Le A
Le ὃ ἃ été anciennement pareil à notre ὦ et cette articulation a persisté en grec moderne, après nasale : 42:12 « onze » se prononce è'ndeka en grec usuel et s’y écrit ἕντεχα; le grec ancien ἐγδύω, « j'habille » est devenu successivement endino, ndino, dino, qu'on écrit aujourd’hui γτύνω. :
Partout ailleurs le δ ἃ maintenant la valeur du th anglais dans that (3). Pour l’articuler correctement il suflit de placer la langue entre les deux rangées de dents légèrement entr'ouvertes, en l’appuyant contre les incisives supérieures, et, la laissant dans cette position, d'essayer de prononcer un Ζ “.
Les inscriptions et les papyrus ne donnent aucune indication précise sur le moment où s’est trouvé accompli, d’une façon générale, le changement du > en continue. Des graphies égyptiennes comme ITQN au lieu de ἰδών prouvent simplement une confusion de sourde et de sonore dans des bouches étrangères, et nullement que le à avait encore valeur de d : le ? moderne sonne comme εἴ à l'oreille de beaucoup d'étrangers, malgré son caractère continu incontestable ὃ.
1. C'est par ce son qu’a passé le vieux français muder (lat. mutare) avant d'aboutir à muer.
2. Lorsque les Grecs ont besoin de rendre notre son 4, ils se servent de la graphie vtr : Ντεχάρτ (pron. dekart) « Descartes ».
3. On en peut dire autant des transcriptions égyptiennes du Y
par x et même du $ par x.
Ici encore, ce sont les emprunts faits par le grec au latin qui fournissent le meilleur renseignement : δεχανίχι « béquille », du lat. decanus, δεχέθρης (et par influence savante δεχέμέριος), lat. december, ete. Tous les d latins se présentent sous la forme d'un à continu en grec moderne; l’évolution est la même que pour Ὑ et β; elle a probablement été synchronique.
Mais à l’époque classique le à attique se prononçait certainement comme un df.
3° — Les aspirées X, Φ, Ὁ.
Le nom de ces lettres était χεὶ (1:16) Ὁ, φεῦ (phé), θῆτα (the'ta).
Ces trois consonnes furent à l’origine des aspirées, c'est-à-dire des momentanées, ἡ", p etf, suivies d'une aspiration, à peu près comme le ἡ et le ὁ anglais, mais avec une articulation moins forte. On a vu (p. 65) que les Grecs notèrent leur aspirée dentale, ἐλ, au moyen du {δὲ phénicien, et que, dans certaines régions, l’aspirée gutturale et l’aspirée labiale furent rendues par un K et un II suivis du signe H, qui indiquait l’aspiration : ΚΗ, ΠΗ; tandis que dans d’autres, et notamment en Attique, on créa des signes spéclaux : X, D.
4. Pour la prononciation spécia!e du ὃ dans le groupe ζ (= σ- δ) voir page 168.