CHAPITRE PREMIER
OU SOMMES-NOUS
uelle étrange sensation je viens d'éprouver!
En cette nuit froide de décembre, alors que la Lune, répandant une dernière lueur sur le paysage endormi, effleurait l'horizon de son large croissant aux tons cuivrés, je suis monté à 1 Observatoire et j'ai dirigé mon télescope sur la planète Mars.
Semblable à un rubis étincelant, 'elle trône dans le ciel, non loin de Saturne aux anneaux dorés.
Il y a quelques mois à peine, elle était près de nous, et maintenant, la voici qui s'enfonce lentement dans les profondeurs célestes.
Mystérieux îlot perdu au sein de l'immensité, n'es-tu pas comme une énigme sans cesse renaissante offerte à notre science aux abois?
Pendant des semaines, tu as présenté aux astronomes terriens tes configurations bizarres, tes couleurs variées; tous les Observatoires ont tourné vers toi leurs instruments : appareils photographiques, modestes lunettes, télescopes géants: pendant plusieurs mois, nous avons essayé de surprendre tes secrets, et de nouveau, sans daigner nous satisfaire, tu continues ta course sur le chemin que te montre Celui qui dicte aux soleils des règles inexorables.
L'œil à l'oculaire, pendant cette nuit
glaciale de décembre, j'ai poursuivi mes dernières recherches, j'ai contemplé des heures durant cette terre du ciel: j'ai dessiné ses pôles glacés, j'ai fixé ses teintes nuancées à l'infini : bleus pâles de l'azur, verts tendres des prairies, bleus verdâtres des épaisses forêts, blancheurs de neige fraîchement tombée, jaunes orangés avec des pointes de bistre comme sur les cuivres anciens, couleurs atténuées des vieilles étoffes, j'ai tout noté et je n'ai pas encore compris.
Un à un, chaque détail est venu s'ajouter à ceux que j'avais aperçus les joursprécédents. Bientôt je dresserai une carte martienne; un globe immaculé est là, sur ma table, attendant son emploi. Sur cette blanche sphère de stuc, j'alignerai ce que l'on est convenu d'appeler tes canaux, je distribuerai tes mers et tes oasis, je délimiterai tes continents ocreux, et, l'oeil rêveur devant ces configurations, j'essayerai de pénétrer davantage le mystère que le ciel pose depuis des siècles à l'esprit humain.
Étoile sanglante des nuits de la Chaldée, je t'ai contem plée autrefois dans les déserts de l'Afrique; plus rouge qu'Aldébaran, l'œil du Taureau, tu regardais passer les caravanes s'enfonçant dans les steppes brûlés. Et maintenant te voilà rapprochée par mes instruments puissants; comme
OU SOMMES-NOUS
en un défi voulu tu t'offres à moi dans toute ta splendeur, et je ne comprends pas encore.
Ici nous sommes plongés dans la nuit, tandis que chez toi, sur l'hémisphère tourné vers nous, il fait grand jour; seul un mince et obscur segment limite ton disque échancré : laisse mon esprit s'en-
riot et la Polaire, le Dragon déroulait ses anneaux; dans la blanche Voie lactée, la brillante Cassiopée étalait ses étoiles
clignotantes.
En moins d'une minute, il m'a semblé franchir des millions de kilomètres, et cependant le ciel, celui que je connais et qui m'est bien familier, se dessine à mes
Le pôle céleste de l'hémisphère boréal. iD'après une carte de l'Altas de Fla.msteed.)
voler vers cette plage lointaine que le Soleil ne touche pas encore!
Et tout à coup, dans le religieux silence des choses muettes, par cette nuit glaciale de décembre, au milieu de cette nature endormie, sous la clarté scintillante des étoiles, je me suis senti emporté là-bas, sur cette obscure région martienne qui regardait la Terre. Je vis alors se déployer dans le ciel les mêmes constellations : Orion au Sud, la Grande Ourse non loin du pôle céleste; entre le Cha-
yeux comme si je n'avais point quitté ma patrie terrestre.
N'aurais-je pas rêvé? Ne suis-je pas plutôt sur la Terre?
Non, car là-bas, près de mon nouvel horizon, brille un astre inconnu : goutte étincelante de lumière, on dirait notre étoile du Berger; un tout petit point lumineux l'accompagne.
Plus de doute, c'est la Terre avec la Lune, son satellite.
Un télescope me les montrerait sous la forme de croissants éclairés par le Soleil,
OU SOMMES-NOUS
et quelques heures d'observations m'indiqueraient que cette Terre délaissée pour un instant se meut rapidement dans l'espace.
De l'observatoire que j'ai choisi, comme tu me parais minuscule, patrie aimée 1
Globe infime, grain de poussière perdu dans le vide du ciel, tu tournoies sans cesse, emportant avec toi les générations qui se succèdent d'âge en âge.
A ta surface, la vie est apparue autrefois, et maintenant l'homme a pris possession de son domaine. Chaque jour, il explore des montagnes réputées jadis inaccessibles. 11 s'est élancé à l'assaut de tes pôles qu'il commence à connaître. Il a sillonné tes mers et dressé des cartes de sa petite patrie. Il a fouillé tes entrailles pour en arracher les secrets; il a dénombré et délimité ses possessions; il connaîtra bientôt en détail la topographie du Globe où l'a rivé l'attraction, et lorsque son industrie aura établi ses usines, des régions tropicales jusqu'aux déserts glacés du Groenland, l'homme se reposera satisfait.
Tous les jours, le laboureur courbé sur le sillon voit le Soleil se lever à l'Orient, accomplir sa course, mûrir les moissons, rougir la grappe vermeille; chaque année, la trajectoire de l'astre subit alternativement les mêmes variations ; tantôt il passe, élevé au-dessus de nos têtes, tantôt, l'hiver venu, ses rayons obliques suffisent à peine à éclairer la Terre.
Pourquoi ces changements?
Tous les mois environ, les phases de la Lune se succèdent dans le même ordre, sa douce clarté illumine nos nuits et guide le voyageur. Alors que le ciel semble tourner tout d'une pièce, la Lune se déplace parmi les constellations, tantôt précédant le Soleil annoncé par l'aurore, tantôt se couchant dans le crépuscule du soir. De quels éléments est composé ce globe mystérieux dont le disque, parsemé de taches, ressemble à un visage tourné vers la Terre?
Et ces étoiles qui scintillent là-haut, que sont-elles?
Et les comètes qui sillonnent l'espace, d'où viennent-elles?
Sur près de deux milliards d'hommes peuplant la Terre, combien se sont posé ces questions? Combien peu, sur un si grand nombre, se sont demandé où ils étaient!
Règle générale, l'homme reste passif devant la nature grandiose qui, de toutes parts, sollicite son esprit.
Pourrait-il en être autrement?
Qu'apprend-on à l'enfant dans nos écoles? Juste ce qui lui est nécessaire pour gagner sa vie.
L'étude de la nature lui est dispensée avec parcimonie.
Les merveilles de l'Univers, il ne les connaîtra jamais; ceux qui pourraient le lui enseigner auraient d'ailleurs le strict devoir de taire l'Auteur divin qui les a créées; ils lui diraient sans doute que la Nature aveugle a tout fait; c'est elle qui, sans le savoir, aurait tout ordonné vers une fin mystérieuse dont chaque jour nous dévoile un plan merveilleusement conçu et réalisé.
Ils enseigneraient à l'enfant ces théories décevantes où l'on essaye d'expliquer tout par le hasard, comme si le hasard n'avait pas été imaginé pour cacher notre ignorance des causes sans cesse en action dans l'Univers.
C'est aussi le hasard peut-être qui guide l'insecte dans des actes déconcertants pour notre science humaine?
Avez-vous vu travailler VEpeyre de nos jardins? Savez-vous qu'en tissant sa toile cette araignée diligente accomplit son œuvre avec l'habileté consommée de nos ingénieurs?
S'agit-il, en effet, de poser, entre deux ou plusieurs points d'appui, une série de câbles destinés à supporter une charge donnée, posez le problème à de savants techniciens, ils parviendront à le résoudre après de nombreux et pénibles calculs.
Pour trouver semblable méthode, l'araignée ne fait point tant de façons; en une minute, elle a choisi son emplacement, tendu ses fils, agencé sa toile. Détruisez son œuvre et changez les conditions du problème, la bestiole recommencera en
OU SOMMES-NOUS
variant ses points d'attache; elle n'hésitera jamais. Soumettez toutes ces formes aux discussions d'une savante analyse et toujours vous reconnaîtrez que le problème a été résolu d'une façon parfaite. Toujours l'araignée a obtenu la plus grande résistance avec le minimum de matière.
Et l'on voudrait nous faire croire qu'en la circonstance cette solution élégante est due au hasard! C'est lui qui aurait enseigné cet acte admirable à la première araignée et qui, par hérédité, l'aurait fixé dans ses descendants!
Ainsi que j'ai eu l'occasion de le dire dans la première partie de cet ouvrage, le monisme n'explique rien, car il constate le progrès sans en donner de raison suffisante.
Les lois de la nature ne sauraient se créer d'elles-mêmes, pas plus que la matière.
C'est Dieu qui les a conçues et qui les fait se réaliser chaque jour.
Lui seul est présent à tous les phénomènes, quelque petits qu'ils nous paraissent; c'est Lui qni préside à tous les événements.
Il règle la vie du ciron, comme il anime de son souffle celle des soleils lointains.
D'une pensée, il a tiré de rien toute la matière, et par sa seule volonté il la peut faire rentrer dans le néant.
Et de même qu'il est le Créateur des lois physiques, Il est la seule vraie base de la loi morale.
Mais notre société actuelle s'ingénie à le cacher : chaque jour, on cherche à nous persuader de l'animalité de notre origine, pour mieux nous autoriser à vivre la vie de la brute.
On enseigne à l'enfant que les bonnes actions sont les actions utiles, ce qui revient à glorifier la loi du plus fort.
Et l'on voudrait que tout homme sain de corps et d'esprit ne se révoltât pas contre semblables doctrines!...
En France, l'enseignement de l'Astrononomie a presque disparu des programmes.
On préfère incliner l'âme de l'enfant vers la Terre et les choses matérielles, car, en
élevant son regard vers le ciel, il serait tenté peut-être de découvrir sa céleste origine et l'Auteur de ces merveilles.
On lui fait entendre que tout finit icibas. Son corps, ce serait lui tout entier : lui, cette substance inerte que le chimiste analyse dans ses creusets ; lui, cette matière cérébrale que le physiologiste découpe en lamelles, qu'il prépare à grands frais pour la soumettre à la puissance de ses microscopes ; lui, cet ensemble de cellules vivantes qui toutes concourent à un but commun et qu'anime le même souffle.
C'est en vain que la science humaine a cherché à scruter la matière pour en dessiner le dernier atome, et il apparaît de plus en plus à nos physiciens que leurs yeux, aidés des plus formidables instruments, ne le rencontreront jamais; la dernière particule échappera toujours, très probablement, à l'imperfection de nos sens.
Et c'est cette même science qui s'étonne de ne pas apercevoir, de ses yeux impuissants, cette substance consciente et inétendue que Dieu a créée à son image, cette âme qui anime notre corps et lui donne la vie!
Si notre corps constituait notre moi tout entier, je comprendrais la morale sans Dieu et qu'il nous fallût vivre comme les animaux. Pourquoi l'homme chercheraitil à connaître le mystère de sa création; pourquoi s'occuper des astres, de l'Univers supraterrestre; pourquoi calculer les éclipses, analyser la route des comètes? De quelle utilité creuser le problème de nos origines ou approfondir le mécanisme de la Vie; pourquoi chercher à prolonger notre existence ou contribuer aux progrès de l'humanité, puisque demain nous ne serons plus; pourquoi nous ingénier à comprendre la constitution du monde si nous ne jouons aucun rôle, si nous ne donnons aucune note dans ce concert sublime chanté à la gloire du Créateur?
Peu importe notre place dans l'Univers, puisque, rivés à la terre, celle-ci nous engloutira bientôt dans son sein et dispersera nos éléments aux quatre vents du
OU SOMMES-NOUS
ciel; puisque l'âme, d'après ces doctrines démoralisantes, ne serait qu'une entité inventée par la superstition des peuples!
En vérité, si nous ne sommes rien que de la matière, lesconceptions purement intellectuelles ne sont point pour nous. La doctrine dT.picurcnousconvient, la Terre seule est notre apanage; peu importe ce qui est à côté.
Celui-làseulement qui croit à l'existence de l'âme a le droit de se demander où il est, quel rôle il joue dans cet univers immense ouvert à ses investigations.
Seul, il a le droit d'apprécier sa supériorité sur ces mondes énormes tourbillonnant au-dessus de nos têtes, car en lui réside la Pensée qui le relie au divin Auteurdela nature.
Dans D'où venonsnous ? et dans Qui sommes-nous ?nous avons vu que, loin de pouvoir se passer de l'àme humaine, la science contemporaine, par ses déductions logiques, nous amène à prouver son existence.
L'homme peut donc se poser la question qui fait l'objet de ce chapitre : Où sommesnous ?
Kvidemment, nous sommes sur la Terre, mais la Terre elle-même, où est-elle?
— Dans l'espace.
— Très bien. Faut-il encore préciser?
Lorsqu'on désigne un endroit, on le fait
par rapport à un lieu déterminé, on le ramène à un point de repère.
Il y a donc lieu de creuser le problème et de chercher à pénétrer plus avant.
Nous tournons autour du Soleil qui, à l'heure actuelle, répand chaleur et lumière sur les corps soumis à son attraction. Mais le Soleil n'est pas unique en son genre.
La grande lunette de l'Observatoire Yerkes en Amérique.
Le Soleil, l'Astronomie nous l'apprend, n'est qu'une simple étoile.
Or, les étoiles que nous enregistrons par millions sur nos plaques photographiques éclairent-elles d'autres planètes, d'autres mondes, des terres où la vie pourrait se développer comme sur la nôtre? Autant de points d'interrogation que la science pose devant nous.
Il y a là des questions dignes d'intéres-
OU SOMMES-NOUS
ser au plus haut point le penseur et le philosophe. Ce sont toutes ces questions qui vont nous occuper dans les chapitres suivants.
Une étude de notre propre séjour au point de vue astronomique s'impose donc avant tout.
La Terre est une véritable boule isolée dans l'espace.
Cette vérité que notre science actuelle a mise hors de doute n'est pas neuve précisément. Les peuples anciens, beaucoup
Une région de la constellation du Cygne, d'après une photographie. (Extrait du Problème solaire.)
plus avancés en civilisation que veulent nous le faire croire nos historiens modernes, avaient des connaissances astronomiques très étendues.
Les philosophes grecs étaient de véritables ignorants en comparaison des prêtres égyptiens, et j'étonnerai sans doute plus d'un lecteur en leur disant que les recherches récentes opérées sur la grande pyramide de Chéops montrent que ses constructeurs étaient de grands astronomes.
Ils connaissaient la grosseur de la Teire, sa distance au Soleil, la durée de l'année solaire d'une façon précise, la marcheexactedes planètes, et très probablement la densité de notre Globe.
Leurs sciences naturelles étaient beaucoup moins avancées, et si le récit de la Genèse donné par xMoïse nous étonne par sa merveilleuse concordance avec les faits les plus certains et les plus généraux constates et mis en relief par la géologie moderne, il ne faudrait pas en conclure que l'auteur sacré a puisé cette connaissance dans la science de son époque; son savoir avait certainement une autre origine.
Il y a lieu de croire aussi, d'après certains faits, que la rotonditédelaTerre n'étaitpasinconnue de quelques peuples très anciens.
OU SOMMES-NOUS
Comment cette vérité s'obscurcit-elle aux temps de la Grèce antique et de la
La région Je la page précédente vue à C<£\i nu
Rome païenne, c'est ce que d'autres essayeront de vous expliquer.
Toujours est-il que les écrits des Pères de l'Église font souvent mention, et sans ambiguïté, de la rotondité de la Terre et de sa situation isolée dans l'espace.
Saint Basile, qui vivait au ive siècle, écrivait dans son commentaire sur la Genèse : « La Terre, dont l'étendue est si vaste et le poids si considérable, ne s'appuie que sur elle-même. » (IVe Homélie.) Ailleurs, il en donne la raison : « Il ne faut pas s'étonner si aucun soutien ne lui est nécessaire; elle est par son propre poids à la place qu'elle occupe. Ce serait contre sa nature de tomber plus bas, et il lui est aussi difficile de descendre que de s'élever. » (Ire Homélie.)
J'ai en ce moment le texte grec sous les yeux, il n'offre aucune ambiguïté.
Le chanoine Copernic et même Galilée n'ont donc rien inventé; ils ont tout au plus précisé et remonté le courant de leur époque. Mais, bien avant eux, saint Ambroise avait enseigné la même doctrine, et il est bien curieux de voir avec quelle aisance il commente le texte de Job : « Dieu a suspendu la Terre dans le vide. »
Son illustre disciple saint Augustin enseignait les mêmes vérités. Dans son livre De la Cité de Dieu, il écrit cette phrase
tout à fait significative : « La Terre se balance dans l'espace. »
En fait, notre science moderne ne saurait mieux s'exprimer, et en étudiant les mouvements dont notre Globe est animé, nous n'arriverons pas à un autre résultat.
Lorsque l'oeuvre destructrice du Temps aura enfoui dans les entrailles du sol les monuments de nos civilisations européennes; lorsque, peut-être, de nouvelles hordes de barbares descendues de l'Asie centrale remplaceront nos générations qui se hâtent vers la décadence et la mort, l'esprit reprendra peu à peu ses droits et, lentement, il retrouvera ses anciennes provinces.
Et lorsqu'un archéologue de l'an 4000,
Le grand équatorial de l'Observatoire du Vatican.
attardé sur les ruines de nos Babylones modernes, exhumera d'antiques parchemins à demi rongés par les siècles, il sera tout étonné peut-être de constater que ses contemporains s'enorgueillissent de leurs découvertes. En supposant, par exemple,
OU SOMMES-NOUS
qu'il soit parvenu à déchiffrer quelques lignes de cet ouvrage, il sera stupéfait de constater que longtemps avant lui on s'était imaginé que la Terre était le jouet dans l'espace de toutes les influences cosmiques. Et il conclura ce que nous savons nous-mêmes, c'est-à-dire que l'histoire est un perpétuel recommencement.
Continuons donc, sans nous lasser
jamais, la recherche de la vérité, et loin de dédaigner les théories des philosophes anciens, ayons une pensée de reconnaissance pour ceux qui nous ont précédés, qui ont amassé les matériaux dont notre science se sert chaque jour, qui ont patiemment observé les faits et qui, ainsi, nous ont aidés à pénétrer plus avant vers la solution des grandes énigmes de l'Univers.