‹ D'où venons-nous?Chapitre 48 sur 85 · NOTRE PLANETE · texte numérisé non relu

NOTRE PLANETE

Lorsque l'auteur de la Cité de Dieu, il y a quinze siècles, enseignait à ses contemporains que la Terre se balance dans l'espace, il ne pouvait soupçonner toute la peine qu'éprouveraient les astronomes futurs à démontrer cette vérité.

Maintenant, nous sommes à même de prouver que le Globe terrestre ressemble à une véritable bulle de savon cherchant sans cesse son équilibre et oscillant au moindre souffle.

La découverte de ses mouvements est liée à l'histoire de l'Astronomie, et vous n'imaginez pas ce qu'il a fallu de travail, d'expériences et de calculs, pour arriver à vous apprendre quels mouvements divers vous éprouvez pendant qu'assis tranquillement dans un fauteuil, au coin du feu, vous parcourez ces pages.

Située à 149495000 kilomètres, en moyenne, de notre Soleil, la boule qui nous porte décrit autour de cet astre un chemin presque circulaire.

Si tous les jours de l'année vous examiniez à l'aide d'une lunette le disque du Soleil, vous ne tarderiez pas à vous apercevoir que sa grandeur subit en apparence des variations régulières. Il paraît plus ou moins gros suivant la saison : ceci provient de ce que nous sommes tantôt plus loin, tantôt plus près de cette grande source de chaleur. Voilà pourquoi je vous

parlais d'un chemin presque circulaire.

Plantez deux épingles sur un carton blanc à une distance l'une de l'autre de 5 ou 6 centimètres; reliez-les par un fil non tendu de 10 à 12 centimètres, puis, à l'aide d'un crayon finement aiguisé, tendez le fil et tracez une courbe, vous obtien-

Deux épingles plantées sur un carton et un fil tendu au moyen d'un crayon permettent de tracer une « ellipse ».

drez une image de la route suivie par la Terre et les planètes autour du Soleil : c'est une ellipse.

Le procédé que je vous indique n'est pas de mon invention et ne date pas d'hier ; il y a beau temps que les jardiniers s'en servent pour tracer les ovales de nos pelouses.

Lorsqu'ils veulent obtenir des ellipses très allongées, ils écartent leurs deux

piquets et rétrécissent le cordon qui les joint.

Ont-ils besoin d'une courbe presque circulaire? Ils rapprochent aussitôt les deux bâtons, et l'ellipse prend une forme moins excentrique, pour employer l'expression des géomètres.

Toujours dans le même style, les piquets ou les épingles ayant servi à tracer la courbe déterminent les foyers de l'ellipse.

A l'un de ces foyers, placez une orange qui représentera le Soleil, et sur la piste elliptique, lancez une toute petite bille

Courbe nommée « ellipse »

avec ses deux fovers,

d'écolier; voilà l'image de la Terre accomplissant son orbite en 365 jours 1/4 environ.

D'un bout à l'autre de l'année, la Terre tourne autour du Soleil sans trêve ni repos, allant d'autant plus vite qu'elle est plus près de son foyer. Elle ne court pas dans ce trajet annuel de 936 millions de kilomètres, elle vole, elle fend l'espace comme un véritable obus; plus vite encore, puisqu'elle avance à la vitesse de 29 kilomètres 670 mètres par seconde.

Alors qu'une dépêche lancée de la Lune nous parviendrait en moins de deux secondes, savez-vous ce qu'il faudrait de temps au courant électrique pour parcourir la piste terrestre?

Imaginons un fil télégraphique figurant notre orbite; un employé lance sa dépêche

qu'il doit recevoir au retour sur l'appareil placé à ses côtés. Avant que l'aiguille du \ récepteur indique que le courant a parcouru les 936 millions de kilomètres de l'orbite décrite par la Terre, notre employé peut aller déjeuner; il a exactement 5i minutes devant lui. Ces chiffres bien compris sont effrayants; ils ne sont rien cependant en comparaison de ceux que nous réserve l'étude du monde stellaire.

Ainsi, nous voilà emportés dans le ciel à cette jolie vitesse de 29 kilomètres à la seconde; eh bien, ce n'est là qu'un premier mouvement.

Pendant que la Terre accomplit ce grand voyage d'une année, elle tourne 365 fois sur elle-même à la façon d'une toupie, présentant ainsi alternativement tous ses points vers le Soleil; et c'est ce deuxième mouvement qui nous donne la succession du jour et de la nuit.

Comme la Terre est tantôt plus près, tantôt plus loin du Soleil, vous pourriez vous imaginer que cette circonstance explique naturellement les chaleurs de l'été et les froids de l'hiver.

Pas du tout, et la meilleure preuve, c'est que le Soleil est moins éloigné de nos régions pendant l'hiver que pendant l'été. Alors que l'astre du jour, à la fin de juin, se trouve à i52 millions de kilomètres de la Terre, cette distance descend à 147 millions à la fin de décembre, soit une différence de 5 millions de kilomètres en chiffres ronds.

Cette faible variation, qui est tout à l'avantage de l'hémisphère austral où les saisons sont inversées par rapport aux nôtres, est d'ailleurs insignifiante.

Il y a donc une autre cause, et cette cause réside dans la hauteur plus ou moins grandedu Soleil au-dessus de notre horizon .

Un instant d'attention, et vous allez comprendre.

Prenons une toupie tournant sur une table autour d'une lampe basse.

Si notre toupie possède une grande vitesse, elle tournera «droit sur son axe», c'est-à-dire verticalement sans pencher de gauche ou de droite.

Page 1