L'ÉCHO DU CABINET DE LECTURE PAROISSIAL
sur les ennemis, et ensuite son naufrage. (Ces vaisseaux envoyèrent le prendre, ainsi que son équipage, et lui apprirent à leur tour qu’ils s'étaient fort canonés contre les trois vaisseaux anglais, pendant qu’ils étaient retenus üans les glaces. Alors, le Sieur d'Iberville se rendit avec ses vaisseaux dans la rivière Ste. Thérèse, où était construit le fort Bourbon. Il assiégea ce fort et s’en rendit maître, ainsi que de tous les effets qu’il fit charger sur ses navires ; puis, y ayant laissé uhe bonne garnison, il repassa en France, au commencement de Novembre 1697. A son arrivée, il reçut une lettre de M. de Pontchartrain qui accusait réception de sa lettre du 8 Novembre, avec la Capitulation accordée au Gouverneur du fort Bourbon, et copie de l'instruction qu'il avait donnée au Commandant qu'il y avait laissé : et le Ministre lui marquait ‘qu'il avait lu sa lettre avec attention, qu'il était satisfait de la conduite qu’il avait tenue dans cette affaire et du compte avantageux qu’il rendait de celle de ses officiers qui avaient servi avec lui, ajoutant qu’il en rendrait compte au Roi et quil l’obligerait auprès de Sa Majesté autant que les occasions s’en présenteraient.”
D'IBERVILLE EST ENVOYÉ EN LOUISIANE.—IL PREND POSSESSION DE CE PAYS ET S’Y FORTIFIE.—NOMBREUX VOYAGES QU'IL ENTREPREND A CETTE OCCASION.
La paix ayant été conclue cette même année, 1697, le Sieur d’Iberville
fut chargé, en vertu d’un traité agréé par le Roi, du soutien du fort Bour. , bon pendant deux ans, ce que le Sieur de Sérigny exécuta.
Comme en l'année 1684, le Sieur de la Salle avait manqué la découverte de l’entrée du fleuve du Mississipi, et que, dans cette tentative, il avait perdu trois bâtiments, le Roi, sur la nouvelle que les Anglais se disposaient à l’entreprendre, résolut de les prévenir, et cela sans perdre de temps. En conséquence, Sa Majesté fit choix du Sieur d'Iberville pour cette entreprise. À cette occasion, MM. de Pontchartrain, père et fils, lui écrivirent plusieurs lettres remplies d’une telle confiance, qu’elles ne pûrent qu'influer sur le résultat. D’Iberville partit, en 1698, avec deux navires et un traversier. Il découvrit l’entrée du fleuve et ses environs, et fit près de cent lieues en chaloupe sur lé Mississipi. Il éleva un fort sur ses bords, y laissa une garnison et revint heureusement en France, où il arriva à la fin de Juin 1699. C’était avec raison qu'on avait hâté cette découverte, car les Anglais y allèrent peu de temps après le départ du Sieur d'Iberville, et même voulurent entrer dans ce fleuve ; mais ils en furent empêchés par le canon du fort français qui y avait été construit.
Le Roi fut si satisfait du voyage du Sieur d'Iberville, que Sa Majesté l’honora de la Croix de St. Louis. M. de Pontchartrain, fils, lui apprenant cette grâce par sa lettre du 26 Août 1699, lui dit “ qu'il peut compter qu’il ne laissera jamais passer l’occasion de lui rendre tous
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