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παρθένος «vierge », Φερσεφόνη pour Περσεφόνη « Perséphone » (p. 189). Cette tendance parait avoir été un vulgarisme. Quoi qu'il en soit, il est difhcile de ne pas voir des aspirées dans les formes de ce genre.
Les transcriptions latines conduisent aux mêmes conclusions. Anciennement et pendant longtemps, les Latins, qui n'avaient pas ces consonnes aspirées, rendirent y, ©, θ par ο, p, Acilis pour πὐχιλλής — ᾿Αχιλλχεύς « Achille », purpura pour πορφύρα « pourpre », {ensaurus pour θησαυρός « trésor ». Puis 115 précisèrent en se servant de ch, ph, th: Achilles, philosophus pour φιλόσοφος, thesaurus. Et l’on ne saurait dire qu'il s'agit là du calque latin des graphies grecques da type ΚΗ, ΠΗ, puisqu' on ne trouve pas en grec TH pour ὃ. Ce que les Latins voulaient
noter ainsi était bien des aspirées.
En grec moderne, le a une double prononciation. Devant les sons e, ὦ, de quelque façon qu’ils soient notés dans l’écriture, il correspond approximativement au οὐ allemand dans ich. Partout ailleurs, il correspond approximativement au cA allemand dans ac.
Le φ se prononce comme l’f francais ; c'est donc une labio-dentale.
Le 6 est la sourde du ὃ, dont il ἃ été question page 160. Pour l’articuler correctement 1] suffit de
ΟΣ PR AO QE nt ut. ᾿ : ; i
placer la langue entre les deux rangées de dents légèrement entr'ouvertes, en l’appuyant contre les incisives supérieures, et, la laissant dans cette position, d'essayer de prononcer un 5.
En d’autres termes, ces trois aspirées sont devenues aujourd’hui des continues.
A quelle époque s’est produit ce changement ? C’est pour le 4 que la question est le moins obscure; elle offre une grande analogie avec celle du β (p. 159). Entre le son ancien et le son moderne, l'intermédiaire ἃ été un f bilabial, c’est-à-dire prononcé en comprimant légèrement les lèvres, sans que celles-ci touchent les dents; et c'est ce son que ‘représente, au 11° siècle avant notre ère, la graphie de Delphes EIIIETE®YE citée page 152. Un passage de Quintilien (1% 5. ap.)est probant à cet égard. « La prononciation des Latins, dit cet auteur (x11, 10, 27), est plus dure que celle des Grecs. Nous ne possédons pas ces deux lettres, si agréables, l’une voyelle, l’autre consonne, que nulle autre ne surpasse chez eux pour la douceur du soufile et que nous empruntons d'habitude, quand nous nous servons de mots grecs. En pareil cas, le langage prend aussitôt, je ne 5815 comment, un air plus riant. Exemples : Ephyri\, Zephyri?. Écrivez ces mots avec nos
ὕφυροι, habitants d'Ephyra en Thrace.
Re τς.
caractères!, vous obtiendrez quelque chose de sourd et de barbare, des sons tristes et rébarbatifs que n a pas le grec. Notre sixième lettre en effet [c’est-à-dire 17] se prononce d’une voix qui
Fig. 34. — Lever de soleil dans la baie de Nauplie.
n'a presque rien d’humain, ou plutôt sans voix du tout : on la souflle entre les interstices des dents. »
On ἃ vu plus haut (p. 140 que l’un des deux sons auxquels fait allusion Quintilien est l’u (— υ). L'autre ne peut être une aspirée, car dans ce cas Quintilien aurait également parlé du y et du
1, C'est-à-dire Efuri, Ze[uri.
δ» , ἔκ νι TS. SPAS. 4
6. Ce son, apparenté à l’u par la douceur et en même temps comparable à l’f labio-dental latin, ne saurait être que l’f bilabial.
On conçoit que dans ces conditions les Romains de la bonne société aient gardé longtemps encore l'orthographe ph — +, tandis que le vulgaire transcrivait approximativement £ par /. Mais au iv° siècle de notre ère, la transcription par f se généralise, probablement parce qu'il y avait alors identité entre les deux sons : le + était devenu labio-dental.
En ce qui concerne le χ et le 6, parmi les nombreux arguments invoqués dans un sens et dans ! l'autre, il n’en est aucun dont on puisse dire qu'il soit tout à fait probant ou accepté sans conteste. Certains savants admettent l’existence d’un y et d’un 6 continus dès le 11° siècle avant J.-C. D’autres attribuent à ces consonnes valeur d’aspirées jusqu'aux premiers siècles de notre ère. | Des différences régionales indiscutables compliquent encore la question. Si l’on suppose qu'en principe, par suite de la faible articulation qui caractérise les consonnes aspirées, les aspirées grecques sont devenues continues avant les momentanées sonores correspondantes (Τ᾿, B, A). c'est d'assez bonne heure et peut-être grosso modo vers le 11° siècle avant notre ère que ce phénomène s’est produit dans la Grèce propre.
Mais, à l’époque classique, 11 faut tenir ces
trois consonnes pour aspirées : LA, ph ‘et non ἡ, th. De toute facon, notre prononciation courante, k, p, t, est erronée.
40 — Le Ζ.
Le © était pour les grammairiens anciens une lettre double, qui représentait σ + ὃ.
Cette assertion est confirmée par le fait qu'un composé tel que συν-ητῷ est traité de la même façon que συν-στέλλω. Tous deux perdent le »
συζητὼ « je recherche avec », συστέλλω « je rassemble ». Si l’on avait prononcé d:, comme nous le faisons dans nos classes, la nasale aurait subsisté devant la momentanée εἶ, comparer 5530 « je lie ensemble », συντείνω « je tends ensemble », συγξύω « 16 racle de tous côtés », συμδάλλω « je jette ensemble », etc.
Il convient d'ajouter que la vraie prononciation n'était pas sd, mais τὰ. car en grec ancien un 5 devant une sonore se changeait en z par assimilation Ῥ. 109).
En grec moderne le £ est l'équivalent du z français : ἢ ζωή, ὦ zot « la vie ».
Grâce au phénomène d’assimilation dont 1 vient d’être question, on peut déterminer avec assez(de précision l’époque où τὰ a passé à z. Pour le dialecte attique, les inscriptions indiquent le cours du 1v° siècle avant J.-C. Alors apparaissent les deux types de graphies ENAEYZMOYYE
au lieu de ἐνδέσμους « bandages », ANABAZMOYE au lieu de ἀναῤδασμούς « degrés, marches » : ayant à rendre la prononciation τῆλ, qui était celle de su. les graveurs ont fait, dans le premier cas, un mélange de l'orthographe historique et de l'orthographe phonétique; dans le second, ils s’en sont tenus au point de vue phonétique.
Les détails du changement de z4 en 3 sont encore peu clairs et les faits varient beaucoup avec les dialectes. On peut admettre que l’intermédiaire entre σώ et z a été τὸ, avec un à continu. En tout cas, il est évident que ce changement s'est fait progressivement et que, puisque les inscriptions nous donnent, dès le τυ" siècle avant notre ère, des exemples de ces graphies assez nombreux pour que nous considérions l’évolution comme alors accomplie, elle devait être déjà très avancée cent ans auparavant.
On remarquera pourtant qu'à l'époque classique le £ est compté en versilication comme une consonne double, puisque, précédé d’une voyelle brève. il forme une syllabe longue. Si ς᾽ οὐδ été un simple 5, il est peu probable que les poètes attiques se fussent astreints rigoureusement à cette règle. On en doit donc conclure que pour eux le { sonnait comme un double =. C’est par tradition que plus tard on garda à cette lettre sa valeur allongeante.
De toute façon, on ne se trompera pas de
CONSONXES 169
beaucoup en donnant au € classique la valeur qu'il ἃ en grec moderne, c’est-à-dire celle de notre z.
Le nom de cette lettre était ζῆτα, qu'il conviendrait donc de prononcer :e't«.