‹ D'océan à océan [microforme]Chapitre 15 sur 34 · RIEL · texte numérisé non relu

RIEL

Ainsi reposaient là les restes du dernier héros ie l'indépendance canadienne, de celui qui chercha à débarrasser son pays de l'étreinte anglaise, qui ordialité toi ouleva les métis ses frères et suscita un mouvens s'y formient insurrectionnel dontsérieusement s’inquiéta nds drapeaï}n moment la puissance britannique. charpente il Îl ne tint pas à lui que le Dominion fût tout au ver condiioins morcelé et que le visux Canada français ne

ce petite vil evécut après un siècle de soumission à ses conà à l'abri WBuérants. On sait qu'il fut d'abord, en un combat, es, ce métBainqueur des milices Anglo-Canadiennes et qu'en

e quinquim était rendue nger sa tête x délayage.

vaut mieur malpropre, s, D'ailleurs, errière Winer et forme ébordé quel e une région ondée. llnÿ > l’eau del outume.

d Bonapart se rendit!

que de Saint divin célébn Dp > fit ànt

cette occasion le commis, le placier quelconque de la maison de Philadelphie venu au moment précis de la bataille pour lui livrer une mitrailleuse fut forcé par les circonstances de se conduire en héros et fit l'essai de son engin meurtrier aux dépens des troupes gouvernementales.Riel, d'après tout ce qui nous fut dit, était un esprit généreux et un homme d'indomptable courage mais mal équilibré et incapable de donner à la lutte la taille qu’elle réclamait. Il eut des lieutenants qui lu

étaient intellectuellement supérieurs et lors de son

premier voyage à Québec le Prince Roland Bon: parte s'était fait présenter l’un d’eux. D'ailleurs toute cette affaire de Riel est pleine de dessous, Les canadiens français —non métissés —se désintéressèrent d’abord absolument de la question. Puis, comme partout, l'or anglais opéra mervei! leusement et il est à peu près certain que le parvre et vaillant métis fut plutôt vendu que pris de vive force. On sait son agonie, et l'année entitre pendant laquelle la cruauté du pouvoir britau-

nique lui fit attendre l'infamante potence. Cek

révolté n'était pourtant pas un criminel et il eut mérité tout au moins le peloton d'exécution, k tin d’un soldat.

Quoi qu'il en soit, Riel personnifiera toujours} pour l'avenir la lutte des derniers sangs-mélésl

français contre l'influence anglaise. Aujourd'hui le ventest à la réunion aux États-Unis. Les Anglo Canadiens y trouveront leur compte. Quant au Canadiens français le gouvernement de Washing ton leur fait des avances, affecte au point de vu catholique de les avoir en grande tendresse € fait à leurs prélats et à leurs prêtres quand il viennent sur le territoire de l'Unior un accutl

écrasé aux 7

Iconque adroit et flatteur. Cette conduite des Yankees n'est mous pas sotte et il se peut qu'elle ait avant longiemps rrailleuse des résultats. Riel aura donc inutilement versé Faute “A son sang et celui des métis ses compagnons de ER AU lutte, Cette race n’a pas la tenacité et le sens d'or- 1, d ue ganisation assez puissants pour tonder au Nord de DEAR l'Amérique un état indépendant de langue frannr mal çaise. Puis ces malheureux sont trop peu et trop te la taille pauvres. Sans ces deux défauts primordiaux il y ts Qu'il it belle lurette que le Canada du Nord-Est lors des it échappé à l’étreinte des « goddem. » En Land Bons attendant le loyalisme cette trouvaille pclitique D'ailleurs D Foreign-Office maintient superficiellement tout de ee au moins les sujets anglais du Dominion, quant

aux Français ils finissent par ne plus trop savoir de quel côté se tourner. Ils ont conservé centre nous une dent terrible, une molaire séculaire qui date des fameux arpents de neige de M. de Voltaire. [ls haïssent cordiaiement les Anglais qui ont écrasé autrefois leurs phalanges réduites et quand aux Yankee ils ne les comprennent pas. Ainsi perplexes, la majorité d’entre eux se rallie à leur clergé composé d'hommes intelligents, éclairés. Une indépendance et surtout des mœurs démocratiques et égalitaires qui pourraient servir d'exemple à nos ecclésiastiques français, une union toute familiale entre tous les membres de ceclergé depuis l'archevêque jüsqu’au plus humble desserant, tout cela donne aux prêtres canadiens une orce prodigieuse. Leurs ouailles en effet ne se ontentent pas de les respecter elles ies aiment omme des pasteurs fidèles, vigilants et simplehert dévoués — Mais que les évêques canadiens rennent garde aux États-Unis et qu'ils se rapkllent l'histoire du loup et du petit chaperon.

[a question.

ra merveil:

que le patque pris de nnée entièvoir britanotence. Cek nel et il eut kécution, l

ra toujours san gs- mêlés!

\ ujourd'hul Les Anglo Quant ali e Washing point de vUf tendresse € es quant l à un accut!

Le

« C’est pour mieux te manger mon enfant, ; dé

Nous quittûämes à regret Winnipeg. Le Prince to Roland parut fort touché de l'accueil qu'on lui m avait fait à Saint Boniface et dans ce petit sanc- Ja tuaire de l'influence et des traditions françaises vit situé aux portes mêmes de la ville aux eaux rous- dat ses. M' Léandri était ravi d’entendre parler fran: pre çais et de retrouver un morceau de la patrie, M' du de Pierrefeu et le Docteur trouvaient la vie agréa- arn( ble et quant à moi le Manitoba-Hôtel depuis que M vue son administration mettait son meilleur cheval à Ver ma disposition m’apparaissait comme une succur- pass sale du Paradis terrestre. Néanmoins il fallut par: ble « tir et nous reprimes nos places habituelles dans polis un Pulmann Car décoré du nom mythologique de méta

Niobé. Nous étions maintenant en route pourf ct du Chicago, cette fabuleuse cité synthèse en quelque parle sorte de l'esprit et des mœurs, des qualités et ds de pc défauts américains. lins d

Quand sur le sifflement caractéristique de l'air sidér: brake, le train qui nous emmenait loin du Man à che toba, partit, une piuie fine et régulière cinglait ls que d glaces du wagon et pendant quelques heures encor tes bi ce fut la prairie avec beaucoup de cultures et en sous core plus de marais. Puis soudain le pays époq s'européanisa pour se servir d'une expressiol} eaux parfaitement juste en l'occasion. La voie se bori@ formi, de haies, puis de jardins enfin de collines boisée avec de vastes champs où des pommiers bas mettaier L'ar leur tache d'ombre quelque chose comme ui après nature normande. la vue

Des villes passaiemt comme dans un éclair avt par le entrevues d’un rapide coup d'œil des avenues D provis trottaient des horse-Ca:r. Les champs recomme}E de suit çaient leurs oppositions de couleurs l’arlequin䮣 toyion

IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 29ÿ

fant. à de leurs terrains tantôt brunis jusqu'au noir, tan-

Die tôt jaunes, tantôt violacés, presque rouges. En un on mot nous en avions fini avec les terres vierges et tit sanc- la région à travers laquelle nous filions à toute ançaises vitesse pouvait rivaliser de soin, de régularité Ux rous- dans l'exploitation du sol avec nos plus riches ler fran: provinces de France. Du Manitoba canadien et atrie, M du Daccota nous étions passés dans le Minnesota ie agréa- américain, le pays le plus gras et — au point de puis que vue agricole — le plus exploité des Etats-Unis cheval à Vers la fin de notre secc .d jour de route nous e succur- passâmes à travers un des faubourgs de cette douallut par ble et énorme ville qui s'appelle St Paul-Minneaelles dans polis. — Là nous franchimes une série de ponts ogique de métalliques. Le confluent de la Minnesota River oute pour WW ct du Mississipi a lieu en eflet aux portes ou (pour

parler mieux car les villes américaines n'ont pas de portes) aux abords de cette cité dont les moulins ont dans le monde entier une célébrité considérable. Nous les aperçumes ces fameux moulins à cheval sur les marches de l'escalier de géants que descend le Mississipi à cet endroit. Ces chüûtes bien curieuses et qui disparaissent en partie

n quelque ités et des

e de l'airn du Man:

cinglait les ures encore

ures etenWM sous le pilotis des grands moulins étaient à cette

le paysit époque grossies par la crue du fleuve et leurs express} eaux puissantes retenues à demi par des écluses ie se bori@ formidables s’écronlaient au-dessus des vannes es boisée avec un bruit de tonnerre.

s mettaiel L'arrêt à Saint-Paul station fut insignifiant et omme u® après qu'on nous eût adjoint un dining-car dont

la vue fut saluée de dythirambiques exclamations éclair ave par le docteur qui,levé avant le jour,avait fait une provision formidable d’appétit, nous repartimes de suite dans la direction de l'Illinois. Nous cotoyions maintenant le Mississipi débordé. Aussi

avenues!

recomme arlequini

loin que la vue pouvait s'étendre sur notre gauche les terres disparaissaient sous la crue.

C'était exactement le même spectacle que pré. sentaient nos départements äu midi quand en 1887 le Rhône débordé envahissait tout le pays avoisinant. Sur notre droite une suite ininter. rompue de collines avait permis de continuer la voie du rail-road à mi-côte à l'abri des plus hautes eaux. Ce fut devant cet horizon lacustre que nous nous mîmes à table et que nous dégustâmes avec entrain le Tenderloin Beef in End Roast traditionnel.

La stupidité des nègres chargés du service at. teignit des bornes jusque-là insoupçonnées et notre savant compagnon eut l'occasion beiie de nous faire toucher du doigt la filiation qui unis. sait ces anthropoïdes aux quadrumanes qui dans les ménageries font la joie des enfants et aussi un peu celle des bonnes d'enfants et des militaires. Enfin après une série de conférences où le génie diplomatique d'un Castlereagh se fût difficilemen. tiré d'affaire, ces bons nègres nous apportèrent à peu près exactement le contraire de ce que nous demandions. Mais comme ce contraire était bon nous réfléchimes qu'il était plus sage d'y faire honneur, et nous finîmes par avoir fort bien diné. Bientôt le Mississipi nous quitta pour desceadre vers le sud et nous arrivâmes à La Crosse. À partir de cette station commença une délicieuse campa: gne, d’une apparence délicate, moderne et distinguée comme tirée à quatre épingles, une suite veritablement ravissante de petits lacs ayant -— Dieu me pardonne —- de faux airs de notre étang n1 tional du Bois de Boulogne. La voie même était pierrée avec soin, le ballast en était des plus soi

gnés ( bande la pre deven crossi gardecossu € de lac de joli coiflée comme Lesr DEAUX :

de cett péde faire ur pièces « el lui bne {u

€ComH acertai baint-G lontge iquelq ain au Days il

auvawe Ocaux 54

jous an nimée le jolies Jamais l'était p ‘était q lures s

IMPRESSIONS D'AMÉRIQUE 3o1 gauche gnés et de chaque côté les talus alignaient leurs bandes vertes régulièrement dessinées attestant que pré- la présence de cantonniers vigilants. Les gares jand en devenaient de véritables petites villas et ax le pays crossing, aux embranchements les maisons des ininter- grde-barrières prenaient un aspect tout à fait

inuer la Mcossu et confortable. Nouscomptâmes une douzaine js hautes de lacs gracieux au long desquels s’allongeaient que nous de jolies plages, des cités aux maisons blanches nes avec coiflées de tuiles rouges, des bourgs tout neufs

st tradi- comme sortant d'une boîte de joujoux.

Les routes étaient bordées partout de grands et rvice at beaux arbres et l'envie nous prenait au spectacle nnées et Me cette ravissante contrée de descendre, d'aller beiie de pédestrians conquis par la beauté du site — qui unis: Bhire une bonne promenade sur les rives de ces qui dans Mpièces d’eau que sillonnaient de jolis canots. Le

el lui-même paraissait vouloir être de la fête et ne lumière gaie baignait tout ce panorama que

t aussi un ilitaires.

le génie Re comparais avec enthousiasme et non sans raison icilemen. D certains points des environs de Paris tels que ortèrentà Eaint-Gratien près d'Enghien ou Hyères près que nous MMontgeron. Il est certain qu'on ne croirait jamais était bon Bi quelque baguette de fée vous transportait soud'y faire BBain au sein de cette contrée lumineuse que ce bien diné. Ways il y a quelque cent aus était encore presque

desceadre BBauvave. À la plupart des stations de petits trains e. A\ parut Mocaux se garaient pour laisser passer lenôtreet alors se campa: MRous apercevions les gares pleines d’une foule = et distin- Mnimée et joyeuse où nous remarquions beaucoup e suite \t- We jolies femmes en claires toilettes.

int-— Dieu Jamais l'horizon ne restait désert et quand ce étang nr WBétait pas un village qui arrêtait nos regards, sème élit} était quelque riche cottage, quelque castel aux plus soi llures semi-gothiques, fantaisie d'un des noble-

mans de ce pays crésusesque, c'était parfois aus devir une exploitation rurale d'où sortait parfois en wi crois landau bien attelé, le gentleman farmer, pol appa sesseur des terres avoisinantes. brass(

Groupés autour du Prince, de La Crosse à Mi boute wankee, nous ne quittâmes pas la plate-forme dl au H car. Un excellent homme qui, sous l’étiquette del au be flagman, présidait à la pose des petits drapeau de la indicateurs à l'arrière du train, nous avait pris el deux affection. C'était un Canadien français qui présenM en agi tait le type pur du Béarn, une tète de HenrilV folles étonnamment exacte de ressemblance. amis |

Il avait tenu à Milwankee un hôtel et, à un cerMregar tain moment, il avait été riche. C’est chez liclaque qu'était descendu, paraît-il, le prince NapoltodRaiste » (Jérôme), lors de son voyage en Amérique. Lin,

ruine était survenue complète, irrémédiable dnière £ l'ancien hôtelier avait endossé l’uniforme des emde ch: ployés de la Milwankee and Saint-Paul-Linh Gra Mais de sa prospérité il avait gardé un certa@Best un: vernis: il parlait correctement le français et man dirige: festait à notre égard, toutes les prévenancoünou

imaginables. Par lui nous avions été fournis (@BAprès pliants et c’est assis, comme à la terrasse d'ufnous : café, que nous regardâmes se succéder les divers Milwa perspectives de ce pays charmant. Pour complété WVaiter l'illusion, le Prince fit déboucher une bouteilibiére, de lager beer et nous bûmes à la prospérité dfBdent à l'Illinois dans lequel nous venions d'entrer. suite d

Bientôt, en effet, les premières maisons d@du buf

faubourgs de Milwankee apparaissaient. Uneséfi ininterrompue d'immenses docks à charbon ent lesquels se dressent les mâts de navires marchant enclavés {à dans quelque garage de canal. DS La st rues populeuses, profondes où la vie ouvrière @vives

arfois aussi irfois en mn irmer, pos.

rosse à Mil.

e-forme du tiquette de ts drapeaux avait prise qui présen e HenrilV et, àun cer est chez e Napoléo mérique, médiable e rme des em t-Paul-Line un certal çais et mani

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devine intense, des hangars à locomotives, des croisements de rails à n'en plus finir, tel nous apparait Milwankee, cité de la bière et dont les brasseurs ont leurs noms inscrits sur toutes les bouteilles de fine-beer qui se boivent de l'Alaska au Honduras. À un certain moment le train roule au beau milieu d'un carrefour noir de mondeet de la plate-forme du car, j'ai le temps de saluer

Ldeux fort jolies Milwankéennes qui me répondent

enagitant leurs mouchoirs et en riant comme des folles. « Eh, fait le prince Roland, vous avez des amis ici! » — Le docteur saisit sa lorgnette et regarde les deux jeunes ladies avec un certain claquement de langue qui décèle un « féminologiste », tout aussi expert qu'un anthropologiste. Enfin, nous entrons dans la gare après une dernière galopade entre les murs noirs d'une rangée de charbonnages,

Grande ville, grande gare. Celle de Milwankee est une des plus grande de l'Union et nous nous dirigeïmes vers un buffet supérieurement servi oùnous commandonsle‘‘regular diner” de rigueur. Après le premier service Son Altesse dit: Puisque nous sommcs dans la cité de la bière voyons si à Milwankee même on peut en boire de bonne. — Waiter, de la bière, if you please ! À ce mot de bière, les servantes qui nous entourent se regardent avec effroi, il se produit un mouvement,une suite de signes désespérés, enfin le propre patron du buffet paraît et nous dit :

— Je suis désolé, gentlemen, mais c'est ici une Tempérance restauration, nous n'avons pas de

La stupeur historique dont furent saisis les convives de Balthazar en voyant flamboyer sur la

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muraille le « Mane ïhecel Pharès»est seule con parable à l’étonnement prodigieux qu'amenae nous cette réponse.

— Pardon, dis-je au bar-master, un vieux, ly. netté d’or, à l'allure mi-respectable,mi-compasiée de sollicitor. Pardon! Nous arrivons, les uns d quartier Marbœuf, les autres du pays latin. Mon. sieur que voilà vient d'Aix en Provence où l'o passe — et il en est la preuve — pour avoir beau. coup d'esprit. Pour moi, j'ai quitté voici un moi la place Pigalle,méninges du cerveau parisien. Eh bien, mon cher, c'est excessivement drôle. Mais ne nous la faites pas plus longtemps. Et pour commencer, prenez donc un bock avec nous,

— Monsieur, me répliqua en bon français le buffetier, je ne plaisante pas. Voici la loi.

Il allait nous chercher le code-tempérant.Je me précipitai ‘Pas ça! oh! non... pasça!"llre broussa chemin et nous dit sardonique : ‘Tec ot coflee.”

— Alors, gémit M. de Pierrefeu, on trouve till gras double à Lyon,de la bouillabaisse à Marseille, du Bourgogne à Dijon et du Bordeaux à Ave, mais Milwankee dont les canettes rincent quatrevingts millions de « dalles » américaines, ne peut offrir à ses hôtes le moindre ale!

— Oh! soupirai-je! Des ale, des ailes! Jamais le mot du poëte ne fut si Juste.

— Hélas ! hocha l'homme. Tee or cotfee ! Voidk mon dernier mot. |

— Ultima verba, soupira M. Léandri chez qi le latiniste se réveillait: mais vous avez de lea pure au moins!

— Certes acquiesça le restaurateur.

—-Eh' bien,continua notre ami le jurisconsulté

versez à tasses pleines cette eau obligatoire.Excusz-moi,mon Prince,mais en l’absence de Claret...

— Bah! fit philosophiquement le Prince, si sous prenions du thé.Nous boirons le Claret tout il'heure.

— Et comment, choràmes-nous à ce sous entendu alléchant, auriezvous un ‘‘tuyau.”

— Ça, dit son Altessc, c'est mon secret. Au thé, messieurs, au thé !

— Lethé, commentai-je, est un arbrisseau de hChine. Sa découverte remonte, dit-on, à la première dynastie...

— Arrêtez-le, hurla le docteur, il va nous faire une conférence !

Je me tus; les bar-maids arrivaient en rang, telles ls marcheuses d'un corps de ballet, Elles brandisaient des théières et bientôt la « poudre de Canton » comme disait le bon Delille :

st seule coin qu'amena en

n vieux, lu.

|=CO M passée les uns di latin. Monrence oùlo : avoir beauoici un mois parisien. Eh t drôle. Mais mps. Et pour rec nous.

on français le a loi.

pérant.]e me as ça!" Ilre ue : ‘‘Tec of Versait ses flots dorés dans l'émail du Japon.

ou trouve dif e à Marseille, eaux à Agen, cent quatrenes, ne pell

Seul M. Léandri but de l'eau, aqua simplex. Il e lui manquait qu'un bon fusil bronzé par la 1u-

née pour avoir positivement l’air d'un Kurde.

Le « Bill of fare » était d’ailleurs fort bien com. posé et ie diner excellent. Un doigt de Corton en lus nous nous serions crus chez Delmonico, le Bignon redivivus de New-York.

L'arrêt dans cette énorme gare de Milwankee tait d'une heure. Le repas terminé nous tirâmes

SE éhez dl uison cigare,qui sa cigarette,qui sa pipe et nous agnâmes le fumoir d'un élégantissime Parlorar. À côté de nous des files serrées de voyageurs

nuit bien mis, bourgeois endimanchés, coquettes idies, miss en costumes lumineux prenaient d'as-

ailes! Jamais

coffee! Voi

avez de l'eal

ee urisconsulté

saut des trains de banlieue. Le spectacle del

les

gare Saint-Lazare un soir de tête. haie Soudain,le Prince Roland qui ne fumait jamais, RE puis nous dit : l'instant serait peut-être venu de vider, DB gros en l'honneur de ces nouveaux Etats, une « botte anim of Claret ». struc — Hip, Hip... hurrah, clamai-je. éléga

— Eh! bien, voyez donc, reprit notre « chief RE ago. of party » voyez si Charles est là et dites-lui d'ap. BB res, porter la réserve. klyn,

— Quelle réserve ? le qu

— La réserve de Claret...et la territoriale avec, D voici

Je disparus comme un sylphe. Peu après je re. M laise, vins suivi de Charles qui, de ses mains goliathes sant t ques, brandissait trois bouteilles de Rordeaux-RB en rar Pomerol 1878—j’ai encore l'étiquette dans l'œil-1S les ru. et cinq verres. premi

Et joyeusement nous bûmes ce vin rouge de suite France qui a le don de chasser les idées sombres. Le nègre avait mis à notre disposition des verres, et nous pûmes porter tous ensemble un toasti l'esprit de prévoyance du petit neveu de Napoléon qui sans nous en rien dite avait préparé cett agréable surprise.

De sept heures à onze heures, nous rouläme dans une nuit épaisse le long du Michigan, maisil une distance assez considérable pour que nous puissions pas le voir. À chaque instant ilm semblait l'entredeviner à travers les constructior des villages que nous traversions ou les branch4 des grands arbres apparus de-ci de-là comme da épouvantails. Mais j'en fus pour ma ténacité d'o servation. Enfin. vers dix heures et demie uneli mière profuse sur notre gauche, puis des files becs de gaz des routes sillonnées de voituresett

L'ar sion sa lilliput espèce des ch qu'ils à On ver pas les illinésie apitald part da aines, Dans 1a ne ex hinale

IMPRE *AMÉ RESSIONS D'AMÉRIQUE 307

cle SV -

a Sc “| à sons h 1 ins qu il Y eut même encore de mai = d d 05ses am S i

> « bottle NE de hautes silhouettes de buildings de is ure fantastique, enfin une gare basse, peu .: RAP encore à demi primit.ve. C'est Chicago, Chicago, le prototype d se es villes américais-lui d ap- ne . qui prétend « avaler» New-York,Broo- | yn, ’hiladelphie et Boston! — Vite ou sur e : i — A : traversons une aile en construction,nous . c, | ici É beau milieu d'une grande artère Chicago près je re- D lise. Des cabs, des tra | | | mways, des policemen fai . ” :

Fu sant traverser les femmes, toute une foule pee ordeaux- D en rangs serrés du « Dépé eat épôt » et se répandant d | ‘| . ri dans Lans l'œil ee rues voisines, enfin tout l’aspect d’une cité de ’ première classe. La capitale de l'Illinois a tout de psuite un petit air.

in rouge dt} es sombres.

des verres, e un toasti le Napoléon éparé cette

Done a à Chicago cause une impresie . Sans doute il existe des esprits k Ë portés à faire « peuh » devant toute Le RU soit qu’en réalité la grandeur es np pas dans leur esprit, soit LH Re de. e absurde de paraitre « épatés»

eee eure que nous ne marchandons Hs . es plus dures à la grande ville es ses habitants, mais vraiment cette a : hPotmens étrange, d’un type tout à a peu varié des cités amérisn mérite d'être vue. Dès les premiers pas : LE artère d'Adams Street,nous eûmes D rdinaire sensation d'écrasement. Ma-

ement nos yeux cherchaient au-dessus de

us roulâme

igan, maisi | que nous 1 stant ilm onstructio!

es branché comme de inacité d'où mie une des files oitureset(

208 D'OC£AN A OCÉAN ne)

nos têtes à apercevoir la vote étoilée et dan cet effort, le regard se lassait. A dénombrer ke étages dont se composaient les maisons au long M surt

desquelles nous marchions, les nuques se fati. M les guaierit à la longue. De chaque côté de la rude | partaient vers je ne sais quelle ascension vertisi. DB popt

neuse des buildings d’une hauteur paradoxale, sant Ainsi vus, toutes leurs fenêtres éteintes, éclairés M le fl seulement de la lumière électrique du dehcrset leurs dans le calme de la ville endormie, ces bâtiment L’4 à douze, quinze et dix-huit « floors » avaient 4 minà fantastique siihouette de ces maisons surhumaines Mballa dont se peuple parfois, dans ie rêve, une ville mon: entrevue au cours d'un cauchemar.« Ægri som Mmuab mia. » Nous en étions à nous demander si ce quhichi nous voyions n'était pas justement le caprice ilex d'une imagination troublée par un sommcilnues, pénible. Mais j'éprouvais de trop vives souffrance: nous : pour douter un seul instant de mon état de veiile MBd'un a En effet, le cheval de Winnipeg avait tenu, comme dire disent les savaliers, à reprendre du cuir. Il en étaitfavenu résulté pour moi une inflammation de la surfacelquittäi interne du Jjarret qui me donnait de cuisantians u regrets de mon revenez-y hippique. Je fus rest allure en route sans le dévouement de M. Léandri qui un p de son bras vigoureux, me fitun point d'appuiimaiso grâce auquel je pus suivre tant bien que maldtnfint caravane. a ommE

C'est que, pour rien au monde, je n'aurais vouliinème profiter de l’omnibus qui avait emmené le fidéiipce « Charles, notre interprète et nos bagages verBives p l'Auditorium. Le vue de Adams Street se déroifu bou lant au Join avec sa double haie d'immeuble un colosses était trop tentante et je partageais tout {Et son fait les idées du prince Roland sur ce sujet. lon

e et dans MR ais bien que certains voyageurs ne peuvent faire ombrer les BR un pas à pied. Je les plains, car en ce cas, c'est s au Long MR surtout par les yeux de leur cocher qu'ils voient es se fat. Mie villes parcourues. Le vrai moyen selon moi, de la ru de pénétrer Île caractère d'une cite et d'une on vertigi. MW population, cest de se faire tout de suite « pasaradoxale M sant. » C’est de s'intercaler immédiatement dans es, éclairés Me flot des habitants qui vont, viennent, courent à 1 dehcrset Mleurs afaires, flânent ou s'amusent. s bâtiment L'Agence Cook m'a toujours donné une abo- , avaient \ minable idée des chapelets d’ahuris que ses guides balladent de musées en musées de monuments en monuments selon des itinéraires prévus et im-

urhumaines

, une ville

FT Q $ Ægri som. muables. Nous avancions donc vers le quai de er si ce que Michigan que son Âltesse affirmait devoir se trouver le caprice Mi l'extrémité d’Adams. De grandes et belles ave-

nues, deux surtout : Clark Street et States Street nous apparurent brillamment éclairées, larges et d'un aspect point monotone presque parisien allaije dire. Une troisième voie importante Wabashavenue coupa encore notre itinéraire puis nous quittimes les centres éclairées pour nous enfoncer dans une sorte de noir entre deux buildings aux allures de montagnes, on eut cru marcher au fond d'un puits tant la masse noire de ces monstrueuses maisons nous écrasait de ses altitudes alpestres. Enfin brusquement devant nous un vide immense omme le seuil d'un désert partant de la lisière ème de la ville. Nos yeux s'habituent à cette esèce d'obscurité et bientôt nous distinguons des ives plates, larges et pauvrement gazonnées avec, u bout dans un brouillard quelque chose qui doit

in sommeil souffrance:

at de veilk.

enu, coinme r.Ilenétait e la surfact de cuisants Je fus rest Léandri qui bint d'appui que mal id

aurais voull bné le fidëlé agages vers et se dérol

d'immeubleMfte une étendue d'eau. C'est en effet le Michigan ageais tout tson aspect premier ne nous rappelle en aucune L ce sujet. Î açon les jolis lacs, français, italiens et surtout

suisses dont l’aspect est en général,même la nuit, des plus avenants. Le sort de cette immense cu. vette est en effet d'être toujours rasée par des brumes curieuses. Quand il pleut, naturellement il s'y développe d'épais brouillards, mais quand il fait trop beau, dans la saison chaude des buées vibrantes y forment à une certaine distance comme

des rideaux. En ce moment une brume qui ne |

perçait pas les quelques lampes à arc espacées le long de cette berge mal tenue aux airs de terrain vague, s'élevait opaque devant nous. Signe de pluie pour le lendemain. Le Prince toujours te. nant la tête passa devant d'immenses hôtels: Je Leland, le Victoria, le Richelieu — l'air indigent et démodé à côté de ses riches voisins enfin l'ef. froyable building de l’Auditorium s'érigea devant nous. Hâti en fort belle pierre rocheuse cet hôtel formant à lui seul un ilôt ne comptait à vrai dire que dix rangées de fenêtres superposées ce qui

déjà nous paraissait peu mais une énorme tour|

carrée partant du centre de ses constructions mas-

sives atteignait cette hauteur de vingt-six étages

dont nous entretenait depuis deux ans la Presse du monde entier. Nous pénétrâmes dans un hall immense où de tous côtés montaient des ascenseur:, s’ouvraient des portes monumentales.

Les colonnes de ce hall tout marbre, jaspeet or, attirèrent mon attention. Une foule de voyageurs encombrait ce vestibule gigantesque. Les uns dévidaient des télégrammes tandis que les jeunes employées manœuvraient l'appareil : On sait qu'en Amérique tout hôtel qui se respecte 4

ainsi une communication télégraphique directe]

et qu'on y correspond en quelque sorte soi mème recevant en mains propres le long ruban imprimé

L répon

del de d ges, télé rière les avec ble lo juge?

yée P | que t Breta admit | Sept au pré

prêtes disant arrivo VOUS 4 n'y menso une di interp ascens le Prir deux F et moi.

dessus en pas Mais Q habital deux n mien :

ondui

e la nuit,

nense cu.

par des rellement ais quand des buées ce comme ne qui ne | spacées le de terrain Signe de ujours tehôtels: le Ir indigent enfin l'efgea devant e cet hôtel à vrai dire ées ce qui orme tour| tions mas-

-six étages à

la Presse ns un hal des ascentales.

e, Jaspe et e de voyiesque. Les dis que les bareil : On respecte 4

ue directe!

è soi même n imprimé

de la dépêche répondante. Une nuées de porters, de domestiques en uniforme recevaient les bagages, ciraient les chaussures, couraient, répondaient téléphoniquement aux appels des chambres. Derrière le bureau une douzaine de clarks recevaient les nouveaux arrivants. Nous nous présentâmes avec la belle sérénité des consciences pures, dont

lle logis est retenu quinze jours d'avance, Or,

jugez de notre stupeur, malgré la dépêche envovée par nous de Winnipeg on ne nous avait retenu que trois chambres ! Oh ! mon yankeephile de la Bretagne où donc était-tu ? Que ne vins-tu pas admirer de près cette admirable logiqueaméricaine: Sept voyageurs envoyant dépêches sur dépêches au premier hôtel de Chicago. Le manager de l'hôtel

répondant catégoriquement que nos places sont

prêtes, retenues, surveillées, choisies... et nous disant avec le plus beau sang froid quand nous arrivons à minuit devant son bureau « Oui, on vous a promis... Mais j'ai disposé de vos chambres.

n'y a plus rien de libre !.... Oh! ce pays de

mensonge et . insolent « humbuh ! ». Enfin après une discussion où le docteur dut secourir notre interprète fourbu nous fûmes conduits dans un ascenseur, véritable salon montant et peu après le Prince et M. de Pierrefeu s'installaient dans deux pièces fort simples. Le docteur, M. Léandri et moi-même mentâmes au neuvième, un étage audessus de la salle à manger que nous entrevimes en passant. On finit par nous trouver troisrooms ! Mais quelles mansardes. Celle du docteur était habitable, en revanche M. Léandri et moi eûmes deux minuscules cabinets bien incommodes. Le mien surtout était parcouru par une immense conduite d’eau chaude, boa d'un diamètre invrai-

semblable et qui longeait le mur près duquel se trouvait mon lit. Après avoir constaté que ctt: étuve n'était pas tenable j'empoignai mon matelas, mes draps, mes couvertures et j'emportai le tout chez le docteur où parterre je m'improvisaiun lit, Mon savantami se prêta volontiers à cette trans. tormation de son room en dortoir.

Les deux premiers jours que nous passämes à Chicago, furent marqués par une pluie diluvienne et continue. On ne voit, parait-il, ces averses de quarante-huit heures que sur les bords du Michi. gan. Je le crois sans peine.Résolus à ne pas rester plus longtemps disséminés aux quatre points car. dinaux de ce caravansérail, nous pümes, néanmoins effectuer notre déménagement et nous quittâmes cet invraisemblable Auditorium, véritable prison cellulaire pour aller au Léland-Hôtel qui ne se trouvait qu'à cent mètres de là. Entre nos deux gites nous voulûmes tâter du Richelieu, mais le propriétaire un vieux yankee demi-allemand malgré le nom français de son établissement, ayant reconnu le Prince, émit aussitôt la prétention de nous faire payer nos chambres un nombre tellement incalculable de dollars qu'une de nos Journées dans cet échaudoir eut pu servir de capital à une petite famille.

Avani de nous endormir nous contemplämes avec curiosité un cadran enclavé dans le muret où comme l'aiguille mobile des baremètres, une

tige pivotante en cuivre en se plaçant au-dessus}

d’un des nombreux mots qui faisaient le tour du cercle, devait mettre en mouvement les diftérents services de l'hôtel. Il y avait vingt-six indications placées comme l'eussent été les heures sur une horloge dédoublée.

Eai la lur le gai du ca seur, chaml plers, Pharn

Jen l'essai

Fa Eau glacée, eau froide, eau chaude, du feu, de mateh la lumière, le Porter, le groom commissionnaire, Ste tont le garçon du restaurant, la liste des vins, du thé, Se du café, de la bière, le bain, le médecin, le mastrans seur, LE pédicure ou le manicure (chiropodist) la chamber-maid, du tabac, des journaux, les pomed piers, La Police, les voitures, papier à lettres, er Pharmacist, Handresser (coiffeur), télégraphe. rerses de Je ne voulus pe tarder plus longtemps à faire Michi l'essai de cette ingénieuse mécanique. Désireux ea dans l'état de courbature où j'étais de prendre un So bain avant de me coucher je mis l'aiguille auere dessus de la mention « bath-room »; bientôt ap- 2 ous MResrut un jeune boy qui,sans un mot,déposa sur la ENG table un pot d'eau glacée. Ceci fait il disparut. nd-Hôtel hterloqué je FRS l aiguille au bath-room.Mème Là, Entre Mrnœuvre, même apparition d'un boy porteur

d'un pot d'ice water. Je cours après lui, il se sauve ans pouvoir répondre à mes questions. Alors d'un coup de poing, colère, je flanque l'aiguille ur le mot chamber-maid.Au moins celle-là m'injiquera pensais-je la situation topographique du ath-room. Hélas, ce n’est plus un boy, mais un rand diable de nègre en uniforme qui parait, alue et dépose sur la table un troisième pot d'ice Vater. À la fin irnpatienté je place l'aiguille sur outes les indications. Cette fois lé résultat fut égatif. Personne ne parut et las, à la fin de ce

Richelieu, emi-alleétablisseussitôt la mbres un rs qu'uné pu servit

emplâmes le muret

. Manège agaçant je m'étendis sur mon matelas où e tour du "© tardai pas à m'endormir,en bénissant le diftérents odernisme des perfectionnements américains dications he bests aménagements in the world. Le docteur sur uné lait déjà plongé dans un profond sommeil.

Nous nous installâmes donc au Léland où nous ous trouvâmes fort bien. Nous ne regrettimes

de notre premier gîte immense, que la salle à

manger. Le Dining-room de l’Auditorium en effet, dir avait été fort heureusement aménagé au huitième tes étage, à une hauteur superbe, d'où on voyait, en che une perspective tout à fait impressionnante ct toit impressioniste, l'étendue du Michigan. Durant les cal: trois repas que nous fimes là,le lac sous les con rafales et les ondées semblait plutôt une immense imp toile de pastel brunâtre tendue à peu de distance D du Building et bouchant hermétiquement l'ho. chic rizon., Avec un peu d'attention, on devinait tout c'ét en bas une sorte de wharf auquel conduisait un M gois pont de bois. On pouvait même apercevoir une nes voie ferrée établie sur le bord même du Michigan, D com De grosses ombres parfois se distinguaient au long ÆB del du pier. C'était les steamers qui faïsaient le ser- RE buil vice de l'exposition. Vu de cette salle ruisselante D lière de dorures et de glaces, ce coup d'œil perpendi: D cons culaire sur l’immensité grise de ce quai où partout RE ses d on sentait par moments sous la couche pesante RE l'Eyy de brouillard, une foule grouillante, un mouve-L blabl

ment considérable eût pu tenter l’audacieux pinceau d’un impressionniste.

De même de la petite fenêtre de ma chambre, le spectacle était formidable, presque fantastique. Sous les hâchures de l'averse je voyais à perte de vue des toits immenses se dressant à des élévations inquiétantes au-dessus d’autres toitures plus basses. De-ci de-là, un coin de rue oude place battu par l'eau qui tombait à torrents, un plongeon du regard sur un morceau d'avenue qu semblait enfouie à des profondeurs considérables

Pour compléter l'effet écrasant que nous do paient ces oppositions bizarres de perspective des tuyaux de fonte et de briques comme jami

a salle à je n'en vis ailleurs, couraient au long de buildings pyramidaux. On eût dit les cous gigantesques de je ne sais quels plésiosaures. Des cheminées de tôle aux chapeaux larges comme des nnante ct toitures de cirques terminaient ces tuyaux apo- Sirantie calyptiques. On se sentait rapetissé, annihilé,

sous les comme le cœur broyé dans je ne sais quel rouage impitoyable.

Devant les proportions inusitées de ces maisons chicagolaises, ce n'était même plus du vertige, c'était comme une sensation de mauvais rêve angoissante mais bien curieuse tout de même. On ne saurait Je crois trouver que dans la White-city comme l'appellent un peu par antinomie les gens de l'Illinois au sein de ces greatets and highest

| el elfet, huitième royait, en

> immense > distance nent l'hovinait tout aduisait un cevoir une 1 Michigan.

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ent le ser: MR buildings in the World ! cette impression particuruisselante MR lière. Dans nulle ville au monde lä hardiesse des 1 perpendi: constructions n’a été noussée plus loin. Lesterras-

i où partout WR ses de Babylone et certains édifices de l'Inde et de he pesante l'Egypte devaient donner des impressions semun mouve-W blables.

acieux pin- Dès que le temps se fut un peu rasséréné je m'empressai de sortir et de flâner par les rues afin La chambre, de voir si vraiment les deux millions d'habitants fantastique. dontse réclame ets'enorgueillitChicago donnaient vais à perte à la cité Illinesienne l’aspect d'une grande capitale. t à des élé-M llfauten convenir, dussent les dudes de la fifth res toitures avenue en sécher de dépit et les vieux quakers de rue ou del Philadelphie en frémir de jalousie.Chicago seule torrents, ul possède des rues pouvant rivaliser pour l'élégance ‘avenue quil des magasins, le modernisme des étalages etl'aninsidérablesl mation avec les rues de Paris. Je n'ignore pas que e nous dore Broadway New-York peut être fière à plus perspective d'un titre mais New-York, vaste entrepôt avant mme jam tout grand centre d'arrivées et de départs a tou-

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