‹ D'océan à océan [microforme]Chapitre 12 sur 34 · RENE RES · texte numérisé non relu

RENE RES

De ge rm

29 00m TE te, 2

DEAR 4 SES A RL à pr TRE CS onann scht-7-ruennenena rt de

bâtiments qui étaient des usines, des hauts four yméricair neaux, des forges endormies sous la lumièeu sentir bleuâtre des lampes à arc. Dans ces rues pas unpation air âme, Cet amoncellement de constructions prenaïlides armes ainsi un aspect apocalyptique et hallucinant. NouBBnnocente

ne restâmes que quelques minutes en gare,puis lplate-forn train repartit et j allai continuer mon somme. mélancolie Toute la journée du lendemain nous filâmes RB'eflacer d petite vitesse entre des plaines cultivées et mono@berdue au tones, sans accidents de terrain. Toute cette régiolrale améri de l'Ohio,de l'Indianah et du Sud de l'Illinois, etbrésidé le « riche mais peu pittoresque.Les arbres fruitiers,to@à Les pauv les spécimens de plantes fourragères y abondenBoutèrent } Les stations y sont généralement représenté@topper que par quelques fermes groupées autour d’une gare quai, ce rudimentaire. Quant aux habitants ils ont l’aspedoirs à la st: tranquille et bonasse des cultivateurs d’un comhtéressé ler anglais ou d’un de nos départements agricolenait, était

e s'en éton est que le monde ét Saint-Loui )mme elles posantes, a] Les porter rte qui pa continue lé s Voyageurs juis, lequel jambée pa ais c’est algré son

nt de Broo nchant aux tablier à cl]

Nous traversimes Indianapolis et le soir vid accompagné d’une légère pluie. La deuxième nil ne fut pas plus accidentée que la première. Dai la journée du lendemain, si le paysage restap passionnant, si le terrain demeura désespéréme plat et régulièrement cultivé, nous traversäm des stations qui, plus tard sans doute, seront il villes célèbres mais qui n'avaient encore qu'u demi-douzaine Ge maisonnettes. Chose curiel l'unes’appelait Wellington etla suivante Napoléo Ironie voulue ou involontaire de ceux qui bap sèrent les premiers ces haltes d'émigrants. | passant devant Napoléon j'allumai d'un seul co une demi douzaine d’allumettes tisons en guise bienvenue à la cité naissante qui, dans cinqua ans peut-être, aura plus de cent mille âmes, cho fort possible avec l'effrayante croissance des vil

IMPRESSIONS D'AMÉRIQ" € 129

hméricaines.Le docteur tout en.rendant hommage ièeau sentiment qui m'avait guidé blâäma la détounnation ainsi obtenue,dans son horreur véhémente enaldes armes à feu. Pendant que je me livrais à cette Noulnnocente manifesiition, le prince, seul sur la blate-forme, accoudé et pensif avec une teinte de mélancolie dans les yeux, regardait disparaître et ‘eflacer dans le lointain cette modeste station perdue au beau milieu de la grande plaine cenrale américaine et à la naissance de laquelle avait brésidé le souvenir du vainqueur d'Austerlitz.

Les pauvres fermiers de Napoléon-City ne se outèrent pas que dans le train qui venait de opper quelques secondes devant leur embryon e gaie quai, ce personnage grand et brun, aux yeux eoirs. à la stature martiale,et qui fixait d'un regard htéressé leur bourgade tandis que le train s’éloiait, était un prince de la famille impériale. Ils e s'en étonnèrent pas,pour une excellente raison. est que le village était absolument désert. Tout monde était aux champs.

Saint-Louis. — Ah! ces trois heures d'arrêt )mme elles nous paraissaient d'avance agréables et posantes, après ce cahot de cinquante-sixheures! Les porters, les flagmans, les employés de toute rte qui parcourent d’une façon insupportable continue les trains américains vinrent prévenir s voyageurs d’avoir à regarder le pont de Saintbuis, lequel exécute, en effet, une assez longue jambée par dessus le Mississipi.

ais c’est un pont à piles et, par conséquent, aigré son étend'e, il n'a pas la hardiesse du nt de Brooklyn,d’ailleurs plus étendu. En nous nchant aux portières nous aperçumes à travers tablier à claire voie, rouler un fleuve jaune et

large, puis nous pénétrimes dans un immens hangar au milieu d'une agglomération de train

res parlai jeux m

considérable, Nous étions arrivés. Nous allionPlus tard troquer notre pulmann pour un autre et ainsi deBaint-Lou suite jusqu'à Salt-Lake-City. ème d'u L'impression que nous fit la gare Saint-Louileur, que fut fortement déplaisante. Une saleté répugnantvait émis régnait dans les salles d'attente où se serrait unBBabitants) foule d'ouvriers et de cultivateurs crachant, chilallait-il : quant, malpropres ! hand gallo Une odeur nauséabonde traînait.Quant au mot àunref

vement même de la station il était formidable dBbusnenou comparable à celui d'une grande gare de Paris AS Cependa dimanche soir. int-Louis

J'appris que c'était l'époque des engagementBrcle men pour les valets de ferme. La fin de l'hiver et Sur rien : moment des semailles causaient cet encombrBéritifs doi ment. Aussi les trains qui rayonnent de l'énorn@ndaient p cité de Saint-Louis sur toute la riche région agi décida e cole des alentours étaient-ils bondés de voyageuden ces ter aux costumes campagnards et porteurs des outifSsuis le col de leur profession. h... mon g

— Dire, fit le Prince,au spectacle de cette animéindant la T tion, dire qu'il y a cinquante ans, cette ville À- Ce dut attaquée par les Indiens qui y commirent de sÿB-je graver rieux dégâts et faillirent la tuer en quelque sot- L: Fran dans l'œuf... Hein docteur, que dites-vous dit toujours changement ? -Et les fr

-— Je pense, répondit en riant le docteur, atreur, dis les Indiens pervent venir à présent. Ce seraint-Louis p eux, les pauvres diables qui disparaîtraient ,siiftez vivemd n'étaient déjà à demi-mangés. pre de rase

Ce court colloque ne tomba pas dans le vide@. ils sont fut recueilli par une escouade de reporters qui@ de nouss pressaient autour de nous. Deux de ces person vite...

es parlaient français, mais tous répandaient à qui jeux mieux une terrorisante odeur d’absinthe. lus tard nous lûmes dans un des journaux de aint-Louis, gravement imprimé, sans que l’idée ème d'une pareille stupidité ait arrêté le rédaceur, que le Prince Roland Napoléon Bonaparte ait émis en pleine gare de Saint-Louis (500,000 abitants) la crainte d’être attaqué par les Indiens. Dallait-il attribuer pareille ânerie à quelque alleand gallophobe{ils sont nombreux à Saint-Louis) à un reporter comprenant bien mal le français!. pusnenousattardâmes pas à creuser cette question, Cependant, les représentants de la presse de int-Louis avaient, autour de nous, resserré leur rcle menaçant. Ils tenaient à leur interwiew. ur rien au monde ils ne l’eussent lâché. Les éritifs dont ils avaient fait un copierx usage les ndaient plutôt familiers.Le plus âgé d'entre eux décida enfin à nous adresser la parole et il le en ces termes inattendus... Excuse-my, Prince, suis le comte de D. De noble famille... euh... h... mon grand-père,le duc de V..,fut guillotiné , animiindant la Terreur.

ville t- Ce dut vous être un moment bien pénible, t de ai-je gravement.

ue sorti L: France, voyez-vous, poursuivit l'ivrogne, ous di: toujours la France...

-Kt les français seront toujours français... Mongneur, dis-je au Prince, si vous voulez voir

nenst trains Ilions nsi de

-Loui nant it une t, chi

1 moi able dl Paris

ement er et om bt énorné on agi

y ageur es outil

eur, qi seraient-Louis pendant jes deux heures de l'arrêt. tent sites vivement avec ces messieurs. Je connais ce

pre de raseurs.lls ont la ténacité du sarcopte.De ; vide@, ils sont gris. Ceci vous sauve. Il faut que de nousse sacrifie. Ce sera moi. Je reste.Par-

rs qui vite...

ersoni

Le Prince ne se le fit pas dire deux fois et, tan. «| iner ler

dis que je commençais à dicter aux six carnets bu. de 1. qués sous ma figure mon «opinion » comparée s — Eh! la France et sur l'Amérique, mes compagnons sur s'enfuirent avec la fluidité de l'oxygène. Un siler Je restai seul, comme autrefois Daniel, entoud &andri pi d'interwiewers rugissants. Ah! je leur élucubr — Il y a de bien singulières théories sur la situation poli Et Je do que de mon pays. Il y avait une question qui En. venait fréquemment dans leurs paroles incertain® À quoi ] « Et M.Carnot ?» À la longue,ne sachant plus qe — Trop

leur dire sur notre podestat Elyséen,j'émis ce doué I1 paraît « Il est à craindre que le dernier scandale doinvraisem tout Paris s’entretient ne nuise fort au président.Æ avait exé

— Et ce scandale, clamèrent-ils! bourquoi il. — Vous l'ignorez?... Mais c’est l’annonc: es avait b1 prochain divorce de M. Carnot. de confière

Ils écrivirent « Divorce, Carnot », puis ilst prirent :

— Pourquoi M. Carnot veut-il divorcer?

— Eh mais, fis-je, que vous êtes naïfs, épouser tout simplement Mlle Yvette Guilbert.

Ils transcrivirent Yvette Guilbert.Puis,sur less cinq,après ce coup un peu fort,s’en furent regagr leurs journaux. Je restai seul avec le comte de L'état d'ébriété de ce malheureux augmenti vue d'œil. Il voulut m'embrasser, puis aller chercher ses papiers de famille. C'était un «trui Je sautai dessus avec précision et l'envoyai qué ses documents, lui donnantrendez-vous pour @té des voy heures au buffet.Notre train partait à huit. € et dispar

M'étant enfin débarrassé de ce citoyen cramph train poui je courus vers le dining room, car je mouraile, sous l'œil faim et j'y arrivai en même temps que le Prérveillants 4 Roland et sa « party », lesquels venaient del

é le plus our la vill e l'Amériq e s'inscriro] putation. ( ue Susréé aint-Louis mais seul,

DU: 8serva USitr d'1b | Pulni:an, € ne subiss

Nous com

Eniner leur promenade rudimentaire par les quariers de la grande cité de l’Etat du Missouri.

— Eh! bien, messieurs,articulai-je, vos impresions sur Saint-Louis. | Un silence accablé me répondit seul. Enfin M. éandri prononça :

| — Il y a beaucoup de fils télégraphiques.

| Et le docteur appuya :

| — Enormément de fils.

| À quoi M. de Pierrefeu ajouta:

— Trop de fils... et trop de pavés.

h Il paraît que le pavage de cette ville tient de linvraisemblance. La voiture de mes compagnons avait exécuté un rigodon féroce. Et je compris jourquoi ils ne parlaient guère.Cette gymnastique ‘es avait brisés. D'ailleurs, une fois restaurés, ils ne confièrent qu'en demeurant à la station j'avais té le plus heureux des cinq. Saint-Louis passe our la ville la plus laide et surtout la plus sale e l'Amérique centrale.Mes compagnons,je crois, e s'inscriront pas en faux contre cette fâcheuse éputation. Ce fut sous cette impression mauvaise e rcusréélûmes domicile dans un car de laligne aint-Louis-Pueblo, Comme un malheur n'arrive mais seul, le train qui nous emporta vers l'ouest pu: r“servait les plus désagréables surprises. Il si: 4'ibord facile de constater que,même dans s Pulmaan,les employés de ce rail-road déplorae ne subissaient aucune autorité, se vautraient à té des voyageurs quand leur présence était inue et disparaissaient au moindre appel à l’arrière train pour y organiser des parties de cartes et ouraisl, sous l'œil bénévole des chefs de train et des le Prirveillants de Pulmann.

t de Nous comprîmes qu'il n’y avait absolument pas

en songeant qu'il nous faudrait pendant près

matiquement.

En effet, aucun dining-car n'était attaché :

ter du train, une sorte de nègre à tête simiesqu déjà à demi abruti par l'ivresse ne répondait: auc :n appel. C'était la mort à bref délai. La mo par la taim comme Ugolin dans la tour de Pise

Le premier jour,cela alla encore et nous obti mes quelque nourriture, mais, le soir venu, | porter disparut.

Le lendemain matin,les chefs de train et lessu veillants restèrent dans leurs couchettes jusqu onze heures. À leur réveil nous dépêchämes l' terprète, garçon, d'ailleurs bien intentionné, m terrorisé par tout ce qui était américain et demanda à ces autocrates du train de Saint-Lou Pueblos'il était possible d'obtenir quelque servi des gens du railway. Ces messieurs eurent un so rire entendu et répondirent : — All right.

L'interprète revint porteur de cette bonne parol

Trois tentatives furent couronnées du mër succès. Le docteur enfin,qui parlait fort bien l'a glais,m'entraîna pour tirer de ces personnages ui réponse satisfaisante, Nous les trouvâmes da leur box, mangeant et buvant, servis par lents décidément moins gris qu'il ne voulait le parait

— On a donc, dit le docteur, résolu de no laisser mourir de faim. Depuis ce matin nous mandons une tasse de thé à cet employé et n0 n'obtenons aucune réponse.

— Ah, fit l'employé principal !

— Ah... All right.

à compter sur un pareil personnel et nous frémime

quarante-huit heures déjeûner et dîner prob

wagon, nous n'avions pas de provisions et le px

— Pas s'exaspéra Graver ent.

— Yes, : Nous la evinmes d Ï fallait n jeûne pa squ'à tro ous arrivic Nous ror nose et no jçon. Quar licitièmes 1 Ftionnaire.

Les désagr hquante-hu int-Louis :

nsés par d’ ure absolu y nous vim use dont )loiter la ( bord les c quets de me plus po bâtisses y boléon City ntàune g ir la macni Ssiers asse ner le béta

— Pas all right du tout, cria le docteur qui

es ds exaspérait, pas all right... entendez- vous.

obilif Gravement les casquettes galonnées s'inclinè- | rent.

\é a — Yes, yes, nous comprenons, all right.

ep Nous laissèmes ces mauvais plaisants et nous

-squevinmes définitivement découragés.

dait M 11 fallait se passer de repas. Nous allions subir

à mon jeûne partant de la veille au soir — sept heures —

squ'à trois heures de l'après-midi, heure où

obtitMous arrivions à Pueblo.

Nous rongeâmes notre frein à défaut d'autre

hose et nous nous promimes de profiter de la

con. Quant à la ligne Saint-Louis-Pueblo nous

jusqu licitimes le Prince de n’en pas être le principal

iiftionnaire.

-LouLes désagréments variés dont s’émaillèrent les servihquante-huit heures passées dans le rail-road de un soint-Louis à Pueblo furent heureusement comnsés par d'intéressants spectacles et la vue d’une ture absolument différente. Au delà de Dodge y nous vimes apparaître enfin cette prairie fause dont l'imagination de nos conteurs sut ploiter la couleur originale et peu connue.

bord les champs, les arbres fruitiers, les petits quets de bois s’espacèrent; nous n'avions me plus pour nous servir de points de repère bâtisses vagues d’une Washington ou d’une poléon City. Les stations, maintenant, se borent à ure gare mal définie, à une prise d’eau ir la machine, à un ou deux hangars et à ces Ssiers assemblages de palissades destinés à ner le bétail au niveau des wagons étables.

parol 1 men en l'a ges ul es da le nèg baraît de n0 ous ( et no

Ces parcs d'embarquement, nous allions en vor ces fam des centaines d'exemplaires jusqu’à San-Francisy comme: et surtout au retour dans la longue traversée dl guère, Far-West. chassé c

A présent toute verdure avait disparu et au m4 est-il qu tin de la seconde journée passée dans ce railwl aperçûm inhospitalier nous eûmes Ja surprise de rouler où trois, plein désert. Une très légère couche de neidl costumé. avait répandu sur l'immense espace,à peine boss@ l'horreur de quelques ondalations, sa claire farine. Un:@ Ces pe assez vif pénétrait dans le sleeping, dont les poil de Houil depuis longtemps éteints ne donnaient aucune ch gare la la leur.Néanmoins,courageusement nous fimes not C'est q toilette aux lavabos de marbre du vestibule et da Colorado l'impossibilité de nous faire donner même ul le sauvage tasse de café, nous allumâmes pipes et cigarettes@ toba; les nous regardâmes défiler le paysage étrange et nef rouches, ] au milieu duquel se déroulaient à l'infini les par ontété arr

Le prin.

| de mémo exemples patibulairé conductor:

PAS rassuré

Il y avai la dynamit

lèles des rails,

Ce froid imprévu avait fait des victimes pan les troupeaux de la prairie et nous pûmes voir! certain nombre de chevaux et de bœuts étend morts ou mourants. Certains meuglaient désesp rément,jetant vers le train qui leseffleurait pres et dont le sifflet réveillait leur agonie, des rega lamentables. Rien de triste comme la fin de ruminants aux grands yeux doux et ternes, ch anarchiste, vant abandonnés au milieu de ces solitudes D Cette att ches. Quelques prairie-dogs, minuscule ronge Mois, Une gentil animal à la tête fine et intelligente, disdes rails de raissaient dans leurs terriers au bruit de n0%Ælocomotive marche. Enfin le loup, le sinistre petit loup déÆ'engineer € prairie, louche guetteur de cadavres et suiveur de la secou troupeaux en détresse, détala plus d'une fois la voie sur lé derrière une charogne à demi dépecée. Quan@ils venaient

ces fameux cow-boys, sur l'existence desquels je commençais à avoir des doutes, nous n’en vimes guère. La rigueur de la température avait-elle chassé ces rudes et sauvages cavaliers, toujours est-il qu'aux rares arrêts du rail-road, nous en aperçümes, ou du moins on nous en montra deux ou trois,mais très peu romantiques,prosaïiquement

| costumés — et à pied — ce qui est le comble de

l'horreur pour un cow-boy.

Ces personnages avaient l'air de bons bourgeois de Houilles ou de Poissy venant attendre à la

| gare la langouste commandée à Paris.

C'est que la prairie de ces côtés, la prairie du Colorado et du Kansas n’a pas, à beaucoup, près le sauvage caractère de l'Assiviboiïa ou du Mani-

| toba; les rares habitants en sont bien moins fa- | rouches. Pourtant il arrive souvent que des trains

ontété arrêtés sur cette ligne décidément fâcheuse.

Le prince Roland nous cita avec cette précision de mémoire précieuse en voyage, quelques exemples peu tranquillisants. De fait, à voir les

| patibulaires figures des employés : surveillants, conductors, porters et autres, on pouvait n'être

pas rassuré.

Il y avait surtout une histoire de train attaqué à

la dynamite qui eut donné la chair de poule à un

anarchiste.

Cette attaque à l'explosif ne datait que de trois

imois. Une cartouche avait été placée en travers

des rails de façon à éclater au premier choc. La locomotive s'était renversée sur le côté tandis que l'engineer et le chauffeur à demi-morts des effets

Ride la secousse étaient allés tomber à 25 mètres de

la voie sur le sol heureusement mou —de la prairie. Ils venaient à peine d'accomplir cette parabole

dangereuse que des individus masqués, le visage couvert de suie — des « blackmen » — leur pose. rent sur le crâne le canon de leurs revolvers en poussant le traditionnel « Hand'supx(les mains en l'air) et en leur défendant de bouger. Les pauvres

diables n’en avaient guère envie.Pendant ce temps,

le reste de la bande pillait le wagon aux bagages et décampait une fois « la pie trouvée au nid» c'est-à-dire une fois découverte une somme de 150,000 dollars en métal dont, grâce à quelque complice employé de la ligne, ils connaissaient la

présence dans le convoi attaqué.

Au fond, et le docteur avec moi — nous n'’aurions pas été fâchés d’une petite aventure. Mais cette pensée égoiste n’eut heureusement aucune suite, aucun « blackman » ne coucha en joue l’engineer. Aucun arrêt anormal ne se produisit.

Mais si les hommes nous laissèrent passer librement, il n’en fut pas de même des éléments,et nous eûmes le magnifique spectacle de la tormation d’un cyclone.

Il était deux heures. Depuis midi les dernières taches neigeuses avaient disparu, le sol avait repris son uniformité violette. La chaleur soudain devint suffocante et des tourbillons de vent nous rendirent bientôt impossible notre chère plate-forme. Nous revinmes nous asseoir sur les divans du spleeping, ayant de la poussière plein les yeux, mâchant de petits graviers désagréables et,devenus sukitement pensifs, nous assistâmes à la formation de la tempête. Le cyclone montait,mais fort heureusement il se dirigeait en biais du Sud-Est au Sud-Ouest, en sorte qu'il ne nous atteignit pas et que nous vimes au loin ses grandioses effets sans en éprouver la terrible force.

Sur notri un noir d stait inalt flets de ] érent et ti loppa, so descriptib s, lourds, ndaient 2v sses qui ce fin de larg tance de

eau, Le SE ure nue et itestable et te. Nous

rnaux de £ des effets t ent par do èvées com jent dû s’ar fs rails et re

ous l'avion e !

lendemai même un du Pulma leurs, horr que Voyage es Parnen . D'ailleurs nesure que Pndulations HOuS aperc se dégagèr

Sur notre droite,le ciel tout entier était devenu un noir d'encre tandis que vers la gauche l'azur tait inaltéré, à peine légèrement verdi par les flets de l’orage. Bientôt des tourbillons se forèrent et toute une partie de notre horizon s'enloppa, sous la pression du phénomène, d’une descriptible et poignante horreur. Des nuages s, lourds cemme des chapes de plomb, se conndaient avec une multitude de petites trombes ses qui couraient en tournoyant au ras du sol. fin de larges bandes de pluie formèrent à une tance de 5 milles environ une sorte d’épais eau, Le spectacle du cyclone, au sein de cette ture nue et déserte à l'infini a une grandeur initestable et l'âme en est toute pénétrée d’eftroi te. Nous vimes deux jours plus tard par les rnaux de Salt-Lake-City, que la tempête avait des effets terribles et que les victimes se chifent par douzaines. Des maisons avaient été evées comme plumes au vent et des trains jent dû s'arrêter sous peine d’être jetés hors de s rails et renversés.

ous l’avions, en roulant, Madame, échappé e !

lendemain matin il nous fut impossible d’obmême un cracker — un pauvre biscuit, des du Pulmann. Ces misérables nègres étaient, leurs, horriblement gris, ayant dû dépouiller que voyageur de sa provision de whisky.Nous es par ne plus même soupçonner leur exis-, >. D'ailleurs, notre supplice touchait à sa fin mesure que nous nous rapprochions de Pueblo >ndulations de la Prairie s’accentuaient. Au nous apercûmes bientôt une ligne bleuâtre se dégagèrent des cimes neigeuses, des som-

mets de hautes montagnes. Ah Pueblo! que ti} les dern:

nom ut acclamé par ces sept français affame crable, : Groupéssur la plate-forme du car, nous saluimg doute — de hurrahs enthousiastes la tête blanche du Pike roles et Peak qui perçant les brumes violacées de l'hori gi que nou: nous annonçait la fin d'une épreuve tragi-comiq des empl mais suffisamment enrageante. fante ane Le docteur faisant contre fortune bon cœur avi à la dynar réussi à se procurer quelques mauvais fruits gi Mon pr vendait dans le wagon de queueungamin aute de fer, dit de tabac. Il nous offrit gaiement de les partagt émoticnn: Le Prince dont je recommande la continencei sais quel a société contre l'abus du tabac, n'avait pas,comaou at'x er nous,la ressource de tromper la faim à coup tation de cigarettes. Il déjeuna vaillamment d'une banaetS odieux nous nous partageâmes deux oranges avec le Au figuré c que devaient mettre les naufragés de la Médias. Il étai aux prises avec leur dernier biscuit. lemanda a Mais, comme, chez des Français, la gaieté afp*Ponse le bonne humeur ne doivent jamais perdre lei" Un revo droits nous épicâmes ce frugal repas d'une $ léchargea e de paradoxes et de mots à désarçonner mon df!0!S balles maitre Armand Silvestre. OUs attirèrd M. de Pierrefeu moqueur nous entretint d'ab oucherie, avec des larmes dans la voix des brillants diff" nouïe 1 de Hcfimann-House et d’Arlingtown, de il r lui aussi s berries-ice-cream, d'œufs à l’aurore et de dif?! crispée froids de bécassines sur canapé. Nous en vil} ‘nie dése à conspuer le « Humbug » des prospectus at ‘1 métron cains, lesquels affirmaient que sur tout le ra crâne, L’au de l'Union on trouve à gogo dining-cars, b "hme c'éta variés, serviteurs empressés, etc. Bref nous ; vilain cad sâmes le stock des plaisanteries faciles à sl P Précautio même et surtout en voyage. Sbox; un Pour achever de nous taire trouver plus bf °°’Mmencç:

| Jes dernières heures à dévorer sur cette ligne exécrable, un grand gentleman — un anglais sans

. M doute — avec lequel j'avais échangé quelques paea roles et qui me parut pour le moins aussi furieux , ue nous-mêmes contre l’invraisemblable toupet nu employés du rail-road, nous conta une palpi- SR Lainte anecdote, à rapprocher du récit de l'attaque a la dynamite fait un peu auparavant par le Prince. COR Mon premier voyage sur ce damné de chemin “ de fer, dit-il, fut, vous allez le voir, passablement rtag émoticnnant. On célébrait à cette époque je ne el sais quel aniversaire de la Secession-war à Pueblo ou aux environs. Le train était au complet. A la

LE station de Kingsley -- je crois — un nègre, un de na ces odieux nègres qui empoisonnent au propre et : Le eu figuré ce pays, monta dans le Pulmann où j'é- Mu hais. Il était visiblement ivre. Le chef du train lui

demanda aussitôt s’il avait son ticket. Pour toute éponse le « negro» mit la main à sa poche en ra un revolver et, avec la rapidité de l’éclair, le Jéchargea en plein dans le ventre du « conductor.» rois balles y passèrent, trois coups de feu qui ous attirèrent tous au fumoir où se passait cette oucherie. Atrocement pâle, tordu par une douur inouie l'employé eut pourtant la force de sorr lui aussi son « Smith Ewesson », il saisit d’une ain crispée le drôle au collet, le maintint d’une reinte désespérée et lui logea,avec la régularité un métronome, les six balles de son arme dans crâne. L’autre tomba mort.On l’eut été à moins. omme c'était un nègre, nul ne voulut toucher à n vilain cadavre. Nous emportâmes, avec toutes s précautions possibles le « conductor » vers un Sbox; un médecin qui se trouvait là accourut commença le pansement. Le blessé souffrait

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neer. La machine stoppa et le méçanicien parut, « Joë, fit le chef de train, si dans deux heures je ne suis pas dans un bon lit avec toute la pharma. cie nécessaire, je suis flambé,j'ai une blessure que la glace et la charpie seront insuffisantes à calmer. À toute vapeur, mon garçon, à toute vapeur jus: qu’à Pueblo. Brûle toutes les stations. D'ailleurs, qui sait si cette agression n’est pas un prélude à. Il ne put en dire davantage. Il s'évanouit. L'engi. neer avait rejoint son poste. Alors commença li course la plus folle que j'aie jamais vue.Dieu vou préserve, messieurs,d’un pareil « rush ». Les wa gonsen sautaient hors des railsoù ils se replacaient au petit bonheur. Les roues sifflaient à nous er crever le tympan. Nous écrabouillâmes quelque bœufs, cinq ou six chevaux que leur mauva' v nie avait conduit sur la voie. Aux stations, passions comme un boulet au milieu de cris à terreur. Un hasard providentiel voulut qu’aucu wagon ne se trouva en manœuvre sur la voi Nous arrivâämes à Pueblo avec cinq heures di vance ! Si les « blackmen » avaient manigan quelque chose contre le train, notre rapidité lé déçut. Aux portes de la ville, on stoppa. Il éta temps. Deux essieux venaient de se rompre.

des wagons touchait terre.On transporta l’homn blessé dans un hôtel voisin. Je sus plustard qu'é fectivement les secours pressants qu’il avaittrou là lui sauvèrent la vie...Sa décision énergique n0 avait sauvés, nous et lui... car derrière nous train qui suivait fut attaqué... six homn tués. J'ai fait parvenir cent dollars de gratificatil au « conductor ». Je l'ai rencontré depuis...Il at

hortriblement, néanmoins avant tout, de ses dents crispées il eut le courage de faire appeler l’engi.

ventre ; Voilà m — El] édifier c railway, — Ce docteur.

— Bal e vero !..

Enfin, v pied des :

raissaient Nous pass ferraille, ] ous entr propre et lamboyaie hing-Roo

Nos baga dienne l'é hepied se ect aimab ent de cé ngentlem:

me prian — Je suis J'accédai je le prése ämpes d'e:

lité et sa b enter non bles qui a Wagon,

nts ventre en argent.On l'emploie dans les bureaux...

\gie Voilà mon histoire ».

rut, D — Elle est instructive, répondis-je, et elle doit s Je édifier ceux que leur fâcheuse étoile amène sur ce ma- railway, J'en prends note...

que — Ce récit est-il bien vrai, me fit à l'oreille Île

met D docteur. jus- — Bah! répliquai-je en baissant la voix. Si non US De vero :.…

à. Enfin,vers midi moins le quart,nous roulions au eng: pied des montagnes ; des groupes d'habitations paça hBraissaient, les villages de la banlieue Puebléenne. 1 VOUW Nous passons sous un long pont, dans un bruit de ss Wa ferraille, l’ Arkansas river à peu près desséchée et caien nous entrons enfin dans une petite gare neuve us rropre et coquette aux murs tout frais de laquelle elqut Mfiiamboyaient enfin ces mots consolateurs « Di- 9° “bing-Room ».

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es di gants dité le ji étal re. U homn : qu'é ttrou ue n0ëù nous om ificatit Hat

Nos bagages à la main, nous gagnâmes en file dienne l'extrémité du Pulmann.Au bas du marhepied se tenait toute une société de gens à l’as- | ect aimable et cossu, les gros bonnets évidem- A ent de cette ville née d'hier. En même temps, ce ngentleman grand etroux me frappaitsur l'épaule Æ me priant en anglais de lui désigner son Altesse. — Je suis, me dit-il, le maire de Pueblo.

J'accédai aussitôt au désirde ce brave magistrat je le présentai au Prince qui trouva,en dépit des ampes d'estomac trop compréhensibles,son affalité et sa bonne humeur ordinaires pour complienter non seulement le maire, mais tous les nobles qui attendaient dans le vestibule la sortie wagon.

D nos nouv était nece fut prom rapide ex.

Bcessiire p.

Enfin nous miîmes pied à terre et à ce moment précis une voix de stentor poussa le cri:

— Vive Napoléon !

Le digne habitant de Pueblo qui venait d'expri. mer ainsi son contentement de voir un Bonaparte

s'approcha aussitôt et nous donn:,1près de robus Maflirmé) d tes poignées de main, l'explication de son enthou. docteur et siasme, c'était le petit-fils d’un soldat de l'empire heureuse

mordillait cative.., e1 inutes et d'excellent.

venu jadis demander asile à la libre terre d’'Amé. rique. Dans le cœur de ce descendant des gro. gnards, la flamme du culte impérial était restée v'vace et rien, à ces distances formidables, n’er

avait diminué la naïve ardeur. Je ne sa Ce manifestant était, d'ailleurs, un homme sulmaudit Pu], perbe dont la.figure osseuse et virile s’ornait d'unfhantement

barbe de fleuve et dont la stature imposante faisait comme le prototype du pionnier. Il était bien: digne fils de ces hommes inusables avec lesquek l'empereur alla des Pyramides au Kremlin... Quanl le Prince le gratifia d'un vigoureux shake-hand,i parut heureux comme un enfant et balbutis « Napoléon... Napoléon...» Il y avait vraimeil toute question rapetissante de politique mise part, quelque chose de touchant dans la na démonstration de cet homme...

Cependant les gracieux et hospitaliers notabl de Pueblo, ignorant sans doute à quelle épreu venaient d'être mises notre patience et notre fai nous conduisirent avec toute la courtoisie remit quable vers. un cortège de voitures, les pl Juxueuses certes de la région, et dont la mis allait être de nous faire voir, pendant les de heures de l’arrêt, cette ville de Pueblo, si jeune déjà si importante.

Le Prince sut très adroitement faire entend

ayons tiède oquettes, « hose comm Tout disai es et déjà rospérité g DnStruits en DE, les mag tSque tout uris de pla ECt heureux SMines,vas qui n'eut péenne., Nd Cor colorad S les rios 4 lections éta it — une e Parquet 4 lu ee rendu a

D nos nouveaux amis qu'un déjeuner sérieux nous était necessaire et, grâce à cette précaution,il nous fut promis que nous aurions aussitôt après une rapide excursion dans la ville tout le temps né-

he Bcessaire pour « réparer ». Le buffet était (nous fut-il " in de premier ordre et nous échangeâmes le où docteur et moi de muets regards de plaisir à cette ire heureuse nouvelle. Quant à M. de Pierrefeu il és mordillait sa forte moustéche d'une façon signifigro: cative.. enfin ce n'était plus qu'une question de

minutes et nous nous laissâmes entraîner dans d'excellents landaus.

Je ne sais si c'était la joie d'être sorti de ce Maudit Pulmann, mais cette ville m'était un enhantement. Un joli soleil nous baignait de ses ayons tièdes.. Pueblo semblait une cité de villas opquettes, de homes du dernier genre, quelque hose comme l'avenue de Villiers du Colorado.

Tout disait, dans cette cité aux rues à peine traées et déjà parcourues de jolis électric-cars, la rospérité grandissante. Les édifices municipaux. pnstruits en belle pierre granitique un peu ble.- Ne, les magasins luxueux et vastes, les maisons esque toutes ornées d'un jardin, leurs perrons uris de plantes méridionales, tout avait un asct heureux et gai. On nous conduisit au musée spreu js mines, vaste monument non dépourvu de style re tait qui n'eut point déparé une grande cité euremdpéenne. Nous vimes là sous toutes ses formes es pit or coloradien que roulent dans leurs eaux ieinmiss@®s les rios de ces pays féeriques: Les diverses es déMlections étaient présentées avec clarté et avec jeune it — une extrême propreté régnait partout et parquet y luisait comme ün miroir.Mais l’homge rendu au véritable enrichisseur de la ville

estée n’el

je Sld'unt faisal jen | squé | Quani and,i butia aiment mise

nai

otabl

tend

et de la contrée, au Coal, au charbon maître du Aussi, monde, s'était formulé d'étrange façon au miliey tives nou de toutes le: vitrines consacrées aux métaux. À ES ville ado] droite s'élevait une sorte d'idole comme un « mins La vue trel » hiératique. C'était la déité symbolisée duRfrench «f King-Coal, formée de différents blocs de houille à content

Cela avait absolument des aspects d’idole in. Brompit nc diene et barbare. Pour ma part, j'y vis une der. Bcliquetis d nière et involontaire influence, comme la conta. sed actis » gion suprême de l'esprit idolâtre des autochtones Mong jeune

La mine de Trinidad avait fourni les matériaux iméditez le.

de cet étrange bonhomme. Wites-vous

À ce moment un de nos hôtes vint présenter aBtre prise... Prince l’une des plus curieuses pépites. Nous ad Quand ne mirâmes avec lui ces éblouissants specimens dlans le car

précieux métal. Le plomb, l’étain, le cuivre, l'ares Mormor timoine, l'aluminium nous apparurent aussi soulBous faire d leur forme primitive, et nous pümes nous faire url autant plu idée de la richesse du sol de ces régions. NoulBette abstine quittimes ce musée, convaincus qu'avant pale la nouve Pueblo serait l’une des villes les plus prospèresdiment. Cau Nouveau-Monde, située, comme elle l’est, au cepprécier ta tre d’une région minière en pleine activité etiiBquelle nou plus productive peut-être de l'univers. à célébrer

Notre visite des principales curiosités de la vil On nous à terminée, nous pûmes enfin regagner la bienhe ANÇAIS, exce reusegare et son dining-room. Le valet de chamb@ice de l'id et l'interprète avaient mis le temps à profit. Nasa jusqu’ a seulement, instruits par l'expérience, ils avait} Quant la P acheté force victuailles et force bouteilles @US quittions Californian wine, mais encore ils nous available je po fait préparer un regular dîner qui nous ravit. Pueblo un

Décidément Pueblo avait tous les charmes :ÆÆ*Sse déco beau soleil, de jolies rues, des habitants aimab bout sur Ja et prévenants, enfin un buffet di primo cartello. it le salut à

Aussi, à peine assis devant nos assiettes respectives nous récriâämes-nous sur les mérites de cette \ ville adolescente.

La vue de magnifiques beefsteaks, entourés de , du french « potatoes » frites et soufflées dans un style ile. Ma contenter l'illustre Bignon lui-même, interrompit nos dithyrambes et bientôt un martial der Mcliquetis de tourchettes annonça que « non verbis sed actis » nous allions fêter le terme d'un trop

ou ong jeûne. C'est égal, voyageurs qui me lirez, ra Binéditez les afires par lesquelles nous passâmes et Mites-vous que la ligne Saint-Louis-Pueblo ne doit

er atre prise. qu'en temps de carème.

s ati Quand,notre fringale apaisée, nous remontâmes ns dans le car qui devait nous transporter au pays l'an es Mormons, les notables reparurent et vinrent 5 souBous faire de bons souhaits auxquels nous fûmes

‘autant plus sensibles que nous avions terminé ette abstinence de 48 heures. Enfin un des agents e la nouvelle ligne monta dans notre comparment. Causeur intéressant, il devait nous faire pprecier toutes les beautés de la route dans quelle nous nous engagions et nous porter par à célébrer les divers mérites de sa Compagnie. On nous adjoignit même un vieux professeur ançais, excellent homine tout fier de sa connaisice de l'idiome Racinien et qui nous accomgaa jusqu’au Great Canon.

Quant la première secousse nous annonça que us quittions ce séjour à la fois si court et si réable je poussai un soupir et lançai à la ville Pueblo un adieu amical. Sur le quai, toutes les es: esse découvraient au passage du wagon où imablout sur la plate-forme, le prince Roland ren telloMit le salut à ces charmants hôtes d'une heure,

re unt Not t pel ères d u cel

éetl

la vil enhe amb it. No avai!

Iles 0 avai it.

Le panorama était superbe. Le train longeait les eaux de chocolat clair de latumultueuse Arkansas. river, pour le moment assez tranquille ; il allait

nous en

résolument dans les montagnes, commençait cette ne ascension curieuse qui, de Pueblo — ville étalée gens déri « au bon soleil » nous devait amener à des hau. époque de teurs considérables, en quelques heures nous imp conduire à Leadville,à une altitude de 10,200 pied. , cette et dans des températures basses inévitables à ce; Il convi hauteurs. Du côté droit, nous voyions grandir le caine, mai sommet neigeux du Pikes-Peak qui joue les Month... que

Blanc dans cette région du Colorado, mais qui... à é

n’atteint que 14,147 pieds. uisses et d

Il existe un funiculaire pour, transporter pendant presque pal la belle saison les touristes à cette altitude dei finc des remarquable.Mais,à cette époque et la neige étar dis devaie encore fort épaisse jusque dans les basses vallées que et et ce funiculaire ne fonctionnait pas. Du reste, touMais 1: Suis l'effort des américains de ce que j'appellerai lpport du moitié pacifique des Etats-Unis tend à faire de tou Nous ne le Colorado une sorte de Suisse. On veut attireiner ces là et dans la région voisine du Yellowstone palenner et R la foule des Yankee qui vont demander aux sitektalhit les helvétiques l’imposant spectacle de ses montagnes

Je dois dire que les invites les plus intelligente sont faites dans ce sens; brochures répanduesi profusion, cartes, photographies, excellents hôte ménagés au long de la route, moyens de transpo rapides et perfectionnés.

Ces séductions restèrent vaines pourtant et nou brûlâmes ce pays tant vanté. Beaucoup de n tement dit. hôtes devaient jusqu'au retour, jusqu'au paqi teint de br bot, jusqu'au Hâvre, nous témoigner de leur étoŒu'éclaire nement à ce sujet. Songez-donc! Des étrange peine ver quin'ont pas vu Yellowstone Park. Or, ce qüiledes pentes

rince était ait fait ass.

ur, Debout Dus étions plate-for )Uveau co érs et imp

saisissant

les as DD jous en apercûmes, ce que nous eûmes entre les lait D mains de belles et nombreuses photographies de ette DD cette propriété nationale les récits et les aveux de alét M sens sérieux et autorisés, enfin et surtout, à cette au DB époque de l’année, la neige qui rendait les excuroù sions impossibles, tout cela nous décida à « brüeds Mer » cette région.

à ces Il convient de ne pas rabaisser la nature amériir lecaine, mais elle se rabaisse toute seule, d’abord Mont Bbarce que la moyenne de ses sommets est infés quiiesre à celle de nos géants des Alpes francouisses et des Alpes bernoises, ensuite parce que presque partout des coupes effrénées ont déhoisé e flanc des montagnes et clairsemé des forêts qui adis devaient être merveilleuses. L'intérêt éconshique et ethnologique de ce pays est prodigieux, hais la Suisse le laisse loin dernière elle sous le apport du pittoresque.

Nous n’eussions pour rien au monde laissé deiner ces impressions devant l'agent de la ligne Jenner et Rio Grande qui fort obligeamment nous étaillait les splendeurs de « son » panorama. Le rince était assis sur la plate-forme du car *t ait fait asseoir près de lui ce manager beau parur, Debout dans la fumée d’opale des cigarettes pus étions tous là, fidèles à notre observatoire plate-forme, écoutant les explications de notre uveau compagnon et regardant défiler les preet n0Bers et imposants contreforts de ces montagnes de n%tement dites rocheuses dont les flancs prenaient paqi teint de brique propre aux rochers que chauffe r éto@qu éclaire un soleil puissant.

range peine venions-nous de quitter Pueblo, quesur ce qi des pentes de ces hauteurs dénudées,un spectasaisissant nous fut donné. Des groupes de quatre

ndant e dek e étant allées, e, toi erai ll de toil attire e pal x site tagne igenté dues s hôte anspo

à huit hommes descendaient les sentiers qui ram menace paient le long de la côte, armés d'instruments de tête an

mineurs ; sans doute ils se rendaient autravailh:- s'évanot bituel de ces régions argentifères et carbonifères D impressi ils allaient aux fosses comme nos porions ds en effet Flandres. Mais leur costume plus qu'étrange no ronnants

fit, quand nous les vimes de plus près, nous exck ballonné. mer de surprise.Ces malheureux avaient une sort américair de vêtement de carnaval, de complet de clowk les plis ér mi-parti blanc rayé bleu d’un côté, blanc raxl mine du rouge de l’autre. Sous leur calotte, on devinait uk verticales chef rasé impitoyablement et on aperceväit un vil prise rest: sage glabre de cabot résigné, leur aspect était sein de to nistre. [ls marchaient au pas, militairement, l'a rapprochai triste et mauvais. No:s nous expliquâmes bial granitiques vite le pourquoi de ces apparitions étranges. Nolll loirs desqt loin d'eux, des hommes costumés en Buffalo-Hlgrande se larges chapeaux,cartouchières au flanc et des bocours d’ea tes énormes aux pieds, surveillaient la marche d@gtait notre ces escouades dont l'aspect avait à la fois,dansc@ävec ur: bo pays où l’on plaisante peu, quelque chose de grinitres ; tant tesque et de terrible. Tous les surveillants portaie}bord ; mais sous le bras ou sur l'épaule une carabine à répit hutes et d’ tion de fort calibre. Nous comprimes que c'édiffinés à favo là l’un des pénitenciers de l'Union et notre guidPites.aujour nous donna aussitôt toutes les explications néceMPeu délaissé saires sur l'existence de ces condamnés dontfnnes, La moindre tentative d'évasion est immédiateme bandonnés, réprimée à coups de rifles. Un geste équivoqueM)0utait au l'homme au costume de Buffalo-Bill a le d'fférile. Pour d'envoyer le travailleur dans un monde où big Cette natu probablement il n'existe pas de servitude péniM0UP mieux Aussi,ces gardiens,barbus comme tout yank®e( aitre encore se respecte, avaient-ils l'air peu commodes ; lef €tait bien

hommes, habitués évidemment à la perpétusté du mine

menace de cette vie, ne tournaient même pas la

im- R “de tête au passage du train. Cette vis'on attristrnte bac s'évanouit bien vite pour faire place à de grandes

ces, impressions d’un ordre tout autre. Le Pikes-Peak dB cn effet se dégageait nettement des monts environnants. Il apparaissait dans la forme légèrement

u M ballonnée que revêtent la plupart des montagnes sort américaines de Denver à Tacoma. On distinguait own es plis énormes faits parla nature à la robe d'herra mine du géant et de-ci de-là des pentes presque aitu verticales sur lesquelles la neige n'avait pas eu de un vi prise restaient noires ou grises d'un gris sale au ait si sein de toute cette blancheur. Devant nous se

., l'ai rpprochait à vue d'œil tout un chaos de collines S bia sranitiques, déchiquetées,pittoresques,par les cou- . No loirs desquelles les rails de la ligne Denver Rio o-iligrande se dirigeaient vers l'ouest hardiment. Le , botcours d’eau torrentueux qui, depuis Pueblo lonche dscait notre droite, passait et repassait sous la voie Lans ce vec ur: bouillonnement continu de ses eaux jaude gt nâtres ; tantôt nous l’avions à babord, tantôt à trirtaiebord : mais il s'accidentait maintenant de petites répél hutes et d’une série de barrages évidemment desc'éuitinés à favoriser cette pêche m'raculeuse des pée gui ites.aujourd'hui,— il nous le paiut du moins, un néceipeu délaissée pour le travaii plus rémunérateur des dontinines. La plupart de ces bariages paraissaient bandonnés, croulants, ve:moulus et leur aspect Joutait au caractère désolé de cette campagne térile. Pour ma part, je trouvais un grand charme cette nature nouvelle qui s'harmonisait beausndoup mieux avec tout ce que j'avais, sans la con- Lee ( aître encore, rêvé de cette purtie de l'Amérique. . «le était bien là le pays de l'or! le royaume inconsud sté du minerai et de la pépite! A nos côtés, l'a-

gent de la compagnie nous faisait l'historique de Pueblo, Pueblo, disail-il, a maintenant 45,000 ha: bitants; elle se pose en rivale redoutable de Den. ver. Elle est bâtie,çcomme vous avez pu le voir,sur les rives de l'Arkansas River. La prospérité de no: tre cité date de 1874, époque où le premier rail. road fit son apparition dans les contrées jusque li déshéritées sous le rapport des voies ferrées.

Tandis que parlait ce vivant Joanne,le train avait atteint ces passes fameuses dont on nous entrete. nait depuis Washington. Nous allions voir enfin cette Royal-canon-gorge dont nous avions dans les hôtels la sempiternelle reproduction : ur petit train, petit, petit, passant à tonte vitesse en tre deux murs perpendiculaires granitiques d'une hauteur de 1,000 pieds. À ce moment, une cer. taine obscurité régna dans les cars,tellement nous cotoyions de près la muraille rocheuse qui tt sonnait bruyamment du cliquetis de notre mar che.Nous roulâmes pendant un quart d'heure dans ce boyau sonore. Le Prince, sur l’invitationd chef de train, avait pris place sur la locomotive Il en descendit, comme la pression brutale de freins nous arrêtait au milieu de ce site tant at tendu. La Royal-gorge, en cet instant, nous appi raissait dans toute sa beauté dantesque. Noi avions sauté sur les talus et nous contemplions| sauvage horreur du décor qui nous enserraiti tous côtés.

Comme sortant de derrière la toile d'un théitr la ligne ferrée apparaissait brusquement, après 1 tournant très rapproché. Le train, immobile fond de ce couloir obscur ,soufflait, prêt à repre! dre sa course après les cinq minutes d’arrêt adm ratif de rigueur. Cette locomotive semblait toul

dépaysée d'oite, | rement :

Pulmann ment, lai chait pas roulemer Ainsi, nc l'autre, 1 étroite, e Partout, « leurs arêt L'étroit.

sus de nos sein de ce paysage tr rieuse et t en somme couloir de de 8 à 900 Vraimer silence se parut, aveq Bait tout l'c èspèce de troit et à oie ferré ents et dé lonner un igne diffid Ssez bon j utun cert )u être fait roit, est, e renait son

4% dépaysée au sein de ce paysage barbare.Sur notre ? ha D doite, la paroi rocheuse s'élevait perpendiculaiei rement à une distance de quelques mètres des OST Pulmann, mais le mur de gauche cédait brusquele és ment, laissait apparaître ce torrent qui ne nous làbi chait pas et envoyait à ces rocs gigantesques le Det roulement monotone de ses flots désordonnés. Le Ainsi, nous avions d'un côté, un mur abrupt, de nee l’autre, le torrent, derrière rous, une passe

étroite, et devant nous, un nouveau resserrement. Partout, de grands blocs de granit présentaient leurs arêtes verticales.

L'étroite bande d’azur qu'on apercevait au-dessus de nos têtes semblait une lucarne ouyerte au sein de ce bouleversement.Tous les éléments d'un paysage tragique, scène de quelque action mystérieuse et terrible, se trouvaient réunis là. C'était, en somme, la perte du Rhône, mais grandie, le ouloir de Bellegarde avec des bordures rocheuses de 8 à 900 mètres !

Vraiment, le spectacle était imposant : un grand silence se fit parmi nous. Le prince Roland me parut, avec raison, apprécier la façon dont était ait tout l’œuvre sur lequel on avait pu, par une spèce de miracle, faire passer, dans ce corridor troit et à deux pas d'un gave redoutable, une oie ferré mise également à l’abri des ébouleents et des inondations. Réellement on pouvait jonner un mot d’éloge aux ingénieurs de cette igne difficile et le Prince était, en la matière, ssez bon juge pour que, dans sa bouche, ce mot ut un certain prix. — Aucune fondation n'ayant pu être faite sur ce sol rebelle, la voie, à cet enroit, est, en effet, littéralement suspendue; elle renait son appui de poutres métalliques en forme

: enfin ns VI nn : Un sse enr d'unt ne cer:

nt nous qui ré re mar re dant tion di motive, ale de tant at s appi

Noi lions| errait à

thétre a près (l obile a reprel êt adm ait tou

d'angles, solides arc-boutants de fer emboîtés dans

les deux parois. La largeur de la gorge est à: R

50 pieds à l'endroit où passe le railway et de 7oa sommet dont l'ombre oppose aux rayons du soleil un impénétrable écran.

Eu soinme, le problème difficile d'établir une voie au-dessus du niveau maximum de l’Arkansas river avait été résolu d’une façon brillante, car, i certains moments de l'année,avant l'établissement de la voie, le torrent étendait d'un roc à l’autrel: nappe de ses eaux sablonneuses.

Le panorama des divers Rockys- Mountain continua de défiler jusqu’à la tombée du jour présentant successimement les aspects les plu variés, c'était tantôt, se profilant au-dessus de no têtes sur le ciel d'une pureté blanchätre, les tour d’une cathédrale gothique, tantôt des colonne: semblables aux débris d'un temple grec ou d'un sanctuaire égyptien ; tantôt enfin des blocs aflec. tant des allures de forteresses massives. La cou: leur des rochers était particulièrement curieuse. Nous rouliens sur cette pierre rouge d'où,parait-il l'Etat de Colorado tire les matériaux de ses édi: fices. Depuis longtemps le Pikes Peak avait dispari à l'horizon. Au crépuscule nous sentimes croitr le froid qui déjà s'était manifesté au passage del Royal-Gorge. Le railway s'élevait, en effet, d'unt manière continue et ce fut au bout d’une ramp sans arrêts que nous arrivâmes à Leadville.

transition de l'intérieur du Pulmann, chauff ! blanc par les énormes poëles du vestibule, àl température du dehors, fut telle qu'après avol sauté joyeusemént sur le quai nous regagnima précipitamment nos boxes de sleeping. Je revêti à la hâte mon solide mac-farlane, et, enfonçai

| provisoird reste, le n à cet end que le 200,000,0 1,000,000 comme y sleepings.

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ma calotte jusqu'aux oreilles, je retournai sur le

trottoir de la station.Le docteur m’y avait précédé, couvert de plusieurs pardessus et les oreillères de sa bonne casquette de savant prudemment rabattues. Nous constatiämes que la température était juste à zéro centigrade et nous dûmes battre la semelle tout en considérant la curieuse perspective qui uous était offerte. Là, devant nous, à cette altitude de 10.200 pieds,s’étendait toute une ville épaisse, manufacturière, où pointait toute une forèt de cheminées d'usine. J'ignore si Leadville est « the highest of any city in the world », maisil est certain, qu'à quelques heures de Pueblo si doucement baignée de chaleur solaire et présentant tous les caractères d’une ville du midi, nous avions sous les yeux une ville triste et glaciale, une de ces villes d’ouvriers et de fabriques comme on en rencontre surtout dans le nord. Les montagnes, ou plutôt les sommets des montagnes, forment à Léadvii 2 comme une ceinture de lignes neigeuses. La population de cette curieuse cité minière bâtie si haut, si haut... est, disent les guides, de 30,000 habitants. Il est certain que l'animation qui régnait dans la gare et dans les salles d'attente de cette station encore d'aspect provisoire, témoignait de l'importance du lieu. Du reste, le manager de la Compagnie, qui nous quitta à cet endroit, ne manqua pas de nous apprendre que le monde devait à cette ville née en 1859, 200,000,000 de dollars de minerai d’argent soit 1,000,000,000 de fr. Nous partimes de Leadville comme une buée épaisse couvrait les vitres des sleepings. Malgré notre passion pour la plateforme, nous dûmes garder l’intérieur des cars et nous contenter de la promenade au fumoir.

Nous eùümes, à ce moment, le spectacle curieux d'une course à toute vapeur dans l'intérieur d'un tunnel artificiel. Ceci n'est pas un paradoxe. Pour éviter les accidents qu'aménerait la neige, dont la couche atteint parfois jusqu'à deux et trois mètres, or a, sur un parcours d'unc longueur respectable, établi des tunnels en bois.L.es planches sont si peu chères dans ce pays!

Et dans ces boyaux qu'éclaire un jour bizarre comme tamisé par les lamelles de bois d'un volet, les rails serpentent à l'abri des giboulées. À cette époque, la neige fondait ; la couche blanche qui revétait ces sortes dé baraques longues de plusieurs milles se liquéfiait, coulait en rigoles clapotantes sur le toit des wagons et dans les caniveaux tracés sur les bas côtés de la Re d’étrange comme de voir apparaître,au beau milieu de ces conduits, une station couverte elle-même d'un revêtement de madriers, comme un fromage de sa cloche. Quand la neige bouche tous les in: terstices des planches on doit avoir là une idée de ce queseraitletrajet d'un tunnel subocéanien !

La nuit venue, nous dinâmes sur les petites tables dressées par le porter. Dans la craïnte d'une nouvelle famine, le valet de chambre et l'interprète avaient fait une ample provision de victuail: les, de fruits, de vins variés. Nous assaisonnâmes notre & dinner » d’un « Zinfaudel » fort agréable et M. de Pierrefeu, qui se déclarait apte à découper les fruits exotiques, immola à nos appétits gloutons, un superbe ananas.

Nous filions maintenant en pleines neiges, les tunnels de bois s'espaçaient et finalement disparurent. Des deux côtés du Pulmann, un rideau blanc et uniforme défilait à présent comme une

pièce de

main, Nou vue légère lde temps :

sapin com:

A la st.

emarqué, modeste tr ncore du :

peaux-roug ement, un.

ales, calan ougres ver eule conce -mords de

Respuissante ès misérab lates-for me ire sans p mps, un de ncoln, pul miMistratio fromage d d sous les clin d'œil is la vue d ent juste ne couleur ture de vo pre à berc 4 Sempite

un mot à |’

Sconsulte

zquile çc

lt, Je me r

pièce de toile blanche tendue par une invisible in main, Nous réagimes à force de gaieté,contre cette ur vue légèrement monotone qÿe rompait seulement la de temps à autre le bas d'un bouleau, un tronc de

es, sapin comme coupé par lecadre étroit des fenêtres. le, A la station de Crevasse, nous avions tous eu remarqué, descendant du wagon de tête — une

modeste troisième classe — ou plus probablement tre Bbncore du marchepied sur lequel ces malheureux vo- Bbeaux-rouges ont l'habitude de voyager. gratuis. À BBement, une famille d'indiens. Vêtus de loques, che Rules, calamiteux, miteux, piteux. Ces pauvres

s de Bougres venaient de profiter de la dernière, de la oles Bule concession que leur fasse encore, par un ; Ca emords de conscience sans doute, l'Uncle Sam. Rien Blespuissantes compagnies de chemin de fer laissent ilieu BR: misérables s'installer sur les marches des ème Mites-formes et se rendre ainsi d’une station à une age tre sans prendre le moindre billet. De temps en es in: Mmps, un de ces nègres malfaisants qui, grâce à ée de Mncoln, pullulent dans les petits emplois des ministrations américaines comme les vers dans ès ta- D fromage de roquefort, les envoie d’un coup de d'une Bed sous les roues du railway où se tranche en nter- D clin d'œil le fil de leur navrante existence. tuail: Bis la vue de ces infortunés, dont les guenilles âmes Bient justement la couleur ou plutôt le souvenir éable Œne couleur toute pareille à celle de ma couécou- Æture de voyage, m inspira une idée que Je jugeai pétits Bpre à bercer un peu la monotonie des heures a sempiternelle chanson des cahots. Ayant s, les Sun mot à l'oreille de M. Léandri, chez qui le ispa- Bsconsulte ne bannissait pas le fantaisiste et idea R qui le chef de protocole ne tuait pas l’étue un€ Bt, je me rendis sur le marchepied de notre

Pulmann et m'étant enveloppé à la façon indienne jusqu'aux yeux, dans ma couverture, je m'assi attendant les événements.

J'étais à peine installé que M. de Pierrefcü« M. Léandri amenaient sur la passerelle le docteur qui protestait en clamant :

— Alions donc! Vous me dérangez pour rien,w indien sur Îles marches du car. À cette heure!

— Docteur, affirma le lieutenant de vaisser qui était dans le secret,veuillez ajuster vos lunette et regarder à vos pieds.

Je me -“encoynai Gavantage. Le docteur avi apparemment « ajusté » ses besicles car il s'écri d’un air ravi:

— Ah bah! Ah bah!

— Eh bien, fit M. Léandri, vous direz encor

que je suis un fumiste.

— Moi, mon cher ami, s'excusa l’anthropol

giste, maïs je n'ai jamais dit cela. Ma foi, oui,c ef

un indien. [1 a un vêtement de la même couletr, Ça doit être un parent de ceux qui sont descendt à Crevasse. Mais, tudieu,comme il est emmitoulk

— Ces malheureux sont très timides, rep M. de Pierrefeu. Il sent que nous l’observous.l se cache.

Je crois bien que je me cachais !

Cependart le train marchait à bonne alluf l'acier des roues ronflait sur les rails. L* docte s'apitoya.

— Avec une viicsse pareille, s’il allait tombe

— Bah! répliqua M. Léandri, ils sont habit à ce mode de locomotion,mz's,si vous m'en croyé l'heure est propice pour tirer quelque chose cepauvre diable... au point de vue ethnographiq Essayez d'obtenir qu'il se décapuchonne quel

— Diable

d'est pas du ence.., éco

Et je repri

peu. Cet ne sont populatic Moyenna mensurer — Mais que le dia blié, Peut — Doct Pierrefeu, — Allr ça va bie:

m'en tenir En effet.

de laine j façon, une Scandale pa tout en ab € Clou » :

J'suis Vrai N° pl Vrai Je r'e D'un En re Êt j'a Au dd Du p

ne, peu. Cette race s'en va. Les aborigènes de l'Union

sis, ne sont plus qu'une infinitésimale partie de la

population. Croyez-moi, tentez l'expérience.

ua Moyennant quelques « nickels » il se laissera teur mensurer !.…

— Mais, observa M. Topinard, je ne connais auf que le dialecte Sioux...et encore l’ai-je un peu oublié. Peut être est-ce un black-feet où un Apache. se1 — Docteur, docteur, murmura très vite M. de et Pierrefeu, il chante. Ecoutez.

— All right, dit l'anthropologiste. S'il chante, aval ça va bien. Je vais savoir tout de suite à quoi ‘écril m'en tenir.

En effet. Il chantait. Ou plutôt sous ma draperie

de laine je susurïrais, mais d'incompréhensible ncof@ façon, une « ancienne » à moi, pondue un soir de scandale panamiste en sortant de la Chambre et opol# tout en absorbant un bock à la brasserie du ice Clou » :

leur

cenda J'suis sorti d' Mazas hier matin itoulk Vrai quel bonheur d'êtr’ libre

US | N' plus voir la têt’ de son gardien oûs. Vrai ça vous r'met les fibres

Je r'garde les agents D'un air négligent allu En rentier je m’ ballade £t j'assist’ narquois Au départ sournois Du panier à salade.

— Diable fit le docteur, je ne s2isis pas bien. Ce l'est pas du Sioux — mais le voici qui recomnence... écoutons.

Et je repris, toujours bredouillant :

EE ne TS RS

Non Mazas mes enfants n'est plus — Mai C' au’il fut à l'origine vociféra Je m' rappell' un temps où j m'y plus D — En Mais vrai c’ que ça décline bpeplum c C'est plein d' d' éputés du decter J'en suis dégoûté «du Hur ë ont des me suspectes prise pass est pas, nom de nom du petit t Eun’ fréquentation rt k Nr déjà dit q Pour quelqu'un qui s’ respecte !

Ce petit D domicile — Oh! mais, fit notre savant ami. C'est parti. Drésses Le à E ne e:

culier. En ma qualité de fol-kloriste,je m intéress: Jp birth». ] | >. J à son chant sauvage -- My dear, my dear, cria-t-il, PER »» ° ‘à ssous en me tapant sur l'épaule. Do you speak english: rs | ue Je ne bronchai pas. ù Ps | . paisses ca — Que chantez-vous ]à, reprit en anglais kh Linics et 4: 11es e docteur. Recommencez, mon ami. Voici deuxk ockys cou

nickels. Il y en a encore deux autres —too more

J'empoignai prestement les deux nickels. Li nuit empecha notre compagnon de remarquer couleur de ma peau et, pour ne point rompre ke charme, pour rester hermétiquement enveloppe Je les gardai dans ma main.

— Allons, mon ami, reprit l'ethnographe.

chantez.

Alors n'y tenant plus, ayant peine à retenir un hilarité folle. Je me dressai sur la passerelle « sans quitter ma couverture Je hurlai à tü-tête :

La haie s( ment à s'ent iquée, plus otre vieux Là, comn Dürs, mais es, véritab » lac d'Ütah e des mo es troupea ges qui le station de es, des pe rurent, an Storale et

l’anthropologiste faillit tomber à la renversdueurs ç M. de Pierrefeu se tordait, M. Léandri étouffait. F'daient au

Trou la la,i lala, la la ï tou, trou la la!

Ya qu'à Paris qu'on voit des p'tits cocott comm (à Trou la la, la ïi tow la la!

— Mais c'est un peau-rouge du Casino de Paris, vociféra M. Topinard.

— En eftet, parlai-je enfin, et rejetant mon D pepium de lainage, j'apparus aux yeux stupéfaits du decteur, pinçant pour la circonstance le pas «du Huron métaphysique ! » Notre ami, sa surprise passée ,ne se refusa point à rire de bon cœur du petit tour que nous venions de lui jouer. J'ai déjà dit qu'il avait de l'esprit.

Ce petit intermède passé, nous réintégrâmes le domicile pulmanesque où le nègre commençait à attl resser les lits et à aligner la double rangée des es D birth». Je bénéficiai,ce jour-là, d’une couchette

ail de dessous et,longtemps dans la nuit, mon rideau

}lish: hermétiquement tiré, bien au chaud sous mes

ipaisses couvertures, je regardai les ondulations

é koinies et neigeuses des hauts plateaux de ces eux

Rockys courir en sens inverse du train.

La haie serrée des montagnes commença seulement à s'entr'ouvir un peu avant cette ville tant criiquée, plus connue peut-être que Washington de pre ke otre vieux monde et qui s'appelle Salt-Lake-city. loPPé Li, commençait une région fort accidentée toupurs, mais où se dessinaient de ci de-là des stepes, véritables déserts en miniature. Un petit lac, à lac d'Utah, parut bientôt, joliment encaissé ene des montagnes encore couronnées de neige, es troupeaux de bœuts paissaient dans les pâtuges qui le bordaient. Nous venions de franchir station de Lehi Junction. Des cottages, des feres, des petites réunions de modestes bâtisses rurent, annonçant l'approche de cette région storale et biblique d’Utah. Déjà nos regards a versqoqueurs cherchaient si les gens du pays qui atait. ndaient au crossing que le train fut passé, n'é-

more:

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étaient pas accompagnés de plusieurs femme

Nous parlions beaucoup des surprises que devaier ressemb nous présenter la capitale de Brigham You sen la < mais le Prince jeta un seau d'eau troide sur notre M "0, curiosité enthousiaste en nous disant : presque — Les vieux Mormons,les Mormons polygame RE °" ne n'existent plus ; il faudra vous contenter de so. "°° 10 tre | devine ss venirs ! Ha Le lac d'Utah passé, les inspecteurs des Pu PR e4 . , . . . À € mann vinrent nous prévenir que nous arrivion Le em : : est ass à Salt-Lake-City et nous offrir des brochurl don : . M aspect un variées sur ce pays — le premier selon ces petit habitud : à re a livres, le premier du monde et supérieur évidem. 408) ce ment à la Suisse, sous le rapport des excursion j grand \ 4 s , , ® A # ° € V et des phénomènes d'ordre géologique. Certesil. . oiture : R : lil le pl:

y avait là un abus de zèle, mais cette région , . NN ques 3 d'Utah, ce désert surtout qui succède aux der les Pbu EN | lé . MLehijunctie nières nappes du grand lac salé, ont un caractèeh à étoile qui

d'originalite qu'on ne retrouve pas ailleurs, dan toute l’'Unson et je dirai même qu'on ne retroun nulle part ailleurs.

Un croisement de lignes : nous longeons quel ques salins en activité, nous passons encore ui Jonction importante, et voici que toute une vilk apparait derrière des bouquets de verdure, un sorte d'immense cathédrale s'érige côte à cûl d'une gigantesque carapace de tortue. C'est | cité du grand lac,c'est le berceau du mormonisnk qui se présente à nous sous une forme attrayanté par un clair et gai coup de soleil. Nous sommes Salt-Lake-City et bientôt nous foulons religieust ment du pied le sol des saints des derniers jou

Il est impossible de ne point se rappeler Ài les-Bains quand on visite Salt-Lake-City. Cet

Napoléon sion mathé après une ford-hôtel] !

comme tou Unis, est u visite com épithète u lont j'ai to Kautsford, 'hiladelphi ci sa masse ntérieure & uffisants, U andah circ lage avait é In certain g

1 ressemblance frappe tous les français qui traver-

USD dent la curieuse capitale de l'Utah. Même exposi- RS ion, même tracé des artères principales dévalant LOtre presque du pied des monts. Au-dessus des toits on aperçoit, comme à Aix, des cimes neigeuses et Fe vers l'Ouest, l'horizon s'agrandit, s’élargit; on SU devine sans la voir l'immense cuvette au fond de laquelle dort ce lac salé, édition revue et consi- | Pal dérablement augmentée de la mer Morie. La ville VOUS est assez coquette, tout en gardant malgré tout un hure aspect un peu province. Le prince, suivant une PUS abitude, dont il ne devait jamaisse départir durant ide grand voyage, refusa toute espèce de guide ou MS de voiture et s'en fut à pied, carrément ayant dans ve l'œil le plan de la ville mormonne, étudié en quelns ques minutes dans le Pulmann entre Provo et x der:

Lehijunction. Nous suivimes, confiants dans cette étoile qui ne doit jamais manquer de guider un Napoléon et eftectivement ce fut avec une précision mathématique que le Prince nous conduisit, après une marche assez longue, en face de Knutsford-hôtel! Cet immeuble colossal et prétentieux, comme toutes les constructions à effet des Etats- Unis, est une des curiosites de la ville et on le site comme un monument. C'est ce qui justifie ‘épithète un peu méprisante de ville de province dont j'ai tout à l'heure aflublé Salt-Lake-City. Ce Knutsford, en eflet, ne causerait à New-York ou à Philadelphie qu'une impression médiocre, mais ci sa masse énorme tirait l'œil. Quant à l'élégance ntérieure &i au confortable l'un et l’autre étaient uffisants, Un vaste hall sur lequel donnait une véandah circulaire qui courait le long du premier lage avait été fleuri et orné de plantes vertes avec in certain goût. ‘Je jolies miss y travaillaient, des

ractèr s, da btrouvé

s quel re UN e vilk re,U

à cûl c'est D nismé ayants mmes i gieusl S Jou

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Cet

Ve

104 D'OCÉAN A OCÉAN | sonniers

ladies élégantes de cette élégance criarde des amé.

troubles

ricaines s'y balançaient dans des rockings-chairs De cui Le tableau était assez engageant et le séjour de l'accompa Salt-Lake-City ne nous apparaissait point comme FT ,firmativ devant être pénible. Le hasard me donna une de D Céré plus belles chambres de ce caravansérail luxueux Le jour et je ne tardai point à savourer les douceurs dy fique et 1 bain dans le coquet bath-room de mon nouvex meilleurs logement. Après 1 Le soir le dîner fut amusant. Jamais plus préten Lin tieux service n'accompagna chère aussi minuscule, peusement

Une escadrille de maîtres d'hôtels variés et de peloton de garçons de toutes couleurs nous apportait pompeu. le, petit éle sement de petites portions faites pour un estomac}. rampes de six ans. ule ne tar

La vue d’une salade de homards vraiment home ,;te{6rme rique nous amusa jusqu’au fou rire. On se serai; ,,.,, cru à Lilliput,un jour de jeûne.Au sein d'assietts 0 immenses le maitre d'hôtel nous fit servir troisie dont quatre petits morceaux auprès desquels les lentille; dr: d'Esaü eussent passé pour des pierres de taille! LE. Le

Heureusement, les plats étaient nombreux «l,; 4 pro nous finîmes à la fin de ce repas ridicule par avoï hmboyer s suffisamment diné. Nous sortimes ensuite pou jeter un coup d'œilsur la cité mormonne.Un ver vif, un vent de montagnes y souffait le long des blocs. La rue élégante, le boulevard des Italien de l'endroit, fitscintiller à nos yeux la file brillante, rétréc de ses jolis magasins. Au retour, son Altesse;ne avion trouva une invitation pour assister le lendemaïlBine Qu ac au fort Douglas à une revue des troupes de la 84h arrèt brusd nison; l'officier qui en était porteur ajouta avémmet duq force amabilités de la part de son chef que noUBko colonia aurions, au fort, le spectacle curieux d'une com fort, Un ce: pagnie composée d'indiens — en partie faits pri

l'occasion anÇçais, — ion presq onta, mont

sonniers puis enrégimentés à la suite des derniers né. troubles de Pine-Ridge. Il y avait là de quoi tenter Ars, notre curiosité : nous demandâmes au Prince à de M l'accompagner dans sa visite et, sur sa réponse ame EM affirmative, nous allâmes nous coucher en rêvant des M de la cérémonie militaire du lendemain. eux Le jour qui suivit fut gratifié d’un soleil magnidique et notre voyage au fort s’annonça sous les vea meilleurs auspices.

Après le déjeuner du Knutsford où les mêmes ten. Binfinitésimales portions nous furent servies pomcule. eusement en des plats d'un mètre carré par un et dt peloton de waiters, nous nous hâtâmes de gagner 1peu: Me petit électric-car qui devait nous hisser le long omä Mes rampes du Mont Douglas. Le gracieux véhiule ne tarda pas à paraître et nous fimes sur la plate-forme une irruption toute française de furia Qui amena sur les lèvresde deux jolies voyageuses hormonnes, un sourire amusé. Le car, avec une itesse dont se fussent scandalisés chez nous les rchimandrites de l'administration municipale, pngea une Jongue avenue assez semblable à un ail de province. Puis, à un coude où nous vimes amboyer sur un mur,le nom de Lafayette lequel, l'occasion, servait de patron à un pépiniériste ançais, — la légère voiture prit soudain une poion presque verticale et sans ralentir l'allure onta, monta pendant longtemps. Des talus gannés rétrécissaient notre horizon des deux côtés; peine avions-nous une échappée sur l'immense aine du lac. Enfin, au bout d’un quart d'heure la ga arrêt brusque devant un escalier de pierre au a aVémmet duquel, deux factionnaires casqués du noi@hko colonial montent la garde. Nous sommes coma tort. Un capitaine en grande tenue le plumet its pri

| O méserait siettes rois à ntilles ile !

>ux el a vol pou n ven!

g des aliens illante Itesse email

blanc et bleu flottant au vent, de lourdes aiguil. lettes d’or lui battant les pectoraux, vient au devant du Prince. En haut de cette espèce de jetée, un | peu analogue à celle qui donne accès sur le pont de nos cuirassés, le colonel Blount souriant nous fait un geste amical. C’est un homme d’une cin. quantaine d’années,à la figure douce etqui,couvert

montagne semblait & titanesque formidabl des pics un eur pointe

MERS rofusion c d'une sorte de longue pelisse, son petit képi très ê ns 3 : 4 alors simple mis un peu cränement de côté, une canne re ve se RER ent,à à la main, tient visiblement à laisser à ses subor. bien] , es pre donnés l'amour du panache. Le prince, escorté du” Es me de re éritable capitaine et d'un sous-lieutenant, suivi à distance F. . ‘ \ nvirons de par nous, gravit les marches et salue à son tour. ” is : dus Joù pa militairement le colonel qui,après une poignée de PArEX Lo ommunica!

main des plus cordiales, lui présente mistres se . … Ma gran Blount, une des plus aimables et des plus distin “es 08 À Te solum guées américaines que nous ayons rencontrées, | eS na | | : spect a Puis bien vite on nous entraine vers le terrain de P°°" #4 fai imilitude é

manœuvre où se prépare la revue et voilà quel plus magnifique des panoramas se déploie devant nous. L'esplanade, sur les côtés de laquelle les diverses compagnies sont rangées l'arme au pied, domine toute la vallée centrale de l’Utah à une hauteur quadruple au moins de celle de la terrass de Saint-Germain et d'une façon identique, c'est à-dire presque à pic. Au delà du piateau, dan une büuée d’or, car le soleil déclinant s'apprètait voiler sa face resplendissante, à disparaitre der rière le rideau des montagnes, toute la ville s'ali gnait. Salt-Lake nous apparaissait en ses moindre jardins, en ses plus petites villas, sous des douche de lumière métallique et tandis que derrière no la crête du mont Douglas nous faisait comme repoussoir d'ombre,notre regard se promenait sl toute cette plaine positivement cerclée de chain

ateur de nce mome on esprit q ide. J'étais cle étalé de impression d Li, de tous d lle mormo N joyau au f flétaient au anaient lége onieuse lur oudain un i reposent ; e. Une esp 1g en rang, 8€0ns auto

uil. montagneuses et où la nappe immobile du lac A emblait un miroir oublié là par quelque Vénus UM Mitanesque. Au delà, tout au delà, à une distance OÙ ER rmidable.….des hauteurs, puis d'autres hauteurs, US es pics ueigeux, des collines à peine blanchies à eur pointe. À droite, à gauche toujours la même ee profusion de cimeset de monts, et nous comprimes LS Tr pourquoi tant de souvenirs bibliques hantè- FO nt à leur arrivée dans ces régions,l’imagination Ibor. es premiers mormons. Tout ce paysage paraissait lé de éritablement une copie de la nature Judéenne des AC irons de Jérusalem.Ce lac mort, cette deadsea Su joù partait ce fleuve nommé aussi Jourdain, la ée de ommunication qu'établissait ce cours d'eau entre SSD crande étendue salée et ce petit lagon d'Utah, St jument semblable comme dessin et comme Lie spect au fameux lac de Tibériade, tout ottrait une du imilitude étrange et que devait exploiter un fon- Q

ateur de religions tel que Brigham Young.

nce moment ces considérations ne frappèrent on esprit que d’une façon superficielle et raide. J'étais tout pénétré de la splendeur du speccle étalé devant mes regards. Je ne saurais dire mpression que me causaient leshorizons sublimes ui, de tous côtés, bordaient cette vallée et cette lle mormonne posée au-dessous de nous comme à joyau au fond d’un écrin. Des nuages rouges se flétaient aux sommets neigeux des lointains et anaient légers comme de l’ouate rose, dansl'haronieuse lumière de cet après-midi.

Soudain un commandement, un bruit de crosses i reposent à terre avec un ensemble remarquae. Une espèce de « garde à vous » courant de 1g en rang, la revue va commencer. Nous nous geons autourde Mistress Blount et du colonel.

Levant le les pied, à une Brrasse c'est- , dan étaiti e der k s'all bindréi ouch& e noù me ait sl hain

168 D'OCÉAN A OCKAN

Un officier supérieur, un commandant, si j'en crois les épaulettes, traverse une partie de l’espla nade et vient demander au chef de corps l’autori. sation de faire défiler. M. Blount fait un signe de tête : Le commandant agite son sabre. Un clairon égrène dans l’air une petite sonnerie. Aussitôt,par le flanc droit, toutes les compagnies prennent k file. La musique qui tient la tète double dans hi largeur et passe la première devant l'officier. Trés ornementés, ces musiciens, couverts à la mode anglaise de passementeries blanches, leurs mar. ches bossuées de bourrelets. Un tambour-major, superbe sous son kolbach de peau d'ours, les pré. cède. L'allure des soldats rappelle le pas de 11 de Pier chasseurs à pied. Tous leshommes ont bon air. Cle s'en do sont, d’ailleurs, pour la plupart des vétérans. trefois à E

Mais voici qu’au cenire d'une des compagnie rcellent do l’étendard étoilé paraît. Le drapeau américaïlBiyre et sel flotte au souffle du vent montagnard. Et tout de sans s'en suite les tambours et les clairons alignés devanthlat Sans ar musique exécutent le salut au drapeau — le ménpart de ses que le nôtre à peu de chose près. Emusde ce spa], Et to tacle, assaillis de souvenirs devant cet hommag militaire rendu au sein d'un pareil décor, nou retirons nos chapeaux et nous saluons... Ma soudain une angoisse irrépressible étreint n0 cœurs à les briser ; nos yeux s’emplissent malg nous de larmes... car brusquement les caisses 01 cessé de battre, les clairons de sonner et, dansi silence que rythme seul le pas régulier des soldat, à ce mo la Marseillaise -— la Marseillaise elle-même ent : éclate guerrière, faisant jeu de tous les cuivres, ® Indians monte, ailée, comme dans le bas-relief de Rud@& effet Ja co vers d'épiques hauteurs.

Les échos du mont Douglas nous renvoie

attaque « ancentäf puissantes ue le colo voir fait ce Je regar( rince est

ger rictus e remercie oquent qu bre tout e:

ut ce qui patrie cau:

€ solennité endide peu ons du reg iPagnie do

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0aversion le centre de

l'attaque « aux armes citoyens » que les musiciens incent à pleins pavillons, soutenus par les basses buissantes des trombones! Ah ! le brave officier ue le colonel Blount.Je l'aurais embrassé de nous î Mvoir fait cette surprise. pa par Je regarde mes compagnons à la dérobée. Le th rince est plus ému qu'il ne veut le paraitre,un s ki er rictus plisse sa bouche énergique. Le regard Très Be remerciement qu ;' donne à son voisin est plus nodtMoquent que bien des paroles. M. Léandri, lui bre tout entier, en vrai Corse au cœur duquel ut ce qui rappelle le cher et glorieux passé de patrie cause une agitation profonde.

M. de Pierrefeu se cambre, reprend, sans peutre s'en douter, l'attitude millitaire qu'il avait trefois à bord au salut du pavillon. Jusqu'à xcellent docteur qui, nu-tête, de longs cheveux ivre et sel soulevés par la brise des monts, rece sans s'en douter certainement, la position du dat sans armes et dont les yeux derrière Île part de ses lunettes, brillent d'un éclat presque RES espetrtial. Et tous enfin, empoignés par la beauté de Me m magie solennité militaire se déroulant dans le plus 4 M , notindide peut-être des cadres terrestres, nous . Matons du regard les défilés suscessits de chaque at nbpagnie dont les hommes passent à la façon malg@S ombres de Caran-d'Ache entre la lumière ses Orante du soleil et nous.

dans Bistress Blount, placée à la droite de son Alsoldat, à ce moment se tourne vers nous et gracieuème ent : but 20) vres, 4 Indians soldiets. .

e Rud@B effet, la compagnie qui, faisant sur sa droite oaversion bien alignée, s’avance maintenant nvoitle centre de l’esplanade,n'est pas formée d'Eu +

fon

man a ]of, S pré e nû air.Lt

fe agniéi :ricail out de vanth iêmt

ropéens. Ce ne sont pas non plus des nègres ; oui. ce sont bien desindiens, des peaux rouges.Ce som là ces derniers héros, ces derniers combattants de l'indépendance, suprèmes champions de la caug des dépossédés. Après la lutte dernière — car ne saurait maintenant y en avoir d'autres — Pine Ridge, ils sont les survivants qu'on a capt. rés, puis amadoués, disciplinés et finalement

conduisi Nous le sous les émoulu « pas devar militaires pourtant,

régimentés. imes, il Ces soldiers en tunique, l'arme sur l'épae MP" "Ou8 . é Ë fl > marchant au pas avec la précision de vieux bi" . b i : : : ouche d' quards,étaient encore,il y a trois ans,des Sioux il ; d' n ! . €e, Le Comanches, Pieds noirs, des Saulteux qui, couver | Fr à orte 1 du manteau de plumes et le corps passé àc , . u ai étranges teintures multicolores qui leur donne Pub Mat r un aspect fantastique, commandaient au li : 20e , LAN , . ; l es 1 d'obéir et possédaient l’ascendant et le pour . Fou | Assez d'ass que les guerriers ont toujours eus chez ces trib .: ou TRE $ oi »s Cor s aujourd'hui à peu près exterminées. Ce peup als . . A , . , ,, 4 ornees et o qui bientôt n'existera plus qu'à l’état de souver US , . . é PRE 0 e Q sur le sol de l'Union, aura l'ultime dérision à G'étai | | An Lers fournir une partie des soldats réguliers des Ed es . ai . X e et de voir figurer ses derniers combattants d ces A Q , . s rase energ les rangs mêmes de ceux qui les décimèrent. res Ces hommes de cuivre avaient du reste un ass ; Fe len 1 , + € € bon air et une tenue convenable sous l'unifor L ao , ’ £° Q — a européen. Ils défilèrent sans un flottement, 4. un a . Chacun dé une faute. Aussitôt leur dernier peloton pass ; lonel fi MRteS, puis colonel fit un nouveau signe au chet de batai eo de service et ils allèrent se ranger sur la droite : ARTE 1l1 °, , dgn milieu des compagnies blanches, C'était la fin gnent Je 4 , . , Cette der | défilé. Il ne restait plus au Prince qu'à passer di . . A Dia à imes tre les rangs et à faire l’inspection du détai u és au . : V .

cet effet, et après avoir échangé quelques pat 1e 4vait Ëé exce

avec Son Altesse J'aimable colonel Blount1 éurs, gâte:

UE. D conduisit vers ces étranges fantassins à face rouge SM Vous les regardâmes, tandis que, bien alignes et ts de sous les ordres d'un jeune sous-lieutenant frais. a noulu de West-Point, ils fixaient le sol à quinze car pas devanteux, dans la plus correcte des positions TU ilitaires.Ces indiens nous parurent métissés, mais APR urtant, sur les cinquante hommes que nous NOR nes, il en était bien six ou huit ayant le type

veau-rouge fortement accusé. — Le nez proémipaul ent en bec d'aigle, les pommettes énormes, la X D che d'un large et gros dessein, une taille éle- UNS à Leur sergent-major, un Sioux magnifique, NÉ orieur d'un nom français « Dupont » ou «Durand,» 1 uit la perle de cette collection étrange de solone ats rouges. Le Prince lui posa en Anglais quelau ia ues interrogations auxquelles il répondit avec Le Bssez d'assurance et d’à-propos.Malheureusement > tri

es connaissances géographiques étaient plus que ornées et,quand nous lui demandâmes s’il savait e que c'était que la France, il resta coi. Les offijers sourirent, malicieusement peut-être, mais excellent docteur Topinard les « cloua » d'une hrase énergique, dite à propos. Il se planta deant l'Indien, dans une belle pose à la Mirabeau, de l'accent le plus martial, il prononça : —La France!..The greatest nation in the World. Chacun de rire, le colonel Blount comme les tres, puis, sur un commandement monosyllaque, les « indians soldiers » font un à droite et gagnent leurs baraquements en bon ordre.

Cette dernière cérémonie terminée, nous nous ndimes au home de Mistress Rlount, le ‘colonel! us y avait précédés et, quand nous arrivâmes, thé excellent fumait dans les samovars, lieurs, gâteaux et cigares étaient préparés et of-

peu?

Du venl ision ( des El nts à ent.

un af niforf ent, à passé batail droite la fin basser déta es paf ount1

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ferts avec une distinction parfaite par les capitai

cordiale hospitalité.Cette petite armée de l'UniolR était père

truit por nes et par plusieurs lieutenants aidés de ladies for sous la : clégantes, les femmes évidemment des officier nous pl du régiment. Je constatai, sans le dire naturelk. gens de ‘ ment, que cette armée américaine, par émulatin Quant a Dar: sans doute, par quelques séjours que ses officier du moins M vont faire tantôt en France, tantôt en Angleter Æ Pierrefeu nn diffère absolument comme manières de la gou: sanisée e cts terie voulue, du nauséeux égoïsme de la popuk voir les ue tion yankee. M. de Pierrefeu le disait avec raisu. Brigham sh toutes les réceptions faites par des autorités al e: ses pr | na Prince et à ses compagnons de voyage fur ciaux M.d | } marquées au coin de la plus large et de la plu paraissait

Nous repartimes à la nuit noire; on vint noë

tions de t

loir méritait les compliments que je’lui adresse a un vieux r

| " Fu passant,et ses officiers sont les seuls gens supp tout porte , | "A l tables de cet immense empire. dants poui

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{fl Dar

Na faire la conduite à l'embarcadère du petit tram@cakes et de PE way. Les factionnaires n'y étaient plus:peut-ét Le Princ f\ dans ce pays de cocagne, la garde ne se montefjours s’étai ir elle pas la nuit. Brigham-Y A Le mignon «car » électrique brusquement par] expositio

e fanatismé hète. Il ne Papa, mais es descend our les Va Ce tut de ‘un culte d

dévala avec une vitesse de montagne russe to le long des pentes du mont Douglas. La voie éti peuéclairéeet,cramponné à la plate-forme d'avat je craignais un accident possible. Je fus stupéi quand je vis,sur le signal d’un passant,le car,lan à une allure vertigineuse,s'arrêter presque inst tanément. Dire que tous ces merveilleux résult de l'électricité sont inconnus, inappliqués chfnons le mil nous. Ah! France ma patrie,tu périras sous le polltions loin, 4 d'un rondecuirisme retardataire et inextirpable. Rs ancêtres,

| - core un pe

Telle fut notre visite au fort Douglas, jadis cofurtant de 1

a UE A

tai truit pour tenir la remuante podulation mormonne

fort sous la menace du canon gouvernemental. Nous cier nous plaisons fort, du reste, à Salt-Lake. Les elle gens de l'Utah ont plutôt un caractère aimable.

ation Quant aux mormons, ils sont fort accueillants, ici du moins à la surface. Son Altesse fut avec M.de ter Æ Pierrefeu à une sorte de soirée spécialement orzouj- A ganisée en son honneur et où il lui fut donné de opulr voir les derniers débris de la grande famille de ais Brigham Young. Les brus du célèbre polygame ités al et ses propres veuves entourèrent d'égards spéfuret ciaux M.de Pierrefeu,dont la vertu prolifique leur la pull paraissait digne d’adiniration.En effet, notre ami "Uridli était père de huit enfants et, s’il avait eu— comme sse a un vieux mormon, —sa demi douzaine d’épouses suppo#i tout porte à croire qu'il eût compté 48 descendants pour le moins. Aussi fut-il l’objet d'attentions de toutes sortes : on l’abreuva de thé de cakes et des œillades les plus flatteuses.

L Le Prince trouva que ces saints des derniers jours s'étaient bien modernisés. L'un des fils de Brigham- Young était allé visiter Paris, il avait vu ‘exposition de 1889, il parlait de sa religion sans e fanatisme qu'on eût attendu de ce fils de prophète. Il ne blaguait pas encore les cinq femmes papa, mais on pouvait parier la forte somme que es descendants en feraient un jour un vaudeville, our les Variétés de Salte-Lake.

Ce tut donc l'impression d'une religion finie, ‘un culte dégénéré que donna à nos deux compaons le milieu le plus mormonjde Salt-Lake. Nous lions loin, en effet, de la rudesse un peu sectaire s ancêtres, de cette sauvage poësie où demeurait core un peu du caractère bizarre et grandiose ourtant de l'exode. Pour ma part, sans avoir la

nt not jt tran ut-êtr ontee}

at pari sse toi oie éti d'avat stupél ar, lan e inst

résult és cl le pol pable.

dis co

chance qu'eut M. Guir:et, le fondateur du Musée grande des religions, de oir Brigham-Young (et ce pou coulissi l'excellente raison qu'il était mort depuis long queetr temps) je pus néanmoins m'’entretenir avec so quelcon plus fidèle compagnon, son apôtre fervent, ke Mais i libraire — qui tenait le magasin de publicationsie et aussi « plus important de Salt-Lake — librairie toite mor f aujourd’ monne bien entendu; c'est même je crois ce ail pour eux avait fait la fortane de ce brave commerçant. [2 tils, au te poussait la vénération du souvenir jusqu’à res fait est in

sembler à son illustre ami. Il avait une tête sh de la par: perbe et énergique, couronnée d’épais cheveu venant à blancs. De haute taille et bâti dans la perfection mains de

tout en lui disait le lutteur,le pionnier, tout,depuil aujourd’h: ses yeux verts au regard perçant jusqu’à son ef fermée, jal colure de taureau, jusqu'à son langage d'illuminéR présentes Il reflétait certainement Brigham,le solide patria sous. Tou che, le polygame résistant dont il avait été le ff Mormonis. milier. On devinait dans toute sa personne l'ombrne pouvait du grand farceur mystiq"e ui, sans se laisser Aucun Mo buter par les apparences, se fixa dans ce territoi@core, on s’; d'Utah considéré avant lui comme un désert imStacite de t productif et dangereux et y édifia la plus extiforganiser u ordinaire des fortunes et des sectes. Ces mormo@par une ba sont en grande partie banquiers, manieurs d'érendre Ja | gent. Dans toute l'Amérique du Nord et me Ce que le dans celle du sud ils ont des débiteurs et leelé de rui établissements financiers jouissent d’une granplacabilité d réputation. Ainsi finissent en agents de changeur tâche s ces illuminés d'abord férus de la vie patriarcale@e nombre héros de l'Ecriture. On sait,en outre,que les viout ce nav mormons, les irréductibles ont émigré, aunom@ Utah. La ré dit-on de 20,000 vers l'Amérique équinox@ompacte dé où les petites républiques seront, sans doute, pttte opposi indulgentes à leurs idées polygamesques quéBrandit, gra

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grande Confédération américaine. En somme, un coulissier riche, voyageant beaucoup, peu fanatique et monogame, telle est aujourd’hui la figure quelconque d’un saint des derniers jours.

Mais ils ne furent pas toujours aussi modernes et aussi conciliants. Dans tout l’Utah la population, aujourd'hui bien supérieure, des gentils a conservé pour eux une antipathie qui date de loin.Ces gentils, au temps où ils étaient la minorité, furent, le

| fait est indéniable, l'objet de vexations terribles

de la part des saints. Embrigadés militairement, venant à des dates fixes payer leur dîime entre les mains de leurs bishops — airsi qu’il le font encore

aujourd'hui — les mormons formaient une caste

fermée, jalouse et comme toutes les sectes passées, présentes et futures,volontiers tracassière en dessous. Tout négociant qui, sans être inféodé au Mormonisme, ouvrait un comptoir, un magasin.

ne pouvait compter que sur la clientèle des gentils. Aucun Mormon ne fut entré chez lui. Mieux encore, on s’arrangeait au début, par une entente tacite de tous les commerçants de la cité, pour organiser un véritable boycottage commercial et par une baisse subite et générale du marché, lui rendre la lutte désastreuse.

Ce que les fidèles de Brigham-yo'ing ont amonelé de ruines, de misères et de morts, avec l'implacabilité sereine de théosophes convaincus de Jeur tâche surnaturelle, on ne le dirajamais assez. De nombreux livres ont paru pourtant, racontant out ce navrant calvaire des premiers gentils de ‘Utah. La résistance duralongtemps. Enfin la fou le ompacte des nouveaux arrivants eut raison de ette opposition passionnée et le flot des «gentils > randit, grandit, submergea enfin les Mormons.

i idée d D'oppresseurs, ils devinrent — dans leur i U

vés. À ins — opprimés, car enfin la suppression de}; D quencr ins — ot |

Sol amie est la seule mesure d'Etat prise contre pourpre . * existe, d’ailleurs,une action véritablemen mystéri belle dont on aura peine à laver la mémoire l'opinio: crim

du prophète,c'est le massacre des Mountains Me. ges de |: up ,

istoire prouve malheu D üitemer dows. Cette ST ar “a of Death] 12 ev, | reusement Fa ort, missionnaires du crime, que d’un cou ch HE " ae à la façon du vieux de la mor sur la pla Young ee ae un mythe. Prêts à tout, ces misé. Les ém d RENE qu'un signe du maître pou Leur rout rables

exécuter les plus épouvantables ee 1 delà de voir jusqu'où pouvait aller le dévouemen gr de septembre 1857, parut dans is

pa d'émigrants venus de See qui baptisaient eux-mêmes l’Arkansas-Compa a . igrants arrivaient à Parowan, quand ee eu le spas Aden, fut reconnu par le rés ne. . de cette localité, William Laney on it sauvé la vie dansdes circonstance suque’ SE effet Laney avaitété autrefois mi... taiés n. ae culte et, un jour, dansk Ü ce mom, ue la opulace ameutée avait voulu Le me ent défen M re Lu se parents l’avaient arraché à un Hat + be : heureux de retrouver ses sauveu hi élan voyant la misère à laquelle,comn : ui é compagnons ils étaient en proie, ec ia elques provisions de route. Or, le s0 Sie Fe au système de délation et d espio su Actions par lequel, hiérarchiquemen neue faits s’en venaient à put ne le colonell-bishop « “era ; sis acte de bienfaisance de Laney en

niers sett laient s'e:

Mountains sur les hau douteuses.

Cedar-City filés des M lagression d Brigham r4

mon d’acco qne ce fût, ue la greri our le pri se-patrie, Pnps on ré S misérab artyre de ils nourr

du vés. Après avoir oui le récit de cet aflreux manea quement aux lois sacrées, l'évêque-colonel seie sa, ntre M pourpre de rage, et fit, du petit doigt, un signe ent mystérieux à son beau-frère Barney Carter, que Loire l'opinion publique désignait comme l'un des An- Mes ges de la mort de Brigham- Young. Carter, imméheu diatement, sans un mot, courut à la maison de

ces Laney, l'attira hors de son home et, le frappant , qu d'un coup terrible au crâne, le renversa mourant mon BR sur la place. Puis il disparut.

misé: Les émigrants, pendant ce temps, combinaient pou M leur route et approchaient des défilés situés au- On ul delà de Cedar-City. Ils avaient franchi les derle ce niers settlements mormons de cette région et allaient s'engager dans les passes des Meadow- Mountains quand ils aperçurent des indiens qui, sur les hauteurs,lesobservaientavec des intentions douteuses. Ils s’'adressèrent aux fonctionnaires de Cedar-City pour savoir si leur passage dans les défilés des Meadow s’effectuerait sans dangeretsans hagression de la part des sauvages. Les fidèles de Brigham répondirent évasivement et dirent que, selon toute probabilité, lacolonne serait attaquée. A ce moment, le prophète,averti, fit immédiateent défendre par les bishops au bas peuple mornon d’accorder aucun secours, de quelque nature Que ce fût, aux émigrants. On assura aux fermiers ue la g'erre avec les Etats-Unis était imminente our le printemps et qu'il fallait, sous peine de èse-patrie, conserver tous les grains. En même oups on répandit parmi les «saints » le bruit que 5 misérables émigrants étaient les auteurs du artyre de Joe Smith et de son frère Hyrum et AU ils nourrissaient és projets les plus sacriléges. PS 1 d'eux, disait-on, avait poussé la profanation

vis-à-vis du nouveau culte jusqu'à äppe :r ses deux Les | bœufs Brigh et Heber.Bref,on monta contreles gens alliés del’Arkansas company l'imagination du bas peuple. cable. ]

Les émigrants cependant, las d'hésiter, s'étaient enfants. engagés dans les Meadow-Mountains, et les in. lemme : diens,au petit jour,les avaient attaqués;bien ariné les bishi ils repoussèrent les peaux-rouges et leur tuèreut des blas même quelques hommes. Le lendemain, nouvelle du « Die attaque également repoussée. Mais, comme k thélemy. route devenait étroite et redoutable, les malheu- Ce fut reux colonists s'arrêtèrent inquiets, surtout pour tard, dép leurs enfants et leurs femmes. Ils envoyèrent une nable. ÂF députation demander aide et conseil aux derniers ps

fermiers mormons de cette zone dangeretse. A mère dérision,on leur proposa de laisser dans leur camp leurs armes, leurs biens, leurs chariots et de s’en revenir vers le lac Salé où l’on devait leur trou. ver du travail et des terres. C'était vouloir les mormoniser de force. Les émigrants refusèrent de priver les leurs de la suprême défense qui leur restait. Au camp on devenait perplexe; on se set tait entouré de trahison; le nombre des indien qui se tenaient en observation, croissait dans dés proportions inquiétantes. Enfin, à la tombée dell nuit, comme une partie des infortunés colonit s'en allait chercher de l'eau, les chariots fure soudain assaillis et l'enceinte qu'ils formaient for cée. Avant d'avoir eu le temps de se mettree garde, la plupart des hommes tombèrent frappé à mort. Une fusillade terrible et dirigée à l'eurt péenne abattit tout ce qui résistait. En eflet, grand nombre de soldats de la milice mormont et de fermiers amis des indiens, assoiffés de vel geance ou de pillage, s'étaieñt, sous des oripeil variés, enclavés dans les rangs des peaux-rouge

duisit l’att dirigea ce fait n'est F phète doit sabilité de inflerible longtemps dramatique instruction meurt fedéri les pauvres norative e élie seule nd childre n Septemb ur le bois 4 ‘Ecriture :

he Lord l»

levés au-d{ hajor Carle mar les soins

Ces blancs furent plus féroces encore que leurs

“e alliés ; le massacre fut horrible, dégoütant, implaus cable. Il y avait, je l'ai dit, une foule de petits le À enfants. On les tua froidement, sans pitié. Pas une femme ne fut épargnée.Tuez,tuez, avaient ordonné ui les bishaps, le seigneur a dit : j'anéantirai la race MS D des blasphémateurs. « Il y a là quelque chose se du « Dieu reconnaîtra les siens » de la Saint-Baril thélemy.

el Ce fut, au dire des témoins oculaires, qui, plus Les MT déposèrent à ce sujet, une boucherie abomi- POUR cable. Après le massacre eut lieu le pillage et les CU saillants se partagèrent les dépouilles de leurs ME T jictimes — on ajoute, que Young lui-même con- ME quisit l'attaque et, de ses commandements inspirés as dirigea cette Saint-Barthélemy d'émigrants, le € SE itn'est pas prouvé. Toujours est-il que le pro- | je phète doit endosser, pleine et entière, la responoir les

sabilité de ce sanglant torfait et que sa politique inflexible s'accomodait fort de ces férocités. Bien longtemps après, l'opinion publique s'émut au dramatique récit de cette agression inique. Une instruction fut ouverte, par ordre du gouvernement fedéral et, à l'endroit où avaient succombé les pauvres pionniers,on éleva line pierre commémorative et une croix de bois. La pierre portait

ent de 1 leur se sel ndien ins dés : @ dell ons

… ette seule inscription : « Here 120 men, women nt 10 . ' ent nd children were massacred in cold blood, early pttre €

n September 1857. They were from Arkansas. »

pur le bois de la croix on grava cette citation de Écriture : « Vengeance is mine,1 will repay, saith he Lord ! » Ces deux souvenirs poignants furent levés au-dessus des ossements qu'avait réunis le ajor Carleton, United states commissioner, et bar les soins de ce magistrat.

frappé l'eurt

y mon de ve pripeal

-{ oUgd

Mais l'autorité de Young était si grande encore que, l’année suivante, commeil visitait cette partie du territoire d'Utah, il n'eut qu'un geste à faire et ce monument du plus udieux des guet-apens fut immédiatement enlevé par les fidèles et soigneusement détruit.

Les Mormons n'ont jamais discuté sérieusement la véracité de ce tait qui, aujourd'hui, paraîtincontesté aux esprits les moins prévenus. À côté de cet épisode historique, une foule de légendes cou. rent sur ces « Latter day’s Saints. » Je dus à l'obligeance d’un ingénieur français établi à Salt-Lake de visiter une ancienne demeure de saint aban. donnée à la suite du décès de son propriétaire.On sait que les vieux Mormons n’ouvraient pas facilement leurs portes aux gentils et la raison, suivant mon guide, en serait dans l'existence d’une espèce de cave, de cachot, véritable in-pace dont tout bon mari devait pourvoir sa maison afin d'agir — à l’occasion — avec cette autorité maritale souveraine, quasi orientale, que le nouveau culte re: connaissait au polygame. Plus d'une malheureuse (affirment toujours les profanes) a terminé ses jours dans ces souterrains lugubres et sourds comme des tombes d'où pourtant on entendait sortir parfois des plaintes mystérieuses et loin. taines. Dans notre viside de la vieille bicoque Mormonne nous dévouvrimes, en effet, une sorte de cave assez profonde et qu'enserrait de tous côtés une épaisseur considérable de terre et de maçon: nerie. Le Suédois qui habita ce logis avait-il réel: lement fait bâtir cette fosse pour servir d’épour vantail etau besoin de châtiment à ses nombreuses épouses” Mon cicerone en parut persuadé.

J'avoue que je le suis moins et que j’opine

us, 10,600 tah. Quant

croire q!

cieuses c Les Su la masse monisme ciaux vor raménent les, Malh tion indis des morm curieuse a même ard aurait-elle nisme ?

Dans Ia | vendait à c:

cubes de bo où reliques que ces déb ette espèc ment d'aille hit travaillé écturaux de eurs anglais jour tout b« Ourir admi “Pporter pi rmes de di Sinous éti OUS eussior 9rmons, un Pendant q

iple, inutif

IMPF.ESSIONS D’'AMÉRIQUE 181

croire que c'était surtout quelques bouteilles précieuses qu'il y détenait.

Les Suédois forment, avec les Anglo-Américains, la masse la plus compacte des fidèles du Mormonisme. Chaque année, des missionnaires spéciaux vont en Suède chercher des adeptes et les remènent, grossissant ainsi le troupeau des fidèles. Malheureusement, depuis qu'une administration indiscrète a mis le nez dans les petites affaires des mormons, le côté engageant de cette religion curieuse a disparu et les prosélytes n'ont plus la même ardeur. La suppression de la polygamie aurait-elle aussi été la suppression du Mormo-

ake

)an-:

On D nisme ?

cile- Dans la plupart des boutiques de Salt-Lake on val D endait à ce moment une série de débris, petits pèce cubes de bois, polyèdres de pierre, presse-papiers

tout ‘agit sSOU-

ou reliques dont la vue m'intrigua. On m'apprit que ces débris venaient du nouveau temple, de ette espèce de cathédrale gigantesque, mouument d'ailleurs d'une certaine beauté et où le grait travaillé avec art avait fourni les motifs archiecturaux de ce style saxon si cher aux construceurs anglais. C'était une espèce de pélerinage, jour tout bon disciple de Brighan Young, d'acourir admirer le nouveau tabernacle et d'en apporter pieusement quelques souvenirs, sous prmes de déchets variés.

Si nous étions restés quelques jours de plus ous eussions pu voir une grande réunion de ormons, une fête où Salt-Lake city eut comppendant quelques jours 10,000 habitants de us, 10,000 fidèles venus de tous les points de tah. Quant à assister aux cérémonies du newiple, inutile d'y songer. On entrerait plus faci-

mposnmi déglenns ©" «

182 D'OCkAN A OCÈAN

lement dans la fameuse mosquée de La Mecque RS dinai où se trouve la pierre d'Abraham. façade J'eusse pourtant aimé à voir ces livres d'or,

reller révélation d’en haut dont fut gratifié ce charlatar bros de génie qui s'appelait Brigham Young. Mais cet. l'estima te relique extraordinaire est invisible pour la à. jener plupart des mormons eux-mêmes. Le bruit court Le mo: même qu'ils ont été détruits. ene du s

Quelques gentils, convertis pour la circonstance, ideptes d

ônt pu assister aux cérémonies de ce culte étran- BR. Brigh ge. lls ont pu constater qu'ilne s'y passait rien ler, si ce d'anormal et que les chants en commun y pre. D à+ s naient une grande place comme dans le culte nés, affec anglican. La musique est, en effet, fort en hon- Jusqu'à neur dans les solennités mormones et les orgues ernières 1 de la cathédrale neuve sont, parait-il, des plus en belles qui soient. Quant à l'ancien sanctuaire, “ractère et

nous le visitämes en détail. C'est sous cette car: D. s'ada

pace qui a fait donner à cette fantaisie d'architecte Be. Juifs. Sc inspiré le nom de « turtle roofed Tabernacle » que soi nous eûmes la représentation organisée d'habi- RS; de Brig

tude pour les touristes de passage. Le bedeau ouate, 1e concierge du «turtle roofed»,personnage aussi bierRoquit biza stylé qu'un sacristain de Belgique, nousfit d'aboriBne 1. Pri

ouir le grand orgue, instrument de preinier ordre et que l'organiste maniait non sans habileté, puisd'un hom il nous fit assister à l'expérience de l’épingle dont \bstractio la chute su: le parquet s'entendit en effet distinc-Alle Brigham tement de tous les points du temple. Simportan L'acoustique de cette salle ovaliforme est réefso] mépris( lement merveilleuse : Ÿ aurait-il là une indicatiol Pionniers, pour nos constructeurs de Théâtres! Toujours este titre don il que 13,000 fidèles réunis dans cette enceint@lon à l'esti sacrée y pouvaient entendre distinctement D viennent voix d'un orateur parlant sur le ton de la causer aintenant,

Drmonisme

E ordinaire. Nous dümes nous contenter d'admirer la k façade et l’extérieur du nouveau sanctuaire. Natu-

ue

of, rellementle bedeau du tabernacle ne nous fit pas 13

tan Myrice du prix de revient de ce new temple et il ñ Hi

-et- l'estima à 3 millions et demi de dollars c'est-à-dire, EAN

+ Va si je ne me trompe, 17.500.000 francs. no À

uft Le monument, d'ailleurs, est gigantesque et di- Fa 4 Là | gne du sacrifice que se sont imposés les riches |

nce, Madeptes du culte qu'on y célèbre. La maison qu'ha. Hdi

ran- Mbita Brigham Young n'offre rien de bien particu- {|

rien Mer, si ce n’est son toit formé d'une série de pi- | à

pre- Mnons et ses corps de logis, symétriquement ali- PRE

culte nés, affectés, parait-il, à chacune de ses femmes. ê F,

hon- D Jusqu'à notre départ nous nous occupâmes des |

rgues Bernières manifestations de cette religion éton-

; plus Mante, encore très vivace, mais qui perd son

uaire, aractère et menace de tourner à une sorte de croy-

> cata Mince s'adaptant à tous les milieux comme celle

itecte D) que ‘ ‘habi:

eau OÙ si biet ‘abot r ordtt é, pui le dofl distint

»s Juifs. Son altesse qui avait étudié la question ec un soin particulier et qui, par sa visite aux | | sde Brigham Young, était à même de mieux (has pa

nétrer le mystère dont s'enveloppait encore ce TE AL oduit bizarre de l'esprit de secte et du fana-

me, le Prince, dis-je, me parut considérer le

prmonisme comme l’œuvre d'un esprit habile

d'un homme de gouvernement.

\bstraction faite de son côté révélé, la religion

e Brigham Young a fondée a produit des ef-

simpottants. Elle a défriché, enrichi, peuplé,

sol méprisé et peu connu ; par la discipline de : pionniers, elle a rendu possibie cetravailingrat.

e titre donc, Young a droit à la reconnaissance

nceintiion à l'estime,de tous ceux,et ils sont nombreux,

ent M viennent se faire une situation dans l'Utah.

auseflaintenant, que, sous le manteau des extases

bat rét dicati0f urs Es

| LO “42 12 | = Ne n° | IL ie IS VE IL ju > #N CAN CAN » de S "A Ex s & LA D d SA >" DS a AN ps? /A AN pu e, É NK ’ $ #ù %° 24 PROIOTEDIIC eme ©

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que, sous le prétexte de retrouver en ce coin de

l'Amérique une nouvelle Palestine, et une Terre Jetimes

promise, que, sous couleur d'une soi-disant impul. eu sion d'en haut désignant une Judée nouvelle à c Améri nouveau peuple du Seigneur, Brigham Young ai Nous 1 déguisé des appétits plus bas, l'adresse d'un fai. ns et seur d’affaires, le flair d’un financier auquel l richesse de ces régions minières n'avait pas échap. nb pé. Qu'importe ! si l'œuvre accomplie est utileà enfin à se la masse des citoyens, et profitable au pays... pnappes d Voilà une façon d’envisager les choses dont}. De F0 gentils de l’Utah très « montés» contre les mor. fonnaient mons ne me parurent tenir aucun compte dans és au leurs accusations, évidemment exagérées, contre eetnou leurs anciens persécuteurs. isérable:

Après quelques excursions aux environs de ie des Salt Lake et à ses jardins publics, d’assez pauvr M déplor aspect, nous quittâmes les splendeurs de Kunst Ts en

ford hôtel et nous remoniâmes dans les Sleepirg du sieur Pulmann pour ne plus nous arrêter qu sur les bords du Pacifique à San Francisco.

Un coup de soleil aveuglant éclairait la vas station. Des wagons ornés de drapeaux mul colores et qui avaient amené je ne sais quelle s ciété en fête, ajoutaient leurs notes vives at touches éclatantés du tableau.

Un coup de sifflet chose rare, annonça le dépa et, non sansune pointe de mélancolie, nous regi dâmes disparaître la haute et blanche masse d Nouveau Tabernacle et les casernements du fo Douglas.

Jusqu’à Ogden le paysage resta le même qu'i environs de l'Utah lake et de Salt lake City. As pensifs, dans le fumoir désert, car nous étio presque les seuls voyageurs de ce train, n

OUS vimes tune fem Stume de enante € ur d'ocre rai mon 14] our les cra ment résigné &ardaient f Set inquiè and parut Ssi bestial Il vint jeter fsageait rie f, Une attaQ serrer je ne Yon et le p

jetâmes le dernier coup d'œil sur cette ville intéressante et si curieusement isolée du reste de l'Amérique.

>ulà ce

| Nous marchions entre des pâturages pen séduide sants et de petits paysages maigres dans lesquels VE D des chevaux et des vaches broutaient l'herbe rare. : l A l'horizon, sur la gauche, le lac salé commençait hap-

enfin à se dégiger; on apercevait les premières nappes de ses eaux bleues immobiles et lourdes.

De nouvelles et plus importantes salines fonctionnaient sur le rivage. Une colonie d'indiens

tile à

nt les

MO établie au bord du lac même fut un instant visi- > die et nous aperçûmes vaguement sa population CON érable: 15 à 20,000 individus, maladifs, hâves,

ongés des maux les plus infects et en proie au

ns d. déplorable alcoolisme, beaucoup travaillent

ie bas prix à des besognes faciles dans les mines. unst

À Ogden, où le train s’arrêta une demi-heure, ous vimes deux de ces malheureux, un homme tune femme, point trop laide ma foi sous son “stume de loques bariolées et de figure assez enante en dépit d’une crasse visible sur la coueur d'ocre rouge du pigment épidermique. Je raimon album de ma poche et m'approchai our les crayonner. Ils avaient l’air lamentable- Bent résignés, abrutis, et c’est à peine s'ils me

leepitf er qu a vas mult elle st@ es ai

2 depi ; : : :

dép gardaient faire avec des mines servilement basaf . ° . , .

ae setinquiètes. J'avais commencé non croquis nassE

land parut un grand diable de Peau Rouge, l'air ssi bestial mais plus agressif que les deux autres. Il vint jeter sur mon esquisse un regard qui ne ésageait rien de bon. Craignant un coup bruse, une attaque inattendue et voyant son poing serrer je ne fis ni une ni deux, je lui passai le yon ct Le papier en lui disant en anglais quel-

du fi

e qui y: AS

in, Ni

ques mots qu'il ne comprit pas, car ils e pen. désh vent même apprendre les rudiments de cette lan. D puil gue qu'ils entendent perpétuel!ement parler autow payé. d'eux, puis je distribuai aux hommes et à la fem M ném me des pièces de dix cents ( dix sous ). Ils les Time prirent, eurent un sourire vite effacé et rentrèrent Et, dans leur immobilité taciturne. Seulement, comme vida d ayant repris des mains de l’indien mon bloc 4 Giens

mon crayon, Je recomme nçais à crayonner l'in. de sou dienne, le grand escogriffe lui dit quelques mot sentet: à l'oreille. Elle disparut aussitôt, alla se cache deces ; la tête dans ses chiffons, de l'autre côté du han. tenu de gar ; j'étais volé. Cet idiot me privait d'un modék SE que cet fort intéressant, aussi, furieux, laissai-je échapl nitels. | per des injures françaises qui parurent le touch} mentale fort peu. EL — 0 Ces deux larves restaient là, insensibles l’un « quelque l’autre, telles des figures de cire, des statues éter ="DA nellement figées dans la plus morne des attitude distincte Comme je pestais très fort, une ombre se dessin rait pas d à mes côtés ; je me retournai, c'était le Prin®æS Un de Roland Bonaparte. Il avait vu le manège des infcette seu diens, ma situation ridicule, ma colère, etment Ja + souriait. gard per — Ah fis-je les dents serrées. quelles brutes’ - Amis — Ne dites pas cela, fit le Prince, avec ün Xi l'un cent de pitié profonde et sincère. Ces pauvbrenaient gens sont aujourd’hui tombés bien bas, il est vihercha mais quand on songe qu'ils ont été les maîtres Ba patienc cette terre où maintenant ils rôdent en parlé Et sa quand on pense à la façon dont on les a dépos@Bges héro: dés, décimés, battus, traqués, épouvantés, le coeur spjen se serre. C'était une belle race, pourtant, et piles ils régi ne de hautes qualités : voyez, ce qu'en a faitvo@ondensa civilisation : des êtres quasi végétatifs, de trié — AR]

e peur e lan.

autour la fem.

Ils les trèrent comme bloc et ner l'in.

[es mots cacher du han | modèle > échap > touchtt

s l'unt tues étet attitudes se dessin le Prince ge des 10 ère, etl

brutes!

ec unä S pauvi il est vri naîtres Sl en pari ! dépos és, le cœ t,etpl a faitvo

de tr

déshérités sous tous les rapports. Ah! ne leur en veuillez pas de leur timidité exagérée. Ils sont payés pour avoir peur. Îls craignent les blancs, même quand ils n’ont à la main qu’un crayon:

Timeo danaos et stylum ferentes!

Et, s'interrompant, le Prince prit sa bourse et la vida dans les deux mains à peine tendues des indiens dont la face parut se plisser d'une intention de sourire, puis il leur tendit la main. Ils la serrèrentetun court éclair d'orgueil passa dans les yeux deces infortunés.M.Léandri leur donna toutle contenu de son étui à cigarettes. M.de Pierrefeu déclara que cette misère l'apitoyait et y alla de quelques nikels. Enfin le docteur qui les anthropométrisait mentalement proposa au Prince de les interroger.

— Oui, dit son altesse, essayons d'en tirer quelque chose.

— Do you speak english, fit le docteur, très gdistinctement et avec une intonation que n’aurait pas désavouée un londonien de Cheapseade. Un des indiens. le grand, sans doute habitué à cette seule et unique question, remua négativement la tête et reprit aussitôt son atonie, son re-

gard perdu, noyé dans le vide.

—Amis,nous sommes des amis, repritle Prince.

Ni l’un ni l’autre ne bronchèrent, ils ne comprenaient pas. Vainement le petit-fils de Lucien hercha à secouer leur torpeur accablée, il y usa

a patience; rêveur, il s’en alla, visiblement attris-

é. Et sa pensée, se reportant évidemment à ces ges héroïques de l’homme rouge où couverts de eur splendideharnachement de plumes multicoloes,ils régnaient en maîtres sur les vastes plaines,se jondensa en une courte phrase cruellement juste: — Ah! S'ils avaient su...

— En voiture, nous cria l'interprète qui arri.

x ï : \ une vait tout courant, en voiture, le train va partir. .

R lanch:

Le train partait en effet; nous n’eûmes que le b cavali temps de sauter sur les marchepieds, enlevés ay | | : . . = ment ne vol par la poigne vigoureuse de Charles. U . , , n gra Le ciel étant superbe,traversé de quelques nua- fie os | à nr aite po ges blancs, nous demeurâmes réunis sur la plate. éveil : A vel forme et nous n’eûmes pas trop de tous ros yeux la des émi pour regarder, pas trop de toute notre force de le < | ide ces s sensations pour comprendre toute la beauté du ne 2 paysage qui se déroulait sur notre gauche, dans DE « , 0 . ‘ a son espèce de désolation fantastique. On eut di ee ; , A e L r ut une contrée de rêve, un très ancien décor, pro: P à a We en amalgs fond, déjà entrevu par l'imagination lorsque en- re : io eo : es fant on étudiait l'histoire sacrée. Et pourtant, ce = Pi Mi. ais Inconnu, , n'était pas l'Orient. Non, en aucune façon ces Fe . | és p e l monts tout blancs de neige, ces espaces solitaires es mo et de teinte uniforme, recouverts d’une petite R Ra ous éleva

végétation rase et grise, enfin ces coins de lac où se réflétait un ciel d’un bleu doux coupé de ci de là par la blanche fumée des stratus épars, tout cel: n'avait pas ce caractère d'implacable rayonnement, d'’aridité brülante et d'absolue nudité des déserts arabiques.

Nous pouvions déjà à l’horizon deviner—aussitôt après les dernières anses du Salt Lake — deviner les premières plaines de ce « Great American Desert » d'une étendue considérable et sur lequel, suivant ce que nous avaient affirmé les gens de l’Utah, la pluie ne tombait guère qu'une fois tous les deux ou trois ans... En attendant cette région solitaire, nous suivions les bords du lac dont nous séparait une. plaine d'imposante surface inhabitée et inculte.

Les stations se réduisaient maintenant presque

Deux mac e convoi f st beauco agons am ble mais lel, si rare ie pour us diffici] inous his ted plate où nous d Panaan qu

mesure Mesurée, | profonde Panoram:

s enthous

iune cabute de cantonnier, à une baraque en planches où se tenait une espèce de cow-boy, ni cavalier, ni chef de gare, et qui vraisemblable-

de ment ne devait venir là qu'au passage des trains, Un grand silence envahissait cette nature, bien e faite pour exacerber le mysticisme toujours en late: éveil dans l'âme, assoifée d’impressions neuves, Ds des émigrants. Il était environ quatre heures, et, e de D je ces steppes, montait un parfum doux et pénéé du Mant. Cette herbe courte et drue, qui tapisse dans D Lute la région de l'Utah, embaume. Elle possède it dit parfum comparable à celui qu’on obtiendrait PT0 cn amalgamant la menthe et le thym.

een Je respirais avec plaisir cet arôme agréable et nt, © Bisconnu, dont le vent, qui soufflait sur toui ce on CS Duysage silencieux, m'apportait les bouffées. itatré$ EXous montions. Une rampe d’une jolie longueur pete ous élevait peu à peu au-dessus du niveau dulac. Jac OÙ Deux machines n’eussent pas été de trop pourtirer e ci de D convoi formé d’une dizaine de cars — ce qui utcel D. beaucoup, quand on connaît la longueur des J'ONRE cons américains. J'appréhendais une pluie posité dS Le mais j'espérais fermement que cette eau du Mel si rare d'habitude, n'attendrait pas notre pasaussitol ge pour venir mouiller les rails et rendre encore de vinel lus difficile la tâche de la courageuse locomotive CR inous hissait peu à peu à la hauteur de « l’Elesur le

ted plateau » — (c'est ls nom américain) — les 8 nous devions redescendre vers cette terre de anaan qui est la Californie.

mesure que nous gravissions cette pente

du lac mesurée, le spectacle, naturellement, gagnait nte Sur:

ne {015 nt cette

profondeur et en étendue. C'était maintenant panorama féerique et qui me fit pousser des presdS enthousiastes. A côté de moi, M. Léandri,

auquel ce paysage de montagnes plaisait en raison de ses souvenirs corses, se déclarait comine moi « emballé ». Jamais peut-être on ne vit, saufen Suisse bien entendu, pareille profusion et pareille variété de monts. On en dénombrait sur notre gauche une véritable armée. Les uns, grands, larges, tout couverts de neige, les autres, plu petits, à peine tachés de blanc à leur pointe ex. trême, quelques uns, enfouis dans l'ombre que projetaient leurs puissants voisins, alignaient des plans verticaux bleutés, colorés, dans cette lu. mière de fin de jour, d'une foule de reflets s'en. trecroisant. Quelque chose comme des montagne « Loïe fuller ». Et par delà les vallées, par del toutes ces élévations de terrain qui pouvaient aller de 500 à 1800 mètres, on entrevoyait, der. rière nous, la région vivante et habitée que now venions de quitter, si différente de celle que now traversions, On distinguait très loin Ogden « même Salt Lake city, reconnaissable à son templ colossal qui mettait une note claire sur le fon d'un vert sombre du mont Douglas.

Quant au lac, il n’en finissait plus, on le voyä disparaître etréapparaitre tantôt par delà des chi nes et des contreforts,tantôt en deçà des « range les plus proches, à deux pas de nous, au bas la côte que le train escaladait dans un bruité ferraille au souffle rauque de sa machine. Vi ment, les premiers habitants de ce pays acciden ont dû avoir fort à faire pour se défendre cont les indiens, si habiles à la guerre de partisans de surprises. Au sein de tous ces déchiquetemer multipliés à l'infini,la chasse devait être pérille pour l’européen et la fuite facile pour ceshomn cuivrés, habitués dès leur entance à la vie dout

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du montagnard et du «gaucho».Le docteur, à mes côtés,sortit le lorgnon dont il doublait à l'occasion ses solides lunettes.«iron-eye-glasses».Son altesse, en effet, venait de lui indiquer une série d’affleurements bizarres que,de loin, on eut pris pour de la neige et qui, vraisemblablement étaient des couches de sel,Le sel,maintenant,se montrait de tous lescôtés,envahissait par plaques grandissantes le sol qu'il stérilisait, À l'un de ces arrêts où la silhouette unique et triste d’une guérite tenait lieu de gare, Son Altesse et nous-mêmes ramassâmes une quantité de ces cristallisations, Elles avaient un goût salé d'une certaine force, accompagné pourtant par une sayeur alcaline. D'ailleurs on appelle aussi ces plaines « Alcaline plains ».

Enfin nous n'eûmes plus que de rares échappées sur ce lac solitaire et énigmatique. Nous pûmes voir sur un sommet le Monument-Point, cette curieuse fantaisie de millionaire qui s’en est

| allé ériger en pleines solitudes une colonne à la | mémoire des héros de l'indépendance.

Le railway s'éloignait de l’Utah et continuait

| àmonter. Cette rampe avait une longueur véri-

tablement prodigieuse puisqu'elle ne s’arrêtait

| guère qu'un peu avant la station de Terrace.

Bientôt nous fûmes en plein désert. Nous avions trouvé désolés les bords extrêmes du Salt-Lake

mais l'impression de mélancolie devint bien autre-

ment poignante quand nous roulâmes dans le great American -Desert. La vue de ces grands espaces que rien n'anime, crée un état d'âme par ticulier et qui varie suivant l’organisation sensorielle des voyageurs. Son altesse considérait la morne étendue infinie et très légèrement vaiicnnée de ci de là, avec des yeux à la fois de savant

ES a nm nr > SR

et de poëte. Le grand sensitif qui vécut dans l'ime passionnée et éprise d'idéal de ses ancêtres revivait en lui. À côté du naturel observateur inhérent au géographe et au philosophe, il y avait chez le prince Roland un poëte, oui, un poëte qui savait trouver pour rendre le caractère des choses de saisissantes images.

Dans le livre sur la Corse qu'avait publié notre compagnon il y avait des pages pleines d'une s4veur poétique et où le bonheur d'expression ne devait rien à l'habileté rhétoricienne. Justement, il m'en revenait une, à la mémoire, une de ces pages sur les montagnes de l'Antique Cyrnos qui me prouvait abondamment quel peintre à la fois fin et robuste des choses de la nature savait à l’occasion être le fils du Prince Corse. Je ne résiste pas au plaisir de la citer.

« Dans une des petites anses qui découpent la côte à cet endroit se trouvait un bateau à voile. C'était le premier que nous rencontrions depuis Calvi. Vu à cette hauteur, il ressemblait à une petite barque et le chant des marins qui se trouvaient à son bord montait jusqu’à nous dans le calme de l'atmosphère en notes claires allant se répercuter pour se perdre dans les anfractuosités des rochers qui avaient brusquement succédé à la brillante végétation du bas de la route. Nous entrimes alors dans les bizarreries fantastiques de la pierre auxquelles le jour qui baissait rapidement donnait des allures plus extraordinaires encore. »

Ce petit tableau, n'est-il point joli comme un Corot ? Pour le moment,très intéressé par le spectacle du Sahara mcrmon, le. Prince en caractérisait le côté poëtique par des phrases à la fois sobres et colorées, véritables coups de pirzeau d’une

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ustesse remarquable et ‘e me laissais aller au harme de cettz parole vibrante. Le docteur ne oyait dans cet american desert qu'un phénonène géologique.

qui M. Léandrienfin, grand ami de l'Orient, paraisho- it déconcerté de ne point trouver devant lui n paysage africain avec la chaleur, la lumière et tre s nappes dorées des sables Sud Algériens. En Sa- ffet, la même végétation microscopique se con- ne nuait, tapissait, à de rares exceptions près, toutes ent, + étendues où planait un silence de mort. ces Pas un être humain, pas un quadrupède, pas qui [éme un oiseau n'animait ce tableau infini et mofois corde à la longue.

l'oc- Ilest certain que l'immensité des espaces tersiste stres élève la pensée à des considérations métaysiques très élevées. Quand le panorama surtout nt la doit sa grandeur qu’à son uniformité prodioile. euse et à sa simplicité, le concept de certaines

epuis Mes psychologiques devient plus facile, plus net. une Me bédouin et le pêcheur sont religieux et conrou- Mimplatifs, volontiers poëtes : la mer et le désert insle rendent ainsi. Je plains ceux auxquels la stepint se ne paraît qu’ennuyeuse et je me faisais en face osités cette solitude dormante un rêve de chevaué àla le, une traversée de ces espaces, à cheval,avec ntrà- s compagnons, la tente roulée dans le paquede la Be et campant dans ce Gobi Américain, en ment Melque sorte vivant dans l'intimité du désert. 1l bre. » Miallut me contenter de voir,pendant des heures

e un Mes heures, défiler les basses ondulations de spec- plaines que n’animait aucune manifestation de érisait D et quine m'en paraissaient à moi que plus

sobres Méestives encore. Nous en avions pour une di-

d'une

e d'heures à rouler dans ce décor immense et

Se nl |

Les at ie Le NÉ See Eee 2 + 5 ee ss

‘ nage idéal et charmant qui symbolise dans À

” Mais ce qui — pour moi — comptera parmi

vide car d'Ogden à Reno le désert s'étend surk

sont le jolie longueur de 589 kilomètres. émues « Cependant la nuit tombait, une nuit étrange D , guerr tout illuminée de clarté stellaire. Les nègres vin. transfig: rent accrocher aux quatre branches de leurs lu \odier : tres les grosses lampes de cuivre. Bientôt l'int. point à rieur des Pulmann prit un air de fête, de soiré jes bord Nous avions regagné nos canapés de sleepingel ait l'ag par un heureux hasard l'un des porters étant vey Etait-c

me proposer quelques livres français, je déco non Jon, vris, parmi des traductions de Gogol et de Tour

toujours gueneff, un délicieux petit livre, œuvre de jeunewl ceux c (mais d’une jeunesse si fraîche, si bien porta onner a si pleine de fantaisie et d’intransigeance artitrestera sc que de ce jour je lui vouai un culte spécial) tient d maître Armand Sylvestre : Rose de mai.Et tand@iong tem] que cliquetait le tic tac du rail road, que lie mes s cahots réguliers du wagon berçaient ma lectuéroste., q

et que, de temps à autre, le sifflet grêle de la l comotive americaine réveillait à l'infivi les écho du grand désert, j'ouvris le petit livre et jel d'une haleine, d'un bout à l'autre. Parfois irrési tible, un bon rire me secouait au récit de quel farce de Shakespearienne envergure, jouée parl peintre, héros du roman, à l’un de ces raseurss lennels ou à l'un de ces politiciens voraces q depuis vingt-cinq ans, se creusent à la façon dk lapins d'avantageux terriers par le sol bouleve de notre bonasse patrie. Rien ne m'ôtera de l'idé qu'Henri Regnault lui-même posa pour ce perso

Soudai pit ma ré une pluie raçait des nêtres. Aj qu'une fo otre pas présentait.

a rampe re heures ‘achevait rois quart raduel no lus de pe ongue tra rrêt, une in grince

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sont les pages si sincèrement, si profondément émues qu'y ont inspirées les poignants tableaux de la guerre et du siège. Paris, lui-même, en est transfiguré et j'en vins à me demander comme Nodier si ces tragiques évènements ne se passaient point à Sparte ou à Rome et si ce n'étaient point les bords de l’Illissus où ceux du Tibre que menaçait l'agression audacieuse de l'étranger.

Etait-ce surexcitation nerveuse ou l’eflet de mon long tête à tête avec la solitude biblique, toujours fut-il que chacune des réflexions de ce joyeux conteur qui, par un curieux retour, sait donner aux pensers mélancoliques une forme qui

restera son grand charme el son secret, m’impré-

guaient d’angoise. Le livre c'os, je demeurai un long temps, les yeux baïssés, et la tristesse même de mes souvenirs me parut à travers ceux du roëte..… douce... infiniment attendrie.

Soudain un petit bruif sec et régulier interrompit ma rêverie. Je demeurai stupéfait. La pluie ! une pluie fine et serrée battait les. vitres du car, raçait des zigzags imprévus sur le verre des fehêtres. Ainsi donc, il ne pleuvait dans ces régions qu'une fois tous les cinq ou six ans et c'était à otre passage que cette espèce d'anomalie se présentait. Et l’interminable montée continuait. a rampe où nous « colimaçonnions » depuis quare heures n'était pas gravie. Terrace, point où 'achevait cette côte de Piranèse, était encore à rois quarts &’heure de distance.Un ralentissement raduel nous avertit que la machine avait soudain lus de peine à tirer, sur ces rails mouillés, sa ongue traîne de wagons. Brusquement il y eût un rrêt, une minute se passa, nous repartimes dans n grincement forcené de tous les essieux. Puis

Du Frs

on sentit que Îles roues ne tournaient plus, un se. — Abs cond arrêt se produisit. Au dehors un bruit de tradition: pas, des voix, la grêle de poignées de sable jetées M'iudace « sur le ruban de fer par les gens dutrain. One. MM'issue de part enfin, une détalade brutale nous jette les — Die: uns sur les autres. On fait ainsi quelques mètres, éandri. mais la petite piuie continue, implacable. Les | — En roues ne mordent plus et pendant dix minutes Mfhumeur c'est un manège étrange, les tampons s’entrecho. RBions, car quent, on part, on s'arrête, on repart... je ne sai Impatientés, enfin, le docteuret moi nous enf. à -- Bah! lons le couloir central et gagnons, à travers les BBporovisio colonist-cars où dorment déja de tristes émigrants, WBntilopes. | la voiture de tête. Là, rencontre du chef de train. BBassez bon

Beurs n'ont réparé à |:

l'en direz

L'anthropclogiste s’enquiert de notre position. Demi-goguenard, dandiné sur des jambes d’échassier, l'homme à la casquette brodée d’argent nous explique. « Le mécanicien fait l'impossible pour avancer... mais il craint que cette maudite pluieparalyse définitivement notre marche! » Alors M — Docte quoi, nous allons rester là! al de Jule Nous revenons près de nos compagnons qui, Mon enfanc inquiets, snt sauté du train immobilisé sur la RES Voyages voie. Nous assistons aux courageux efforts de la Ent vocatio petite locornotive. Nous jetons même du gravier Mr origine sur l'acier humide ; peine inutile ! D'ailleurs, un Bdans Cin flagman accourt en criant quelque chose; nousft conteu remontons, tout trempés par la mince et péné-quä un qd trante averse. L'homme nous explique : l’engineer Qué la torpe va essayer de reprendre la côte plus bas, en ar Goahe rière, de façon à aborder à toute vapeur cetteFin... nou: partie difficile de la rampe. Et nous voici repartisMn eflet, ] vers Ogd:n, vers l'Utah. nçions m4 —Mais,dis-je, c'est l'histoire même du pont deMPe était d Médicine-River dans Le four du monde en 8ojours.ŒStite l'eng

— Avez erne, fit |’

— Absolument, fait en riant le prince Roland...

Mu traditions américaines. Vaincre les obstacles par atées M'audace et la vitesse ! Nous allons voir quelle sera nre. MMlissue de ce duel...

le les — Dieu veuille que nous passions! fit M. tres, éandri.

. Les MM — En effet, reprit le docteur qui paraissait nutes M humeur massacrante, Dieu veuille que nous pasecho. ions, car cette belie aventure nous va faire dîner

je ne sais quelle heure, si nous dinons !

s enf- -. Bah! fis-je, docteur, nous verrons à nous ars les Mporovisionner dans le désert. Il doit y avoir des rants ntilopes. Je connais ces animaux. Ils se font tuer train, MPassez bonne grâce à l'instant précis où les voyasition. MReurs n'ont plus de vivres. Quant à leur cuissot, échas- réparé à la mode Cœurdalène où Pawnie, vous argent Men direz des nouvelles ; c'est un morceau de roi.

ossible M — Avez-vous encore appris ceci dans Jules audite Mferne, fit l’irritable anthropologiste. » Alors MR — Docteur, intervint le Prince, ne dites pas de

al de Jules Verne. Ce fut le grand éducateur de s qui, Mo enfance, c'est grâce à lui que j'ai pris le goût sur la Ps voyages... et je ne suis pas le seul. Je connais s de la nt vocations de marins et d'explorateurs qui ont ravier Mur origine dans les Enfants du capitaine Grant urs, uni dans Cinq semaines en ballon. Cet éblouis- . nous it conteur me fut cher et je l’aime encore. péné- quà un certain point il a changé nos goûts, segineer Qué la torpeur casanière et végétative dela race. en ar Goahead, cria un yankee du fond du Pulr cetteMin... nous allons en avant.

epartisWn eflet, le train avait cessé son recul. Nous

ançions maintenant.Pendant trois kilomètres la ont deMipe était d’inclinaison à peine sensible et tout D jours suite l'engineer accéléra sa vitésse. Peu à peu

198 D'OCÉAN A OCkAN

nous en arrivâmes à une belle et consolant allure de rapide, Enfin on cessa de percevoir ly « ahans » réguliers des pistons. Les roues gron. daient comme un sourd tonnerre, les vitres trem. blaient. Sous leurs énormes globes, les lampe tintinnabulantes avaient de brusques coups d'étei. gnoir. Le vacarme était formidable. A un coude de la voie nous fûmes jetés les uns sur les autres, Ayant voulu ouvrir la porte de la passerelle, in souffle effrayant faillit me renverser et le louri battant d'acajou se referma, comme aspiré pa quelque monstrueuse pneumatique. Par les car reaux brouillés on distinguait les moutonnante

étendues de cette espèce d’alfa,seule végétation del

ces plaines, passant comme les pièces d'un Kaleï doscope. Il n’y avait même plus de cahots, nid secousses ailleurs qu'aux courbes. On ne senti plus le poids des cars...nous volions littéralemen

Mais hélas, tout ce beau déploiement de vél cité et d'efforts, cet élan vertigineux, n'about qu'au plus piteux échec. Arrivés au passage crit que cet emballage cessa, en deux minutes nou passâmes de la grande vitesse à la moyenne, pui à la toute petite, les roues patinèrent de nouvei des grincements assourdissants nous cassèrent lé oreilles. Enfin las, brisé, poussif, le train s'arrè vaincu par la pluie qui continuait à tomber mil tenant sous fo:me de brume.

Je courus, revêtu de mon mac-farlane à la tl du convoi en suivant le talus de la voie. Arrivé la locomotive, je dis en mauvais anglais à l'e ginser :

— Vous avez bien de la peine, sir!

— Yes, yes, me répondit le mécanicien qu'in0 dait une sueur abondante et qui serrait les der

| de rag | pas ass | Ains S'obsti:

: seaux dl neaux.

L gerbes « broyaie:

: millimé ouvrait | | bustible.

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fantastiq:

les {amp quaient quand mé Longte:

mouillée, terre et auquel il du train l'affaire d’ Drévenir gagner le ois à Ter eusement lus vite e acommui vant que ous étion ban donne ans cette ue les pa étaient avaient é

solante MR de rage. Mais ce qui m'effraye c'est que je n'ai oitlu pas assez de « coal ».

sgron M Ainsi il était à craindre de manquer de charbon. s trem: S'obstinant les deux hommes vidèrent encore des lampes seaux de houille dans la bouche ardente des fourd'éte RP neaux. La grosse cheminée ovoïde crachait des

à coude gerbes de feu, les hautes roues de la locomotive autre D broyaient le sable sur le rail sans déraper d'un elle, millimètre, De temps à autre, quand le chaufteur e lou ouvrait la porte du brasier pour y jeter son compiré pat | bustible,une lueur d'incendie illuminait le désert, les ca se reflétait loin, loin au fond noir de ce paysage unantel fantastique. Par momeat il y avait une poussée, ation les tampons se heurtaient encore, s'entrechoin KalkiWquaient bruyamment, mais on n'avançait pas

ts, nid quand même.

e sentil Longtemps cette lutte continua avec la voie alemenMmouillée,enfin découragé, furieux l'engineer sauta

hiterre et courut à la recherche du chef de train huquel il proposa de gagner Terrace avec la moitié du train et de venir rechercher l'autre. C'était H'affaire d'une heure et demie, L'idée me vint de fprévenir mes compagnons bien ‘ite d’avoir à gagner le premier wagcn afin d’être à même une ois à Terrace, de dîner tranquillement. Malheueusement la décision du chef de train fut prise plus vite encore que la mienne.On entendit siffler acommunication interrompue de l’air brake et, à la Brant que nous ayons eu le temps de dire ouf, Arcrivéhous étions avec les deux avant derniers Pulmann is à l'Bbandonnés en plein désert, seuls êtres vivants jans cette immensité muette et sombre, tandis

ue les pauvres colonists, qui pour «+ plupart, qu'infétiient nourris de leurs petites provisions les def'avaient évidemment que faire à Terrace, et al.

de vélo n’about age cri ites nol nne, pli nouveil sèrent |e s'arrê ber mai

laient cependant arriver avant nous.Les yankees RSR ver. sont expéditifs, mais ils ne raisonnent pas! | gue

Ainsi donc, nous « gisions », immobiles comme éton le tronçon de quelque monstrueux reptile, au mi. Ef lieu de la nappe illimitée des herbes rabougries, les y Plus de mouvement, plus de trépidation, autour gnes de nous un silence de tombeau, la pluieavait cessé JR encor

le clair de lune baignait maintenant les horizons MR beau

du désert et le thym nain répandait ses plus M fait se exquises odeurs. Je restai longtemps, sans penser, M Ment pris au charme de cette situation extraordinaire rempl et respirant à pleins poumons l’arôme que le vent grands balayait sur notre car abandonné. Cela dura juste MRdisting une heure 40. Au bout de ce temps nous ouimes RRgnes € la respiration d'une locomotive encore éloignée et BR- pal notre machine reparut délestée des six wagons RAS, t laissés à la station. Enfin nous quittâmes ce triste 01 orn paysage et, vers dix heures un quart, nous dinâme lis cott au baftet de Terrace — avec quel appétit! il est Mportes, inutile de le dire. Jamais je n’ai vu absorber autant le train

de choses en dix minutes. Modan A minuit nous nous couchâmes, j'avais unelRUre du — Hé

* birth inférieure d’où, mon rideau tiré,je regardais défiler le paysage. Je vis apparaître ies premiers contreforts de la Sierra-Nevada. Vers deux het res, nous filions à toute vapeur entre deux murik les de neige et de glace: nous étions encore unt fois dans une région très élevée...en pleines mot: tagnes. Un froid sensible, en dépit des couvertt res, avait envahi le wagon et j'assistais commt dans un rêve à ce nouveau défilé d'arbres couvert de cristaux et d’hermines, de gouffres tapisségP1d d'épaisseurs neigeuses... Pas une habitation, palP8nire une âme, rien que le monotone linceul des gra — Mai des hauteurs, le rovaume alpestre de l'éternel bifau et c

tions b spiran u print travers Bpide.S.

ver. mes yeux se fatiguèrent pourtant à la lon- | gue etje m'endormis sans me douter du prodigieux étonnement qui m'attendait à mon réveil.

ankees !

pee Effectivement, quand, vers sept heures j'ouvris Doeries les yeux, je poussai un ci de surprise.Les monta-

autour MR gnes 2vaient disparu: on les devinait seulement it cessé encore non loin vers la droite et nous roulions au ue beau milieu d'une nature enchanteresse, tout à ses plus! fait semblable à celle des environs de Nice ou de ; penser Menton. Use végétation resplendissante avait tue Iremplacé les cimes glacées et les déserts. De level grands beaux arbres se couvraient de verdure.Un ura juste distinguait des champs en pleine culture, des viet des plantes particulières aux pays chauds, oignée et palmiers divers, phœnix, fucus, aloës, aspedis- ; wagons tras, toute la gamme des végétaux d'Orient dont ce triste Mon orne à Paris les appartements luxueux. De jo-

lis cottages apparaissaient, avec, sur le pas des. portes des gens en costume d’été regardant passer letrain.… Ce fut pour tous un émerveillement et soudain de la birth voisine, je vis émerger la ficure du docteur.

— Hein, qu'est-ce que vous en dites?

— Merveilleux, docteur, merveilleux.

—— Eh bien! habillez-vous bien vite et courons notre poste.

| «Notre poste » c'était la passerelle. Nous y tions bientôt installés fumant la pipe matinale et espirant toutes les senteurs de ce pays enchanté uprintemps, de ce paradis terrestre inattendu, travers lequel le rail-road continuait sa course Bride.Son Altesse bientôt et M.Léandri nous reignirent,puis M.de Pierrefeu qui,joyeux,s'écria: — Muis c’est le midi cela,à la bonne heure,mon au et cher midi avec sa claire et joyeuse physio-

s dinàmés it! iles ber autant

avais unt regardais s premiers deux het ux mur:ils ncore unt eines MON couvertu ais comme es couvert »s tapissés ation, P# \ des grai éternel hi

Iærnstcn tiède entre deux horizons de verdure.

'OCKAN A OCÉAN 202 D'OC

. \r; - entl 1

| une de nos belles journées de Provence, po ne ais fit le Prince, l’enthousiasme des sol. e u dit rh l'an VI apercevant après la dure rEuetR Hs les riches plaines de la Lombardie, M. à . ds ès du vôtre. J'avoue d'ailleurs, que, sai pee pour les pays de montagnes, | Ë ie ir ; ain plaisir à revoir eu. fi: Q Ce à AE eds de de ces Mplus instr n de À

L. mabilité. nts pays me repose des sévères beautés “ . À tandis ue Charles, apportez une bouteille de vin de E re ’ l U si 6 | Sel e, du Burgundy et buvons, messieurs, à li ous lanç: Smres et au très agréable aspect sous lequel e théâtre a ,

oo. a su ou ge re encore pourtant loin du Sacramento. astes chef E " s retournant, HOUs apercevions 6nçors lu as des tz

aol d joli nom esp. M oo PQ JF DORE de la Sierra-Nevada sir Mt Shakes AL Toute la journée nous roulâmes dans un air M ; gno!.

Roupée aur (1) qui s quelque Paris, de ( mplaisam e étrangé is les ALL bntendre « menyi s d’un gre ne pareil] NS Ce trai ieu de ce lent asso

Cette première journée où le railway .

Î armi les splendeurs de ces versan s d BA fut un long enchantement, un plaisir rs des yeux. Le es comme nous commentions, sans con té ; :

coudés sur la balustrade des ee de harmes continuels de cette région bénie. Not ide âmes nos « boxes ». Vers neuf heures une es non moins inattendue, se ue sable à ma fibre mélomane que celle caus os fibre littéraire par la découverte d'un livre re vint agréablement distraire Red de ma soirée. Le violoniste Remenyi, un SR que les plus grands artistes RAT ET NES MT ES ns “jolies femmes et d'u) Azembe acc |

Mientleman qui portait religieusement la boîte d’a-

xtitis e cajou où sommeillait son instrument, un merveil-

me Jeux Guarnerius. Bien que le virtaose madgy:r ne ersée Mme fut apparu qu'une fois en compagnie du maître ardie, MMarsick, je le reconnus aussitôt. Je saisis le preque, mier prétexte pourluiadresser la parole. Remenyi, genes, qui parle un français parfaitement pur et quin est ir en. Mas seulement un i:strumentiste mais unlettré des le ces us instruits, me r“pondit avec la plus cordiale tés de Mmabilité. La conversation s'engagea tout de suite vin de Mt, tandis que les cahots du rail-road berçaient la s, àh omnolence de ses compagnons et des miens, nous Lequel MS lançâmes dans une discussion passionnée sur D théâtre hongrois, ce théâtre dont nul encore

mento. la su ou voulu transporter sur notre scène les ore les Mastes chefs-d'œuvre. Vraiment ces tragiques du n espa ays des tziganes ont une autre allure grandiose s un sir it Shakespearienne que MM. Ibsen, Bjærnste, jærnsten et consorts. Qu'est ce que Maison de

ous en. Moée auprès de cette épique vision de L'Homants due (1) qui va de Platon à Napoléon! Mais voilà! plaisir quelques snobs qui « font» l'opinion moyenne,

Paris, de ton public en général si facilement, si implaisamment maniable n’admettent, enlittérae étrangère que les scandinaves. et nos bons jis les Allemands! Cependant je mourais d'envie bntendre quelque peu le son du Guarnerius que menyi m'avait montré avec orgueil; depuis s d’un grand mois que j'étais privé de musique, ne pareille distance de l'orchestre Lamoureux, ns ce train, et comme isolés l’un et l’autre au ieu de ce wagon où la fatigue et la trépidation ient assoupi à peu près tout le monde autour de.

tomba sser, a les, les le. Not res unt n moi causéei ’un livre 'oisiveté hongrois t comme à. Il éta s et d'u

} Azember tragèdiàjà par Madäch Emeric.

niste co mettait c Nulefor taisie n'e

nous, quelle artistique et rare jouissance que celk d'entendre un tel exécutant tirer de cet admin. ble violon une phrase de Bach ou une fine et pe. nétrante pensée de César Frank. Je n’osais prie

mon compagnon de m'accorder cette faveur. MasMAprès le il vit mon regard, eut un sourire, attira à lui l'in. sans le trument et, y emboitant la sourdine pour augmerfune mod ter encore l'intimité de ce plaisir tant espéré, iliMide libell me dit simplemert : que vais-je vous jouer ? fes accor.

— Ce que vous voudrez, répondis-je, maie lMMqui n'inte mouvement du train va vous gêner — Moifx dremier n il, je joue partout, en railway, en car, en ferryMu'avec ur Un véritable violoniste a toujours à apprendreles deux c Voyez ces doigts, dit-il en m'exhibant sa main, ltPassaient plus extraordinaire que j'aie jamais vue, aux doigiortée les minces et aux métacarpes automatiques commiMour et les rouages d'un mécanisme, ces doigts ne serosations posent jamais, sauf pendant lesommeil. D'ailleu@imps ni d

tesse pass s talus, 4 entendais n.. C'est a ns ses céré l musiq lesharpes

j'ai l'habitude des Pulmann. Je ne suis pasän première tournée et ces wagons sont si bien si pendus !.. Que diriez vous d’une valse de Chopin

— Moi, je ne dirais rien, j'écouterais.

— Alors, sans pius attendre, ayant à peine pr ludé par quelques doubles cordes d’une nervosi splendide et par une cascatelle égrenée avec ui stupéfiante sûreté, une justesse absolue, une defix surhum cente chromatique des hauteurs de la chanterea valse aux grosses notes de contralto de la quatriemBäse et, sa corde qui lui permet de constater l’accord de EX pizzicat Guarnerius, Remenyi leva l'archet… thowen,

Ah! quelles délices et comme tous mes net que cett tout mon être vibraient à la douce et rêveuse bstueuse 4 derie du maître quand cette valse, qui figuraient l'i] crois en tête du recueil bien connu, est jouée fParurent 4 un interprète tel que Paderewski ou par un vioMthème les

nistecomme celui qu'un hasard heureux me permettaitd'entendre c'estvraimentune chose exquise. Nuleffort,nulle fatigue, etcette petite et légèrefantaisie n'est plus banale dès qu'elle est ainsi rendue. Après le dessin, l’arabesque du début s'élançant sans le moindre accord de prélude, partant dans une modulation vive et soutenue comme un vol de libellule... soudain la phrase en mineur avec ses accords d’une infinie tristesse et d'une grâce

celle mité et pépriet . Mi \ l'insgmen >éré, il

nai à BQui n'interrompt pas la pensée éveillée dès le Moi fl premier motif viñt me «poigi.sr > l’âme. Tandis n fer Qu'avec une souveraine sûreté l’archet, mordant rendre deux cordes, en tirait comme une plainte où nain, HRepassaient en un éclair devant l'imagination transx doigt ortée les rares heures de la vie qui furent pur comnnour et pure harmonie, je m'anéantis tout aux nec nsations soudain -écloses, n'ayant plus l’idée du )'ailletMR PS ni du lieu. En vain le train lancé à toute

tesse passait bruyammentdes ponts de fer, rasait s talus, des arbres, dans un fracas fébrile, je entendais que le son, le son miraculeux du vion.. C'est avec raison que le catholicisme a donné ns ses cérémonies une si belle et si grande place la musique et je ne m'imagine pas un Paradis lesharpes et les violes ne se marieraient pas à la x surhumaine des anges !

pasätl bien Si Chopit

eine pi nervosl avec ll une da antere uatrièl d def

ase et, sans presque s'interrompre, après un ou x pizzicati distraits, attaqua l'Aria de Bach. Ni thowen, ni Wagner n'ont écrit rien de plus mes nee que cette magnifique inspiration, cette phrase euse bustueuse où tous les sons graves du Guarnerius

figure natent l'illusion du violoncelle. Les secondes parurent des années tant l’immortelle beauté thème les emplissait d'au delà. Je n’osais res-

jouée un vit

a valse finie, Remenyi me regarda, vit mon:

Lo

LE j

LT

206 D'OCHAN A OCÉAN

pirer. L'aria expiré, je m'écriai « Merci, maitre, Et ce fut tout. De compliments, je n'en trouvik pas à faire. Par discrétion je priai l'artiste de » pas se fatiguer davantage.

Bah ! dit Remenyi. Pour une tois que, danse pays, je rencontre un dilettante, ne craignez jy d'abuser. Écoutez ceci. ,

— Etil enleva, avec la prestesse d'un jonglewk une danse espagnole de Sarazate. Et il soupira | délicieux andante du concerto de Mendelssoh Et il termina par la céleste sonate de Frank, don il nuança les mélodiques sanglots avec une telk autorité que l'on eut cru l'œuvre écrite pour viol seul. |

M. Léandri s'était rapproché. Il écoutait ru comme moi, charmé comme moi. Le Prince, ati par le son du belet sonore instrument, avait qui sa petite takle où s'empilaient des cartes et, debo dominant le Pulmann de sa haute taille, il se lais aussi prendre par la séduction, l’enchanteres attirance de cette musique. Enfin Remenyi ren en son étui le chef d'œuvre du grand luthieri val de Stradivarius et nous nous remiîmes à caug théâtre. Au bout d'une heure les nègres organik rent le dortoir; tout le monde se coucha saufli

Boollars Mais ià,

compagn lable, ne artistique mode et 1 ondaine hez eux, prennent

mais la mi ême les esseurs de hestre all jar je sus « reur... m e fus heur ices ligne rtiste, elle our les sup rocura, en Uarnerius | Grâce à 1:

rcé qu'elle

tiste, sa suite et moi-même, Jusqu'à minuit no n Francis@ . , .bavardâmes. Les douze coups nocturnes sonnait qu au aux horloges de Sacramento quand le violoni ee laq rait faire 2

quitta le Pulmann, non sans m'avoir cordialemt et vigoureusement serré !: main.

Pas un américain n'avait écouté ces solii Frd jamais premptus où le virtuose hongrois avait mis tal it, le train son âme. La raison de cette indifférence? Cela "Ve Sur un

” coûtait rien. Cela, par conséquent, ne dévaiti mi-heure «

valoir!. Peut-être demain allaient-ils payerc Fpotis de l’ | 2, ce devai

ntre nous

ntilhomm

itre à, DUVA de ne

dollars pour entendre « the famous Remenyi ». Mais là, cette aubade « gratis pro deo » que n'accompagnait aucune affiche, aucun tam-tam préaable, ne les avait même pas occupés. Race antiartistique pour qui la musique est une affaire de mode et les « recitals » une espèce de solennité mondaine où l’on doit se montrer! En ce moment hez eux, tout est à Wagner. Non pas qu'iis comprennent un traître accord de l’auteur de Tristan, mais la mode est d'admirer. Ils admirent, poussant ême le snobisme jusqu'à n’accepter que des proesseurs de musique, des exécutants, des chefs d'orhestre allemands. Remenyi pourtant triompha, ar je sus qu'à San-Francisco ses concerts fesaient reur.. mais aussi que d'affiches ! que d'affiches! e fus heureux de constater ces grands succès et ices lignes vous tombent sous les yeux, o cher rtiste, elles re seront qu’un faible remerciemeut our les superbes et inattendues sensations que me rocura, entre Reno et Sacramento, votre idéal puarnerius | Grâce à la rampe du Great désert et à l'arrêt rcé qu'elle nous infligea nous n'arrivâämes pas à in Francisco à l'heure fixée (minuit 40 ).Nous n'y mes qu'au matin avec cinq heures de retard, ose à laquelle d’ailleurs nul, en Amérique, ne rraît faire attention, tant on y est habitué (ohé le ntilhomme:périgourdin de La Brefagne..on ne krd jamais de temps aux États-Unis ?...). Dans la jit, le train tout entier avait passé je ne sais quel uve sur un ferry. Nous nous étions pendant une mi-heure sentis mollement bercés, tandis que le ipotis de l’eau s'entendait à travers les parois du M, ce devait être le Sacramento. Mais personne entre nous n’eut le courage de se lever pour vé-

Lans ce eZ Vis

n gleur, à pira le | ssohn, ik, dont ne tell Ir Violot

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208 D'OCKAN A OCÉAN

rifier l’exactitude de cette appréciation toute hasar, M lo"nier deuse. ment s Enfin quand, à six heures, nous sautâmes à bx Léandr. de nos lits, nous étions dans une gare immense M°t''e J° mais, chose curieuse, tout à fait déserte cet que trifiés pi n'animait aucun mouvement. Nous courûmes en de la sc hâte au lavatory et,après une toilette hâtive, now ait bts saisimes nos « parcels » et, définitivement, now les Lau dimes adieu au Rio-Grande et au Denver - Pacife M #cifique Rail-road. Notre première traversée du continent M" !1a américain était terminée. Nous avions traversé le L atmo New-Jersey, la Pensylvanie, le Maryland, l'Ohio RP" vais l'Indiana, l'Illinois, le Missouri, le Kansas, le Co. "pins lorado, l'Utah, la Nevada, la Californie — tou "0"Isées cela dans de telles conditions de confortable « Igérie ë de bien-être que le trajet de Paris à Beauvais now pablait eut certainement beaucoup plus fatigués. Les wi" bronc gons sont la seule chose en Amérique qui n'ait pl pu Fe de la

volé sa réputation !

otre rega

enait de 'placable oindre m ment. A X flancs a es dans vert ond fquaient

* ss »

La gare énigmatique au milieu de laquelle ve nait de nous déposer, — encore mal éveillése les yeux piqués par la fraîcheur inattendue de brise matinale, — Je train de Salt-Lake, semblai une impasse. Derrière nous,la campagne d'où no arrivions et où les rails se perdaïent au loin, d vant, à travers le vitrage du hall nous devinio

* : Ro [ls é

par delà la muraille qui nous barrait l'horizon, va e. A , I $

espace immense comme un abîme où couraieik pel en

Mblaient 1

sur le fond blanc du ciel,de grosses taches noir qui étaient des cormorans. Nous eûmes bientôt] rlef de cette énigme.Le railway venait en effet nous déposer,non pas à San Francisco même,mi sur le bord de la vaste baie dont la capitale C1l

lout 1à-b:

ent la ville fices étage gnée sur |

fornienne commande l'entrée. Nous étions simplement sur la jetée d'un pier. Le Prince Roland, M. Léandri et moi, fümes bientôt à l'extrémité de

\Asar

EL cette jetée et nous restâmes soudain, comme pé- QU MTS par quelque bagu:tte d’enchanteur, en face URL la scèrie admirable, éblouissante qui se dérou- PS it sous nos yeux. À nos pieds venaient, battant NOR noirs pilotis de bois, expirer les flots de ce . Pacifique de cet Océan d'un monde nouveau dont

mon imagination rêvait depuis longtemps.

L'atmosphère était d'une pureté de cristal et je percevais, à travers la brise saline du large, toute a gamme des senteurs particulières à ces contrées avorisées dont nos côtes de Provence et notre lgérie sont le paradisiaque nrototype. Il me emblait qu'un air plus vivifiant pénétrait dans es bronches et je respirais passionnément, la jouche grande ouverte au souffle odorant qui veait de la mer. La baie de San Francisco dont otre regard embrassait l’immensité s'élargissait, renait des proportions infinies et, dans la clarté ‘placable de l'aurore, les nouveaux détails, le oindre miroitement du flot, se percevaient netment. Au loin,juste en face de nous, deux îlots x flancs abrupts, véritables falaises coinme peres dans cette rade gigantesque, se coioraient vert ondoyant des pentes gazonnées dont se nquaient leurs plateaux.

Îls émergeaient des eaux bleues du Pacifique, hipel énigmatique, et leurs masses rocheuses mblaient les « portants » de ce décor féerique. lout là-bas, comme sur une toile de fond, monnt la ville accidentée, les rues grimpantes, les fices étagés de l’heureuse San Francisco, toute gnée sur la montagne des rayons d'or du soleil

ntinent versé le l'Ohio, , te Co — {ol table et ais noi Les wa n'ait pile

elle ves veillés lue de | semblil d'où noi loin, d devinio1 rizOn, ouraie!

es noift bientôt n effet ème,m itale C1!

naissant, Ainsi vue de l’autre rive de la baie, k did reine du Pacifique paraissait presque bâtie sur un ha plan vertical. On distinguait à Ja lorgnette ds 7, quartiers lancés en une véritable escalade sur ke

versant des collines. On eut dit d’une cité cons ee truite exprès pour servir d'amphithéâtreà quelqu naumachie dans le goût magnifique des anciens et les ;

La masse imposante d'une église ou d'une cit saient delle tranchait à droite sur la foule des petite iuoubl: constructions grouillant sur le flanc de la cité Sa D ces g Franciscaine. Toutes les éminences étaient cou. grinçan ronnées de villas coquettes qu'on devinait riches con! soignées, fleuries. Leur feuillage vert foncé, ls ji r pins parasols, les palmiers, ies arbres particulier nature € à cette belle région californienne, formaient, ik. dé travers ces dédales de luxueux bâtiments, des oail Des al de végétation dont se fût réjoui l'œil d’un «tr arracher

chiste » et que votre palette — ô Vignon, profon et sincère exégète de la splendeur des espact alchimiste qui avez su fixer avec la sérénité à génie, la vie de l'air et l'esprit même des couleut de la grande nature, eût supérieurement rendue En bas de la côte on devinait, comme écrasée, ville marchande, la ville des business aux hauté maisons, aux buildings imposants. Au long de sk quais déserts les flots de l'Océan, dans le caln du matin, paraissaient de plomb et leur fon bleuté se parsemait de blancheurs mates pres immobiles. Sur le port tout entier le somnt pesait encore. À cette heure matinale ni barque ni voiliers, nisteamers, netroublaient l'4lme rep des eaux. Groupés au pied de la ville escarp@ls con plongés dans une demi-obscurité par l'écrbers étage d’ombre que projetait sur eux San Francisco, Mot. 11. navires en rade avaient l'air des troupeaux end@hs, ces fl

couru e boare, afir n'allait P docteur d dépêche punettes, son flanc ude,

Aussi ous entr 2 Li sort Doat avait jrinçait, oule de d

aie, l | mis d'un Protée Neptunien attardé sur ces rives Sur Un charmantes en quelque idylle mythologique.

te di Tout près de nous, pourtant, les deux ou trois > sur le piers voisins s’animaient, s'éveillaient à la vie S cons journalière ; des hommes couraïent le long des quelqu D wharfs, vérifiant les bossoirs, préparant les cordes anciens DD et les amarres.. quelques interpellations se croi-

ne cit D saient dans l’air pur dont se baignait ce paysage s petits D inoubliable et, au-dessus de nos têtes, les mouettes cité Sn et les goëlands y répondaient par leurs petits cris ent co prinçants. Vers l'Orient une ligne irisée suivant it riches les contours des hauteurs, annonçait l'approche du oncé, 8} soleil. L'impression qui se dégageait de toute cette rticuliet RS nature était si profonde qu'aucune parole ne sornaient, M tait de nos poitrines.

,desoäil Des appels pressants et réitérés vinrent nous d'un € arracher à notre contemplation. L'interprète, ac- , profoni couru en toute hâte, nous pria de regagner la espa re, afin d’avoir accès dans le premier ferry qui rénité (n'allait pas tarder à arriver. Au seuil du pier, le coulet@docteur s'épuisait en gestes, nous criait de nous renduSdépêcher. Tout marchait en lui, son chapeau, ses écrasée, lunettes, son parapluie; sa jumelle sursautait à ux haut son flanc. il était en proie à une vive inquiéong de Stude.

s le cal Aussi nous hâtâmes-nous de le rejoindre : il leur fous entraina vers l'embarcadère.

es pre Là, sorti de je ne sais où, un gigantesque ferrysomfBoat avait fait son apparition et soufflait, sifflait, i barqiBrinçait, faisait crier les palissades de pilotis. Une alme réfBoule de deux à trois cents employés, boys, nèg- > escaïples, commis, ouvriers, avaient pris place, aux diar l'éclffers étages, sur les galeries de cette maison flotncisco, Wnte. [Il est évident que, dans quinze ou vingt aux ends, ces ferrys joueront le même rôle que leurs

RU re mme

congénères de l'Hudson. Une sorte de Brooklyn LB 4 , s'élèvera à l'endroit où venait de nous déposer Je Yorka rail- road. Déjà quelques quartiers s’y dessinaient, compe mais Oakland est loin encore des huit-cent mille du ton habitants que possède la sœur jumelle de New- Lév York. 'autran

Le lourd bâtiment s’ébranla bientôt. Nous avions blemen gagné la galerie d’avant et, tout en regardant D Hotel, s'approcher la grande cité du Pacifique, nous assis. LD diones

tions par la même occasion à toutes les phases du DB car sui lever du soleil sur la rade. Les nuages se rosaient, DE sous av s’espaçaient pour laisser la route libre à l’astre BB riche qu radieux et les gros rocs, îles presque désertes, au M äuisit dr sommet desquelles s’éièvent des baraquements, BB Hôtel qu des forts, peut-être, et d'où partaient des nués Dhcide n d'oiseaux de mer, grandissaient à vue d'œil. tout un L

Nous les laissâmes à tribord pour gagner, sur Bet la cor: la gauche, le port où s'enchevétrait la forêt des rang Ho mâts. Là se cotoyaient un nombre respectable de aient da bâtiments de tout ordre et de toutes nationalités, Chinois, des caboteursitaliens, chiliens,portugais,des grands cinq-mâts battant pavillon argentin, des charbon: niers aux coques unies, aux puissantes machines. Il y avait enfin des navires de guerre, des cuirassés russes, des croiseurs américains, dont les coques puissantes faisaient paraître mesquins les voiliers marchands qui se tenaient prudemiment au lorg des quais.

AVEC Un so on altess M. de P Je m'ins oùtais dar ‘eau cour: Dès neuf

: on chape Après vingt minutes d’une course assez rapidÆharles. A1

nous accostämes et nous mîmes pied sur le pavékBes, égayé de San-Francisco. Un mouvement intense she foule à produisait malgré l’heure matinale.Des tramwaysmme si; des omnibus, des cars s’y croisaient en tout sensMbussé, en Des docks, des embarcadères s’alignaient tout @Mitter une long du rivage. Mais au point de vue commerce où j':

klyn cial, c'était à peine un détail de la rade Newer le Yorkaise. Heureusement la nature californienne ient, | compensait largement cette infériorité évidente mille du tonnage.

New- Le valet de chambre et l'interprète avant veillé au transbordement des bagages filèient, confortavions M blement installés dans un cab, pour le « Palace rdant M Hotel» où avaient été retenues nos chambres. Ces assis dignes gentlemen nous dépassèrent rapidement

ses du car, suivant l'habitude chère au Prince Roland, saient, M nous avions résolument pris la rue spacieuse et l'astre M riche qui s’allongeait devant nous. Elle nous contes, au M duisit du reste tout droit et sans fatigue au Palace ments, M Hôtel qui, bientôt, nous exhiba sur la gauche sa s nuées Mfaçade monumentale. Ce caravansérail occupait 1. tout un bloc. C'était, avec l'élégance des lignes ner, sut Met la correction architecturale en moins, notre orêt des Byrand Hôtel parisien. Huit ascenseurs fonctionable de Mnaient dans cet établissement dont une nuée de bnalités, thinois, leur natte roulée en chignon, lavaient s grands vec un soin minutieux les escaliers de marbre. harbon: Bon altesse prit une chambre contigüe à celle de achines. MMM. de Pierrefeu et Léandri.

cuira- D Je m'installai à côté du docteur et bientôt je scoquesoütais dans le bathroom les douceurs d’un bain voiliers eau courante délicieusement tiède et reposant. au long Dès neuf heures j'étais en tenue, botté, ciré, on chapeau luisant du coup de fer du fidèle 2 rapidtiharles. Après avoir traversé toute une série de le paviles, égayées de jolis magasins où roulait déjà anse She foule affairée, je tombai tout naturellement et amwaySnme si quelqu'un m'y eut mystérieusement out sensussé, en plein quartier chinois. Je venais de t tout @Mitter une sorte de square peu éloigné du Post ommeffMice où j'avais cueilli mon courrier, je m'enga-

geais machinalement dans une voie grimpante où montaient et descendaient des files de ces cabiecars, de ces coquets et gracieux véhicules dont J'ai déjà parlé à propos de Washington et qui sont l’orgueil légitime de la cité californienne.Il existe une trentaine de lignes, de ces tramways char. mants dans la manœuvre desquels ne se produit jamais ie moindre accident. Si, par malheur, une anicroche survient, on téléphone au poste Île plus proche d'où surgissent deux engineers munis d'instruments ad hoc. En deux minutes tout est réparé et le cable-car repart gaiement. Le degré d'inclinaison des rues San-Franciscaines est tel que par. fois il faut se tenir au dossier de son siège pour ne pas glisser. Ce sont presque des montagnes russes, mais où des freins puissants rendent toute catastrophe impossible. Justement, comme j'avais commencé à escalader à pied la côte très raide qui

surgissait devant moi, un cable-car se trouvait arrêté par un petit accident de grip, le conducteur

et deux mécaniciens eurent vite fait de remettre

les choses en état. Mais un rassemblement s'était

formé auquel je m'étais mêlé sans prendre garde. J'aurais dû pourtant m’étonner que sur ce sol anglo-saxon les badauds fussent en si grand nom: bre, En effet, quand je regardai autour de moi une tois le tramway reparti, je m'aperçus que touf mes voisins étaient des Chinois, — des Chinoi vêtus du costume sombre d'uniforme qu'ils por tent en Amérique, um complet de drap fait d'un sorte de vareuse et d’un pantalon bleu foncé, chef recouvert d’une coiffure analogue à not

chapeau tyrolien et, aux pieds, la sandale à tripl semelle, leur longue natte roulée, dissimuléesot

leur couvre-chef européen. Ils échangèrent di

Petite rue poule y grd hinoises tmmes de

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leur langue quelques paroles, relatives sans doute au petit « fait divers » qui venait de se passer, et

. ils se dispersèrent. Alors je constatai que, dans don cette voie tout entière, les enseignes ‘taient réue digées en langue chinoise, les plaques indicatrices , des rues portaient une inscription en lettres latines ee et une autre en caractères célestes. Je me trouvais se en plein milieu de China-Town.

Ah! que de bonnes heures je devais passer dans k … cette ville d'Extrême-Orient, si étrangement trans- . portée, enlacée en pleine cité yankee, à deux pas réparé des rues élégantes, des avenues somptueuses dont d'incli. Ms Pare comme de somptueux bijoux la belle San- Francisco. Que de courses dans ses boutiques, ses es tea-house, ses opium-house, ses pagodes et ses bte bazars. Cette race chinoise, — race marchande et nus lâpre au gain —, est intéressante à voir ainsi hors de de chez elle et c'est là qu’on se rend bien compte

de l’absolue impossibilité pour l'Européen de jamais pénétrer ce peuple hermétiquement fermé à ses idées et à son culte du progrès.Bien autre est la race japonaise dont les échantillons,assez rares, du reste, en Californie, ont tout de suite adopté les mœurs et le costume américains. Mais les 35,000 célestes de la capitale n'ont pu se résoudre à suivre cet exemple et c’est la Chine qu’ils ont apportée là, qu'ils y font revivre. Le seul sacrifice

aide qui trouvait iducteut emettit nt s'était e garde.

ce sol nd nom

Aa Qu'ils aient fait a été l'adoption de ce costume pen sombre qui tient un peu de nos blouses et qui les Lil por ouvre Tous. | | | à d'ud Continuant ma promenade, J'arrivai dans une er petite rue transversale qui était le marché. Une à 0! ‘ oule y grouillait — rien que des hommes car les à tritl hinoises sont en petit nombre et, à part les lées0 émmes des riches commerçants qui font un tour

ent da

l'après-midi au long des magasins à la mode dans le claquettement des petits bancs ou s'insèrent leurs chaussures, elles ne sortent guère. Dans ce market je vis s'élaborer toute cette cuisine de célestes si bizarre et où domine un goût eftrayant pour la gélatiue. Poissons gélatineux, homards crus dont ils vident d'un seul coup de crochet: carapace gluante jetant la masse en gelée du crus. tacé mutilé dans du papier de riz souple comme un chiffon,légumes germés, petits haricots, petites pommes de terre, pois minuscules adornés de l’abondante chevelure des germinations.…. J'allai au milieu de tout ce monde, seul européen parmi ces visages jaunes et ravi d'assister à ces scènes où la vie modeste des fils du ciel se révélait naïve. ment, où le beurre d’un jaune rouge se pliait dans de véritables enluminures, ornées de ces curieux et fantastiques caractères de l'alphabet chinois, et où pendaient à l'étal des bouchers des oies séchées, sortes de baudruches parcheminées, des oies dont la chair, par je ne sais quel procédé, était absente.

Mais mon bonheur, ce furent les bambins: une sortie d'école qui s’effectua devant moi, tandis que les gourmandait de sa porte un magister à lunettes d’or aux poils de barbe blancs et tout raides comnit] les crins de ces masques, populaires chez nous. Ils étaient charmants et impayables, ces mioches aux yeux bridés, dans le dos desquels battaient de fausses queues en ji de soie rouge vu bleue la mèche médiane de leur chevelure. Et ce qui ontun air fier,sérieux,compassé,presque farceuril force de solennité ces marmots ! Cet ornementc« pillaire qui les met au rang des «grandes personnes leur inspire sans doute ce souci de la tenue.

D un cable

Ils < | manc paient | petitsr toute | bleu vi de por d'es pai Aux coi révéren | saluts le oreilles.

cette ma tins préc sement ç Je revi Jeuner et courir cel [la seule, :

onavu S Rearde de elui de latin qui, iyant séjo à Frisco !

nerveilleu € ciel, la ttoresqu our laisse ion. Je mé

omine ]a oSée au fr ste, Joyeu r qui ven

Ils s'en allaient, par groupes, avec leurs grandes

jans | manches pagodes aux couleurs vives car ils échap-

Le paient à la blouse laïque et obligatoire, et leurs de petits pantalons amples et flottants où s'exaspérait yant toute la gamme des soies, le rouge, le jaune, le enr bleu vif... Leurs frimousses adorables, aux tons etla de porcelaine mate, n'étaient point encore enlai- SRE dies par tous les vices qui tuent cette race jaune. mme MR Aux coins des ruesils se séparaient avec de grandes étites révérences, des salamalecs infiniment drôles, des ie de | saluts le corps incliné, les mains à la hauteur des allais oreilles. J'avais une envie folle de taquiner toute parni cette marmaille, de m'en amuser comme de panscènes MR ins précieux, de poupées vivantes et merveilleunaive. MR sement cocasses. |

+ dans Je revins au Palace Hôtel pour l’heure du décurieux MRieuner et j'employai le reste de Ja journée à par- 1oÏS, et courir cette vilie lumineuse, la plus séduisante,

la seule, allais-je dire, des United States. Quand onavu San Francisco on ne meurt pas, mais on Rarde de cette cité charmante un souvenir que elui de Naples ne saurait effacer. Il n’est pas un atin qui, ayant parcouru cette pacific-coast et ryant séjourné, ne tut ce que vingt quatre heures, Frisco ! ne préfère ce littoral splendide et sa

jes Sées, des océdé,

s: un dis que

unettes comm] merveilleuse capitale à tout le reste de l’IJnion. 2 nous ciel, la mer, la végétation, le sol lui-même si

toches jittoresquement bouleversé, tout semble se réunir attaientMour laisser au voyageur une ineffaçable impresbleue i jon. Je me laissai hisser, cramponné au dossier e qu'il un cable-car, jusqu’au Golden Gate park qui arceufiomine la ville et semble une couronne de fête ment ci osée au front d’une déesse. Je déambulai ensuite sonnesieste. joyeux, vivifié positivement par l'air vif et à. rqui venait du large s’embaumer aux massifs

poudrés de fleurs, le long des sentiers ombreu

| ils pas.

de cette aristocratique promenade. De bean on

équipages, d'élégantes ladies,des babies ravissani Fe sillonnaient les larges allées du Golden Gate « d'une de de petits ânes, au grand bonheur des mamans, je, ss trimballaient, d’un trot inoffensif, d'adorables fil. certains lettes. Tout dans ce park attestait la présence de dns ui

jardiniers européens. Les plates-bandes y éblouis Dès ht saient le regard, les grands eucalyptus et les ar. |

bres de Judée y laissaient pleuvoir sur les gazon ki A nus et veloutés une pluie de fleurettes. Enfermi tion en une enceinte, vaste à elle seule comme notr out jardin du Palais-Royal, de magnifiques buts DR. ie détalaient aux claquements de mains des badaui SE : dés | et se jetaient avec un « plouf » sonore dans l'euke, ss miroitante d'un petit lac où pleuraient des sauks ue

chevelus. Une volière monumentale, où s’enguir

L opium sur landaient avec art des plantes grimpantes del ;

ave discuté !

flore mexicaine, contenait une riche collection bmnes sont d'oiseaux splendides dont le plumage semblai Fe ldiyie tissé d’or et semé par quelque capricieux joaillier Le intellec de pierres rutilantes..….... Je ne rentrai quàlhe,, poly] nuit tombante au building du Palace. Les heurts se ii avaient fui, pour moi avec une enivrante rapidité orphine et pendant ma flânerie dans ce parc unique an, monde et à travers les feuillages duquel la napps a bleue du Pacifique s'aperçevait, déroulant à l'in s. Aussi fini sa perspective de saphir, tandis que, microsct chève la piques, quelquessteamerss'enallaient vers l'Ouek&, bios perdus dans cette formidable étendue. eet où le

. Oui, San Francisco est une cité du Paradis @,, ct quels constrastes, quelschangements dans le pitti leiéone

resque de ses aspects. Cette ville et cette vie chi noises, ces trente cinq mille célestes grouillant dat leur quartier, que de curieux spectacles n'ofirehé.

eux ils pas. Ah ! a nuit à China Town! Quelle est donc eaut D 11 baguette de fée qui vous transporte en un clin ans d'œil au sein d’une capitale de l'Extrême-Orient.…. tee D d'une de ces agglomérations de pagodes, de palais 15,) Met de modestes boutiques, comme en évoquent 8 fl D certains récits de Galland. On y marche vivant

e des louis es atazONs ermés notre aftalos a dauds s l'eau saules enguir:

s del Llection emblai joailliet qu à li s heure rapidité que dl a napht t à l'in icr ose l'Oues

dans un conte des Mille et une nuits. |

| Dès huit heures, quand l'ombre s'épaissit par les rues aux maisons biscornues et inégales, une vie particulière, une fièvre, un mouvement, un va et vient de foule en joie emplit de passants ces rues tout à l'heure encore peu animées, presque vides. Le céleste est essentiellement noctambule, ami des plaisirs nocturnes, fou de jeu, dethéitre, je bavardage et de ripaille. La nuit est la reine tla maîtresse de ces hommes jaunes et c'est par ‘opium surtout qu’elle exerce sur eux son empire hdiscuté ! Le jour est au travail, les heures nocurnes sont au rêve. Bizarre manière de comprenre la vie — mais qui semble pourtant au point de ue intellectuel avoir moins usé cette race cuivrée uela polygamie n’a affaibli la race ottomane. La ipe à opium n'a pas les désastreux effets que la orphine et les autressuccédanes du «most justand tent » produisent chez nous. Le redoutable endanteur les distrait et les grise, mais ne les tue s. Aussi, dès que le dur labeur de la journée ichève, la plupart de ces célestials vont-ils droit la maison propice où les attend la natte classie et où les plus cossus ont tout un petit service fameur — parfois une merveille, que le patron lieu conserve en des coffrets dont seuls ils ont lé... Et c’est alors que, comme ces fleurs bires qui s'ouvrent à la blafarde clarté des étoiles, ina Town s'éveille. Les boutiques s'illuminent,

radis € le pitt vie chi Lant dat n'oftrel

bijouteries où dans le sous-sol une équipe d'ou. vriers manipule les minces feuilles d’or dans l'at. M visages « mosphère empuantie par l'âcre odeur du pétrole, BF de faces où chauffent sur de petites lampes à alcool! d'é. BBrale, tou tranges mixtures, magasin luxueux où, sous les Met que n rayons de l'électriclight, resplendissent les trésors puis ces de la porcelaine, les chatoiements adorables de là EStumuite, soie — échoppes pauvres où file — toujours —un«oa 04» lumignon sinistre emplissant l'étroit espace d’une ls marc âcre et insupportable fumée, salons de barbier chaussure où, sur les têtes rasées, de dextres perruquiers ontpas. A jou l'air avec leurs minuscules instruments, fins commelcette all des aiguilles à tricoter, de tisser quelque dentelle dente m: cabarets où les verres ont d'étranges formes, « mai d'asiatiqu sons de fleurs »où, penchées à leurs vérandahs atrocemer une rangée de frimousses tirées, aux yeux aM'inventeu biais élargis par le Kohl, caquettent comme dx Pénétro

gaçantes perruches, pagodes où des prêtres malisthez un de guettent l’européen naïf pour lui «filer » quelque est aisé ,

bibelots sans valeur que, sousprétexte de religieuse obole, vous êtes obligé d'acheter, changeurs oi frappent les petits marteaux, où tiquent les bou liers qui servent aux calculs invraisemblables di caissier, où s’entassent en chapelets les taëls et cuivre... Un brouillard, une buée au relent si cré, y flotte dans l'air avec une escorte d'odeu tout à fait inconnues de ceux qui n’ont jamais W sité l'Extrême-Orient. Oh! ces odeurs. Combi diverses et bizarres. Il y en a de douces, de «sut culentes», dirais-je, qui vous charment à lai l'odorat et le goût, il y en a de violentes, poivrée musquées, obsédantes, il y en a enfin de fades d'écœurantes, de caractéristiques. Ainsi celle des pièces ] petits bâtons que l'on fait dans les temples bou@Bon, un c dhistes brûler aux pieds des idoles... Et nos piléées rires, q nt derriè

coup de nguleuses le laque d ranulées, oisson, d aisonnent ennent da egré.. D adies, pei uropéen a amiliarité.

ordes d’u ortières y

os IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 221 1 l'at. M visages ont l’air, dans cette foule aux peaux ocrées, étrole, M de faces de revenants. Cette langue sonore, puttuol d'é. Mrale, toute en voyelles, qu'on parle autour de vous ous les Met que nul n'entend, achève de vous dépayser. Et trésors MRpuis ces longues théories de chinois passent sans s de la tumulte, sans autre éclat qu'une exclamation en rs — un Mcoa oa» ou en « ing » jetée d'un trottoir à l’autre. Ils marchent sans bruit, la triple natte de leurs chaussures étouffe absolument le bruit de leurs pas. Ajoutez à l'impression l'inquiétude que cause cette allure silencieuse, comme sournoise, l’évijente malveillance dont sont remplis ces yeux d'asiatiques, prunelles de félins qu'on devine itrocement cruels.Ce peuple n'est pas pour rien ‘inventeur des supplicesles plus raffinés du globe. Pénétrons dans un restaurant comme il faut — hez un des Bignon ou des Félix de China Town. lest aisé d'y voir que la nuit est le moment du coup de feu ». Par les escaliers de bois à rampes geurs olBnguleuses les « boys » montent sur les plateaux les bouille laque d'étranges choses, des glaces bizarres lables diranulées, rappelant par leur forme des œufs de taëls lboisson, des confitures aux milles couleurs qu’aslent stiisonnent une infinie variété de condiments qui d'odeufiiennent dans l’échelle des poivres le plus haut amais viegré... Dans la grande salle quelques chinese Combitkdies, peintes et jolies à croquer, fixent le visiteur de esuuropéen avec une effronterie qui n'est pas de la t à lainiliarité. L’une d'elles pince distraitement les poivréeWordes d'une longue, longue guitare. Et, par les de fadeMortières un instant soulevées, on aperçoit dans celle des pièces latérales des célestes en grande discusles bou@Bon, un chant nasillard traîne dans l’air, parfois os piles rires, qui semblent des croassements, s’entenent derrière les légères cloisons. Et à tous les

e d’une >arbiers iers ont comme entelle, s, € ma randahs, eux ei ime da :s malin quelque eligieus

seuils, à toutes les portes un chinois est en faction

S'il n veillant à ce qu'aucun blanc ne vienne troubler empres. les mystérieux plaisirs de ses compatriotes. re

Mais ce qui frappe surtout, je le répète, c'et D, pci l’atmosphère de la rue, l'ambiance ie parfum,

drais pa:

L] . Q . . . “ , ; d odeurs indescriptibles qui vous imprègne litté. une revt ralement"d’orientalisme. C'est comme une brume D, pe dorée qui trace d'une maison à l'autre un rideau. : la v

continu et que piquent des myriades de petites

lumières: lampes aux verres de couleurs, aux pi Lens piers bariolés, braises destinées à la cuisine des fr... bâtim andes nuitées ou à la fonte des boules d’opium, bi. sister pi tonnets odorants brûlant devant une idole exté. iclosion « rieure, devant un des Lares protecteurs de ces très d'intradui. anciens bonshommes dontles mœurs sont demeu-l,. de la rées ce qu'elles étaient il y a mille ans et qui op. olossal, 1 posent À nos idées, à nos efforts de pénétration une ornienne

inexpugnable indifférence. Aux corners, brutale, une lampe à arc jure par l'éclat qu'elle répand autour d'elle, comme une étoile dans un gite de hiboux. Elle représente là notre civilisation. et franchement, elle a raison cette honnête et fulgu rante clarté édisonesque. Le chinois retors, ah minablement louche dans toutes ses manières & vraiment un homme de nuit. Une obscurité pet pétuelle,volontaire la plupart du temps,l'envelopp comme un voile et nous dérobe sa psychologie, pensée, sa conscience. Quant paï hasard il s'euro péanise c'est pour ne vous montrer de sa ri que l'amusant contraste des mœurs publiques t la littérature courante. Nous ignorons l'âme cl noise. Parisiens, mes frères, rappelons nous général Tcheng Ki Tong et disons nous que pe être — très probablement même — nous n€ connaîtrons jamais.

ne Sorte « Îant à la ecette cô aysages a lance poi ouflées d omenées it caprici nts coups ut le long Stravaill]é int cette bardeurs de Phil:

Paie où le IX, à mon terre où « niens cet

Le

ction S'il nous avait fallu répondre aux cordiales et ubler empressées invitations qui, de toutes parts, pleuvaiet au Palace nous serions encore sur les bords , C'est M du Pacifique et, pour ma part, je ne m'en plainfums, M rais pas. Mais l'heure pressait. Le second jour > lité. une revue splendide fut organisée en l'honneur brume Bu Prince sur un des hauts plateaux qui domirideau Rent la ville.

petits De grand matin le Prince s'était rendu à l'em- UX pi- Mbarcadère où devait venir le chercher un des pedes fri- hits bâtiments de la flotille fédérale. Il put ainsi um, bi ssister pour la seconde fois à cette merveilleuse . e exté closion de l'aube qui, dans ce pays fortuné,cause ces tr M'intraduisibles sensations à ceux pour quile grand demet- ivre de la nature n’est pas chose fermée, Le port qui opMolossal, la rade majestueuse de la capitale Calition Utornienne déployait sous les feux clairs du matin brutale ne sorte de panorama aux couleurs enivrantes répañllliant à la fois,et c’est là le charme caractéristique n gite Be cette côte du Pacifique, la netteté de tons des ion. Eluysages orientaux et la lumière adoucie, l'amet fulg@ance point aveuglante de ceux du Nord, Des ors, %bufiées odorantes traînaient, languissamment nières “omenées par une brise un peu fraîche qui couurité pit capricieusement comme d'invisibles et caresnvelophähts coups d’éventails la tiédeur de l'air. La vie, ologie, ut le long de ces quais superbes, s'alanguissait. il s eu travailleurs du port, les promeneurs,n'avaient e sa int cette allure pressée, farouche et pénible des liques bardeurs et des passants des quais de New-York l'âme CE de Philadelphie. San Francisco est une ville s nous Mie où le plus pauvre des ouvriers vit plus heuque Pix, à mon sens, qu'un petit bourgeois aisé d’Anous ft terre où de Belgique. N'ont-ils point, ces Caliniens cette éternelle gaieté, ce plaisir ininter-

rompu que donne un climat unique où tout sourit, où tout fleurit, où tout brille sans que jamais le soleil dépasse la note et leur fasse subir ces températures accablantes qui écrasent dans une torpeur aorutissante les cités équatoriales.

Cependant le bateau gouvernemental parut. M.

Léandri, de son regard de montagnard habitué au vif éclat des sites du littoral corse l’aperçut le premier. C'était un gentil vapeur tenu avec cette proprété qui est la grande coquetterie de la marine de guerre américaine. Des officiers en des. cendirent et, avec une courtoisie parfaite, vinrent

prier, de la part du général Ruger, Son Altesse de

passer à bord. C'étaient des capitaines et des majors appartenant aux diverses armes. Leur amabi.

lité simple et franche acheva de me convaincre de

cette opinion que j'ai déjà exprimée : que l’armée de l’Union est véritablement l'élite, ce quil y1 de mieux élevé et de plus sympathique au milieu de cette vaste nation marchande et brutale.

Le graciex bâtiment s'éloigna bientôt. Le général et ses officiers entouraient le Prince qui,visiblement heureux de se retrouver dans un milieu militaire, s’abandonnait, rivalisait d'entrain et de primesautière fantaisie avec ses hôtes qu'il domi nait de sa haute taille. Devant nous les îles Alca traz grandissaient déjà à l'horizon, apparaissaien plantées comme des sentinelles au beau milieu dé ‘ette rade unique au monde, dans le chatoiemen bleu des flots aux reflets de soie changeante. Der rière nous les piers d'accostement s’allongeaier avec leur bordure de bâtiments à l'ancre. Un foule curieuse s'était massée derrière les gardé fous et,de la terre maintenant presque. lointai un crinous arriva, résonna agréablement à n

les éloges Franklin

cœur Franc conn!

Califc Laf netter étaien avaien par mi rable T braves | Coiflé « l'un des

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périale, par bier corps d’; anglaise certains véritable fanterie.

Éhommes pour le t école de Thoma Quante h volortair4 nistes, du de résolu äMpagne landoah Deurtriers ments à |’

urit, cœurs, si loin, si loin du pays natal : « Vive la ais le France ». Nous ne sûmes jamais quels amis intem- connus avaient adressé sur les ailes de la brise tor: M Californienne ce salut cordial.

Y La première desiles Alcatraz se distingua bientôt ut. M, nettement toute inclinée. Les prairies en pente tué au étaient garniesde troupes qui, ainsi vues d’en bas, çut le avaient l'air de soldats de plomb, ne tenant que : cette par miracle sur une surface dévalante. L'honola mi D reble Thomas Edward Ruger'nous apprit que ces

n des D braves soldats appartenaient au 1°" infanterie. vinrent Coiflé du chapeau à plumes, cet officier général esse de D l'un des plus réputés -— et justement — des Etatsles ma M Unis, avait l’air avec sa courte moustache à l’imamabi- D périale, sa carrure martiale, son teint briqueté incre de M par bien des campagnes, d'un commandant de l'armée M corps d'armée français.Il n'avait rien dela gourme qu'il y 15 anglaise ou de la redondance parfois visible chez u milieulS certains de ses compatriotes. En un mot c’étaitun e. véritable soldat exempt de pause comme de for- . Le gé- M fanterie. La rude guerre de sécession a formé des 2 qui,vi- Éhommes remarquables; mais il est à souhaiter a milieulS pour le pays de Farragut et de Lee qu’une telle in et école demeure à jamais close.

‘il domi Thomas Edward Ruger paraissait avoir de cinles Alf quante huit à soixante ans. Lieutenant-colonel de aissiS volontaires quand éclatèrent les troubles sécessionilieu dWnistes, du premier coup, Ruger se montra homme oiemefde résolution et d'énergie. Il conquit dans les nte. DéfScampagnes de la Virginie du Nord et de la Shepngetitlnandoah ses galons de brigadier. Aux combats cre. Utneurtriers du Rappahanock il conduisit ses régies gafd@nents à l'assaut des lignes confédérées et mérita lointai@es éloges du commandant enchef. À Gettysburg, ent 21% Franklin, il marcha au feu avec une insouciance,

un mépris de la mort admirables. 11 en fut récom. pensé en 1368 par le grade de colonel (dans l'armée régulière) et le gouvernement de la Géorgie. Superintendant de l’Académie militaire il ne resta pas longtemps dans ces fonctions inactives et courut s’employer dans la Caroline du sud à pacifier définitivement cette région encore mil calmée. Brigadier général en 1886 il exerça de grands commandements dans le Missouri, le Dakota, puis à Saint-Paul-Minneapolis. Enfin, |: haute situation de commandant militaire del:

Californie vint couronner une carrière aussi longue que glorieuse.

Après avoir visité rapidement l: première des

Alcatraz, dont la position stratégique n’a pas l'im- |

portance de la seconde, nous gagnâmes l'ile n°2,

Ce‘ autre ilot rocheux occupe une position prépondérante car elle commande le goulet qui donne accès dans la rade.

Ici l'artillerie régnait en maîtresse, car c'est à ses seuls canons qu’incomberait en cas d’attrque la protection de la ville! Ce fut entre cetteile etle Præ sidio, notre dernière étape, que le déjeuner fut servi, déjeûner exquis et assaisonné dé l’«humour» la plus charmante ainsi qu’il :-vient à un déjeuner d'officiers. Le général Ruge: je se. cond lieutenant, aide de camp Charles G. Lyman, le major Edward Hunter, le lieutenant-colonel Chaudler quartermaster général, les majors Tagan et J. Rodgers du 1°" artillerie, tous rivalisèrent avec le Prince d'esprit et de bonne humeur. De graves questions d’art militaire et de tactique sÿ traitèrent, auxquelles le petit neveu de Napoléon apporta son raisonnement net et catégorique, cetle aptitude héréditaire qui lui avait valu à Saint-Cyr

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la sardine d'or du sergent. Enfin et pour clore gaiement ces discussions techniques on leva les verres en l'honneur de la libre Amérique. Ce fut un moment d'effusion auquel le cadre grandiose de la rade san-franciscaine donnait un cachet tout particulier. La fumée du Richmond-Tobacco montait dans le cristal embaumé de l'air en légers filets bleuâtres et le soleil maintenant suspendu au-dessus de nos têtes versait à l'infini comme une légère pluie d'or sur tout ce qui nous entourait. L'extrême horizon Pacifique se confondant avec le ciel dans un ruissellement fauve, c'était comme une symphonie de couleurs vivantes et vibrantes.

Nous voici enfin au Præsidio,—vieuxnom espagnol qui sonne au milieu des appellations anglo-saxon-

{ nes la fanfare héroïque des anciennes conquêtes,

etqui évoque les formidables silhouettes de ces conquistadores au « sangre azul» autrement intéressants que les hommes d'affaires de l'Amérique actuelle. C’est là, qu'’ailait être passée en l'honneur du Prince une revue de douze cents hommes. Cette fête, rare aux Etats-Unis, avait attiré une foule pressée de curieux intéressés par le coup d'œil des soldats de l'Union défilant devant un Bonaparte. Le décor de cette solennité martiale dépassait peut-être £n beauté ceiui du fort Douglas et la nature San-Franciscaine à coup sûr plus riante que celle de l'Utsh donnait un grand charme à ce spectacle.

Aussi quand, sur cette esplanade, d’où la vue semble s'allonger comme dans un rêve jusqu'aux rives lointaines du vieux monde asiatique, les commandements éclatèrent et les slairons égrenèrent des notes d'appel, une émotion nous prit.

Le vent s'était élevé et taisait flotter rageusement les capotes des officiers. Sur un signe du général la Marseillaise déchaina soudain ses mesures graves et belliqueuses. C'était la musique du 1‘ infanterie quiexécutait ainsi notre hymne national. Peu après celle du 4° cavalerie reprit l'air de Rouget de l'Isle. Devant cet océan calme ct sans bornes c'était à la fois poignant et superbe, ce chant qui réveillait en nous ie souvenir de tant d'heures glorieuses de la Patrie absente... Successivement nous vimes passer devant nous le 4° de cavalerie aux chevaux appareillés, un rang blanc, un rang noir, un rang alezan, le 5° artillerie d'une tenue et d’une précision de mouvements parfaites, le 5° infanterie avec ses plumets blancs et enfin le 1" de la même arme... Vraiment les compliments que le Prince adressa au général à l'issue de cette imposante cérémouie n'étaient pas immérités et ce fut tout pensifs, encore imprégné de la grandeur simple de ce spectacle que nous regagnâmes la ville.

Le soir, mes compagnons escortés de quelque inspecteurs de la police San-franciscaine, visitèrent en détail China Town. Pour moi, me méfiant non sans raisons de ces cicerones officiels et intéressés et me rappelant de quel air sinistre et mélodr: matique nos inspecteurs de la sûreté parisienne conduisent les étrangers de marque... dans l'antre innocent et gueulard de Bruant, je trouvai ui biais pour m'échapper; j'avais lié connaissant avec un gentleman, ancien officier de la marint anglaise Sir Jonh Everyll. D'un toux exaspéré nerveux et taillé en hercule sous sa maigretf extraordinaire, M. Everyll avait exploré la not velle Guinée et quelque peu fréquenté les cannk

ils ont tot

sale que au passagé trottoir a W'œil sus explicati aptain E uides atte irrétai au héd'un d lais habit out britan

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sales de ces régions, un des rares endroits du globe où l'on ne joue pas encore au poker et où les femmes ne mettent pas de corset. Il avaitapporté, pour les otirir au Prince, des photographies fort curieuses faites au cours de ses voyages océaniens. Nullement antropophage, doux au contraire comme un enfant, je m'en fis bien vite un ai let je le priai, lui qui parlait un peu de chinois, de

Ime piloter dans la ville jaune. [1 accepta fort

aimablement. Nous partimes et, bientôt, nous marchions côte à côte le long des trottoirs encombrés de China Town. Grouillants, innombrables, tous pareils, sous leur blouse gros bleu, les célestes se croisaient, toujours peu bruyants, glissant plutôt que marchant sur les chaussures sourdes aux semelles de natte. On eut dit une procession de fantômes. Aucun cri, aucune parole bruyante, rien des foules européennes où se saisissent à chaque pas des bribes de conversation, des moreaux de phrases. J'ignore si, chez eux, les chinois sont aussi silencieux, mais, sur le sol américain, ils ont tous cet aspect résigné et muet, ces allures de domesticité craintive.

Depuis quelques instants dans la rue transverale que nous avions choisie, nous étions arrêtés au passage par des« chinese », qui battaient le lrottoir avec des appels engageants et des coups d'œil suspects. J'arrivai à comprendre, dans explication que me donna de leur attitude le aptain Everyll, que ces individus étaient des uides attendant le bon vouloir de l’Européen, J’en irrétai aussitôt un dont la figure meplut.je fismarhéd'un dollar,malgré les protestations de mon anlais habitué à traiter cette racaille avecun mépris out britannique.Ce Célesteme donna aussitôt une

carte imprimée et paraphée, sorte de garantie, de accueil! caractère officiel donné à son douteux métier, engagèr

Il se nommait Tun-Phun. Très obligeamment Baimable il nous conduisit visiter les temples où brülaien ESmanœur au pied des hauts Bouddhas d’or les bâtons pro. ma quai pitiatoires, Nous traversimes des sanctuaire de ces o riches, moyens, pauvres, toute la gamme des pa Bkouvenir godes depuis la somptueuse faite spécialement Bjeur nat pour la visite des étrangers jusqu'à la mesquine Brain et 16 à la petite chapelle honteuse et sale qui se cache MSTchéou, au cœur sordide d’un grenier. Deux fois nou réveiller croisimes nos compagnons et toute l'escorte dés MSTel un ce policemen qui suivaient à peu près le même or: Binconnue

dre de marche que nous. Mais tandis que leurs Nous s guides emmenaient nos mis vers Île théâtre chi BBraient f. nois, le Captain, sur moninvitation, pria l’aimableants sur Tun-Phunde nous conduire dans les endroits moines «celest connus et nous vimes alors défiler toute une suitÆancais et

d'opium-houses. La plupart avaient comme enillé de trée sur le devant une salle entumée où les céles st que, si tes jouaient à leur jeu de dominos qui compte unelues à l’é] soixantaine de pièces. Là les lampes de pétrolKvères m filaient horriblement, rendant l'air irrespirablBroduisaie pour tout autre qu'un chinois. ins aveu, Cette pièce traversée dansl'inattention générale Rssi peu car les célestes sont des joueurs passionnés, Sœurs fac arrivait en montant quelques marches en defientifor

arrières boutiques sales et grises où, sur des ni tes, étaient étendus, leur pipe à oôpium à leu côté, les clients causant entre eux, comme dat une soirée, avec un ton discret d'invités. Ce fumeurs, soit que l'heure fût encore trop p«l avancée, soit que l'opium et ses effets stupéfian et abrutissants aient été bien exagérés par Île voyageurs tartarinesques, ces fumeurs, dis-je, no!

Mènent a ngereux, [Un de ce ein Chin: ort, mutil te de ces açonniqu illiers de

ie, de tier.

mment ülaient AS pro.

tuaires des pa 1lement >squiné, se cache is nous orte dés ème 0fue leurs âtre chi

*aimable its moins ne suile mme en es céles pte un e pétrolk espirablek

générale anés, 0!

s en del r des nat m à leu me dat ités. Ca trop pt upéfian par le s-je, n0l

accueillirent avec une intention bienveillante, lengagèrent avec nous, en anglais, une conversation

aimable. Ils me firent voir toute l'inévitable manœuvre de la lampe à opium... Je leur décliaai ma qualité de français et, près d'au moins trente de ces opiomanes, J'essayai de raviver quelques ouvenirs de la lutte toukinoise où se heurtèrent eur nation et la nôtre: mais je m'évertuai en vain et les noms de Bac-Lé, de Langson, de Fouchéou, ceux mêmes du Tonkin et de l’Annam, 'éveillèrent rien dans les yeux de mes auditeurs. Jel un cevenol auquel on parlerait d’une bourgade inconnue du Pas de Calais!

Nous sûmes en rentrant que les gens de police vaient fait à nos compagnons des récits eftrapants sur la haine irréconciliable que, disaient ils,

es «celestials> de Frisco professaient à l’égard des rançais et que, prudemment, ils leur avaient conullé de ne s'exprimer qu'en anglais ! La vérité taue, si l'on a forcé les chinois à éclairer leurs ues à l'électricité, si on prend vis à vis d'eux de évères mesures de police, c’est que des rixes se oduisaient entre des individus européens, gens ins aveu, « nervi », bravaches, et des fils du Ciel ssi peu intéressants. San Francisco, ville aux œurs faciles, comme toutes les villes jolies et ientiformes, pullule de dames peu honnêtes qui nènent avec elles un contingent de personnages ngereux, rebut de toutes les nations.

[Un de ces hommes, un français, fut un jour, en ein China Town, percé de coups depoignards et, ort, mutilé odieusement. On crut voir là quelque te de ces associations, de ces espèces” de loges aconniques -qui comptent dans leur sein des illiers de chinois. Il n’y avait, je le crois qu'une

bataille entre un fâcheux compatriote et quelques BP ie recor célestes de même acabit. Chaque jour, dans les sous un parages de la Chapelle ou de la place Maubert, rent sur des rixes mortelles se produisent dont la cause tion de ] est toujours la même. Mais les gens de police ne Esuivit,ré manquent pas d'exploiter les souvenirs sinistres haineuse et mélodramatiques qui donnent de la « couleur» ESd'ordure à leurs petites explorations. lait rage

C'est ainsi que, dans les coulisses du théätre tour luir chinois, les inspecteurs qui escortaient nos amis Bai dit, à leur firent voir le modèle du couteau, un tranche partie. lard formidable aveclequel «on tuaitles français! donner s

au long des ruelles sombres de China-Town. haute tail Nous terminâmes notre excursion par une visit une impr aux malheureuses marchandes de sourires de guide aux

basse classe, celles dont les chambres, véritable alcôves où on a peine à tenir deux, font pendant au delà de la petite cour intérieure à la fumerieel au cabaret. Par d'obscurs corridors coupés tt cloaques où se devinaient les cours nous grimpi mes, c’est le mot, par de véritables échelles ds bois aux temples où ces prêtresses de l'amoul pauvre officiaient. Nous étions loin des cabarti luxueux, des restaurants à la mode hauts et éch tants comme des pagodes et où attendaient toi servis les repas aux gélatines variées, où de ravi santes célestes s'éventaient langoureusement,leu yeux en amandes agrandis par le Kohl.

Dans ces taudis obscurs, des femmes, pour plupart laides, la cigarette ou le cigare à la bo ‘che, nous reçurent. Je distribuai à ces malh« reuses quelques demi-dollars, désirant examit l'ameublement — tout en'bibelots microscopiquift passive de leurs logis exigus. Dans la manière dont M chinoise miroirs, les sébilles,les images étaient dispo l'Arien

eau vent ne secon brand esce aloche ef onduisait Elle s'ef e départ, ain et cell nes, ni le imes la jour attén e dollar

ème pas, hinoise.

bissent :

Jrient m'’e iponaise,t

elques ÎB ie reconnus bien cette misère de la fille cachée uns les M sous un luxe apparent et bon marché. Elles paruaubert, Brent surprises de nous voir partir aussitôt l'inspeca cause Mtion de leur room passée. L'une d'elles me pourlice ne Msuivit, réclamant un dollar dans un flux de paroles inistres MMhaineuses, exhalant de ses dents noires une kyrielle uieur» Ed'ordures incompréhensibles pour moi. Elle hur- Jaitrageuse, bavant, prête à mordre. Everyll à son théâtre Mtour lui répondit dans son idiome qu'il parlait, je os amis Ml ai dit, assez couramment, Tum-Phun se mit de Ja partie. Ce fut une cacophonie. Bret, j'allais lui donner son dollar quand parut un chinois de haute taille dont la vue me parut faire sur elle une impression très vive. Elle 5e tut, et notre muide aux yeux bridés se mit à expliquer au nouveau venu l'objet de cette bruyante algarade. En ine seconde, avant que j'aie pu m'interposer, le grand escogriffe saisit la fille par le cou et, d'une aloche effroyable, lui fit dégringoler l’échelle qu: onduisait à la soupente.

Elle s'effondra, disparut. Prudemment, je hâtai e départ, car, pris entre les explications du capcabare@ain et celles du bon Tun,je ne comprenais ni les s et échilBnes, ni les autres. En bas de l'escalier nous reaient toiifimes la malheureuse calmée. déjà souriante et, de raviour atténuer la rudesse de sa chute, je lui donnai ent.letif dollar tant convoité. Elle ne me remercia ème pas, tant l’Européen est antipathique à la s, pouf | hinoise. Elles le trouvent repoussant. Elles le à la botibissent : Sir Everyll qui avait pratiqué l'ExtrêmemalheMrient m'en cita maints curieux exemples. La examinponaise,telle que Lotila peignit bien exacteinent, D scopiqi St passive mais douce, résignée, un peu câline; dont M chinoise est agressive, rancunière et le contact dispo l'Arien lui cause un insurmontable dégoût.

tranche.

inçais:à wn.

ne visite es de li éritables pendant umerfle el DUPÉS de s orimpi elles dé l'amouf

Oui, dans leur façon de vivre en plein milieu d'une ville Européenne, les célestes sont extré. mement curieux. Ils restent impénétrables, sans pourtant avoir l'air de cacher ostensiblement quoi que ce soit. Mais ils savent,quand paraît l'homme de race blanche, interrompre leurs discours, de venir soudain froids, muets, comme pétrifiés. Sir Everyll m'ayant, pour terminer, fait voir quelques Tea-Houses où se tenaient des réunions d'ordre religieux ou politique, je pus constater qu'à notre aspect tout propos cessait. Les voix bruyantes gutturales, violentes, que j'avais entendues avant

que le captain eut poussé la porte, s'éteigneient À

instantanément dans les gosiers et tout de suite le patron de l'établissement accourait furieux. Toujours anglais jusqu'au bout des ongles, le captain le tenait à distance par un air de souverain mépris. Mais il nous fallait partir quand même, pour que ces magots figés soudain en des postures génantes et contraintes reprissent leur libre allure. Tous les yeux bridés noussuivaient avec une haine dans le regard nullement déguisée. Par ce qu'il est chez les autres on peut juger de l'entêtée résistance de ce peuple réfractaire sincèrement et pour toujours à nos idées, à nos efforts de pénétration.

Mais où le céleste triomphe, où il ne craint pa de rival etde concurrent, c’est dans le service des particuliers. Dans tout cet immense pays de l'Union où, nègres et blancs, les domestiques rivalisent à qui se donnera le moins de peine et st payera le plus insolemment la tête infortunée du bourgeois, le Chinois est merveilleux. C'est une perle, me disait une jolie Californienne, c’est unt pierre précieuse inestimable que le Chinois. J'en possède deux, car mon home est vaste et j'i

arler se nertie vo

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— Et le de Je n’:

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Dis. J'en et ja

cinq babies qui exigent des soucis constants. Nous

| les appelons Si-Tien et Tien-Si, Vous ne sauriez

vous imaginer le zèle, la régularité, la propreté de ces deux asiatiques. Levés avec le jour, sans même qu'on les ait entendus marcher grâce à leurs sandales à triple épaisseur, ils ont à l'heure du breekfast, entièrement terminé le ménage,tout

Lépousseté, tout lavé, tout brossé. Donnez-leur

une consigne, ils se feront hacher plutôt que d'y

manquer. Jamais on n’a besoin de leur répéter

deux fois un ordre. Vous savez que,comme blanchisseurs, ils ne craignent personne. En outre, et vous allez me taxer d’exagération, ils sont tour à tour et selon les besoins de leur service, des cuisiniers de premier ordre et des bonnes d’enfanis sans pareilles. Ne riez pas. Je suis aussi tranquille quand je confie à Tien-Si la garde de ma nursery què quand j'abandonne aux soins de Si-Tien la confection d’un diner de cérémonie. Quant à leur

discrétion elle est proverbiale ici. C’est au point

que si par hasard et sar,s y mettre la moindre intention mon mari demande à l’un d’eux des reneignements sur ce que ) ai pu faire la veille, l’un et l'autre, sans rompre d’un iota, répliquent par un : « [ don’t know » je ne sais pas. De même si je les interroge sur l'emploi que mon mari a pu n mon absence faire de son temps : « I don’t now », toujours, toujours! — Ah! je vous réponds que tous les arguments pour les décider à arler se buteraient invinciblement contre cette nertie voulue !

— Et leur honnêteté !

-— Je n’ai jamais entendu dire qu'un Chinois yantdéjà servi,un domestique jaune classé et posdant des certificats ait dérobé quoique ce soit.

Comme marchands, ils sont étonnamment retors, mais comme serviteurs, je les crois, saut peut être une ou deux exceptions très rares, parfaitement sûrs. Leur sobriété tient de l'invrai. semblance et les met à l'abri des menus larcins dont les bonnes sont coutumières.

— Et vous les payez P

— Ah dame, assez cher, de vingt à vingt cinq dollars par mois (de 100 à 125 tr.) Tien si etS Tien ont chacun 22 dollars chez moi mais je vous jure qu'ils me font un service parfaitement économique grâce à leurs aptitudes diverses et à leur sobriété remarquable. Je ne les changerais pas pour dix serviteurs blancs et pour trente «négro:s!

Cet éloge enthousiaste du domestique chinois je le retrouvai dans la bouche de toutes les yung ladies qu'il me fut donné d'ir ‘wiewer ! Maisje compris alors pourquoi l'oj cn publique où plutôt l'influence des classes moyennesavait obligé le parlement américain à s'occuper de cette question de l'immigration des célestes.

Si on n'y met ordre,bientôt le nombre de ceuxci aux États-Unis dépassera celui des nègres el peut-être celui des blancs. Il y avait là il me sem ble, un danger à la fois économique et politique.

L'excursion de Cliff- House que nous fimes le lendemain avec le docteur Topinard et M. Léandri est classique. On doit la faire et, d’ailleurs, elleest charmante. Un petit rail-road nous prit du sommet de la ville à l’entrée du Golden Gate Park &t courant à travers les crètes de falaises vertigi

neuses, nous entraîna le long du Pacifique. À u$

certain moment nous eûmes en nous retournan le spectacle panoramique de San-Francisco et d la baie qu'éclairait un soleil magnifique, un amot

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cellement de maisons blanches, un entrecroisement de belles avenues dégringolant jusqu'au port où manœuvraient en ce moment une foule remuante de ferries, de remorqueurs, de bateaux les plus divers. L'eau de la rade, de cette rade merveilleuse où évolueraient toutes les flottes de l'univers, était bleue, calme et unie comme les belles glaces sans tain sur lesquelles nosbijoutiers parisiens font leurs étalages, Et c'était bien le plus magnifique des joyaux, cette ville fortunée

s'étageant sous cette lumière — orientale sans

excès — si douce, comme doränt les contours du paysage, la crète estompée, l'horizon des monts et devant nous faisant miroiter à l'infini les flots aurés du Pacifique.

Oui, là-bas, là-bas devant nous, bien au-delà de l ligne extrême où s'arrête notre vue impuissante,

c'était le Japon, la Chine, l'Inde, les contrées mystérieuses où, le monde — l’Extrêème-Orient avec toutes ses

à mon sens de poète — dut naître

splendeurs et toutes ses légendes angoissantes et

ointaines. Un grand vapeur traînant derrière lui.

in lourd ruban de fumée noire, courait vers cet nconnu, allait de ce pays tout neuf à ces très aniennes patries ; du monde nouveau à la vieille Asie tje le regardais s'éloigner, regrettant qu'il ne n'emportât point vers ce monde asiatique,berceau esmythes sacrés des théogoniesles plus anciennes, urce de sensations multiples et d'infinis bonheurs our le contemplateur et le mystique, d’ineffables hpressions pour le poète.

Mon savant ami ne me laissa pas m'enfoncer ans ces méditations. Craignant une strophe posble, il m’en tira en me faisant observer qu'à de rtains moments le marche-pied du wagon pas-

É f pie

Een ve cn tE &

sait au ras d'un véritable abime. Si jamais un ne éboulement venait à se produire, cette petite ligne JR DES

de Cliff-House serait le théâtre d'un accident ter. ee rible. En nous penchant,à soixante ou soixante-dix pee mètres plus bas nous pouvions voir au ras d'un BR Jo précipice verticai et à la paroi de sable jaune à De peine sertie des pointes dépassantes de quelques ee roches, le rivage du Pacifique où barques et pis. : LS tons nous apparaissaient petits, petits, véritable Fo fourmis de l'abîime... Un froid nous en passait Tout à sur le front et, malgré son habitude des mont: R PP gnes, le docteur se recula un peu pour éciapper ee à cette plongée vertigineuse et directe sur l D

Pacific-Coast. Il n'y a que les américains por: a « oser jeter des rails sur ce sol sujet aux éboulis et : Pie pour faire passer, à un mètre à peine du bori En ns dangereux des falaises que ne garde aucun par . pet, un train lancé à toute vitesse. M. Léandri, pris Fee

par la splendeur du double paysage où nous promenaient les circuits de la ligne minuscule, adni rait songeant avec émotion à la Méditerranée et au paysage de Bonifacio.

Pourtant l’anse du Clift-House a une largeur et une étendue inconnues sur les côtes de notre met intérieure. Quand nous descendîimes du train, nous vîimes cette splendide baie formant son ar de cercle très ouvert et toute illuminée des feu du soleil couchant qui, peu à peu, s'abaissait ver la surface des flots. Les fins de jours en ces pay bénis n'ont aucune tristesse. Un reflet rouge cou rait à la surtace de l'immense étendue dont | bleu s’atténuait auprès du rivage, se bordait d'un dentelle d'écume au contact des brisants do plusieurs venaient à fleur d’eau. Quand nous eûma descendu la côte et que nous nous fûmes installé

Ques min Bus ce cr jhoques.

Le docte écria biet — Mais — Assu uelle tail DUvVert.

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dans l'espèce de Casino qui termine cette descente

D rapide nous nous trouvâmes comme au centre

d'unimmense orgue de falaises rocheuses tapissées à leurs têtes et sur leurs flancs de gazons vivaces aux jolis tons verts. fout au-dessus de nos têtes ur parc se distinguait, voisin de la gare d’où nous venions et, dans l’air pur, ses palmiers, ses orangers, ses plantes tropicales se distinguaient, nettes

let propres comme des joujoux soignés, de fins bibelots.

Tout à coup, M. Léandri qui avait sa jumelle à

D: main s'écria nous désignant des récifs qui émer- Bresient de l’eau :

D — Voyez donc, fit-il, sur ces rochers !.. Un monde qui grouille, qui remue et qui crie écou-

ez, écoutez !

En effet, malgré la brise de terre qui souflait ruyamment à nos oreilles, accrue par les couoirs des falaises, nous distinguions depuis quelques minutes des espèces d'aboiements. Je reconus ce cri guttural particulier aux otaries et aux hoques.

Le docteur qui avait, lui aussi, sorti sa jumelle écria bien vite :

— Mais ce sont des phoques!

— Assurément, répliqua M. Léandri, mais de uelle taille ! quelles masses! Le rocher en est uvert.

À mon tour je saisis ma lunette et je regardai. ne véritable armée de phoques, — J'eusse dit s « morses » s'ils n’eussent point été dépouvus défenses, — s'ébattait sur le morceau de rocher é par le hasard des convulsions plutoniennes inquante mètres de la rive.

C'étaient de gigantesques amphibies aux beaux

cuirs de bronze. Avec des cris rauques ils jouaient

entre eux, se précipitaient réciproquement à} mer, s'y poursuivaient, s'y battaient, vifs et gra cieux. À certains endroits de l'ilôt ils étaiem amoncelés par tas, vautrés les uns sur les autres,

De temps en temps, un mouvement s’opérait dans la masse molle et quelques individus détachaient du troupeau tout en jouant, s’allaient

jeter lourdement dans la mer. On en distingué

de petits, plus rageurs que les autres, et d'énormes, de gigantesques, véritables «élephant-sea» qui pre. naient des airs de sultans, redressaient orgueil. leusement leur tête luisante dans une cour gracieuse de leur long cou bronzé. J'appris qu cette colonie était mise sous la sauvegarde de | population San Franciscaine et que l’établissemen qui est situé sur cette baie admirable de Cl House les soigne avec un intérêt facile à comprer dre. Tous les ans, au printemps, ils s’en vont: ne sait où et quelques mois après revisnnent fidi les à leur ilot.

Il est curieux de voir les Yankees qui ont fér cement et maladroitement fait des hécatomh de ces animaux dans toute la mer glaciale eta Aléoutiennes, sur les plages aujourd'hui dépa plées de l'Alaska, respecter ces splendides ampl bies dont le poids et la corpulenc: sont absolum remarquables et qui, vraiment, ont des attitui magnifiques, des airs de divinités marines bronze noir comme les sirènes et tritons den fontaines monumentales. Nous les regardinl longtemps s'ébattre se faire des « niches»

toutes sortes, se taquiner. Parfois trois ou qui individus roulaient ensemble en rugissant et to baient dans Jes flots du Pacifique comme une se

masse.

une ge bonnai tiales, |

repris s rocher :

Ce s] rimes d animau; Avec burbain:

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masse. Un formidableclapotisrésultait de sa chute, nt à li M unc gerbe d'eau et d'écume, puis les tètes, déet gra M bonnaires malgré leurs moustaches toute marétaient MR tiales, des phoques reparaissaient nageant et, peu après, les victimes de cette dégringolade avaient repris sur un autre point del'ilôtou sur un second rocher voisin, une place plus tranquille !

Ce spectacle nous amusa longtemps et nous rimes de bon cœur en suivant les ébats de ces animaux formidables et bonasses.

Avec quelques excursions aux autres sites suburbains de la capitale Californienne, tous beaux et entretenus avec un soin auquel nous n'étions bas habitués, bien supérieurs en élégance, et en

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autres, ’opérait idus se "allaient stinguait normes, > Qui pre.

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ppris qu bien rde de hrichesse aux jardins publics de Washington ou lissemenide New-York, nous remplimes nos deux dernières . de Clifiiournées, Le Docteur visita Saint-Raphaël qui, avec

Monterey joue sur cette rive ensoleillée le rôle je nos situations Méditerranéennes. Il en revint nthousiaste de la nature Californienne et le soir, à notre diner du Palace, nous nous livrâmes à de jythirambiques considérations sur les charmes oquets de ce pays qui se distingue d'eclatante açon parmi la grise uniformité des Etats. — Nos ernières minutes sur le pavé San-Franciscain urent employées à visiter la somptueuse installajon du premier journal de la Cité « La Tribune ». amabilité avec laquelle on nous y reçut, la taçon oute spontanée dont le manager editor et le diector nous firent les honneurs de leur vaste builing, avaient, si j'ose ainsi parler, quelque chose e latin. Dans ce coin tout neuf de l’Union, les bitants n’ont pas encore eu le temps de devenir al élevés. Peut-être aussi le beau ciel californien xerce-t-il sur eux une influence particulière qui

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242 D'OCHAN A OCÉAN

les soustrait au panmuftisme habituel de leur compatriotes... bvant et ’ César. 1

Hd le balan

Dans un entretien qu'il avait eu avec le Docteur Mbattaien et moi, le Prince pour se rendre à Vancouver avait Enfin, l: songé un instant au steamer et j'avais vivement Mile couloi appuyé, adorant ce mode de voyage depuis queMmes dou M. de Pierrefeu m'avait « déséléphantisé », mas Tous : les départs du paquebot n'avaient lieu que touMisans parl les 15 jours et la veille mème le steam-boat étatlir par é sorti du port Californien! — Nous allions donitontempl forcément gagner Tacoma par ce plancher si mélgayée de prisé des marins qu'ils l’ont affecté dans leur elons mai prit à l'usage spécial de l'espèce bovine !! obscurit( Nous quittâmes San Francisco à 8 heures diiurut défi soir. Le plus beau spectacle nous était ercoru'une tr. réservé. Notre départ de cette ville, dont le pre rose et mier aspect nous parut si merveilleusement bealourds cu s'effectua en effet sous les reflets d'incendie dit les eau plus admirable des couchers de soleil. Des nuag@oir, une té énormes envahissaient à l’occident le ciel, comm@horreur } s'ils eussent conduit à je ne sais quel sombre ormité dd formidable assaut une armée de fantômes. pandsgoë Ces cumulus d'un noir épais enveloppaieBeur petit d déjà d'ombre toute la partie nord de la rade et ldBous suiva quais de San Francisco très- animés, encombré@uvions s comme à notre arrivée, de véhicules et de passspèce de gers attendant le ferry, étaient éclairés seulememS penchait del: lueur pourpre quiensanglantaitle couchant Be d'un ge Nous jetiämes un dernier regard sur cette vil becs de heureuse et superbe où notre séjour — nousMmpaient sentions tous — avait été de trop courte durée! Mies. Ce Mais les espaces immenses qu'il nous rest} étant encore à parcourir nous forçaient de regarder d@s, pas u Voyait r

| IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 243 > leurs vant et non derrière, à la manière des soldats de

César. Nous prîmes place sur le ferry boat dont le balancier de forte taille et les roues colossales Docteur rattaient déjà, impatientes, l'eau du Pacifique. er avitEnfin, la dernière voiture ayant passé du quai sur le couloir central du steamer, nous nous éloignmes doucement de cette ville charmante.

Tous réunis sur la galerie d'arrière nous fixions ans parler le panorama qui recommençait à s'ofir par étages successifs à notre vue. Nous avions ons donMtontemplé San Francisco radieuse, claire, toute er si méMikgayée des premiers feux de l'aube, nous la voyleur Mons maintenant s'enfoncer par degrés dans obscurité grandissante de la nuit. Le soleil dis-

ivement puis que », mal que tous pat était

cures diBurut définitivement sur notre droite ne laissant it eccoru'une trace indéfinissable. Une légère trainée at le pre rose et d'or et le ciel fut alors la conquête des

ourds cumulus aux tons d'encre. Ils l'envahirent t les eaux de la rade prirent des reflets d'acier oir,une teinte métallique etfoncée. C'étaitsublime . commähorreur grandiose. Le ferry filait écrasé par l'ésombre diormité de ce sombre et dramatique décor et de Les. brandsgoëlands volaient en croassant sur nos têtes. loppaieeur petitcri semblable au grincement d'uneporte, ade et Idous suivait comme un adieu et maintenant nous combréuvions saisir, embrasser d’un coup d'œil toute de passispèce de presqu'ile montagneuse sur laquelle seulemetl penchait, comme soulevée par la main invisiuchant.e d'un géant, toute la ville. Au long des rues cette villis becs de gaz s’allumaient et des reptiles de feu __ nousMmpaient verticalement sur le fond noirâtre des durée! Mes. Ce fut bientôt comme une illumination, us rest étant donnée l’inclinaison incroyable des varder dis, pas un reverbère n'échappait à nos regards ; é voyait monter et descendre les feux de ces

ent beat endie dt es nuag

mignons cables-cars qui continuaient toujours M falloir

toujours à grimper et redescendre les avenues, surfacc L'Eglise et la Citadelle à peine remarquées ik qu'il m notre première traversé: prenaient maintenant RW nous à

de leur masse obscure, une importance capitale voiture Cet antique et pesant vestige de l'occupation es D tenu à pagnole avait de faux-airs de bastille dominant Cette et menaçant la ville. Au pied de San Francisco roues d le port s'illuminait aussi et les navires en radeM la haut aliumaient leurs fanaux de position. Maïs partou RS tendait,

la nuit gagnait, mettait de grosses taches impéné.ÆS frapper trables. Enfin, quand nous repassâmes devant ls Par des ilôts rocheux qui sont tout proches de l’autre rive table une espèce de rideau d'ombre nous déroba la vuel de chine de la g'ande côte californienne et les arêtes de monstru hauteurs se confondirent, s'estompèrent dans hf les deux nuit, perdues. cha dou

Nous entrâmes dans la crique de pilotis, ol s'emboîte tout ferry qui se respecte, avec les der nières lueurs du soir agonisant. Nous n’eûümes qu le temps de gagner un Pulmann, tant le nombre des voyageurs était considérable. L'interprèts arriva, au prix d'eflorts inouïs, à nous grouper l« uns non loin des autres et enfin le train s'ébrank païtit, tindis que la lune montait maintenant l'horizon, chassant à son tour devant elle Île nuages et éclairant le paysage de sa lueur pâle.

Le wagon était bondé, le fumoir lui-même el vahi. Nous eûmes recours à notre système habitué et nous allâmes griller quelques cigarettes sur plate-forme. Vers dix heures le train s'ar'i brusquement ; nous étions sur le bord d’un fleu énorme, grand comme un estuaire. C'était, War des cr eflet, un des points du Sacramento où le coïllige, la ] d’eau Californien commence à s'élargir. Il 4lBmbranch4

reçut s crièrent superbe D Sans les Les bord, leurs gra Un silend Échétif de scène. La lac, un la ut fait u La plup étaient nent éten bordemen

ujours M alloir traverser cette étendue liquide d’une belle renues M surface. Alors s’avança le ferry le plus gigantesque quées à qu'il m'ait été donné de voir. Deux trains de chez tenant, MR nous à vingt-cinq wagons c’est-à-dire cinquante apitale MR voitures plus deux locomotives eussent aisément tion es M tenu à l'aise sur sa plate-forme.

ominant Cette véritable île flottante était mue par des rancisco M roues de côté dont les tambours pouvaient avoir en rade la hauteur d’une maison de trois étages. On enpartoul tendait, dans ces gigantesques boîtes, les aubes impéné- frapper l’eau de claques sonores et profondes. evant ls Par des lucarnes on apercevait la chaufferie, véritre rive MR table gehenne où courait aflairé tout un bataillon ba la vue de chinois nus jusqu'à la ceinture. Des flammes rêtes des monstrueuses dardaient leur langue ardente par t dans les deux hautes cheminées. Le Leviathan s’approcha doucement du bord où une berge de bois reçut sun choc d'’accostage. Les énormes pilotis crièrent comme des damnés... Le paysage était superbe ainsi vu suus les pâles ondes lunaires. Sans les étoiles on eut cru que le jour revenait. Les bords lointains du Sacramento allongeaient leurs grands bois tout bleutés de lumière nocturne. Un silence solennel que troublait à peine le bruit Mchétif des manæuavres s'étendait sur toute cette scène. La aappe immense du fleuve paraissait un

ilotis, où c les der imes que nombttà nterprète ouper l& s'ébranl tenant elle le

ar pâle. lac, un lac majestueux dont la mythologie païenne ême enffcut fait un ‘ils de la nuit.

ehabiti® La plupart d’entre nous avaient quitté les cars et

étaient répandus sur la plate-forme paradoxalenent étendue du ferry. Nous assistämes au transordement. Le large bâtiment solidement amarré jar des crampons d'acier pour éviter tout bascuge, la locomotive se détacha, revint par un mbranchement reprendre le convoi en queue et

tes surl n s'arfl l'un fleu ’était, ( \ le coul r, Il all

240 D'OCKAN A OCÉAN

le fit passer sur les rails du transport, À coté de EL al nous un train de marchandises était déjà installé D raie) et les deux machines soufflaient bruyamiment RE its lançaient de rauqu?s scupirs qui semblaient au Eine. premier abord provenir de la chaudière du ferry D, q

Le fleuve traversé, nous reprimes notre course D, lieu et le lendemain, dans l'après-midi, nous entrions Rp;.1,. + de nouveau dans les montagnes, nous pénétrions ion à dans un décor de hauteurs couronnées de forèt Nous p éclaircies par les coupes. Des torrents passaient D, 3, et repassaient sous la voie, Des sapins pendaient De cassés, abattus, déracinés au long des pentes, ai Wihsca dessus des abimes, parfois à demi recouverts par RD £1, : l'eau bouillonnante des gaves. Le Mont-Shasta ch. pu géant à la robe neigeuse, parut enfin, toujours D, avc aflectant cette forme ballonnée et très étendue qui Btions v ôte un peu aux montagnes américaines de lim: ympia e pression de hauteur que donne, par e:.emple, le moindre pic de nos Pyrénées, La voie du rail-roa avait de très pittoresques écarts ; tantôt nous pas sions au fond d'une vallée et trois heures après nous pouvions voir le chemin déjà parcouru à} ou 500 mètres plus bas; tantôt au contraire apr avoir cotoyé le flanc d’un mont et nous être élevés jusqu'à son faite, nous dévalions en spirale et nous cheminions une heure après à la base du colosse. Toute cette nature rappelait beaucoup nos Vosges. Elle était surtout forestière et ses adorables combinaisons de bouquets d'arbres, de massifs épais, de cascades, de ruisseaux, de tor rents, de pentes abruptes eussent fourni à unt légion de peintres un choix infini d’études. Le tunnels de bois reparurent avec les neiges e nous roulâmes de nouveau dans l’intérieur de ce boisements aperçus déjà sur la route de Pueblo

hose qui lier des 1 poutre acoma et érn pour ptentrion fait qu’u qui est b npton.

Nous étid Tacoma, …spère dé édes Su 1 peine i cial Ass en mais olue, aye

IMPRESSIONS D'AMÉRIQUX 247

oté de M Galt-Lake. Les boyaux artificiels du Southern Pacific astallé avaient pas la longueur de ces derniers. Mais nent, Mcétait surtout dans le trajet de Vancouver à Meent au Mdicine-Hlat que nous devions en voir se conti- Lerty, Bauant d'interminable façon, pendant des lieues et course Mes lieues sur le Canadian Pacific Railway, le Cintrions Pi-Arr comme disent les américains par une abréétrions ation analogue à notre P.-L.-M.

x (orèts Nous passâmes notre seconde nuit toujours dans assaient Ma même nature sylvestre au milieu des senteurs ndaient Bisineuses des pins et nous dévidâmes roc par roc tes, aù W'écheveau embrouillé des Cascades-Ranges. erts pat Enfin nous vimes passer l'importante station de hasta, ct BBulem, puis celle de Portland où nous déjeunâmes toujours BBprès avoir traversé la Colombia River aux prondue qui Bortions vastes, nous laissâmes sur notre gauche de lim Miÿmpia et nous arrivâämes dans une grande cité, mple, kBitie sur une sorte de promontoire où la première rail-roil ose qui frappa mes regards fut le pavage sinous paÿ Mulier des rues et destrottoirs entièrement revêtus es ap poutres transversales. Nous étions enfin à ouru à {coma et nous quittâmes le Pulmzenn du Souire apré Bern pour gagner le meilleur hôtel de cette ville re élevéBptentrionale à laquelle ce fumiste d'Appleton pirale tl5 fait qu'un dédaigneux hommage de trois lignes base du qui est bien la plus séduisante de l'état de Wasbeaucou)ngton.

e et Sous étions jusqu’au Icnde nain soir les hôtes rbres, dt Tacoma, de Tacoia la rivale orgusilleuse et ,de totfospère de l'Anglaise Victoria située Ge l’autre ni à unité des Sunds dans l'île canadienne de Vancouver. des. LM peine installés à l'hôtel, un délégué du Comneiges tMBrcial Association club se présenta. C'était un ur de tien mais qui parlait le français avec une pureté Pueblo @olue, ayant longtemps dirigé à Paris un grand

restaurant. Il était le fondateur et le secrétaire de et gri ce Club commercial, un des mieux tenus que j'ai D qu'au. vus pendant mon voyage en Amérique. Quand on BR tristess songe que Tacoma n'existait pas en 1870, on est D détroit: stupéfait d'y trouver aujourd’hui des buildingsà RS Tacom: six et sept étages et des clubs où l'on monte «iles des

. ascenseur. chênes Il m'offrit et j'acceptai, de me conduire visitrMtrême li

la ville dans les courts instants que nous posé une sor:

dions. Mon guide improvisé, après m'avoir fitL'unitor:

jeter un coup d'œil sur son cercle, me poussa dantompaie:

un électric-car qui grimpait la côte au flanc derevétus < laquelle courent parallèlement les rues de la vil de mer, Bientôt nous vîimes défiler toute une ravissante ci de | banlieue de cottages, de maisons de campagoitout à fait coquettes, aux jardins soignés, et enfin nous défama qui

cendîmes du car au sommet de la côte, au poi où la vue, réellement, était sans bornes, magique et où le regard embrassait un horizon de plusieu lieues.

Je ne puis dire le sentiment qui s'emparad

Doësie de élancol IX esprit tles cha A l'end

mor esprit devant ce spectacle. Il y eut de l'adniBpistrateur ration et aussi un peu de mélancolie.C'est que l'éfBrusquem d'âme, pour parler comme Bourget, qu'engendur lequa

le panorama infini que parcourait mon regaf était essentiellement différent de celui des ba ou des côtes californiennes.

La lumière éclatante des rives du Nouv Mexique faisait ici défaut : les couleurs du pi sage n'avaient pas cet éclat prodigieux, cetteer pération de tous les tons vifs, qui fait du littof de San Francisco à Los Angelos comme une conde édition des côtes italiennes et provença

Ce n'était pas non plus la nature ravagée, 40 dentée, des Cascade-Ranges. C'était cette v

ntier, Ta vec cent 4 ü s'ichev as éloigne ait jusqu lOns arrêt De cette ait À so rt de Ta 1e locom 0 dont les

ire de MR et grise nature du Nord, si tendrement rêveuse ue j'aie qu'aujourd'hui encore mon cœur se serre d'une and on MM tristesse douce à revoir par la pensée, au-delà des on est détroits multiples qui s'entrecroisaient en face de dings à MR Tacoma leurs canaux aux flots d’argent, toutes ces onte Miles des Sunds, couvertes de forêts, de pins, de chênes très anciens dont les cimes, jusqu’à l’extrème limite de ce tableau grandiose, déroulaient une sorte de perspective moutonnante etsombre.

e visiter

S post:

voir fit L'uniformité de ces islands, lestons roux dont s’es- 155a dantompaient à leurs bases ces bois mystérieux encore flanc drevêtus de leur fevillage d'hiver, enfin les rubans

> a ville Wide mer, les chenaux capricieux qui apparaissaient

a vissantiide ci de là miroitant aux clartés ultimes d’un jour

campageitout à fait septentrional, tout cela revêtait le pano-

nous dediama qui s’étalait sous mes yeux de cette intense

au poïiipoisie de l'occident et de cette espèce de grandeur

| magique élancolique, de majesté du désespoir plus chère

plusieu@ 1x esprits amis du rêve que la rutilance positive

tles chatoiements criards des sites Orientaux.

empara À l'endroit où m'avait conduit l’aimable admi-

de l'adnibistrateur du Commercial Club Ja route tournait

t que l'édBrusquement, partait vers le revers même du cap

engendriur lequel s’élèvera, un jour, le couvrant tout

on regii ntier, Tacoma devenue ville de premier ordre

des bavec cent ou deux cent mille âmes. Le moment

ù s'achevèra cette transformation n’est peut-être

Nouve@as éloigné. Déjà les maisons en construction ve-

rs du pit jusqu’à ce point extrême ou nous nous cette exBions arrêtés.

du littoli De cette espèce de belvédère le regard plon-

e une Mit à son aise de tous les côtés. En bas, le

rovençiMrit de Tacoma et quelques steamers amarrés,

agée, 14° locomotive le long des docks courant, sifflant,

cette vi dont les rauques expirations montaient distinc-

tes jusqu'a nous dans la pureté du soir. Puis, l Le St ville avec ses cinq ou six artères principales, son porter City-hall, monument qui n'eut point dépare une JR ‘fau capitale, ses buildings divers, ses churchs, et en. de ul fin, devant des embryons de pelouses, à nos régulie pieds s'élevait un splendide amas de bâtiment On ava que je pris d’abord pour quelque castel, fantaisie pen ue de richissime Yankee. Ce n'était qu'un futur hôtel MR lintéris à ce que m'apprit mon guide, mais quel hôtel! ‘au

— Les rues de la cité, vues d'en haut, avec leurs Dans poutres transversales leur servant de pavés, « B"" °0m leurs trottoirs de bois, avaient pris du mouvement fumée car c'était l’heure où les dernières business cessent alignem etune foule assez compacte remontait vers ces "AU UtS hauteurs, vers ce quartier de petits cottages à l'ex. RS": L trémité duquel nous nous trouvions. Les électric. Ps pas cars, leurs plates-formes envahies par des grappes no

humaines, grimpaient imperturbablement ! Oh!

dans tout ce vaste et neuf pays, quelle honte pour nous que la simplicité, le confort, la rapidité des moyens de locomotion et quelles leçons donnée à no: barbares omnibus où chaque année des mi liers de chevaux sont jetés en pâture au minotaur de la Compagnie générale, tout cela sans conte ter Le public qui trouve,avec raison, inst pportabl l'attente et l'incertitude de ce genre de transport L'heure sonnant à la tour de City-hall, befrt massif et roman, nous rappela que l’instanti diner approchait. Nous revinmes. Songeur j'allais l'œil toujours fixé sur ces forêts dont la mass infinie et rousse s’allongeait, se perdait au loi avec de ci, delà l'acier reparaissant des Sun cerclant comme autant de boucles brillantes ilôts couverts de sapins.

Le lendemain nous fûmes debout à cinq heure

ante. Foi ait une but l'ava Prince, plus vig lon sur vent a our de né Carte d quelle nd vingt an La mer é marrâme ieuse, 14 iilleurs, iron diré

Le Steamer Vancouver, qui devait nous emporter jusqu'à Victoria, partait à six. C'était un antique « sabot », car la veille même un accident

»uis, la es, son

re de machine était survenu à l'un des paquebots Do réguliers qui font le service de Tacomaà Victoria. TO on avait, à cette occasion sorti cedisgracieux bâti- Dress ment tout en roues. Nous pûmes constater que ae l'intérieur de ce débris de l’époque dévonienne eu était aussi peu brillant que l'extérieur.

es Dans le room d'avant une population de gens Res Ne mis comme des cultivateurs ou des ouvriers : une AVS, née épaisse, suffocante, avec, à terre, l'éternel uvement} . , ignements des crachoirs. Dieu que cette vue

s cessent

ontinuelle de ces ustensiles repoussants finit par gacer. L'homme de génie qui guérira le Yankee je sa passion contemplative du crachoir aura plus ait pour l'Amérique que Christophe Colomb.

olomb l’a découverte; mais il la rendra ragoûnte. Fort heureusement la proue du vapeur forait une véritable petite esplanade qui couvrait ut l'avant et, comme le temps était splendide, Prince, qui toujours professa pour le renfermé plus vigoureuse des haines, vint planter son palon sur ce point découvert où soufflait du large vent assez frais. Nous nous ralliâmes de suite tour de son panache lequel était en ce moment 1e carte détaillée de cette région des Sunds dans quelle notre guide se débrouillait comme s’il eût vingt ans de pilotage sur les côtes du Pacifique. La mer était calme, sans une ride et quand nous marrâmes, malgré sa construction évidemment ieuse, le steamer n'eut pas un mouvement.

ailleurs, en cas de grosse houle, j'entendis le ton dire en anglais que nous ne serions pas is sur cette coquille de noix. — Nous nous

vers ces es à l'ex.

électrics grappes ent ! Oh!

onte pou pidité des s donnéts e des mi minotauf ns conte!

» pportabl transport all, befitt instant eur j'alla t la mass ait au loi

des Su illantes

q heurë

éioignâmes tout doucement de Tacoma dont les maisons et les rues diminuërent peu à peu et nous Rpressic pénétrimes dans un large et superbe chenal qui, Riorestic suivant la côte continentale, devait nous conduire de tout à Seattle, notre première escale. nous po Les Sunds sont, réellement, une de: plus belles Mkolenne choses et des plusimposants: qui puissent se ren. hit dev. coutrer. Un silence majestueux, que troublait sel Après le halètement de notre Steam-boat répercute parMans ce de lointains échos, s'étendait sur cette nature sa romont vage. Le chenal avait une largueur considérablele Seat] mais pas assez néanmoins pour nous dérober h:coma vue de cette bordure de forèts qui ne devait nortance, nous abandonner qu'une fois dans le fameux défée En rev troit de Juan de Fuca. Ces bois avaient tout à filhiformes le caractère scandinave. Les sapins alignant leudBieries, à colonnettes hiératiques évoquaient aussi dans Merable. clarté froide de l'aube le souvenir des forcts of: 1: jeté se célébrèrent les cérémonies terribles du cu@Smpatriot odinique. Pas une barque, pas un navire en vucdBurreset sur tout ce décor d'arbres serrés, impénétrabl nulle maison, nulle inanifestation de la presens de l’homme. Par moments le narrow se rétréi sait, alors nous passions à portée de fronde de & rives boisées et nous pouvions juger de l'obsc"ri relative qui régnait sous le couvert des futaies sous l’abat-jour vert foncé des aiguilles des pi Le sillage du bateau allait jusqu'à ces berges dt ses, dont le plan horizental se maintenait pres au ras de l'eau et la vague, se brisant sur les c lautis de la grève, éclaboussait le tronc des arb couvrait parfois d’une dentelle déferlante d'écu ceux d’entre eux qui, morts de vieillesse ou al tus par la main des hommes, squelettes gris tsrreux, plongaient en partie dans la mer. Li

rmes cub mphe, ] lat de

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les divel

ins con a grand Port T on dans \ NOUS tr Jeux cra uérre ru rre, tout

de Mei

IMPRESSIONS D'AMBRIQUE 253

nt les uous MRpression que causait sur tous cette nature mial qui, MRorestière, mi-aquatique l'absence de tout bruit.

dure de tout mouvement, était profonde, et chacun de nous paraissait sentir la beauté particulièrement & belles olennelle et imposante du spectacle quise dérouait devant nous.

Après deux heures d'une marche assez lente Buns ce décor toujours le même, au détour d'u omontoire plus accusé que les autres, le port e Seattle nous apparut. La ville s’'étageait comme coma mais sur une élévation de moindre imprtance, En revanche on y devinait, à de longues et out à iliilormes toitures, une cité de manufactures, de nant leuduries, un port marchand d'une importance con- Si dans erable. Des chinois répandus par petits groupes forcts dir l: jetée attendaient l'arrivée de ceux de leurs du culiBupatriotes qui étaient à bord... Des piles de e en vudiButreset de planches montraient letouscôtésleurs énétrabié@irmes cubiques ou pyramidales. C'est en effet le a presenonphe, le règne du boisdans toute cette région. at de Washington est un de ceux qui, foursent le plus de madriers, de solives et de mâts, en général de pièces de construction à toute non, Très importante est cette exploitation les divers points habités de cet état, l’un des ins connus, mais non des moins intéressants la grande république Nord-Américaine.

Port Townsend, point extrème de la navion dans les eaux américaines du Nord Pacifi- ,Nnous trouvâmes une petite ville de garnison

se rene lait seul cute pat ture sat sidérable ‘rober M evait 16 neux dé:

e rétrétl bnde de l'obse"fl LS futaies s des pi berges D ait pres sur les € des arb te d'eécl

se où 1eux croiseurs américains et un petit bateau Lettes guerre russe étaient à l'ancre. Un personnage mer. Lire, tout petit et orné d'une barbe de fleuve,

+ de Meissonier yankee, me fit demander à

254 D'OCÉAN A CCÈAN

être présente à sonAltesse. Après l'avoir interrogé, main st j'appris qu'il était le Consul américain d'Honolyy Mon, | en ce moment en cong#. Comme la G'estioo Mieux m d'Honolulu était brülante alors et que les paper Qu stean américains en étaient remplis, je demandai porté, il q lui audience et bientôt je le conduisis devant lMous cor Prince qui, avec M. Léandri, assistait, penché syune ter le bastingage, au déchargement des marchandises rends d Je fis ainsi le bonheur de ce bizarre gentleman quMp qui n vint, après avoir causé près d’un quart d'hevriilous allo: avec notre « chief-of-jorney », me remercier dort de ces simples mots : « Thank you, sir, car, l’homme. Le « de l'histoire que j'admire le plus c'est à coup sififtes et, Napoléon ». Il prononçait Napoléoun. Curie domi exemple du retentissement prodigieux qu'a eibparait. jusqu’en ces lointains parages l'épopée extraodill me s. dinaire de ce « grand empereur » qui reste défiiérons c nitivement et sans conteste « l’homme du sièclepe qui,pe Une discussion géographique s'établit sur la ser la patr gnification et l'orthographe du nom méme dByleterre Port-Townsend. J'inclinais pour ville de la fin dites d’oad fin de ville: Townsend.Mais le Prince nous appiiutrance Q que la petite cité avait pris au xvut° siècle le no@ÿ avait il] du marquis de Townsend ou que du moins ire que ; navigateurs ‘de cette époque lui donnaient tits défau cette étymologie. isme fér En quittant Port-Townsend,nous coupâmes dr@ et ce mé à travers l'immense détroit et ,à un certain momeliilété des nous ne percûmes plus les côtes que comme tie point q ligne d’horizon lointaine et indécise. Mais vame dans 4 qu’une terre par l'avant grandit, s'approche. Bintéréts , vent violent souffle venant de la haute merffontinue] nous force à relever nos collets. Je jette les @lis l'insa dans la logette du patron et du pilote et j'aperhde avait — qui? le Prince lui-même, attentif et sérieunte dans

nain sur la barre et l'œil allant de la carte à l'hoon, le Prince qui, tout en causant avec les leux marins de façon familière, dirige la marche ju steamer. Bientôt cependant, las de l'immobike, il quitte son poste et revient au milieu de ous comme nous passions à deux cents mètres yne terre gazonnée et peu caractéristique que je rends d'abord pour une petite ile. Ce n'est qu'un gp qui nous dérobe le court chenal dans lequel usallons nous engäger et arriver droit sur le ot de Victoria. En effet, soudain le navire évoe. Le de woit prévu profile devant nous ses deux

errogé, onolulu estion s papers Mai pour evant le aché sut jandises, man qui t d'heure ercier de

de tes et, tout au fond, la ville anglo-canadienne Curie dominent de hauts édifices à style officiel X qu'à parait. | | e extraodll me semble, je ne sais pourquoi, que nous ceste défiipérons comme une rentrée dans la vieille Euu sièclelpe qui,par extension,en était arrivée à me semt sur la ser la patrie. Ce morceau colonial de la vieille mème dpaleterre m'apparaissait sous des couleurs atti-

e la fin dites d’oasis, après les trente jours de yankeesme jous apputrance que nous venions de passer. Sans doute, cle le no avait illusion ou tout au moins exagération à moins Mbire que nous en avions fini avec les horripiaient toits défauts du 1ractère américain, avec cet isme férocement étalé, cet orgueil cynique de pâmes dr et ce mépris du faible qui rendent au latin la in mont iété des yaukees insupportable. Je ne réfléchiscomme die point que bien des choses devaient aller de Mais volne dans ces deux immenses territoires ayant proche. intérêts semblables, une langue commune et ute metMontinuels points de contact.

tte les vis l'insolence de ces parvenus du Nouveauet j'apef ide avait fini par me peser et surtout je sentais te dans cette colossale nation la force ras-

t sérieux

Re

surante des vieilles luis et des vieux usages. Sa doute ils ont bien leurs mauvais côtés ces code antiques et par endroits vermoulus. Mais les gé nérations qui ont blanchi dans leur minutieusg élaboration, les grands législateurs faiseurs de mondes, comme César, Justinien, Charlemagne ou Napoléon n'y ont pas mis en vain le meillew d'eux-mêmes. L’anarchie ne sera jamais qu'un rère et pour qu'elle eût un sens, une raison d'être, ; faudrait une humanité tout amour où fût génér

quelles c eur ami.

bunal to ondamni tie le cit nsommt aractér is.

Durs Ceu) rterre «

le besoin de sacrifice, d'équité et de dévouement jule et q Aux Etats-Unis la diversité des jurisprudence ous les — qui changent d'un état à l'autre — amène vif 7° MO sorte de désordre anarchique dont les flo a-t-elle ] adroits, les cauteleux faiseurs d'affaires ou [di des $ grands financiers mangeurs d'hommes et de {ii donc tunes profitent seuls dans la plus large mesure db Un délit qui tombe à New-York sous le coupi is

la loi est dans le New-Jersey une innocente pe cadille. Vous prenez le ferry. En une heure,d coquin, vous voici devenu honnête homme, l'ignorant qui vous poursuit devant des jug nouveaux se voit renvoyer à l'école au milieu l'hilarité générale. En un mot le businessman « le roi, le Dieu, sur toute la terre de l'Union argent, toujours et partout, classe les citoye avant toute espèce d'autre mérite. Notez qu' n'y fait nulle différence entre le fieffé voleurq s'est enrichi de la ruine des autres et l'honni industriel dont l'initiative commerciale ou découvertes techniques ont fait la fortune. ; Chacun vous dira que le propriétaiue d grand éte

s ps (cette in

des hôtels les mieux situés et les plus prospères R New-York a commis autrefois quelque ch etde l'es

> no comme unassassinat, et on vous raconterad mbre « Gentr

eux solda ndre deu sdonné 1 ne noussé La pensée sser co nnages ne (oria, te aux rouga nentaux, attirait, D) +! et surto

IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 257 >s, San ss code les gé nutieuse eurs de lemagnt meilleuf d'un rêve d'être, | t génér Duement rudence

elles conditions il fut le meutrier de son meilurami. Grâce à sa fortune, il put acheter le triunal tout entier et se tirer d’affaire avec une ondamnation bénigne. Cet exemple est frappant tje le cite parce qu'on pettle contrôler facilement. nsomme l’image de Ja société Yankee est bien aractérisée par ce trait de mœurs que citent touurs ceux qui ont vécu là-bas : « Si vous tombez rterre dans la rue, quelque grave que soit votre ute et quelque nombreux que soient autour de ous les passants, nul ne daignera se retourner, core moins aucune main obligeante ne se ten-

He at-elle pour vous relever.» Et dire qu'ilyachez Se us des gens tanatiques de ce joli caractère. — >s ou lé l’histoire de la Républi

À de donc un peu l’histoire de la République

méricaine, messeigneurs, et dites moi si depuis

mesurt ss x . y premières luttes avec l'Angleterre jusqu'au

E COPivoi des infortunés colons du Champ d'Asile, en ux soldats de Françe que leur misère eût duü henri) ndre deux fois sacrés,les Etats-Unis ne nous ont OT D donné l'exemple de l’ingratitude et de l'égo- Le D ?: poussés à leur suprême degré.

nie La pensée que nous allions pour quelque temps SR sser compagnie à ces peu sympathiques per- Ds hnages ne pouvait que m'être agréable et déji . st toria, telle qu'elle apparaissait avec ses drater l'E, rouges claquant au vent, ses buildings movoieu Mnentaux, ses casernes et ses parcs, me séduisait, l'honnä . . x à , 'e ittirait. Disons tout de suite qu'au Canada en it et surtout là, dans cette île presque détachée se j grand état colonial par le détroit de Fuca, on taie “D cette influence, cette autorité rassurante des Ro et de l'esprit de la vieille Europe. Il y existe, QUE CB nombreuse, il est vrai, mais enfiu il y existe ontera À

« Gentry », une aristocratie dont tous les

titres à donner le ton ne sont pas des titres des rente et qui sait recevoir à la façon des gentik. hommes d'Angleterre. Partout, en effet, Son Al. tesse fut reçue dans les formes 12s plus courtois

cousue sur l'o sortir & dés, ur

et les plus correctes. Toujours le premier magi Pour trat, civil ou militaire était là, au débarquemert Victori: ou à la descente du railway avec un landau bi charbor attelé et mis à la disposition pleine et entière éd une sor! l'hôte. Souvent aussi le corps des officiers et dsMene dro fonctionnaires se trouvait à la réception d'arrivé]coque h

Et quant au sentiment militaire nous l'y tr}sn renf vâmes très développé : les officiers relativemed" 1 4Vc nombreux menant la vie plus active des garnisor Un va coloniales, passionnés pour leur état. Je rends trous rati volontiers tous ces hommages aux habitants int. Enfi Dominion et je leur souhaite (au rebours d'udii' (‘77e — grande partie de leurs concitoyens) de n'ètre plt4nt, co mais réunis à la grande république voisine. sur lesqu

dans des nous étio

En dehors du loyalisme, cette heureuse tro vaille d'un grand diplomate britannique, le Cana a intérêt, ce me semble, à ne pas s’américani complètement, à garder un peu de ce refiet d£ rope qui ne lui nuit pas, toutau moins dans l'espf des étrangers, ses hôtes.

Il ne fallait rien moins que toutes ces consid rations pour m'amener à contempler d'un & attendri ces habits rouges qui circulaient sur quais du port.

Pour un anglophobe qui, à six ans, lacéral coup de ciseaux le portrait d'Hudson Lowe et vait d'une revanche éclatante à Waterloo, il fall dis-je, ces pensées toute nouvelles, pour faire battre des mains à la vue de deux fouri! d'infanterie de marine qu'on apercevait suf pier, sanglés dans leur petite veste écarlate, t

Victor:

onctionn enal voi omMmerc hinois lu és qui y ä bien lo Uxueuses es de C ar on ne S rues dé nées et Jd laäanquent

cousue de brisques en V et qui coquets, la calotte sur l'oreiile et le stick à la main, avaient l’air de sortir du quartier de Trafalguar-Square, pommadés, tirés à quatre épingles, éblouissants.

Pour pénétrer dans la petite rade qui dessert Victoria nous dûmes faire un écart. En eftet un charbonnier énorme avait sombré là, improvisant une sorte de récif noir qui barrait l'entrée en ligne droite. Ce bâtiment avait la moitié de sa coque hors de l’eau. Il nous fut dit, pourtant que son renflouement était impossible. D'ailleurs nous nenavions point fini ave: le « Vancouver ».

Un vapeur beaucoup plus rapide que le nôtre, nous rattrapa et nous passa effrontément sous le nez. Enfin notre sabot accosta et nous imîmes pied âterre — pied à bois serait mieux, — Victoria étant, comme Tacoma, pavée de poutres énormes

tres des gentils- Son Al ourtoises T7 Mag ‘quement dau bien ntière de rs etd d'arrivé l'y trot ativemel garnison rends trè bitants d purs d'u

ue cr lesquelles roulent les carriages de toute espèce euse tro 1 des nuages de poussières. Dix minutes après nous étions à Driard Hôtel.

, le Canal éricanis se PA ie Victoria est une ville en décadence. A part les onctionnaires, les soldats et les ouvriers de l’ar- PS enal voisin de Port-Esquimalt, la population de ommerciale est nulle où à peu près. Le quartier tail hinois lui-même y périclite et les quelques céleses qui y végètent n'ont pas l'air de vouloir rester ET à bien longtemps. Aucune de ces installations ES aMueuses qui embellissent à San-Francisco les D il fall es de Chinua-Town. Tout semble mort, atteint pour ar on ne sait quel désastre économique. Pourtant Lou s rues de cette ville sont coquettes, bien ali- “en surmress et les jolis magasins à l'aspect anglais n'y

late, t lanquent pas. Mais les trottoirs déserts ne sont

2" PRE 2 pp PR MER ES EE

guère parcourus que par quelques soldats aux claires tenues et par des marins de diverses natio. nalités. Les environs de Victoria, par exemple sont de toute teauté et les divers paysages qu'on trouve aux portes mêmes de la cité canadienne peuvent compter à mon sens parmi les plus beau qui soient au monde. Le grand parc qui domine non seulement la capitale de l'île mais une partie tout entière de Vancouver et le superbe détroit de Juan de Fuca est une merveille d'exposition, On se demande ce qu'eut fait Jà le génie d'un Haussmann, l'habileté d'un Alphand. Les édiles Victoriens on fait ce qu'ils ont pu et ce grand parc presque tout entier de pelouses où les jeunes gens vont jouer au polo est adorné d’un soupçon de boulingrin, d'un petit lac, tout mignon et de cas. catelles un peu simplettes. 11] y a même un em. bryon de ménagerie où s'ébattent des grands-ducs et où se promène un petit ours, lequel, gracieusement, fit le beau en nous apercevant. Nous escaladâmes les dernières hauteurs du jardin public et, parvenus au sommet, en une sorte de bel. védère, nous nous assimes, ayant autour de nous un espace fantastique, un tableau d'une étendue invraisemblable où notre vue se perdait. Justement le jour était pur ; pas une brume, pas une nuée ne nous dérobait un détail de cette inoubliable scène. A nos pieds, vers la droite, à demi cachés par les arbres, les toits de Victoria se devi@. naiert. Et un peu plus en avant le détroit dérou lait l'immensité de sa bande miroitante. Tout at delà de cette véritable mer on apercevait de hair tes montagnes sur la rive opposée. Le Mont Bake dressait au-dessus des nuages son front raviné ol nous distinguions de grands plateaux éblouissanif

IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 261 lats aux

us leur nappe de neige et de glace. Des crevases natlo-

x, des abimes perpendiculaires, zébraient sa xemple obe d'hermine de dessins irréguliers, comme faits S QUO, pastel violet.

adienne Une distance formidable nous séparait de ce 18 beaux ernier fils des Cascade-Range dont la base nous domine chappait, disparaissait dans une teinte cendrée. 1€ PAT, détroit, du sud au nord, ne nous dérobait aue détroit ne de ses beautés et quand enfin nous tournions POSIUO D, repards vers l'intérieur de l'ile, nous demeunie d'un ons admiratits et muets devant l'infinie perspeces édiles LR. de ses grands bois. Des forêts splendides lonand pat nt les contours de l’île et de-ci de-là de gros Ines EM chers émergedient de cette végétation moutonpçon de inte, dont l'aspect eut enthousiasmé un Gustave et dec Sur tout cela planait un ciel sans nuage, EU Enme une voûte firmamentale faite d'un seul nds-ducs oc d'azur. Assis sur un banc rustique fait d’un ) BTAUURE, d'arbre et de deux pierres, nous passâmes nt. Nu, Line demi-heure à scruter toutes les splenardin pu de ce panorama grandiose. Puis le docteur te de bel tit son bussang, moi mon American-pipe et r den, jissimes en silence,monter dans l'air pur, > étendue fumée bleuâtre du tabac français.

ait. Just. jendemain notre but de promenade était

ble Esquimalt.Nous ne fûmes pas moins enchantés inoublis cette excursion que de notre visite au Victoria- 2, à demi rk. La route que suivit notre horse-car était ex- Pe ise et les moindres détails eussent tenté le pin- D1 €

au d'un paysagiste. Elle longeait le Pacifique et ne puis mieux la décrire qu’en disant qu'un ment j'eus la douce illusion de croire nos sites mortels du Rocher d'Avon et de Franchard nsportés, avec les pins mêmes de la forêt de ntainebleau, sur les bords de cet Océan, vérita-

| Tout at t de hau ont Bake aviné 0 louissants

ble Méditerranée par l’azur de ses flots. Entre le spec bouquets sombres des arbres résineux,soudainwy en coin du Pacifique apparaissait et des caps faits de ces pittoresques débandades de rocs s'allongeaient «y seigt pointes fines dans la mer. Le bassin de Port fs de re quimalt forme comme un lac de plaisance, une Prop exquise nappe d’eau sertie de tous côtés danse agré: vert sombre des collines boisées comme une éme. os) raude au fond d’un châton. Trois navires anglais MR Nous petits, propres et bien tenus s'y reposaient, tard ‘PSC que des canots emportaient vers laterre quelques. Lé uns de leurs matelots et des soldats casernésill COnSe leur bord. Tout cela avait un air de fête et d'alfi lant leurs c'était un dimanche; des groupes d'habitants OU ! de jolies maids au bras de leurs fiancés parco- toutes raient les divers sites de ce joli coin ds nat 220 américaine. Seuis — et chose vraiment rare ence k de olan

pays rigoriste et anglican — les ouvriers de l'a senal travaillaient à la réfectiond’un grand bate: charbonnier allemand enterré dans une vaste cak sèche.

Nous revinmes à la nuit tout fatigués de nose calades et de nos escapades à travers les roche et les chaînes en miniature de Park-Esquimil mais ravis de notre promenade et persuadés qi nous venions de voir là l’un des plus beaux sit du monde.

[Il y a beaucoup d'indiens dans l'ile. On les parqués comme aux États-Unis, mais on ne K extermine pas. Au contraire de très dévoués ni sionnaires,catholiques pour la plupart,s’emploie avec une ardeur infatiguable à tenter un relè ment intellectuel et moral impossible de ces m heureux. Le docteur, qui fut visiter une réser tion sise aux portes de la ville, revint navré

bisho , Rouge quérir rebelle Dans 14 bles au nous d europé pays où devaie les pea de chÂl veloppa tions i mées et rencia « ne qure

intre les udain tv faits de aient en Port Es. ince, uné s dans le une éme s anglai, nt, tandis quelques -asernés à e et d'ail habitants, $s par col ds nature rare enté ers de lat and batet vaste cak

de nosé les roche Esquimal suadés qu beaux sit8

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\ spectacle qu'il avait vu et de l'impassible abrutis-

sement, de la saleté croupissante où il avait trouvé ces Peaux Rouges dégénérés. Désirant avoir des renseignements complémentaires il brülait d'avance de rendre à l'Évêque une visite intéressée. Je lui proposai de l'accompagner, ce qui parut lui être agréable, car le savant anthropologiste ne nourrissait pas précisément des sentiments cléricaux. Nous allâmes au matin sonner à la porte du lôgis “piscopal.

L'évêque de Victoria était un hollandais ayant conservé un vague accent de terroir et fort accueiilant. Son boy, un chinois, nous ayant laissés nous morfondre une bonne demi-heure, il nous fit toutes ses excuses et se mit à l’entière disposition de mon savant compagnon.

J'en suis désolé pour les « bons amis » du prince Roland Bonaparte mais la parole du révérend bishop fut peu indulgente à ces tristes Peaux- Rouges. Il nous les représenta comme lents à acquérir le moindre perfectionnement, comme rebelles à toute espèce de progrès civilisateur. Dans les premiers temps, nous dit-il, nos charitables auxiliaires, ladies et gentlemen de Victoria nous donnèrent, pour leur usage, des costumes européens, des complets, des vestons qui, dans ce pays où le froid sévit avec une certaine rigueur, devaient leur être à mon sens, bien plus utiles que les peaux primitivement préparées et les débris de châles ou de couvertures dans lesquels ils s’enveloppaient. Or qu’advint-il quand nos populations indiennes du littoral furent ainsi transformées et que la couleur seule de la peau les différencia des pêcheurs canadiens ? Çes malheureux ne purent jamais comprendre que ces vêtements

264 D'OCHAN À OCÉAN

devaient en de fréquentes circonstances être re. tirés. Ils couchaientavecces complets,ils faisaient partie intégrante de leur individu et, chose plus étonnante encore, lorsque leur principale occupa. tion, la pêche, les forçait à se mettre à l'eau, ils ne se séparaient pas de leurshabitset les laissaient sécher sur leur corps — d'où des maladies terri. bles et une véritable épidémie de mortelles fluxions de poitrine ! Vous pouvez juger par ce début de l'état d'esprit de ces pauvres gens. Au point de vue religieux, nous les catéchisons de notre mieux et, sous ce rapport, nous avons pu leur faire faire quelques progrès, mais je le répète tout cela est pénible, pénible. Quant à chercher parmi eux des bribes quelconques de tradition ou d'histoire, n'y songez pas. Ils paraissent avoir été — par le peu que nous avons pu déduire de leurs indications — adorateurs du soleil et de la lune — cette théogonie primitive entre toutes.

Le docteur parut un peu décontenancé devant les affirmations de l'évêque.Nous remerciâmes de tout cœur ce prélat obligeant et le lendemain matin le docteur retourna à la fameuse réservation, voulant tenter quand mème d'extraire de ces cervellesindiennes quelques renseignements,quelque lueur éclairant le passé des premiers habitants de l'ile. Un américain qu'il rencontra et qui parlait la langue de ces Peaux-Rouges se mit obligeamment à sa disposition. Mais, malgré cette aide précieuse et sa sagacité patiente, le docteur revint... comme il était parti et désolé de l'incurable et torpide abrutissement de cette race appelée à bientôt disparaitre.

Une grande soirée devant être organisée en fiveur de son Altesse chez le Gouverneur de l'ilele

Prince « et qu'u Pierrefe pour vis ameuse endez-v je tous

usqu'ici, suisse Je montagn ascadeais tout rétentio ôtels de anfis et antés ; O jute vape neux ab jes domi bnsion bi

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IMPRESSIONS D'AMÈRIQUE AE

Prince décida que notre « party » se scinderuit, t qu'un détachement dont nous fûmes, M. de Pierrefeu, M. Topinard et moi, s'en irait en avant our visiter, dans les Rockys canadiens, Banfis, la ameuse station thermale, Banffs-hot springs, le endez-vous mondain ( en espérance du moins) je tous les touristes américains et anglais qui, usqu'ici, ont le mauvais goût d'aller chercher en uisse les beautés impressionnantes des pays de hontagne. J'ai déjà dit à propos de Denver et de ascade-Ranges, moins célèbrés par les guides, ais tout aussi intéressantes, quelles étaient les rétentions américaines à ce sujet. Dans tous les ôtels de New-York à Tacoma des tableaux de anfis et des environs nous avaient poursuivis, ntés ; on y représentait tantôt des trains filant à ute vapeur comme suspendus le long de vertineux abimes tandis que des sommets fantasties dominaient les arrière-plans, tantôt des susension bridge enjambant d'invraisemblables capos. Tout était accumulé 1à torrents, ponts de able, cascades, glaciers. Tout jusqu'au ciel innloù zigzaguaient des éclairs. Parfois un effet lune remplaçait l'eftet d'orage, mais toujours, sédante et sempiternelle, cette vue de Banffs, urait après nous, ne nous lâchait qu’à la sortie in hôtel pour nous sauter aux yeux dans le chain hall. Banffs ! Banfifs! banffs ! Banffs! ever |

e bateau qui nous prit à Victoria nous emporta nuit, vers onze heures. Le Prince et M. Léandri rent en habit noir nous serrer la main et nous e les recommandations d'usage. Nous nous provisimes Mr. de Pierrefeu commandant, opinard Geographical Surgeon et votre ser-

nn

viteur Treaturer and painter. Ainsi classés, now

| nous rendimes au bord du steamer qui faite a service de Victoria à Vancouver. C'était un ravir en d beaucoup plus confortable que le Vancourer. ; pur quoi d'ailleurs il n'avait qu'un léger mérite, [4 aprè docteur £#t moi fimes choix d'une cabine c<oafor. du P: table et bientôt, car la nuit était tiède et cléments le Do nous fumions la cigarette française assis sur le Ma

rebord de nos couchettes dans l'abandon d'n chette simple appareil et nous bavardions agréablement

% sans fatigue... évoquant à cette énorme distance 2. du boulevard des Capucinestoutes sortes de bom jumel souvenirs parisiens... Minuit sonnant à la tow tacle du Driard-hôtel nous rappela au sentiment de

Jusque

l'heure. Que

Mon compagnon disparut sous ses couvertures:

quant à moi j'essayai vainement de lire un vil Héruild de Salt-Lake retrouvé dans une dem poches. Enfin vaincu, les yeux brouillés, je m laissai aller au sommeil et, après avoir tour la manette de la petite lampe Edison,je m'endormi à mon tour profondément.

Au matin, un long coup de sifflet, je saute à bi de mon lit: le steamer longe une côte si proch que nous recevons l’ombrage des sapins form la bordure de ce littoral, tout à fait sauvage: plus désert peut-être que celui des Sunds à Tacoma. Des arbres énormes s'élèvent au bo de la mer, enchevêtrent leurs branches, form d'impénétrables et sombres halliers. Les ford de la Pacific canadian coast sont d'une beautés sissante et la vue en est sévère, presque religieu Comme entre Tocoma et Port-Townsend, le lage du steamer allait battre le pied des gra pins et le bruit de cette espèce de jusant sur &

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rives pierreuses nous arrivait grossi par l'écho de ces bois épais. Pendant un bon moment, penché en dehors du hublot, je respirai l'air infiniment pur et parfumé qui venait des massifs résineux après s'être rafraichi un instantau contact des flots du Pacifique ; puis je me mis en devoir de réveiller le Docteur.

Mais, comme j'écartais les rideaux de sa couchette, je constatai que l'excellent anthropologiste avait filé depuis longtemps, évitant sans doute de faire le moindre bruit. Il était sur le pont, sa jumelle à l'œil et tout à fait conquis par le spectacle de cette nature solitaire et mélancolique jusqie dans l’exubérance de sa végétation.

Quel splendide tableau, s'écriait-il, en embrassant du geste le littoral que bordait à l'infini, une

double haie de frondaisons compactes.

Pendant une demi-heure encore le steam-boat longea ces bords pittoresques puis soudain un vaste quai le long duquel courent des locomotives.

} Toute une gareest là au bord de l'eau,destrains de

ballast, des wagons de marchandises, des amoncellements de bois de construction, d'immenses tas de charbon, enfin tous les dehors d'une station de premier ordre au point de vue maritime et continental. Et derrière ce mouvement, ces croisements de rails, ces docks, ces garages, ces prises d'eau, ces grues, une ville confuse et disséminée, - C’est Vancouver.

Vancouver est une escale extrêmement impor-

fhnte des transpacifiques. On descend là en arrivant

du Japon si l'on veut traverser directement et sans changer de voiture tout le continent Améri-

juin, par le Canadian-Pacifie-railway Le C. P.R. est en eflet le point de départ du seul transcon-

tinental, au sens vrai et direct du mot de l’Améri.

que du Nord.

lusternent, comme nous approchions, M. de Pierrefeu qui, plus tardif que nous,venait seulement d'achever sa toilette matinale, nous fit remarquer un grand steamer, admirablement bitiet fort élégant de formes qui était à quai. Des cristallisations salines décor.ïent ses cheminées comme le givre qui,l'hiver, dessine sur nos vitres le caprice de ses fleurs fantasques. Il sortait cvi. demment de la grosse mer et il avait dû essuyer quelque gros temps. En approchant nous reconnümes un transpacifique sur le pont duquel deux cents émigrants chinois environ nous regardaient amarrer. Aussitôt à terre et nos billets pour Banfs pris, nos bagages enregistrés, nous courûmes pour visiter ce specimen de l'architecture navale américaine. Nous dûmes convenir que cetranspacilique était aussi bien tenu: que nos grands steamers. Salons, Dining-room, escaliers, cuivres, bois, marbres, tout ‘tait de bon goütet la propreté extrême qui rcrnait partout attestait l'excellence des « waiters » chinois.

En effet, tout le service intérieur du navire était fait par des Célestes. La cuisine paraissait excellente à en juger par le menu qu'on me remit et les plats servis sur une des tables de la salle à manger où allaient dans un moment diner les passagers de première. Les cabines étaient plus spacieuses que les nôtres et les lits plus larges, ce qui vraiment devrait servir d'exemple à n0 travsatlantiques sur lesquels les couchettes,mème dans les cabines les plus vastes, sont, en somme, d'une ridicule étroitesse. Tout le personnel de ce bateau était fort poli, bien stylé et prévenant.

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J'eus u nous € cisco hama e Si le plaidé « avec as qui, d'a peu aur.

nos bille c'est éga coquet, quelque par la À jaborde:

Les en rimes n° sur lesqu Jeurs trot e mouv essants 1 t du nat jon moir ases, da ncore à | scolon mple d Quart yonnair asun pa out dépe gne du J4

aisons cd illionnais

J'eus un instant l'idée de proposer au docteur de nous embarquer sur ce steamer jusqu'à San Fran-

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M. de cisco pour repartir ensuite et revenir par Yokoseule- hama et Shang Haï.

fit re- Si le Prince Roland eut été là, j'eusse peut-être bâtiet plaidé cette cause du retour par l’Extrème-Orient S cris avec assez de talent pour convaincre Sou Altesse minées qui, d'ailleurs, était toute convaincue et pour un s vitres peu aurait accepté ce mode de retour, mais enfin ait évie nos billets étaient pris. En route pour Banffs.Mais essuyer c'est égal, beau transpacifique, marcheur rapide et s recon- Mcoquet, je ne t'ai pas dit le dernier adieu et si el deux quelque Jour je puis men passer la fantaisie,c'est rdaient par la Californie et sur ton pont coquet que r Banffs Baborderai l'Amérique !

es pour Les environs de Vancouver que nous narcoule amé- rimes n'ont de curieux que leurs grands arbres

sur lesquels on a tout dit. Ces géants forestiers et eurs troncs extraordinaires, sur lesquels peuvent e mouvoir à l'aise vingt-six hommes sont intéresessants mais au point de vue spécial du géologue tdu naturaliste. La hauteur de ces begs trees est jon moins anormale que leur largeur, et leurs ases, dans les rares endroits où on les rencontre ncore à l’état de groupements, forment comme scolonnes d’un édifice surhumain de quelque mple du rëve..… |

Quart à Vancouver ville, c'est une cité emyonnaire. Le commerce y prime tout. Ce n’est asun pays de flâneurs, d'oisifs ou de rentiers.

acifique eamers.

s, bois,

t excelremit et salle 4 iner Îles ent plus

rues, cé

à nos Mout déoend de ce raccordement du C. P. R. à la ks, même ne du Japon et le chiffre d'affaires qui en résomme, Mlte est formidable. Il y a à Vancouver des el de ce Maisons colossalement riches. Pourtant tous les

svenant MMillionnaires qui ont là la source de leurs richesses

n'v habitent guère et redescendent bien vite de et bi cette stution brumeuse, vraie rail-road city, verse rires. Paradis terrestre de Los Angelès et des rivages facil Californiens., On distingue dans cette station rely abor tivement ancienne, pourtant, un quartier elégant l'on 1 qui sort de terre, un quartier commerçant fait de Ap cinq rues assez animées mais coupées à tout bont cinq de champ par un crossing où défilent d'intermi. vint | nables convois, tandis que carillonne la cloche de petite la locomotive et que s'opèrent avec une lenteur neige prudente toutes les manœuvres ordinaires de vers | grandes gares. voie f Vers trois heures, nous nous dirigeimes ver formé l'embarcadère du canadian Pacific. LA beaucoup des tr. de monde, toute la malle d'Extrème-Orient, Del ciel. anglais, des allemands, des japonais enfin tune Nous

armée de gêneurs qui sûrement allaient envahit mais 1, en raugs serrés les Pullmann. Quelle malechanceR rendu « R Jusqu'à Banffs, les cars allaient être bondés et quil de troi LU sait si même nous n'allions pas être séparés le ches di | uns des autres, isolés dans cette abominabl nous dé cohue. À ce moment une véritable marée mo tributio tante de célestes envahit la gare.C'étaient les ém nous e grants déjà entrevus sur le pont du Transpaciliqueé positior Le chef de gare ou tout au moins le personn@@ouren qui me parut remplir ces fonctions m'apprit Qi put trou ces chinois — ils étaient 300 — s'en allaient à fer pic: Havane pour y fabriquer des cigares. Un industrié les avait engagés et trois grands wagons de coloni allaient les emmener jusqu'au port de :’Atlantiq où les devait prendre le steamer chargé de conduire enfin à destination. Tous ces chino quoique vêtus de cette sorte d'uniforme, blo et pantalon gros bleu, que nous avions déjà remd qué, me firent bonne :::5 e+sion, ils étaient prop

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IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 271 et bien tenus: leurs figures s'échuraient de joyeux rires. Le Chinois comme l'anglo-saxon émigre facilement et l'avenir inconnu ne l'inquiète pas, 1 aborde sans chagrin la rive étrangère, Là est, si l'on veut, la supériorité colonisatrice de ces races. Apres ‘ne pose interminable, le train, vers cinq heures seulement, se décida à paraitre. Il vint poussé en sens arrière par sa machine, une petite locomotive, tout en cheminée eten chasseneige et construite évidemment pour courir à travers les pentes, les viaducs, les spirales d'une voie ferrée dans un pays de montagne. Il était lormé d'une suite de Pulmann magnifiques et

des trois colonists cars destinés aux fils ciel.

du

Nous nous hâtîmes de chercher des cases libres mais le flot des voyageurs du paquebot avait rendu cette tâche difficile et ce ne fut qu'au bout de trois heures d'eflorts, de questions, de recherches du porter en un mot d’une peine infinie que nous découvrimes le nègre au courant de la distribution définitive des birth. Le docteur et moi nous eûmes un box situé au centre du wagon, position très recherchée des américains qui y trouvent les cahots moins durs. M. de Pierrefeu put trouver non loin de nous une birth inférieure et bientôt enfin, tranquillisés sur le sort de notre nuit prochaine, nous nous réfugiâmes au fumoir. Ces Pulmann du C. P. KR. étaient d'un luxe et d'une élégance remarquables. Toutes les boiseries du wagon étaient de pitchpin et d'olivier qu'incrustaient des ornementations de nacre, d’ivoire

kt de malachite. De petites colonnettes de chêne clair, véritables merveilles d'ébénisterie, séparaient

les vitres jumelles des croisées et, sur les pan-

neaux qui s'érigeaient entre les colonnettes, de petits miroirs, le b'seau entouré d'un dessin re. naissance en cuivre repoussé, s'agrémentaient de devises latines dans le goût de celle-ci: Tam est J'ajoute d'ailleurs bien vite que ce miroir n'était rien moins que #uum, étant rivé à la paroi du car par de solides écrous. — Au centre du Pulimann, un espace, où les banquettes destinées le soir à se transformer en matelas étaient placées dans le sens de la longueur.

Ceci faisait au cœur de la voiture un vide assez pittoresque. De tous les côtés l'œil ne se posait que sur de véritables chefs d'œuvre d'ameublement et de sculpture sur bois. Jusqu’aux lampes à pétrole dont l'enveloppe ouvragée dépassait en richesse tout ce que nvuus avions vu jusqu'ici, Quant au fumoir c'était un amour de petite pièce carrée à angles égaux donnant droit sur la plate. forme d'arrière du wagon. Une grande glace en faisait le fond, reflétant les détails du paysage qui semblait ainsi s'en aller en sens inverse. Nous nous assimes brisés, tatigués de cette attente debout, dans la station du C. P. R. Bientôt nos trois pipes sortirent comme par enchantement de nos poches et nous fimes l'essai du tabac américain dont le docteur avait une provision. Une épaisse fumée remplit bien vite le Smoking-room et les deux américains qui avaient supporté jusque li ce nuage de nicotine battirent en retraite nous laissant seuls. — C'est tout ce que nous voulions Nous en profitâmes anssitôt pour ouvrir une fené: tre, donner un peu d'air et regarder la route que nous suivions.

Cette partie de la Colombie anglaise u'oflrit jusqu'au lendemain que ‘des perspectives assez

bana quin dans ry la de l'h défini sur ce rivière à nègre deman du trai gauche faisait pas à mr Au n marche fois mo des cha tout po mes da les affid

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banales et peu accidentées. Après New-Westminster

pe de qui nous apparut comme une asséz grande ville u ns dans la nuit tombante, nous passâmes sur un fer- He ryla Frazer très élargie par les dernières pluies 0e de l'hiver, et quand le transfert sur l'autre rive fut | pue définitivement effectué, l'obscurité s'étant faite lmann, sur cette nature colombienne, ses forêts et ses trie rivières, nous gagnâmes nos couchettes que le daus le MR ere avait dressées sans attendre que nous le lui demandions et pour ma part, malgré les cahots Je assez 1 train qui me jetaient de droite ? gauche et de e posait gauche à droite, parfois avec une violence qui me meuble- faisait craindre une dégringolade, je ne tardai lampes pas à m endormir. | | | | SES Au matin la petite locomotive avait ralenti sa usqu'icl, marche ; nous filions à travers une région à la te pièce fois momagneuse et forestière. De temps à autre a plate des chaines plus hautes arboraient des sommets Lace en MR 1°"! poudrés de neige. Enfin nous nous enfonçä- Fe qui mes dans la région tant vantée par les guides et D Ni les affiches du C. P.R. Vraiment au début nous Le di fimes subjugués ; entre detix murailles iminenses, nos icoN dans l'intervalle de deux montagnes gigantesques,

toujours au fond de quelque entonnoir diabolique, letrain continuait sa marche, serpentait, tournait les contreforts tandis que, torrentueuse mainenant, la Frazer roulait à toute vitesse dans la direction opposée à la nôtre. Les monts se siccéjaient comme dans un panorama mouvant dont quelque génie artiste et capricieux eut déroulé la oile.

Pendant plusieurs heures cet aspect tourmenté, inistre parfois, du paysage ne varia pas. Nous franhissions de temps à autre la bouillonnante rivière ont la voie suivait à peu près également le cours

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274 p'OCÉAN A OCÉAN

sinueux. Parfois nous étions plongés dans une ombre assez épaisse et nos cars rasaient avec fracas la base des parois verticales d'une colline, De temps à autre un lac apparaissait, tantôt ctroit, noir, comme étouffé par la masse énorme de l'é. cran granitique qui iui dérobait les rayons du soleil, tantôt plus large, se dessinant d’une façon inpo. sante et allant au-delà de la limite étroite de notre horizon baigner le pied d'autres montagnes dont nous apercevions le sommet au loin, Il y en avait d'exquis, de ces petits lacs, de bleu. âtres, immobiles, figés pour ainsi dire dans 1 léthargie de leur nappe d'indigo et que n'animait même pas le vol d'une poule d'eau où d'un canard sauvage. D'autres évoquaient le souvenir du Ben Lothian et des gracieux lacs de l'Ecosse. ‘)n en voyait de clairs où se reflétaient comme dans un véritable miroir les pentes boisées des Canadian Pacific mountains. Rarement même j'ai vu cette réflexion de l’eau cristalline des lacs de montagne produire de plus Jolis effets,

Quant aux stations, elles étaient généralement circonscrites à quelques bâtisses où gisaient des bücher®ns, seuls hôtes, avec les ours, de ces régions boisées et elles marquaient un léger intervalle, une trêve de quelques minutes dans le défile ininterrompu des Ossas et des Pelions de cette picturesque and scenic line. Tous les accidents de terrain, on le voyait, avaient été couverts d'une végétation splendide mais la hache du pion. nier et la soif de gain du colon avaient littéralement massacré ces familles superbes de hôètres, de pins, de bouleaux. Pour un arbre resté droit et indemne on pouvait compter viagt tronc coupés barbarement à environ un mètre au-dess

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du sol. Dans un avenir qui n'est pas éloigné, soit que l'on veuille reboiser cette contrée forestière, soit qu'on veuille lui faire appliquer d'autres genres de culture, les souches constitueront un obstacle énorme à toute espèce de travail et l’extraction en sera ruineuse.

Malyré la Saint-Barthélemy des bücherons il restait encore assez d'arbres debout pour donner à distance l'illusion d'épaisses forêts. Ce n'était que tout près qu'on se rendait compte des ravages inappréciables dont tout ce riche sol forestier a été et sera la victime. Des arbres bétement coupés puis abandonnés avaient roulé par endroits et pendant au-dessus desprécipices, ou à demi-noyés sousles flots bouillonnants de la Frazer, formaient de-ci de là de véritables petites écluses. L’odeur du pin flottait dans l'air et je la respirais avec délices. Nous franchimes à bonne allure les stations d'Agassiz, de Vale, de Tranquille et la gare plus

considérable de Kamloops.

Les lacs continuaient à défiler comme dans un kleidoscope magique. I] en parut un, petit,

sombre, entouré presque partout de murailles à pic et qui avait un faux air d’entrée du lartare avec son eau noire qui pourtant reflétait mais en Jui donnant des tons tragiques le ciel bleu dont

a nappe s’entrevoyait géométriquement coupée par des sommets.

Un courant d'air frais nous enveloppa tant que jous lotigeâmes cet étang sinistre dont le nom qui est je crois Praiyellachie a quelque chose l'étrange. La voie s'arrondissait autour de cette wette nettement cerclée, Nous allions par coures successives et à chaque instant dans le cintre évitable des mouvements du train, nous aper-

cevions la locomotive et les premiers wagons tournant comme dans un manège.

Pour nous consoler de ce tableau véritablernent mortuaire mais d'une horreur toute paienne « suggestive nous eûmes les rives lumineuses d'un miroir-lake. Ce miroir-lac est-il bien celui dont parlent les guides! Je n'en sais rien mais à coup sûr c'est l'un des plus jolis de la ligne du grand Canadien.

La chaine des Rockys,ici, se dessinaitsoudamnet à perte de vue c'étaient toujours des monts, des monts et encore des monts que Île regard découvrait ; il y avait autour de ce lac comme une gra. dation dans la hauteur des éminences. Et l'éten. due de cette eau absolument semblable à une glace n’avait à refléter que des monticules gracieux qu ne l'écrasaient pas de leur poids ou de leur om. bre. Ravis de ce spectacle M. de Pierrefeu, le docteur et moi-même, dans un accès de gaminerie . bien français, décernâmes un ban à ce tableau pur et lumineux. Maïs l'une des plus belles scènes de cette longue suite d'accidents de terrain fut cel que nous offrit un des Cannons de la Frazer : pour ajouter encore à la grandeur sauvage de ces déchi. quetements du granit et qu'on put découvrir deplus haut cette gorge effrayante la Compagnie avait fait élever une sorte d’observatoire en bois avec garde-fou et qui était soi disant destiné à empêcher les accidents que le vertige eût pu produire. Quand le train s'arrêta pour la visite traditionnelle à cet Albert-Cannon, je sautai sur la voie et me récria aussitôt sur la grandeur du paysage. Deux pics imposants partaient du niveau même de la voi et s'élancaient environ à une hauteur de huit cents

à mille mètres; entre ces deux pics vers l'ouver:

ture où devinait Iprévoy at

Tout le t

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ondeur, :

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jstinct,

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ture où se dessinait un triangle de ciel bleu, on

EU rinait un abime, C'est là que le belvédère des tes prévoyants barnums du C. P.R. avait été établi. unie Tout le train courut en escalader les marches de sd bois y compris les 300 chinois qui s y précipitèrent Nu bousculant avec de grands rires enfantins. ace e docteur toujours agile y fut le premier et nous û grand rinpâmes derrière lui l'escalier de sapin. Une

ois sur la plate forme, nous reculâmes vrainent ascinés par l'horreur du spectacle qui se creu-

udain et ne | !

ait là, Sous nos yeux, à trois cents pieds de pro-

nts, des Du nl ds US En ondeur, ausein d’un ravin tout hérissé d'aspérités décou-

ocheuses, le torrent, avecdes bonds fantastiques,

1ne gra- 0 , Q ®

+ l'éten si, — broyé dans l'étreinte de pierre de la jontagne filait éperdu avec un rugissement con-

ne glace :

nu et dont ie bruit répercuté par l'écho des arois à pic nous arrivait lointain et cependant istinct,. Cette tranchée qui pouvait avoir cinante mètres de large à sa surface supérieure vait en compter de vingt à vingt.cinq à sa base. n peut donc se rendre compte de l’ettet prodieux que produisait le brusque plongeon du gard dans ce gouiire presque dérohé au sein n des replis de cette nature accidentée,insoupnné quelques pas plus loin. Des touristes avaient Is des pierres et les jetaient dans le précipice fond duquel elles mettaient bien de six à huit ondes en moyenne pour arriver. — Tous, eurons,asiatiques,restaient émerveillés devant cette Boure colossale de l'enveloppe granitique du

1eUX qui leur omefeu, le aminerie bleau put cènes de fut cel er : pour es déchi.

ir de plus avait fait Avec garmpêcher >, Quand

lle à cet | , 0 canadien.

e récriil | | | deux pics Un ne se lassait pas d’exaininer les deux rebords La voie: descente et leur brusque chute faisait l'objet Cao remarques de tous.Quand de cette profondeur egard se portait sur les deux pics voisins | l'ouver: g portait s P e

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