‹ D'où venons-nous?Chapitre 43 sur 85 · L AGE DU RENNE · texte numérisé non relu

L AGE DU RENNE

Renne courant.

Mammouth.

Bovidé à crinière. MW^»^n^ S? ' Cheval avec couverture

Dessins daléolithiques sur les parois de la grotte de Combaretles (Dordogne).

de peintures murales sur les parois et les plafonds de certaines grottes.

La première trouvaille de ce genre remonte à l'année 1 889 : elle a été faite par un Espagnol : Dom Marcelino de Santuala, dans une caverne de la province de Santander, à Altamira, en Espagne.

Tout d'abord, on crut avoir affaire à une peinture récente, mais la couche stalagmitique sur laquelle on la voyait détruisait •cette première explication.

Successivement, les découvertes de la grotte de Chabot, à Aiguèze dans le Gard, de la Mouthe dans la Dordogne et de Pairnon-Pair dans la Gironde, contribuèrent à enlever tous les doutes sur la valeur artistique des populations de l'Age du Renne.

Actuellement on ne connaît pas moins ■de 27 de ces grottes, soit dans le midi de la France, soit en Espagne ou en Italie.

Il est très rare que ces dessins et peintures

soient à l'entrée. A la grotte de la Mouthe, ils en sont éloignés de g3 mètres et ils se continuent en pleine obscurité sur un parcours de 35 mètres.

Aux Combarelles, près des Eyzies, les peintures ne commencent qu'à 120 mètres de l'entrée et se poursuivent dans l'étroite galerie sur un espace de 110 mètres. Pour y parvenir il faut franchir des étranglements qui ont à peine un demi-mètre de hauteur.

A la grotte de Niaux (Ariège), l'une des plus intéressantes à ce point de vue et qui ne mesure pas moins de 1400 mètres, il faut aller jusqu'à 800 mètres de l'entrée pour trouver ces fresques antiques.

On ne peut parler de toutes ces découvertes sans citer les noms de MM. Cartailhac et Capitan et celui de notre ami M. l'abbé Breuil, dont les travaux assidus nous ont révélé de véritables merveilles.

ss

QUI SOMMES-NOUS

Ours des cavernes dessiné sur un galet par un homme de l'époque du renne.

En chaque endroit on peut constater que les générations d'artistes se succédaient, apportant chacun leur talent dans la décoration des murailles.

En général, on représentait surtout des animaux : rennes, mammouths, bovidés, bisons, etc.

Tantôt ce sontde simples gravures, tantôt le dessin est rehaussé d'un] trait peint en rouge ou en noir. Parfois ce sont de véritables fresques dont les teintes sont juxtaposées ou fondues avec un art étonnant.

Les plus belles appartiennent à la grotte de Font-de-Gaume, à celle d'Altamira et à celle de la Mouthe où quelques-unes atteignent à peine dix centimètres de hauteur. Mais Niaux est sans rival dans ce genre.

La couleur noire est formée d'un mélange de charbon et d'oxyde de manganèse délayé dans de l'argile.

Une lampe placée par hasard sur le sol dans un coin de la rotonde formant le fond de la caverne a révélé une série de sculptures sur le plancher argileux et dur de la caverne. Les mêmes animaux peints sur les murailles sont également gravés sur le sol. Les dessins sont du même style et comme

sur les parois quelques-uns des animaux sont percés de flèches.

Quels étaient donc ces hommes assez artistes pour tracer des peintures qui après des milliers d'années excitent encore notre admiration?

L'homme moustérien, obligé de lutter contre un rude climat, contre des animaux féroces ne lui laissant ni trêve ni repos, n'avait pu trouver des loisirs pour cultiver ses goûts artistiques.

Et puis de nouvelles races venues on ne sait d'où, de l'Asie sans doute où la civilisation était très avancée, avaient peu à peu supplanté les types néanderthaloïdes. Les individus qui représentaient ces races avaient le front haut, redressé, fortement bombé. Sans être absentes, les saillies sourcilières* offrent un développement modéré. Les pommettes sont très accentuées, Le menton est proéminent; et la taille, plutôt grande, est assez variable. C'est à Cro- Magnon, dans la Dordogne, qu'on a trouvé ce type pour la première fois en 1868, et cet abri sous roche situé aux Eyzies lui a donné son nom.

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