CHAPITRE VII
LES PREMIERS VESTIGES DE L HUMANITE
Des questions de tout genre se pressent dans l'esprit de l'archéologue désireux d'aborder l'étude des premières traces de l'humanité. L'histoire des peuples, celle que nons connaissons, est là pour nous attester qu'au momentoù une réunion d'hommes atteint l'apogée de la grandeur, de la science et surtout du bien-être matériel, la décadence est proche.
Que nous reste-t-il des civilisations anciennes, des monuments égyptiens, du luxe déployé au temps glorieux de Niniveou de Babylone?
Si nous n'avions pas déchiffré les hiéroglyphes gravées sur le granit des obélisques mutilés ou au seuil des tombeaux; si les fouilles des Champollion modernes n'avaient pas mis au jour de merveilleux monuments; si les pyramides ne clamaient pas encore, après soixante siècles, l'état intellectuel d'une société à jamais disparue, comment aurions-nous pu soupçonner la grandeur de la civilisation égyptienne?
Qui nous révélera la vie fastueuse des Pharaons, la science des mages et celle des prêtres égyptiens ? Ce que nous en soupçonnons en étudiant les Pyramides n'est que le pâle reflet de ce qu'elles étaient réellement.
La civilisation égyptienne a passé; la science des Grecs nous est parvenue toute mutilée; la gloire de Rome païenne s'est
évanouie; dans quelques siècles, peut-itre, nos coutumes, nos monuments, notre industrie, notre science avancée, nos livres accumulés à grands frais dans notre Biblithèque nationale, nos musées avec leurs incomparables richesses, tout cela disparaîtra pour toujours.
L'Europe dissolue, minée par les doctrines agnostiques, par des essais de morale sans base ni sanction, se précipite déjà vers la décadence ; avant la mort, la putréfaction des cadavres commence à l'envahir.
Les conséquences de l'enseignement sans Dieu ne se font jamais attendre : elles retentissent tôt ou tard sur la morale pratique. « Si je ne suis rien de plus que la brute, pourquoi consumer mes jours à des études pénibles? Pourquoi tant de recherches qui ne doivent aboutir qu'à me convaincre de la bassesse de ma nature? Si je méconnais les prérogatives de mon esprit et sa céleste origine, pourquoi prendre la peine de le cultiver? Dès que la raison n'est plus que le produit de la matière, et qu'elle est déshéritée dans l'avenir, la vertu n'est plus qu'un vain mot : c'est aux sens à gouverner l'homme.
» Des recherches sur les divers systèmes des philosophes anciens et modernes montreraient, d'une manière palpable, que ceux d'entre eux qui ont méconnu la grandeur de notre nature ont été ceux dont la doc-
oc
3JIO.U 13 SO lXO|IS
LU