‹ D l'histoireChapitre 17 sur 40 · JACQUES CGEUR ET CHARLES VII · texte numérisé non relu

JACQUES CGEUR ET CHARLES VII

de son fils ! Tel, de réalité, était Charles YII. En France, qui Tignore ? dans ce pays moitié soldat et moitié femme, là où la gloire et Tamour ont mis leur double rayon il y a fascination, éblouissement et sorcellerie ; mais Thonneur de l'Histoire est d'être impassible, et d'ailleurs Tamour de Charles pour Agnès n'était pas de si noble nature qu'il pût justifier son prestige. C'était l'asservissement à une âme impérieuse d'une âme faible, en proie à tous les ennuis du plaisir et du favoritisme ; c'était le croupissement des sens et du cœur, qu'il faut bien se garder de confondre avec cette faculté des âmes fortes et qu'on ne voudrait voir qu'aux âmes pures : la fidélité. Démenti de plus donné aux embellissements et aux impostures de la Légende! Charles VII ne fut donc jamais l'amant chevaleresque d'Agnès Sorel, ni elle la noble damoyselle qui lui attachait l'éperon d'or. Pierre Clément, dans son histoire, a déchiré toutes ces draperies. Agnès n'est que la Pompadour du xv® siècle, mais une Pompadour sans Rosbach I Plus vaniteuse que tendre, fastueuse de sa beauté autant qu'insolente de son empire, c'est bien Teifrontée qu'on retrouve, dans le seul portrait qu'on ait d'elle, « le sein tout nud » jusque sur un vitrail d'Église, et à qui Louis XI, dauphin alors, pour venger sa mère outragée, un jour appliqua un soufflet. Son cadavre n'était pas refroidi que Charles prit pour maîtresse sa nièce, qu'elle avait pour rivale. On le voit, quand on jauge ces âmes, ces

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vases d'infectioD auxquels la Poésie attache ses guirlandes comme aux plus nobles urnes de THistoire^ on peut tout croire et tout supposer I

Mais il n'en était pas de même pour Jacques Cœur. Ce grand honnête homme de génie était aussi une haute et robuste vertu, et tranchait bien, par Tordre de sa vie et la beauté de ses instincts, sur le sombre et sanglant repoussoir des vices et des crimes de son siècle. Il n'en sentait point les dépendances. Quand Taffireux maréchal de Retz disait sa messe noire ; lorsque les bâtards d'Armagnac et de Bourbon, ces Antechrîsts, déchiraient tant de seins outragés et faisaient coucher la Débauche dans le sang qu'ils avaient versé ; quand Pierre de Giac, — un des favoris de Charles VII, — quand Pierre de Giac, le bourreau équestre, emportait en croupe sur son cheval sa femme empoisonnée et forçait ainsi son agonie à chevaucher pendant quinze lieues, Jacques Cœur, bien différent de ces hommes terribles, menait à Bourges une de ces bienfaisantes et magnifiques existences qui rappellent les Médicis. Fils de ses œuvres, cet imposant plébéïen donnait aux hommes de race et de destruction qui l'entouraient le spectacle de la prospérité la plus merveilleuse, obtenue, à une époque de guerre, par le Commerce, la plus grande force des temps de paix. Il convoquait les plus célèbres artistes de l'Italie pour élever sa maison de Bourges, un des monuments du royaume. On ne comptait pas en

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