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Midway plaisance au lieu d'être comme chez nous répandu avec tact et bonheur un peu partout. De là unie solennité et disons le mot un vide ininter.
rompu et regrettable.
Enfin, outre le prix d'entrée fort élevé (environ 2 fr. 50) on devait à chaque instant payer pour profiter des rares attractions espacées au long de ce véritable territoire.
En résumé, le Worid’s Fair a été une salade que les yankees ont oublié d'assaisonner !
Notre départ pour la Columbian exposition s’effectua par un petit rail-road spécial dans d'af. freux wagons peints en jaune qu’un système barbare et automatique fermait brusquement d'une simple barrière de fer, laquelle a dû pratiquer sur les doigts des voyageurs de fâcheux traumatismes, Ce railway partait justement du pier situé en face du groupe des grands hôtels Lelaïd, Auditorium, Victoria, etc... Le docteur avait calculé de façon à nous faire prendre un « direct », ce qui réduisit la durée du trajet à 20 minutes de bonne vitesse. Encore une faute de goût et non des moindres que cette ligne malpropre longeant sur la gauche une digue faite de deux rangées de pilotis noirs et tristes enserrant des amas de pierres. Certainement l'indifférence de l'Américain pour le luxe inutile peut se contenter de ce rempart tout pri mitif aux lames parfois mauvaises du Michigan.
Mais vraiment ce spectacle n'était pas fait pour prévenir favorablement les visiteurs tant sollicités. Les ingénieurs américains sont assez forts pour venir à bout d’édifier là une digue en pierres et en briques qui aurait au moins pour elle sa re . gularité et sur laquelle ils pourraient faire circuler
une promenade avec garde fous dans le genre de 4
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‘endroit formait viaduc. Aucun abri, aucune salle
Li peu près complètement. La masse des bâtiments
dégage de cet assemblage de constructions colosgenre de &
celles qui décorent nos jetées. Cette bordure — comme abandonnée, même — par endroits — laissant voir l'effondrement de ses matériaux, empèchait positivement de goüter, comme on jaurait fait sans cela, la beauté du Michigan, dont les eaux calmes s’étendaient au loin, bornaient
décorés de belles avenues, d'hôtels luxueux, de buildings confortables et d’agréables villas. Mais, autre faute de goût,comptons-les si vous voulez, la gare d'arrivée,cette station qui devait recevoir Lucullus allant chez Lucullus c'est-à-dire le monde allant à la fête du monde,se réduisait au plus misérable des quais. Un quai dont une gare de la banlieue parisienne eut rougi. La voie à cet
d'attente, de grossières balustrades de bois sépaant le trottoir de l'arrivée et celui du départ! Rien, absolument rien pour relever la nudité de cet arrêt. Pas même, comme on l’eut improvisé chez nous, aes mâts ornés de drapeaux ou d'ori fammes. Des poteaux mal équarris désignent la sortie. Avant de suivre leur indication, nous nous arrêtons un instant à contempler le panorama de World's Fair que — grâce à notre position dominante sur le viaduc — nous embrassions du regard
de l'exposition Colombienne fait assez bon eflet. Il y a de la quantité. La qualité, nous n’en pouvons juger de là. Les immenses galeries ont l'air jetées un peu au hasard et aucune harmonie ne se
sales. On aperçoit de ci de là deux ou trois dômes lourds et disgracieux. Enfia ce qui nous choque
surtout c'est l'avenue qui va nous conduire ay World’s Fair. Entre deux rangées de bâtisses peine crêpies et où s'installent déjà de douteux bar-rooms où l'étranger sera détroussé à la façon de l'oncle Sam,—mon ami,entre ces maisons laides, une rue toute dépavée,une fondrière qu'on macadamise en toute hâte. Tout cela a un aspect inachevé qui surprend. Voilà bientôt un mois que l'exposition est ouverte et, sur notre gauche, dans une enceinte de murs, les constructions d'un vil. lage irlandais et de divers édifices enclavés dans
l'annexe de Midway plaisance en sont encore aux à
fondations. Quel retard! Je comprends mainte. nant l’insistance des yankees avec lesquels j'ai causé les jours précédents. « C’est en septembre qu’il faudra voir le World’s Fair! »
— Sapristi! fait M.de Julvécourt, en relevant le bas de son pantalon: Nous allons franchir une zône marécageuse en diable.
Le docteur, lui, pressé de pénétrer dans l'expo. sition, a déjà descendu l'escalier du viaduc. Nous le voyons trotter courageusemert à travers les fondrières. Bientôt nous le rattrapons #t no arrivons tous ensemble devant les guichets di World's Fair.
Troisième faute de goût: Sous le prétexte de
remplacer le petit tourniquet métall que en usage chez nous les managers de la great exhibition on Earth, ont fait dresser des tourniquets de bois massif qui semblent destinés à dénombrer le pas sage d'un troupeau de bisons. C'est bien autre chose que l'inoffensif enregistreur de nos expo: sitions. Ce n'est plus dans l'abdomen où sur Î reins qu'on reçoit le choc de l'instrument, c'est dans le nez, dans l'œil, sur son chapeau, dans ls
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jambes, partout. Un poteau central énorme, où sembranchent six poutres transversales, s’élevant du sol à une hauteur de deux mètres environ, pivote sur la poussée-du visiteur. Mais, pour peu qu'un imprudent s'engage derrière vous, il reçoit à la volée une bastonnade en règle. S'il ne tient bon il est jeté parterre. Le docteur ayant pénétré tête baissée dans l'appareil, je l’y suivis et, bientôt atteint par les bras du poteau, je voyais mon chapeau et mon lorgnon dégringoler immédiatement. Plus prudents, le Prince Roland et nos compagnons passèrent avec un sage lenteur etévitèrent ainsi tout désagrément. Les monocles de nos deux boulevardiers n’eurent pas un tressaillement.
Tout de suite nous nous dirigeâmes vers le point central, le point culminant, la great attraction, le « clou » de cette exposition interminable et interminée, vers le great Basin. Nous longeàmes l'Horticultural building, vaste caserne dominée par un dôine assez laid pour que je n’insiste pas et presque entièrement remplie d'oranges échafaudées — ce qui est drôle pendant cinq minutes et fastidieux pendant vingt. Nous franchimes des canaux capricieux et coquets sur de petits ponts en dos d’âne mi-chinois, mi-Vénitiens.
Enfin, tournant à droite, nous laissâmes le Fisheries-building aux pilastres romans si heureusement adornés de tousles poissons de la création et de tous les crustacés des halles centrales. Nous cotoyâmes l'immense bâtisse du ‘‘government ‘‘et du ‘manufactures and art” building et bientôt une éclaircie nous avertit que le Basin, la pièce de résistance, le clou architectural du Worlds-Fair n'était pas loin.
Au moment où nous débouchâmes sur l'immense et somptueuse piazza baptisée Great basin par | guide officiel, le soleil qui, pour un moment, avait voilé de lourdes vapeurs sa face resplendissante, se dégageait enfin et tombait d'aplomb sur ce décor absolüment théâtral. C’était le triomphe du carton plâtre: mais il eut été profondément injuste de ne pas constater l'effet très réussi de l'ensemble. A nos pieds, courant entre deux rampes de balustres semées de statues et de plantes vertes, un canal dans le goût vénitien aboutissant à une pièce centrale gigantesque ; des gondoles couraient sur les eaux jaunâtres et peu engageantes du Michigan, conduites par des troubadours de pendule. Je reconnus avec horreur les derniers figurants d'Aaydée, Il n y manquait qu’une ritournelie d'Auber.
Culottés d'azur, une petite veste rose faisant ressortir la louräeur de leurs... bases anglo-saxon nes, des gondoliers grands, roux, affreux, maniaient l'asnpect avec une grâce d'éléphant s'essayant aux révérences. Mon regard ne s'arrêta pas longtemps sur cette fâcheuse réminiscence, chez nous réservée aux seuls bronzes de bazar. Je levai les yeux -et je restai surpris. À perte de vue un étalage de palais, de colonnades, de porches, de tours, de frontons.. s'étendait, du Michigan que masquait une rangée de corinthiennes alignées par quatre jusqu’à une espèce de building qui ressemblait prodigieusement à un œuf privé du sommet de sa coquiile. Peut-être était-ce un hommage à Chris toforo. Sur les deux côtés du rectangle les architectes américains avaient tenu à accumuler les splendeurs architecturales et à faire parade de leur érudition. Erfuhrt ayant eu un parterre de
MMENSE rois, Chicago se devait un assemblage de palais à
à par Île faire loucher la dame au tanreau autrement dite
nt,avait Europe. Je retrouvai dans chaque détail de ce
dissante, vaste tableau le Parthénon, Saint-Marc, la Colon-
) sur ce nade du Louvre, Saint-Pierre de Rome, la Géralda
mphe du de Séville, les pièces d'eau de Versailles, les mo-
ment in- numents de l'Espagne gothique, ceux de l’Espagne réussi de mauresque.… Un éblouissement de ressouvenances! tre deux — Et Christophe? arguai-je, ne voyant rien le plantes dans cette immense machine qui me rappelât le outissant héros sous l'invocation duquel on l'avait placé ?
gondoles — Voyez l'orfèvrerie, dit le docteur, toujours gageantes distrait.
adours de — Pardon fis-je, je n’ai pas dit Christophle. s derniers — Ah! s'écria. l’anthropologiste, j'avais cru enineritour- Bindre. | | — Et puis, fitle Prince, vous êtes profondément |
ose faisant irrespectueux. | | Fine lo-saxon- — Soit, consentis-je; où trouvez-vous dans maniaient tout cela trace de Colomb P À part l’administration ut ayant aux building qui offre aux admirations du monde 4 the ongtemps l'œuf... le fameux œuf... UN à ous réser- M — En effet, appuya M. de Julvécourt, l'homme iles yeux uui a découvert l'Amérique eut eu droit, ce me : Stalage de semble. |
+ tours, de — Mais interrompis-jé, Colomb n'a pas décou-
masquait ert l'Amérique. — Ah bah, gesticula M. Léandri
ar quatre e nest pas Christotoro Colombo né à Calvi
essemblait Corse) qui a fait au nouveau monde l'honneur de met de sa e découvrir! Monsieur vous me rendrez raison 2 à Chris Nune aussi violente entorse à ia vérité historique. les archi- — Pourtant, tremblai-je, il a été démontré jusmuler les Mu l'évidence que bien avant Colomb des navi-
parade de Buteurs venus du vieux continent avaient débarirterre de Au...
M. Léandri devint rouge. Il me regarda d'un air qui ne présageait rien de bon...
— Monsieur, fit-il, seul, un corse pouvait trouver l’Ainérique et si ce n’est pas Colomb alors c'est quelqu'autre fils de l1 vieille Cyrnos!
— Non, déclarai-je, et si votre colère doit frapper un coupable, que les Dieux détournent de moi votre ire. Si quelqu'un mérite vos anathèmes, ce n’est pas votre modeste journaliste decompagnon,
— Qui est-ce, alors, Monsieur, qui est-ce, clam: f
notre ami.
Le Prince s'était mis à tousser éuergiquement.
Je laissai passer l'accès et très carrément.
— L'opinion sur laquelle je me base, réponds. je, est celle d’un américaniste émérite, d’un américaniste dont le nom fait autorité.
— Eh oui, finit par dire le Prince. Vous cite là un sateur quigêne ma modestie, Sans cortesterla découverte des côtes Nord Est de l'Amérique par des navigateurs scandinaves, et sans par consé. quent causer la moindre contrariété à M. de Chateaubriand qui s'est beaucoup étendu surk question dans la préface de son voyage, je fi au congrès international des anthropologistes er 1888 à New-York une communication qui va sans doute affliger notre ami Léandri. Il est posiible, c'est même probable selon moi, que le continent américain ait été découvert auparavant par ls Chinois.
Un savant français a découvert de nos jours, dans un ouvrage chinois très ancien, le récit de voyages de quelques prêtres chinois dans un pay très éloigné qu’ils appelaient Fu Sang et que loi suppose être la côte nord-ouést de l'Amérique « Cette supposition, ajouta le prince, peut étre
exacte, comme elle peut être erronée. Nousn'avons pas le moyen de la vérifier. Mais il est un fait que
arda d'un
vait trou- nous connaissons : c'est que mon ami, M. Désiré mb alors Charnay, dans ses explorations au Mexique, a os! M Omouvéà Palanqué un symbole boudhiste repréoit frapper sentant l'idée de la perfection morale. Ce symit de moi bole est très commun en Chine, où l’on peut le fhèmes, ce voir peint sur de nombreux monuments. J'ai même )mpagnon. en ma possession une antiquité chinoise sur la- -ce, clam D quelle se trouve ce symbole. Or, un objet exaclement semblable a été trouvé au Mexique. Ces ziquement. coincidences sont au moins curieuses. nent. — D'ailleurs, conclut le petit fils de Lucien, , répondis- Colomb n'a pas été oublié et si vous voulez vous d’un amé- donner la peine de traverser cette place ensoleillée vous découvrirez sur la gauche une reconsti- Vous cite tution du couvent de la Robida et là doit être cortesterla réuni tout ce que l’on a pu rassembler de reliques érique par Colombiennes.
s par const — Go-ahead! dit M. [e Pierrefeu, mettons le
é à M. & cap sur le point indiqué.
endu sur li Nous « mimes le cap » et nous commençâmes age, je is par longer le great-basin. Cette superbe pièce plogistes en’ d'eau avait fort bon air. L’'Agriculiural Building, qui vasawsh le Machinery-Hall, les bâtiments de l'électricité, st possible, des mines, des manufactures and liberal arts lui e continent faisaient un second plan de colonnades variées, ant par ki presque tuutes de mode Corinthien. Tout cela était neuf, féeriquement blanc et, sous l’averse e nos jours des flèches solaires, prenait un aspect grandiose le récit dl — ct même artistique. Aux points d'intersection ans un Pa) des canaux, des rostres s'érigent, construits selon , et que Vo la plus pure tradition attique. De lourds animaux l'Amérique de plâtre — vus à une certaine distance — sup- , peut été portables, s’enlevaient sur un repoussoir de pal-
miers, de phénix, de canas aux larges éventail
vert sombre, contribuaient à donner un cachet civilisé et européen au p:norama gigantesque qui déroulait de tous côtés son paravent de palais.
Nous nous arrêtâmes devant la galerie allégorique,
là grande fantaisie monumentale de Frederick Mac-Monnics.
De chaque côté de l'esquif antique, deux ran. gées de rameuses, — chiourme succulente — , le
‘ corps légèrement incliné sur leurs avirons pous-
saient vers le lac la hautaine silhouette de la Columbia, assise au sommet du vaisseau, dns une cambrure aristocratique des reins, sa poitrine élégante dégagée de tous voiles, pointant orgueilleusement dans l'air bleu. Cette tête froide mais fine, ce coup long, ce torse allongé et robuste en sa délicatesse même, tout cela me parut le type même de la beauté américaine et je restai convaincu qu'un modèle de pare race Yankse - une Philadelphienne sans doute puisque c’est là que de l'avis général se rencontrent les plus jolies misses de l'Union — avait posé pour cette pièce du groupe. Il y avait là-dedans beaucoup de raideur, mais aussi ce que j'appellerais une « ironbeauty » «une joliesse de fer ». Ces filles de pionniers cachent en effet d’'inusables muscles sous la plus frêle des apparences!
Quant à la Liberté d’or qui faisait face à l’autre bout de la Piazza à la fontaine allégorique, je n’en parle que pour mémoire'et comme d’un devoir fort bien fait : une copie grecque non sans mérites.
La seule grosse faute commise sur ce point capital de l’ « exhibition » futà coup sûr la colonnade qui derrière cette Minerve colossale barre l'hori-
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on. Pourquoi avoir masqué complètemert le hc? Ah! qu'un architecte de sang latin eut tiré
Lie cette immensité glauque de beaux eftits de
perspective. Les Grecs cachaient-ils donc les flots
Bd: sinople de leur archipel et n’édifisient-ils pas
au contraire leurs temples dans les conditions panoramiques les plus vastes! Pourquoi cette burne stupide mise à l'espace et ne pouvait-on laisser au moins un dégagement central, un haut portique qui eut joué les « perspectives » du cap Sunnium et autres « points of view » célèbres !
Ainsi réfléchissant, nous étions arrivés au « Couvent » réinstitué de la Robida.
— C'est en effet, dit le Prince, l'exacte reconstiution du cloître où Colomb vint chercher les encouragements moraux dont il avait grandement besoin. Ce fut là que le prieur franciscain, Frère de Marchenna, recut le grand homme affligé, rebuté et sur le point de renoncer aux glorieuses pensées qui étaient sa vie même. Le navigateur éprouvait alors toutes les déceptions. Il faut, pour soulever c2s questions pareilles à des mondes une force d'âme, une énergie, une persévérance qui lorsqu'elles manquent au génie le font avorter.
n Peut-être existe-t-il en ce moment des Napoléon,
des Newton, des: Colombs, végétant obscurément en d'infimes conditions. Il manque peutêtre à leur intelligence les conditions de développement nécessair.s, i: leu: manque surtout la lorce. Etre irréductible. Htre 1ort, ne jamais perdre une seconde le but. Voilà le secret des éclosions sublimes du génie. Galilée, Colomb, Descartes, Fulton, autant de chercheurs illustres, qui, sans la trempe d'acier de leur. âme persévérante et convaincue & usque ad mortem », n'eussent fait
PIE TPE Ms + À - Li
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que de bons professeurs. Donc Christophe comme vous l'appelez irrévérencieusement passait un
vilaiñ moment de doute et de fatigue et ce sera’
l'éternel honneur de ce franciscain, demeuré cer. tainement obscur aux yeux des siècles sans cet épisode, d'avoir réconforté le seul homme au monde qui eût conscience d'un continent inconnu placé par delà les flots de l'Atlantique.
Grâce à son influence Colomb put exposer ses idées à la reine qui se laissa enfin fléchir. Ferdinand et Isabelle n'avaient pas grande confiance au fond dans l'entreprise du malheureux grand homme. Sans l'influence du clergé, si puissant alors, l'honneur de découvrir l'Amérique était réservé à quelque autre ; mais un siècle ou deux se fussent peut-être écoulés avant qu'un marin eut l’audace et la conviction nécessaire pour franchir l'énorme étendue des mersintercontinentales!
— Alors, fit M. Léandri, ce prieur fut pour le célèbre corse un véritable collaborateur.
— Vous l'avez dit, répondit le Prince.
Nous franchimes le seuil du cloître, Dès le vestibule une désastreuse « mistress » vendait d'affreux souvenirs bagues, médailles, presse-papiers, cuillers, On sait que la manie des américains consiste à acheter dans tous les coins plus ou moins vantés par les guides de petites « spoons » souvenirs. Peut-être est-ce encore un hommage at navigateur. Ils pensent à l'œuf en dégustant les « eggs boiled » du « breakfeast. »
Ce musée nous fut une déception. La seule chose à voir nous parut être de vieilles gravures assez curieuses indiquant l’état d'esprit terriblement naïf qui se déclara eu Europe après que la nouvelle des découvertes espagnoles y eut circule.
1e comme assait un et ce sera neuré cer- 2S Sat15 Cet omme au nt inconnu
'Xposer ses hir. Ferdi- » confiance reux grand si puissant rique était le ou deux qu'un marin > pour franatinentales:
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La seule >s gravures it terrible- Près que l4 sut circulé.
On croyait retrouvée la patrie des cyclopes, des hommes sans tête, des hommes arbres. Toutesles fabuleuses contrées qui teintent d'un vague si piquant et si délicieux les récits des premiers missionnaires papaux et de l'illustre Marco: Paulo, on les plaça dans ce monde nouveau encore si plein de mystères. Le royaume du Prêtre Jean et bien d'autres états dont l'enseigne restera sans doute et malheureusement éternellement insoluble pour nous, avaient intrigué les imaginations pendant tout le moyen âge. On voulut les revoir dans l'étrange pays de ces hommes rouges, tout bariolés d? teintures et vêtus de plumes aux tons éclatants. Mais, chose plus triste, ces anciennes et naïves estampes sontbien vite remplies duspectacle affreux des combats, des hécatombes, devrai-je dire, où ces inoffensifs, les naïfs et enfantins aborigènes deviennent pour la cruauté des aventuriers débarquant avides de conquêtes et hypnotisés par l'idée de l'or — une proie facile.
Les européens à coup de mousquet délogent ces infortunés presque nus, mal armés et superstitieux épouvantablement. C’est un massacre continu. Pan! Pan! les armes à feu font rage et par milliers, craintifs, ces pauvres diables s’enfuient laissant derrière eux le sol jonché de morts. Une étreinte douloureuse vous enserre le cœur. On a beau se dire que ces temps cruels étaient ainsi: que l'humanité a évolué: qu'une vie d'homme à cette époque pesait moins que l'existence d'une mouche, il est douloureux de songer aux ravages qu'exercèrent les Pizarre, les Cortès, les Almagrs et tant d’autres, Ils furent légion les bourreaux de l'Amérique et jamais on ne dira trop les fureurs de linquisition, la rage de mort qui poussa les
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prêtres espagnols à décimer ces populations sans résistance. Rappelons du reste que le clergé catho. lique n'eut pas le monopole des adieux abus de puissance. L'histoire si mélancolique et bien plus récente d'Évangeline, l'horrible brutalité avec laquelle .on brisa ( plus que la vie) le bonheur tout familial, la douce et mythologique société des Acadiens. Fut-ce là l'œuvre des papistes ? Non, — Mais si Longtellow a sauvé de l'oubli cette grande injustice ce n’est pas Marmontel qui ren. dra le même service aux Incas et à leurs peuples. L'histoire effroyable des indiens aux prises avec les conquistadores, tyrans capricieux et insatiables n'a pas trouvé d'historien compatissant et ému. Le malheur s'attache jusqu'à la mémoire de ces martyrs. Car les admirables sonnets de Jose Maria de Heredia sont plutôt une glorification des magoifiquès bandits au « sangre azul» qu'une vengeresse élégie sur les malheurs de leurs victimes. A part ces gravures du XVI* sièclerien de bien saillant dans cet énorme musée où l'on peut contempler les choses les plus inattendues, jusqu'à des évent='ls peints par des dames bien intentionnées et représentant de petits sujets rococos, jusqu’à un portrait de la reine Victoria (!! )età des paysages parisiens (! ! ) __ — Pardon, fit un de nos monoculaires compagnons, M. Périer, à un des gardes de cet étrange couvent, où est le rayon des articles à vingt-neuf sous!
— ] don't know, fit l'homme. Par endroits c'était en effet une succursale du bazar de l'Hôtel de Ville. Nousen vinmes même à découvrir une photographie du Czar Alexandre et de son impétiale famille. |
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gé cathox abus de bien plus s avec laheur tout ciété des tes ? Non.
ubli cette | qui rens peuples.
rises avec nsatiables it et ému, ire de ces Jose Maria )n des maine vengeictimes.
en de bien peut con- PS, jusqu d intention- OCOS, jus- (!!)età
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lroits c'éae l'Hôtel buvrir une sun impé-
— Pour Dieu, fit M. de Julvécourt en retirant son tyrolien. |
— Pour le czar, appuyai-je en soulevant mon haute-forme.
-- Pour la Patrie, finit M. Léandri en découvrant sa noire chevelure. Cela devenait un bric à brac sans intérêt. Nous allions partir quand on s'aperçut que le docteur manquait.
— Où diable a pu passer le directeur de la Revue d'anthropologie, interrogea M. de Pierrefeu.
— Il se confesse au père de Marchena, émis-je.
— [la été enlevé par des collègues américains et porté en triomphe au Geographical-Illinois- Institute, argua M. Léandri.
Mais comme nous nous livrions à cette orgie de suppositions, le Docteur en personne parut le visage rayonnant.
— Eureka, fit-il, j'ai trouvé!
— Quoi donc, attaquâmes-nous en chœur ?
— Un portrait de Colomb!
— Eh bien qu'y at-il là de...
— Un Colomb inédit ! |
— Quoi, interrogea le Prince Roland,un Colomb sans barbe. |
— Non!
— Avec barbe. :
— Non!
— Avec moustaches!
— Non!
— Avec favoris?
— Oui. |
Et triomphant le Docteur nous exhiba une médaille qu'il venait d'acheter pour le prix modique de dix cents. Or cette médaille dont les inscriptions avaient été rajoutées, gravées longtemps
après la fonte n'étaient autres que des rondeil:s commémoratives de bronze où s'étalait la tête
eu M, Grévy..….. de Grévy lui mème..ex-président et redoutable joueur de billard. À quelle occasion furent{rappées ces pièces commémoratives?.. Mystère et camelots. Rien ne se perd dans la nature et puisqu'on n'est pas d'accord sur le type définitil de Columbus pourquoi ne pus l'admettre comme un sosie de M. Cleveland où du général Grant!
Nous rimes de cette trouvaille bien étranve en effet let pour nous remettre de notre émotionnou: fûmes absorberquelquesfrenchdrinksaurestaurant français, une des deux oasis de cette phénoménale exposition où partout ailleurs le Ginger Ale est la loi et l'eau de seltz la raison d'Etat,
Le reste de la journée fut employé à parcourir le vide immense et morne de ce W'orld's l'air, Beaucoup de chiffres, beaucoup de graphiques, beaucoup de réclames surtout. Quant à cette sance dont j'ai parlé, à cet assaisonnement sans lequel une exposition universelle ne saurait intéresser, attirer le public: elle est absente à peu près de partout. Pour en finir une dernière fois avec la foire du monde je citerai quelques extraits des lettres que j'adressai à cette époque de Chicago même à Paris. Quant à l’exactitude des sensations, malgré la verdeur de mes expressions d'alors, je ne me sens aucunement l'envie d'en atténuer la sévère mais juste portée.
À mon sens disais-je, seul parmi tous ces bitiments, la transportation building avait un cachet réellement américain :
Chicago, le 1° juillet Il me faut aujourd'hui parler de Midway-Plai-
voisi ries,
parle enfot liber:
quelc qu'un malhc NNEX ména t de:
‘ondeliles a tète dl président
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la nature e définitil e coime 11 Grant!
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noménale sr Ale est
parcourir
rld’'s l'air.
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ns lequel ntéresser, u près de bis avec la traits des se Chicago ansations, d'alors, je tténuer la
ces btin cachet
llet
ay-Plai-
sance. Qu'est-ce que Midway-Plaisance? Une sorte de dérivatif à l'ennui prodigieux qu'engendre la vaste (oh! combien vaste) monotoniedu World's Fair. Dites aux gens de Chicago que leur exposition n'a pas les côtés récréatifs et joyeux des expositions parisiennes, ils vous répondronten souriant finement: Avez-vous vu Midway.
Ce paradis tant vanté est une sorte de petite exposition à côté. En descendant du steamer, il faut traverser dans toute sa largeur l'enceinte absolument dépourvue d’ombre du World's Fair, Sur toute cette route saharienne ne cherchez pas un café, une buvette, une oasis quelconque, un bock sauveur. Oh! soda-water, seul rafraichissement autorisé de cette immense machine, que de crimes on commet en ton nom!
Soutenu par l'espoir des jouissances promises vous passez devant les Beaux-Arts, les pêcheries, le Woman's building, vous vous lancez dans une avenue aveuglante., vous atteig: :z enfin une voûte au-dessus de laquelle passe en grondant un railroad... et à cent mètres plus loin vous êtes dans Midway.
C'est là qu'on a voulu grouper -- comme si ce voisinage eût été humiliant — les seules brasseles, les seuls cafés de l'Exposition — car je ne parle pas des deux catés (allemand et français) enfouis sur les bas côtés du Manufacture’s and liberal Art building —- où l'on se puisse délasser quelque peu peu en tête à tête avec autre chose qu'un verrede soda (ean de seltz vulgaris), Le malheur a voulu qu'on ait intercalé dans cette annexe les choses les plus disparates. I! y a là une hénagerie genre Bidel, ornée d'affiches hurlantes t devant laquelle on s'étonne de ne pas voir
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faire la parade. Il y a un concours de beauté où un industriel malin a réuni une soixantaine de fort jolies filles habillées — dit le barnum - avec les dernières créations des grands couturiers de Paris.
Il y a un village indou qui n’est pas terminé. Plus loin on achève un bourg irlandais — le plus pittoresque de tous, avec sa tour féodale écrasant les chaumières environnantes. On y verra, dit-on, des évictions très exactement reproduites. Voici maintenant un village allemand (que peut-il avoir d'allemand) avec un jardin au milieu duquel se dresse un kiosque. Dans ce kiosque se dressent également, raides comme des automates, les mu. siciens d'une musique militaire prussienne. Ces malheureux, qui doivent étouffer sous le drap ultra-épais de leurs tuniques,s'époumonnent dans le désert; le jardin est vide, complètement vide et les mesures de la Schiller-Marsch retentissent inutilement.
Le public fait défaut. En effet, entrée comprise, visite du musée (et quel musée?) et la moindre consommation absorbée, vous en avez au moins pour vos deux dollars! Voici maintenant un japolaircu nese-bazar, bien achalandé celui-ci et servi par dellame petits Japonais malins et adroits comme des singes perso Presqne en face se dresse une monumentale brastette serie viennoise où l’inévitable orchestre de tzigaonvi
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nes sévit. Je passe diverses attractions mi-forainesues € mi-commerciales, des installations non encor@Bains « terminées (! !} et j'arrive à la Roue, par un grandes pu
Utres Leur Dnt d, Ssan!
R (the great Ferris Wheet). Oh ! cette roue ! Voil donc la grosse surprise, le « clou », la great attrac tion de cette exposition. C'est avec cela quo devait éclipser l'énormité de notre tour Eiffel.
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18 terminé, S — le plus le écrasant ra, dit-on, ites. Voict eut-il avoir u duquel se , se dressent tes, les mvsienne. Ces sous le drap jonnent dans ètement vide retentissent
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C'est ce joujou colossal et cocasse qui devait donner au Worid's Fai: son cachet spécial. Seratelle seulement jamais achevée, cette « Ferris Wheel the greatest in the Worid »?
Au sein d’un échafaudage monstrueux, véritable fort verticale de madriers, on commence à distinguer les essieux de cette roue étonnante ou mieux les tourillons destinés aux essieux et dont la base qui doit supporter le poids principal est l'objet des soins du constructeur. Cette bizarre machine, inspirée en somme par les balançoires rotau +8 que l'on peut voir dans toutes nos fêtes, sera splendidement aménagée et ce seront des «cars » luxueux, éclairés à la lumière électrique, pourvus de tous les perfectionnements du confortable moderne, qui enlèveront à 80 mètres de haut les clients de la « Ferris Wheel. »
Seulement,tandis que chez nous on obtient déjà un mal de cœur moyen, un malaise parfaitement suffisant avec des roues de huit à dix mètres, que sra-ce quand deux mille cinq cent personnes décriront dans l'air une parabole de quatre-vingts
circulaire opéré à la hauteur des tours Notre- Dame. Que l'on fasse tenir deux mille cinq cents ersonnes aimant les syncopes artificielles dans étte roue, cela peut paraître fort, mais J'ai la onviction que la roue aura les proportions vouues et qu’elle marchera. Les ingénieurs amerians sont d'une force indiseutable pour élever à es puissances énormes les essais tentés dans les Litres pays.
Leurs maisons 4 quinze, seize et dix-huit étages nt des chefs-d'œuvre de solidité et, soit dit en sant, voici # peu près sur quelles fondations
elles reposent. Le sol de Chicago, si près du Mi. chigan, est mou. On y enfonce, à l'aide de moutons formidables, des arbres tout entiers, jusqu'à ce qu'ils forment un nouveau sol d’une solidité à toute épreuve. Là-dessus on coule souches de béton sur couches de béton, qu’on entrecoupe d'un système de croisements en poutres de fer ou même d'acier dont le nom m'échappe. Ces fonde. ments demandent deux ans de travaux; on y engloutit un monde de matériaux, après quoi la la maison à quinze étages s'élève comme par enchantement en six ou huit mois, au moyen d'un ajustage tout à fait remarquable de simplicité et de sécurité...
Mais c’est égal on eut pu mieux faire qu'un cerceau de 200 pieds pour glorifier le génie des ar. chitectes américains. La tour Eiftel n'est pas belle soit mais à côté de cette ‘‘Ferris- Wheel” elle devient une incomparable œuvre d'art.
Je me suis dirigé vers la Transportation Building.
C'est là, évidemment, la partie la plus neuve, la plus intéressante de la manifestation américaine,
D'abord, à part un faible essai de l’Allemagne, c'est Le triomphe de l'Amérique. Ni l'Angleterre, ni la France ne sont encore représentées. La France surtout manque totalement : on sait à la suite de quels embarras suscités et de quelles petites infamies commises par les douanes et les transports coalisés de l'Union.
Mais, en tant qu'exhibition purement yankee.il y a là des choses fort curieuses. Le Pullmann-Ci y éclate sous toutes ses formes, comme une sérit de météores. Réellement, ces wagons ont un luxe et un luxe « artistique » dont on n’a aucune idét
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en Europe. Le wagon impérial allemand a l'air, à côté d'eux, d’un jouet en zinc. Les bois les plus précieux, teintés avec des gradations savantes, rehaussés d'incrustations d'onyx, de laque, de nacre, de marbre, composent tout le revêtement supérieur. Les lampes qui éclairent le couloir central sont d'un travail parfait et, sous la triple épaisseur des tapis, on sent une voiture admirablement suspendue. Des «box » capitonnés on peut gagner un fumoir dont s’enorgueillirait justement les plus élégante garçonnière du quartier de l'Etoile. J'ai compris comment on pouvait voyager six jours et six nuits consécutives sans fatigue. Ce ; sont de véritables salons-bonbonnières, où tous EU les perfectionnements possibles ont été apportés. { 1e | Le jour où nous aurons des wagons-lits de ce mo-
dèle, le voyage de Paris à Nice ne causera pas |
plus de lassitude que celui d’Asnières à Versailles. FE
Les wagons-restaurants, beaucoup plus larges Le que les nôtres, ont aussi leur cachet de confortable : américain. Quant aux compartiments réservés, aux toilettes, aux plates-formes transformées en «observations », tout cela est à proclamer hautement supérieur aux véhicules même les plus récents de la vieille Europe.
Ce couplet entonné à la gloire du matériel des | tails-roads américains, il me faut montrer égale- | ment le revers de la médaille. Des gravures, des photographies, répandues à profusion, montrent les voyageurs servis par une foule empressée de serviteurs en uniforme, Des familles sympathiquement groupées sont l'objet des soins attentifs du conducteur, du porter, de tout le personnel du rain,
L'un des bas-reliefs du portique — bien vilai-
nement doré — représente cette scène touchante, Or, la vérité, la vérité brutale, absolue, la voilà: dans le personnel des rails-roads et des pulmanns, comme dans tous les personnels des Etats-Unis, il n’y a aucune, mais aucune règle aucune autcrité, aucune discipline. Tous maîtres, tous libres,
C'est très beau, en principe. Mais quand vous sonnez deux heures pour avoir un verre d'eau, quand un employé vous rit au nez et vous laisse à entendre, avec la grossièreté la plus infecte, « qu’il vous servira quand le moment sera venu », alors peut-être souhaiterez-vous un décor moins somptueux et un service plus sûr. J'ai vu des Arméricains — car en sa qualité d'étranger on se pourrait croire moins bien traité — j'ai vu, dis-je, des Américains furieux de ces façons de faire, mais avec une force d’amour-propre que nous n'aurons jamais, nous autres trondeurs de France, refréner leur mécontentement et me dire en souriant:
« C'est curieux, cela m'arrive pour la première fois. » En fait, même en laissant couler les dollars en cascade, vous n'êtes jamais sûr, aux Etats: Unis, que le groom qui vous sert daignera se déranger autrement que lorsqu'il le jugera nécessaire | et convenable.
Mais où les admirateurs du World’s Fair pous sent des cris d'enthousiasme, c’est devant l’histoire de la locomotive, mise en action sous les yeux du public par une série de pièces d’un haut intérêt. Toute la gamme des machines est là. Il yen a une cinquantaine, depuis le « vieux pionier» « old pioneer », la première locomotive qui ait amené des voyageurs à Chicago, jusqu'aux mons- ‘res sortis des usines de Baldwin ou de Brook, tt pesant 195,000 livres. Là se peut lire, ligne pa
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ligne, l'histoire d'une des plus extraordinaires conquêtes de l'esprit humain. Basses sur pattes, avec des cous trop longs, des allures alternatives de canards ras de terre ou de cigognes haut perchées, toutes ces machines témoignent une par une de progrès considérables. Parmi celles qui datent de quarante ans seulement, il en est qui sont de véritables montagnes roulantes au sommet desquelles se dresse comme un belvédère la logette des « engineers ».
Puis on arrive à quelque chose d’eftroyable, de difforme , d’inexplicable . Ce sont les grands chasse-neiges, nécessaires sur les lignes du Nord et du Canada. Rien n’en saurait rendre l'aspect
à apocalyptique.
Du font d’un wagon de dimension maxima et
dans lequel on distingue les forts rouages d’une machine à vapeur, se détache un éperon d'acier formidable. Tantôt cet éperon affecte la forme d'un coin, et cetangle de métal poli, haut de cinq mètres et long de huit, on se le représente battnt la muraille épaisse et durcie des neiges du Canadian-Pacific Railway ; tantôt c'est un tire bouchon, une spirale effrayante, dont la pointe a h grosseur d’une tête de bœuf, tantôt un volant àcoupant aigus, qui, paraît-il, décrit devant la machine des rosaces de neige fantastiques, envoant le déblai à 70 .pieds de distance. Tout cela est fort curieux et donne une idée des conditions tout à fait spéciales dans lesquelles opèrent les grandes entreprises de voies ferrées aux Etatsnis.
Dans les galeries supérieures, les bicycles et les icycles s'alignent avec une supériorité désespéante. [Il est évident que l'usage de ces appareils
est devenu à peu près général dans toute l'Amé. rique du Nord. Quelques exposants ont bien voulu soumettre à mes faibles lumières leurs dernières créations. J'ai pu constater qu'ils étaient arrivés à des résultats très brillants et que la légèreté de leurs machines était étonnante ; quant à la soli.
dité, ils ne paraissent pas en douter un moment, dans
Quant à la « transportation » maritime, elle est une bien faiblement et bien peu pittoresquement re. RE serm présentée. Des plans sur papier, deux ou trois sont coupes de steamers qui ont déjà traîné partout, RS pour d’affreux panoramas-réclames pour voyages Cook. ceux: toute cette partie du Transportation Buildingest Rétats pauvre, pauvre | 2 Mais
La partie carrosserie est amusante en ce qu'elle du tr: donne bien la note exacte du goût, du chic yan- Rques kee en fait de voitures. Le plus simple de uos Bon av coulissiers refuserait de paraître en un coin quel. tas de conque de Paris dans ces sortes de guérites admi- artiste rablement vernies et agencées, mais dont les coffres le sor traînent jusqu'à terre, en sorte aue toute la partie ca ». basse de la portière ne laisse émerger que le haut RL'inté du visage. On est littéralement enfoui là-dedans. Ai! <
Peut-être est-ce confortable ? Assurément c'est MBtitués
affreux. Combien plus affreux encore le goût des lanternes à dix étages et à dorures, argentures, nickelures et cuivreries dignes du huit-ressorts de Mangin. Ce sont de véritables phares de mauvais goût que ces appendices éclairants. Mais oùl chose devient du dernier cocasse, c'est quant on examine le ‘‘ cercueil de luxe.‘ Sous un triple verre biseauté et une débauche de tentures à chctoiements tendres, le cercueil apparaît tenant presque toute la place, tant le véhicule est res treint, — au rebours des nôtres. Involontairement
> l'Amé. on cherche, comme dans les pullmann, s'il n° en voulu pas à la portée du défunt une sétio da de lernières dités ‘* et d’appareils perfectionnés Rare: atrivés À menter cette ultime balade dans at pa gèreté de Sur ce sujet triste je termine ds à la soli- Il me faut citer, — au moins pour mémoi oment, dans ce court aperçu de l'exposition ARE , elle est une série de bâtiments qui Ontonel ment re- germe — d'excellentes idées. Pourquoi PAR : ou trois Msont-ils restés embryonnairesP Le cts “MRRALE partout, MRpourra, toujours est-il que pour que qui ges Cook.. ceux-là: Le Woman's Building et les p: ne pavillons des
ildinz est états partaient de deux intentions très h A Mais dans l’un, sous prétexte de PE
ce qu'elle MRiu travail de la femme — au point de une idée y chic yan- que surtout — dans les diverses ed artistile de uos Mon avait ramassé, à côté d'assez jolies ch monde ee quel. Mus de petites horreurs. Seuls, les ja ites admi- Martistes d'instinct au contraire des A pa tles coffres Mie sont que par raisonnement a qui ne e la partie MRcla ». Ils exposaient deux‘ intérieur rouvé le que le haut ML'intérieur du logis n’est-ce pas la fe S » nippons. là-dedans. Ah ! qu'il eut été charmant de voir ns a. ment c'est Mtitués avec des figures de cire et es dt le goût des panoramiques, une chambre Re a 2e argentures, pArISIeN, un appartement anglais, un b ; “ Salon ressorts de llen, une vérarndah Spoonole. un ne . iCÉ . : un Er voilà ! l'imagination américaine cipale fierté ve. et au classement et leur prinuns : enait surtout en l'occurrence de je he es aquarelles ‘‘ lavées ,, par la reine jai vu le dd ce peuple républicain que PSE engouement pour tout ce qui Hributorst‘ di oses aristocratiques. ‘ Royals conors‘* disait le catalogue et de ces deux mots
e mauvais Mais oùl t quant on
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