‹ D'Homère à nos jours; histoire, écriture, prononciation du grec. --Chapitre 41 sur 65 · Ride, sillon » et en lat. pop. « Chemin · texte numérisé non relu

Ride, sillon » et en lat. pop. « Chemin

une nasale

De Ee;R:

Le & se prononçait à l’origine comme notre ὦ et il s’est maintenu tel quel en grec moderne après

Ltée

ἶ gendre » se prononce

ambros en grec usuel et s’y écrit γαμπρός; le

grec ancien iuézivw « j'entre » est devenu succes-

sivement embè'no, mbè'no, bè'no, qu'on écrit aujourd’hui μπαίνω.

Partout ailleurs le & se prononce maintenant comme le v français '. Le grec moderne ἃ donc généralisé le changement qui, chez nous, ne s’est produit que pour le ὦ latin intervocalique : caballum, cheval; probare, prouver; mais bonum, bon, arbore, arbre.

Le b est une momentanée bilabiale : on le prononce en comprimant les deux lèvres l’une contre l’autre. Le ἡ est une continue labio-dentale : 1] est produit sans le secours de la lèvre supérieure, la lèvre inférieure s'appuyant légèrement sur les dents d’en haut. Il existe un intermédiaire entre ces deux sons : le ἡ bilabial; c’est un ἡ articulé en rapprochant les lèvres l’une de l’autre, et sans le secours des dents, par conséquent très voisin de la semi-voyelle w.

En faisant abstraction de certaines particularités dialectales, c'est aux premiers siècles après J.-C. que le & est devenu une continue bilabiale.

Le grec moderne, ici encore, donne un utile renseignement. Il s’est passé pour le ὦ le même phénomène que pour le + (p. 156) : tous les b latins sonnent Ÿ en grec moderne : βοῦλλα « sceau », lat. bulla, 55612 « broche », lat. subla (pour subula), ὀχτώῤρης (et par influence savante ὀχτώ-

1. Lorsque les Grecs ont besoin de rendre notre son b. ils se servent de Ja graphie {4x : Ἀμπού (pron. ahou) « About ».

ὄριος « octobre », lat. october, etc. Ce seul fait montre déjà qu'à l’époque où ces mots ont été empruntés par les Grecs, en gros au début de l’ère chrétienne, le changement de 5 momentané en continue, ou bien n'avait pas commencé, ou bien n’était pas encore achevé.

Mais la transcription des mots latins sur les inscriptions grecques permet une plus grande précision. À une époque ancienne, le v latin, qui sonnait ον, se trouve rendu par οὐ : Valerius, Οὐαλέριος. Or, au commencement de l’ère chrétienne on voit apparaitre des graphies comme Βαλέριος, ou Βεργίλιος pour Vergilius. 1] s'en faut que le phénomène soit alors de règle : pendant plusieurs siècles encore οὐ alterne avec £; mais en tout cas cela montre bien que le ὦ grec s’est changé en continue aux premiers siècles de notre ère.

A quelle date ce & bilabial est-il devenu labiodental? En général, dans les évolutions de ce genre c'est la consonne aspirée qui est la première atteinte, parce que c’est celle qui ἃ l’articulation la moins forte. Tel parait bien avoir été le cas en grec. On verra, p. 166, que pour le φ ce changement n'a été terminé qu'au 1v° siècle de notre ère. C’est donc au plus tôt à cette époque que le 8 labio-dental se serait substitué au 8 bilabial.

En tout cas, il faut, pour l’époque classique, conserver au £ la valeur du ὦ français.

MANS ue (ose

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