‹ D'Homère à nos jours; histoire, écriture, prononciation du grec. --Chapitre 40 sur 65 · Pour ce son », voir page · texte numérisé non relu

Pour ce son », voir page

Devant les voyelles ὦ, ὁ (— °, w), ou et les consonnes, il prend un son que nous n'avons pas en français; c’est un 2 continu! : γάλα, ya'la « lait », γράφω, yra'fo « j'écris ». Mais, qu'il s'agisse de y ou de ce g particulier, c’est toujours à une continue sonore qu’on ἃ affaire *.

Des formes comme probablement OAIOË pour ὀλίγος « peu » (en Attique et ailleurs, à partir du su‘ siècle av.) et plus sûrement ΣΤΡΑΤΗΟΥ͂Σ pour στρατηγούς « stratèges », XHPATAON pour σφραγίδων « de sceaux » (sur des papyrus du 1° 5. av.) plaident en faveur d’un + continu, du moins dans certains cas, à une date assez ancienne. Mais il faut se garder de généraliser. A ce point de vue, le grec moderne nous fournit un renseignement de quelque importance.

On y trouve par exemple ἄγουστος « août » (et, par une influence savante, αὔγουστος), βίγλα « νἱgle », γοῦλα (populaire) « gosier, gueule », μάγουλο « joue », ῥοῦγα « rue » (aujourd’hui dialectal), σαΐττα (pour σαγίττα) « flèche », etc. Ces formes sont empruntées au latin agustus (pour augustus; comparer ital. agosto, fr. aotti),

1. Ce son est à peu près la sonore (p. 100) du ch allemand dans «ch. On peut aussi le comparer très approximativement à un 7 grasseyé.

2. Lorsque les Grecs ont besoin de rendre notre son ÿ, ils se servent de la graphie yx : Οὐγχώ (pron. ougo) « Hugo ».

3. On range couramment, sous la même rubrique, l’évolution du y devant &, o, ou et devant ὁ. à, mais il est peu vraisemblable que ces deux phénomènes, quoique connexes,aient marché tout à fait de pair,

%. La disparition du g intervocalique date chez nous de la période romane,

ΩΝ τ τ" ἘΦ AN. ΕΑΝ |

viglare (pour vigilare), gula, magulum, ruga?. A l'exception de gula et de sagitta, c’est là du latin de basse époque, approximativement du 1" siècle de notre ère, et en tout cas c’est à peu près à cette date que ces formes ont passé en grec.

Le £ latin était alors une momentanée; il l’est resté par exemple dans l'italien agosto et dans le français gueule. En condition normale, ce g aurait dû garder en grec sa valeur de momentanée. Or, tous les 2 latins attestés en grec moderne, sans aucune exception, y ont valeur de continue. Ceci prouve qu'à cette époque la règle phonétique en vertu de laquelle le g se changeait en continue était encore en pleine vigueur.

On ignore à quelle date précise l’évolution s’est trouvée accomplie. Maïs, si on rapproche les destinées du - de celles de la consonne correspondante &, on peut admettre que le phénomène était achevé quelques siècles après.

Quoi qu'il en soit, aucun argument convaincant ne permet d'affirmer qu’à l’époque classique le 7 attique avait une autre valeur que celle que nous lui donnons couramment. C’était encore une momentanée sonore.

Page 1