‹ D'où venons-nous?Chapitre 63 sur 85 · C. Easton, astronome hollandais · texte numérisé non relu

C. Easton, astronome hollandais

ser à fond le sujet, qu'il me soit permis d'y revenir ici et d'expliquer d'une façon générale comment je conçois la structure et la formation de l'Univers stellaire.

Il y a d'abord un fait qui a été mis en relief tout récemment et dont nous devons tenir compte.

Alors que les étoiles augmentent en nombre à mesure qu'on approche de la Voie lactée, le nombre des nébuleuses diminue d'autant. Excepté les nébuleuses planétaires qui forment un groupe tout à fait à part, on dirait que les vraies nébuleuses se sont réfugiées loin du plan galactique et se sont groupées autour même des pôles de ce plan.

J'admets donc qu'au début, toute la matière composant l'Univers visible était répandue à l'état de diffusion extrême dans une sphère à peu près ronde.

Comme jel'ai déjà expliqué dans D'où venons-nous ? l'étude des lois mécaniques montre qu'un aplatissement s'en est suivi, ce vaste système était toutefois dans des

conditions très différentes de notre nébuleuse solaire. Pas de soleil central unique, mais des amas particuliers se groupant près du centre; en même temps, il y a eu tendance à la formation d'un anneau analogue à celui qui a donné naissance chez nous à la planète Jupiter. La résistance des matériaux a amené peu à peu une forme vaguement spiraloïde. Mais ici il faut éviter une confusion : dans les nébuleuses spirales, chaque globule brillant donnera naissance à une étoile, tandis que dans notre grande nébuleuse, ces globules énormes ont formé à leur tour des parties distinctes, d'autres nébuleuses dans la nébuleuse-mère, si bien qu'il en est résulté des amas gigantesques d'étoiles de toutes sortes.,

L'amas dont fait partie notre Soleil serait peu éloigné du centre.

Quant aux pôles de cette immense formation galactique, vidés de bonne heure au profit du plan équatorial, on comprend que la matière ait subi là-haut dans son évolution une sorte de retard. Ce qui le prouve surabondamment, c'est la distribution des étoiles les plus anciennes (étoiles rouges), qui sont pour la plupart fort éloi-

La structure de l'Univers.

(D'après l'astronome Easton.)

OU SOMMES-NOUS

Plus on s'éloigne du pôle de la Voie lactée et plus les étoiles se montrent nombreuses.

gnées de ces régions peu avancées. Tous les Soleils de la Voie lactée doivent donc, en

cette hypothèse, tourner à l'intérieur de leurs amas propres, et ces amas, à leur tour, sont sans doute animés de vitesses particulières qu'il est encore difficile de déterminer.

En tout cas, ce qui est certain, c'est que les nébuleuses ne sont pas, comme on le croyait encore récemment, d'autres Voies lactées situées à des distances fantastiques ; la plupart d'entre elles sont plus rapprochées de nous que les faibles étoiles; ces nébuleuses ne forment pas des Univers distincts de celui dont nous faisons partie.

Elles constituent la réserve des amas et des soleils futurs.

Pouvons-nous fixer l'endroit exact que nous occupons dans la partie centrale du monde?

Nos plaques photographiques ont-elles jaugé tous les espaces célestes? L'Univers que nous voyons s'étend-il toujours? Estil infini, comme on le répète souvent?

La Science peut-elle nous donner son opinion sur ce point? C'est ce que nous allons voir dans un dernier chapitre.

Groupement des nébuleuses aux / aies de la Voie lactée. (D'après Proctor.)

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