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faut aussi convenir que nos artistes du dix-huitième siècle, Hûudoa par exemple, comprenaient mieux la physionomie de rbomme avec aa mobilité et ses nuances imperceptibles qu*on ne le fait aujourd'hui. Faudrait-il être philosophe pour bien sculpter le buste ?
A i exception de tous les autres arts , rarchitecturo a été de tout temps florissante dans la Grande-Bretagne. D'abord, les constructions romanes, quoiqu'on trèspetit nombre, fixent la Kent ion ; puis celles dites saxonnes , imitation grossière des romanes , transition insensible avec le gothique qui se propagea seulement à la conquête des Northmans. Dès cette époque, s'élevèrent le chAteau de Windsor, les cathédrales do Westminster, de Salishury, de York, bien d'autres encore et bon nombre d'abbayes, aujourd'hui monceaux de ruines, débris du temps et des révolutions. Gomme en France , le stylo gothi(fuo eut trois périodes distinctes, celle du primitif, du gothique pur et celle du llamboyant ou ileuri féorly gothick , pure gothkkf flarid goihiek )* Seulement si Ton peut établir un certain parallélisme de style entre la Fiance el l'Angleterre, il n'est pas aussi facile de fixer la coïncidence des siècles pour le genre il architecture. De môme que la France du midi et ritalie devancèrent la France du nord dans la dernière période gothique et dans celle de la Renaissance , de même la France sepientrionale eut le pas sur l'Angleterre, qui la dernière abandonna les traditions du gothique. Le style anglais, tel qu'on le concevait sous le règne d'Elisabeth, s'est mainicQii jusqu a nos jours, malgré quelques interruptions , et les Anglais ont à cœur de le perpétuer , parce qu'il leur rappelle l'époque de la Réformation, l'origine de leur code politique et religieux , le réveil de leur naLiuiialilc. Cependant à partir des luttes sanglantes de la réforme et des guerres civiles qu elle entraîna ,
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l'architecture ûationale ralentit ses progrés, et la pénurie des idées et des architectes fut telle , qu'il fallut évoquer
la mode étrangère pour conslruiic lui uionuiiieoi. Inigo Jones nie représente la parodie de Palladio. Christophe Wreu, génie qui atteiguaitparfois les bornesdu grandiose,. s'Immortalisa par le temple de Saint-Paul dont nous avons la reproduction à Paris, sous rinvucaUon de Sainte Geneviève, auteur Soulilot.
La révolution française à laquelle PEurope ne fut point étrangère, eut , pour résultat , de réveiller en Angleterre le style national, en même temps qu'elle ravivait tous les autres instincts nationaux hostiles à la France. Le style anglais fut de nouveau mis à la mode , et il se maintint, malgré de légères modifications indiquées par le trout et les circonstances. Ce style rectan^ulaiK;, quoique arrondi dans ses angles, crénelé, sans euihoustasme, sans élancement et pourtant léger dans sa forme carrée, à la fois coquet et réfléchi, ennemi de l'ogive et de la renaissance avancée , a le méi ilu de marquer une époque , de signilier le caiacLère d'un peuple, de S'adapter aux exigences atmosphériques , de s'harmoniser avec la nature et de plaire aux yeux. Ce style que Pon retrouve dans le palais du Parlement comme dans beaucoup de maisons de ville, dans le château comme dans le cottage , ne manque pas d'une certaine originalité , tandis que la France indifférente se bat les lîaacs pour produire quelque chose de i^rand el de neuf, qu'elle puise à toutes les sources ou qu elle copie, dans son impuissance , le moyen-âge ascétique , si peu en harmonie avec la vie réaliste et égoïste de notre temps. Ce style étudié el reproduit en Angleterre , aussi bien qu'en Suisse et en Prusse, que des auteurs étrangers persistent à nommer le style puritain ou réformé , porte d'ailleurs une appellation plus vraie, moins ridicule que
celle de style catholique donné aux monumeots modernes français dont la destination pieuse nimpiique pas
l'idée (le la fui de nos archilecteb et de nos iji;u;ons. Ce sera un jour une grave question académique , de savoir laquelle des deux, de la France ou de l'Angleterre , a eu le plus de génie, de tenter la création d'un art nouveau ou de s'en tenir à la repruduction du passé.
M. Barry vient de terminer un des monuments les plus vastes et les plus grandioses qu'il soit possible de contempler dans TEurope moderne. J'entends parler de Parlia^ ment-house. Pour ma part, je o'ai que des éloges à décerner à l'idée juste d'avoir réuni dans le même local les deux chambres du gouvernement représentatif ei constitutionnel, d'avoir ainsi prodigieusement amélioré la eb ambre des Loi ds et d'avoir tiré les Comiiuines de cette espèce de hangar où elles siégeaient dernièrement. L'intérieur de rédiflce a été conçu, distribué, orné avec cette méthode anglaise qui sait allier la majesté des lieux avec leur destination la plus convenable , un un mot le respectable au œnfortable. Quant au plan extérieur, il fascine l'ceil du spectateur et rend l'étranger jaloux d'une merveille si bien ordonnée pour Teffet et la grûee des ornements, où se mêlent à l'envi la légèreté gothique alliée à la solidité et à la régularité florentine, la renaissance, le byzantin et l'anglo-saxon. Pariiament* house doit être vu de la rive de la Tamise opposée à celle où il s'élève. Ses masses de pierre sculptées, ses croisées et ses vitres apparaissent de loin comme un meuble de salon richement travaillé; ses tourelles et sa grande tour forment un ensemble magique.
Mes investigations sur les beaux-arts s'arrêtent ici ; elles sont incomplètes , il est vrai, mais il n entre pas dans ma pensée de toucher à tout et de raisonner sur ce que je n*ai pas vu. La littérature ^ par exemple , qui
occiipo une si brillante place parmi les annales des Trois- Royaumes, exigerait plus que ces appréciations critiques dont rintention avouée est simplement d'appeler une fois de plus l'attention des étrangers sur la patrie de Shakespeare , de Newton et de Locke, plulùi que d'analyser les œuvres de ces sublimes penseurs.
La musique, cette divine enchanteresse, est en voie de progrès depuis un demi-siècle. L'intérêt, la mode, que sâis-je? un léger railineinent du goût, tendent à lui conquérir les sympathies des Anglo-Bretons* Pourtant , si le nombre des amateurs augmente, celui des artistes est fort restreint. Depuis Ilœndel , qui était bien un peu allemand, depuis ce génie dont la sobre mélodie séduit les oreilles délicates , auxquelles les cymbales et les tambours ne sont pas un besoin absolu , il serait impossible de signaler un maître, à part quelques compositeurs de musique d'église, un ou deux faiseurs d'opéras, dont les ouvrages ne traversent pas le détroit , si j'en excepte M. Balfe, et le fameux Jullien, d importation toute française, qui a eu le talent de faire aimer le concert et la danse à une société naturellement peu portée à ces plaisirs du continent.
En somme , les peuples des Iles britanniques sont et seront plus politiques qu'artistes , et le temps et les efforts combinés d'une civilisation aussi active que la leur contribueroiU seuls à améliorer cette tendance naissante , cette noble aspiration vers les beaux-arts.
E8PIIT PUBLIC.
• La loi c!vil« fjut e«t établie p^f In Rool^^té pour diriger les acUunis de ceux qui en font partie , est uue tutr« règle à l«quell« Im b<miiMt vapfM>rtt»t Imrn
tlon^ , pnnr jiippr si p}\r% sont criminfUns nn non. Perionne ne méprise cette loi ; car le« peines et les récompenses qui lui donnent du poldt tout loajonn prêtes et proportionnées à U puissince d'où cette loi Anuittt, c'esl-û-fiîrf' S la force môme de In «^ociAt»^, qui c^i engagée à défendre la vie, la liberté et les Lico» de ceux qui virent eonfonnément ft la loi, et qui a le pouvoir d*6tef, è ceux qni la violent, la vie, la liberté OU lOi biem; M qui est le châtiment dot offtBiet «OBinisM eontra wttt
loi. • ( LOCKK ).
« Tbe proper ftndf of — »fcf*^. ii mn. •
( Pow» EêHii ê» VkmmÊ ),
Bien que ce chapitre n*ait pas ua i'appoi't nécessaire avec la partie descriptive de l'ouvrage, qu'il u'exprime pas les choses que tous les voyageurs aperçoivent immédiaLeiiienL et sans un certain travail de déduction, bien qu'il ne paraisse par les sujets qu'il traite , n'avoir pas la physionomie du programme tracé d'avance, il me semble avoir quelque utilité, en généralisant les faits , en les revêtant de leurs propriétés spiritualistes , en donnant uue idée d'ensemble sur le fond des mœurs religieuses, politiques, morales delà Grande-Bretagne*
J'ai pensé, qu'après avoir parcouru les divers quartiers du Londres , et avant d'entamer mon pèlerinage à travers les nombreux comtés du pays, covfKry, il serait
à propos dinstrutre par des considérations, bonnes à
ÏQlerpréter le reste de l'ouvi age qui esl d'un caractère tout local, tout particulier aux lieux et aux faits men* tionnés successivement.
Je me suis gardé de tomber dans la catégorie des voyageurs îiégiigents, dont parle lord Clieâteriieid daas les préceptes à son fils. « Les voyageurs négligents , dit-il , qui se contentent d*observer la distance qu'il y a d'un point à un auLro, et qui ne sont occupés que de leur emménagement daûâles auberges, le soir, partent de chez eux sots et rentrent chez eux dans le même état. Ceux qui ne songent qu'aux curiosités des lieux où ils passent, telles que les tours, les horloges, les maisons de ville, retirent si peu de fruit de leurs voyages , quite feraient aussi bien de rester chez eux; mais ceux qui sont attentifs et qui s'informent de la vraie situation Je cbaque contrée, de ses forces, de sa faiblesse, dueommerce , des manufactures , du gouvernement et de la constitution particulière à chaque endroit; qui fréquentent les meilleures compagnies et qui font attention à la variété de& mœurs et des caractères; ceux-là seuls voyagent avec firuit^ et comme il», étaient déjà sages en partant , ils reviennent plus sages encore,
Tel a été mon bat. Aux. détails sur les horloges et les maisons de ville, j'ai ajouté les suivants sur les variations historiques de l'esprit public anglais.
Selon l'ordre hiérai^chique des idées , Tensemble des. principes les plus élevés en foi et en morale , composela religion, et c'est de la religion (religare , relier), que procède l'esprit de conduite de tel ou tel peuple. Cetto opinion est applicable à une loi générale, universelle, et en cela, elle ne saurait être fausse,, et plus encore, être combattue et rejetée. Or, pour pénétrer intimément au ^in des mœurs ^ dcb iiabiludesdu peuple anglais, il
nous faut remonter d*ftbord à ses principes religieux ,
en chercher Torigine, consacrer une étude à la partie historique des révolutions religieuses, rapprocher le sens moral religieux du sens moral politique, de rËglise et du Parlement descendre an foyer domestique , et le cœur iuiiiiain ne peut que céder à un pareil travail , se montrer dans tout son jour. L'esprit public est aussi digne d'intérêt, que les monuments de l'art et les sites de la nature. U ne suffit donc pas d'observer pour tout voir, mais encore iîut-il réfléchir, et la pensée, ce divin attribut de l'humanité, est souvent un guide plus infaillible que les yeux. Qui ne regarde et ne réfléchit à la fois, ne saurait juger sainement.
Pour mettre de l'ordre et de la clarté dans le récit, j'ai divisé ce chapitre en trois sections.
Dans la première, il est traité de l'esprit religieux, d'ortbodoxîeet decontroverse^de quelques détailshistoriques indispensables, de Tinfluence des révolutions chrétiennes sur les mœurs actuelles et de quelques rapports de l'Angleterre protestante avec le reste du monde. La seconde section est plus spécialement aflbctée à la cause politique du pays , aux hommes qui l'ont soutenue et à ses rap^ ports avec les systèmes des gouvernements étrangers. La troisième est un aperçu sur les mœurs , le caractère de Tindivida ou de la famille.
HT
SECTION r.