalement ioniens; on n'en trouve que quelques-uns en attique, et d’une date récente. Mais il est possible que cette évolution ait été générale; on a pu continuer à écrire A) alors que la seconde voyelle avait le timbre de o. En tout cas, il est plus indiqué de rattacher la prononciation moderne af ou av à cet AO, dont on constate l'existence jusqu'à l’époque de la χοινή. qu'à l’ancien AY — aou.
La latin * pauperum (pour pauperem) a de même donné paovre, puis par contraction povre, qu'une réaction orthographique ἃ fait ensuite écrire pauvre. Seulement en grec, il n'y à pas
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eu, comme en roman, et antérieurement déjà en latin!, contraction de ao. L’o grec, probablement parce qu'il était plus labial que lo latin et roman, s’est changé en un w?, sourd ou sonore, suivant que le son qui venait après lui était sourd ou sonore.
Il est difhicile d'indiquer la date à laquelle s'est produit ce changement. Les formes du type ATOY pour αὑτοῦ ou αὐτοῦ, attestées dès le 1 siècle avant notre ère et confirmées par le grec moderne (ἀγτοῦ, (ἀγτῆς. οἷο. 3, s'expliquent aussi bien par la disparition d’un ὁ que par celle d’un w, en position atone.
Il n’est pas non plus aisé de savoir quand ce w,issu de o, s’est changé en ν ou jf. La confusion d’ avec & ou z n’est nullement probante à cet égard, au début tout au moins, car on verra que le &etle + ont gardé assez longtemps un son bilabial; c’est probablement ce son que cache la faute d'orthographe PAYAOYE — ῥάῤδους de l’an 156 av. J.-C. Toutefois il n’y a aucune raison de penser que l'articulation bilabiale se soit maintenue
1. On trouve, dès le n° siècle av. J.-C., de nombreuses graphies du type coda pour cauda, « queue », plostrum pour plaustrum « chariot ».
2. La possibilité du changement de «0 en aw. puis en af ou αὺ, est attestée par le fait qu’en grec byzantin τὰ ὠτία (diminutif de οὺς ὦτός) « les oreilles » et τὰ ὠά (ΞΞ τὰ ὠγά) «165 œufs » sont devenus τἀφτίχ et τἀόγά (pron. {avya); d’où l’on ἃ ensuite tiré les sinsuliers τὸ ἀφτί, τὸ &6y6, qu'on écrit à tort τὸ αὐτί, τὸ αὐγό.
3. On dit en grec moderne 6 φίλος του, ὁ φίλος τῆς « son ami », et les formes ἀτου, ἀτῆς existent encore dans les dialectes du Pont.
plus longtemps pour αὖ que pour & et φ (pp. 159 et 166).
En résumé, on sera près de la vérité en attribuant au groupe 4 de l’époque classique, soit la valeur de aou, soit celle, très voisine, de @o, avec o ferme. Ἢ
» — La diphtongue E\
Les destinées de εὖ sont parallèles à celles de 2. C’est à tort que nous donnons à ce groupe, dans nos classes, le son du français ex dans peu. Le grec moderne dit ef à la fin d’un mot et devant Fe consonnes sourdes, et ee partout ailleurs : Ψεύτης (pour ψεύστης), psè'flis « menteur », πιστεύει, pistè'vi « 1] croit ». Ceci prouve que εὖ n’a jamais été un son simple.
De vieilles graphies comme AXIAAEOYY (Corinthe), pour ᾿Αχιλλεύς, indiquent une prononciation eou, qui est le pendant de wou. [οἱ aussi. comme pour 2, on trouve l' rendu par a PEOFTETQ — φευγέτω « qu'il fuie », AEOKOIE — λευχοὶς « blancs » (dat. plur.), etc. Il est vrai que les exemples de ce genre sont principalement ioniens : aucun n’est attesté en attique. Mais des inscriptions attiques présentent, au v° siècle avant J.-C., OEYTENHE — Θεογένης.
OEYDEITON — Θεογείτων, au 1v°, OEYPA- Σ ΤΟΥ ΞΞ Θεοφράστου, au 1r1°, QE YAOTOS — Θεόδοroc, APEYIIATITC le — ᾿Αρεοπαγιτῶν, exemples
qui décèlent une confusion de εὖ et de εο et d’où l’on peut conclure qu’à Athènes lv de εὖ sonnait alors comme o.
La forme ETISTE®SE — ἐπίστευσε (Delphes, 11° s. av.), invoquée parfois comme une preuve que εὖ valait ef dès cette époque, prouve seulement l'identité de εὖ et de ἐφ : or, au n° siècle avant J.-C., le : était encore bilabial (p. 164). ΕΥ̓ΦΗΒΟΙ͂ΣΙ — ἐφήῤοισι (Attique, vers 120 ap. indique peut-être, à cause de sa date, l’articulation labio-dentale.
En résumé, il faut attribuer à εὖ en attique, soit la valeur de eou, soit celle, très voisine, de 60, avec Ο fermé.
7° — La diphtongue ΠΥ.
Le groupe ἢὐ se présente, en grec classique, à la place de av, sv, dans les formes à augment : αὐξάνω « j'augmente », aor. ηὔξησα; εὔχομαι & Je souhaite », aor. ηὐξάμην. Il se prononce en grec moderne if devant une consonne sourde, et ἐν partout ailleurs : ηὔξησα (langue oflicielle) z fksisa, ηὗρα, L'ora « Jai trouvé ».
On manque de données sur l’évolution phonétique de ce groupe en attique. C’est seulement par hypothèse et par comparaison avec αὖ etev qu'on peut lui donner, soit la valeur de eou, soit celle de eo, avec e long moyen et ou ou o fermé.
Ex