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LE MAUVAIS MOINS I

Son ami le poète était, au contraire, le type accompli du commenceur invétéré, prêt à tàter de tout, à goûter de tout, sans toutefois sortir, sinon par accident, du domaine de l'Eglise, où le retenait une obscure, mais indéracinable vocation. Au moyen âge, au treizième siècle, il eût été un de ces clercs gyro vagues, un de ces « goliards », qui s'en allaient d'abbaye en abbaye, colportant des légendes pieuses et de scabreuses chansons latines, incapable de se fixer, de se plier sans retour à une règle, amoureux des nouvelles figures, des sites inconnus, des aventures, et qui couraient toujours, persuadés que l'on n'est bien que là où l'on n'est pas.

Seul, le « moine » ne serait jamais parti. Le poète le mit en route. Dénués d'argent, mais munis de lettres de créance, ils allèrent à pied, cheminant comme des colporteurs, mangeant et couchant dans les presbytères, pas toujours très bien reçus, mais arrivant, par quelques mômeries, à se concilier la défiance ecclésiastique.

A la Trappe, le père abbé les accueillit, selon la règle de l'Ordre, avec affabilité, se souvenant de la constitution de Rancé, où il est dit des hôtes ; « On prendra garde de les trai-

ter avec tant de cliarité qu'ils n'aient pas sujet de croire qu'ils sont à charge et que leur visite est importune. »

Dès la première journée passée dans la paix du silence, ils furent également séduits et le poète résolut très fermement d'entreprendre là sont septième noviciat.

Il ne persévéra pas plus d'un mois et partit, laissant le « moine », qui, lui, ne devait plus sortir, — confirmant ainsi, une fois de plus, le mot terrifiant de Pascal : « La volonté propre ne se sastisferait jamais quand elle aurait pouvoir de tout ce qu'elle veut, mais on est sastisfait dès qu'on y renonce. » A la vérité, son mérite n'avait pas été très grand, si médiocre était la qualité de volonté à laquelle il renonçait. La règle fut, au contraire, pour lui, un puissant principe d'activité et il ne tarda pas à obéir mécaniquement, à marcher, comme une docile brebis, parmi le troupeau.

Après deux ans de noviciat, on l'admit à la profession; il prononça les trois grands vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, — et il se sentit très heureux.

Se lever à deux heures du matin, jeune jusqu'à midi, clianter au chœur, travailleraux champs, vivre de légumes et de fruits, cou-

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cher sur une planche, et bien d'autres austérités, tout cela ne tarda pas à faire partie de ses habitudes. D'ailleurs, le manque de nourriture et de sommeil l'induisit promptement en une sorte de torpeur ou d'hébétude dont il ne se réveillait jamais ; à de certains mo" ments, le matin et le soir, il lui semblait déjà être mort, ou du moins ne plus vivre qu'une vie de larve, et il ne reprenait un peu conscience de lui-même que dans les champs, au soleil, quand il fanait le foin, quand il fauchait le blé.

Pas davantage que la plupart de ses frères, il n'éprouvait les joies de la vie mystique, — et moins que le dernier d'entre eux, car il n'é tait ni dévot, ni pieux, ni même chrétien. Néanmoins, il suivait ponctuellement tous les exercices, se livrait aux prières et aux lectures prescrites, observait la règle en tous ses détails, sans zèle, mais sans mauvaise volonté. Sedebit solitarius et tacebit. Le silence lui était agréable : quel repos des inutiles et tumultueuses conversations, où jadis il avait fatigué et usé sa jeunesse!

Une seule fois, il fut ému, mais jusqu'à la peur, jusqu'au frisson. Il est d'usage, à la Trappe, que, si un moine meurt, on respecte

durant un mois sa place au réfectoire, et qu'à cette place vide on serve le repas du mort. Or, il arriva que ses deux voisins moururent presque coup sur coup — et, pendant un mois, il dut manger coude à coude avec l'absence de deux morts ! Cette impression d'abord extrêmement pénible, lui fut cependant salutaire, en lui enseignant qu'ils n'était pas encore assez détaché de la vie, puisque le contact de la mort lui était douloureux : quelques méditations le calmèrent.

D'ailleurs, son tour arrivait. Il vivait là depuis trente ans ; il avait soixante-cinq ans : c'est un âge qu'on ne dépasse guère à la Trappe, et que l'on n'atteint pas souvent. De grandes faiblesses le prirent ; il sentit, et tout le monde, que c'était la fin, et il se résigna à subir le grand cérémonial qui accompagne l'agonie des trappistes.

Selon la règle, il fut descendu dans la chapelle, et, là, couché sur un tas de paille pour recevoir les derniers sacrements, entouré de tous les frères. L'abbé, en étole violette, la crosse à la nic-in, récitait les prières des agonissants; les religieux, à genoux, répondaient. Quand les prières furent achevées, l'abbé, le

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voyant morne, les yeux durs, se pencha vers lui et l'exhorta :

— Parlez, mon frère, disait-il tout bas. On a vu ici, souvent, des péchés gardés jusqu'à la mort et, qui ne sont sortis des lèvres du pécheur qu'avec le dernier souffle de la vie. Parlez, Dieu vous écoute et vous pardonne...

— Mon père, dit le moribond, qui fut mort l'instant d'après, mon père, je ne crois pas en Dieu.

L'EVOGATEUR

G'étaitune très vieille dame toute parfumée, toute poudrée, toute macérée par les essences, si maigre sous la triste richesse de ses robes et de ses joyaux qu'elle représentait bien (effroyablement bien) le squelette mondain, la carcasse élégante qui n'a jamais dit son dernier mot et qui prendrait des attitudes jusque dans le néant.

Depuis qu'elle vivait seule en son vieil hôtel funéraire, où la poussière accumulée semblait un résidu d'ossuaire, sa vie continuait toute pareille (en réalité ) à la vie de ioies et de triomphes dont si longtemps avait joui sa beauté de jadis. Nul pourtant ne la visitait

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que de rares héritiers presque aussi vieux qu'elle et toujours mal reçus. Souvent, elle les reconduisait à peine entrés, sous ce prétexte d'une vésanique fallaciosité « qu'elle donnait un grand bal, le soir même, et qu'en telle occurrence une maîtresse de maison n'a vraiment pas le temps de s'attarder à des bavardages ». Elle ajoutait: « Je ne vous invite pas : ces fètes-là, ce n'est plus de votre âge. »

Or, « le soir même », une seule personne franchissait, assez discrètement, les portes de l'hôtel, — et les vastes salons dédorés ne s'éclairaient que d'une douzaine de bougies jaunes, luminaire de la danse des morts !

— Entrez, monsieur le professeur. Il ne manque plus que vous.

M. le professeur entrait, saluant avec la grâce d'un maître à danser, mais gcné dans son évolution par un chapeau très rouge qu'il essayait de cacher derrière son dos, et par une lamentable boîte à violon qui, immanquablement, heurtait le battant de la porte.

Débarrassé de ces accessoires, il recommençait son salut : avancer de trois pas en s'inclinant légèrement aux deux premiers pas et profondément au troisième ; là, on attend que la belle dame vous donne ses doigts à

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baiser, et, si elle ne daigne, on se retire modestement, la main sur le cœur.

Jamais la belle dame ne donnait ses doigts à baiser : M. le professeur se retirait donc modestement, la main sur le cœur, et. accordant son violon, demandait :

— Piano ou violon, madame la marquise ?

Madame la marquise faisait alterner: elle préférait les quadrilles sur le violon et les valses sur le piano.

— Jouez nous donc, dit-elle négligemment, le Quadrille sicilien.

L'évocateur entama l'introduction, les cou pies se placèrent en vis-à-vis et, au point d'orgue, voilà qu'ils s'avancent, se mêlent, se saluent,— et d'entre le murmure doux des robes froissées, un petit rire s'élève, s'égrène, s'éperle : la vieille marquise le reconnaît, — c'est le sien d'il y a soixante ans !

Bal de cour, le premier grand bal où elle parut, plus émue que le néophyte pour qui se déchire le voile d'Isis. Ce soir-là, elle inaugurait vraiment son âme de vierge civilisée, elle la conduisait aubaptème: s'entendre dire qu'on est plus jolie que « toutes les autres », — quelle bénédiction comparable à celle-là, et quelle bénédiction aussi efficace à insinuer en un

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doux petit cœur l'amour et la pitié de son prochain? Comme elle leur offrait volontiers, à « toutes les autres », l'orgueilleuse compassion de ses regards heureux, de son sourire de reine !

Après les compliments, les déclarations, — d'exquises phrases de romance, des murmures d'une douce musique, aussi douce en vérité qu'une mélodie de Marcailhou! Songez que tous ces jeunes gens vous affirment sérieusement que vous pouvez, d'un mot édifier le palais de leur félicité ! En a-t-on jamais dit autant à « une autre », depuis le commencement du monde, ou du moins depuis qu'il y a des bals de cour et des robes décolletées? Un seul mot — lequel? Il vaut mieux le taire, car il est dangereux, et dès qu'on l'a proféré, on est prise, ce qui est bien moins amusant que de prendre soi-même.

Cependant M. le professeur a épuisé les figures du Qadrille sicilien ; les ombres s'arrêtent avec la dernière note du galop, et, désenlacées, s'évanouissent.

— Monsieur le professeur, jouez-nous la valse des Saules.

Ceci est presque grave. L'initiée, devenue hiérophante, a joui des mystères et en a par.

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tagé les secrets avec un compagnon choisi, — mais pour être complète et vraiment femme, il lui faut la certitude du mensonge réalisé. Ce n'est qu'après avoir trompé qu'elle atteint à l'épanouissement absolu, à la véritable concience, à la liberté. La valse des Saules fut le prélude de cet affranchissement, qui s'opéra en trois phases: un baiser sur l'épaule, contre lequel on ne protesta pas ; une demande de rendez-vous, à laquelle on répondit ; le rendez-vous lui-même, simple formalité, puisque l'adultère était déjà réalisé en intention.

De ces trois phases, la plus agréable au souvenir, c'était sans aucun doute celle du baiser sur l'épaule, sensation inattendue et nouvelle ; — et puis le reste s'était répété tant de fois dans le cours des années !

Embarqué sur la valse des Saules, l'extravagant professeur pouvait naviguer des heures entières : le bateau descendait lentement ou furieusement le long d'un fleuve indéfini qui se jetait dans un autre fleuve et n'arrivait jamais, même après d'innombrables ramifications, à déverser ses flots d'harmonie dans l'océan du silence. La marquise fut obligée d'interrompre ; elle le fit avec politesse et prv3sque avec grâce.

— Merci, monsieur le professeur, l'histoire est finie. Jouez-nous, maintenant, je vous prie, la mazurka du Dernier Amour.

Sans hésitation, car son répertoire d'œuvres surannées était vaste, le professionnel évocateur se précipita dans le Dernier Amour, «mazurka brillante », et il balançait la tête en mesure, d'une épaule à l'autre, comme un métronome. Dès la troisième mesure, il entendit derrière lui un petit cri, mais il n'en fut nullement déconcerté ; seulement, tout en continuant de se balancer en mesure, comme un métronome perfectionné, il coulait pardessus son épaule des regards méfiants et tendait une oreille fort attentive aux progrès de l'émotion et au timbre des petits cris mystérieux ; peu à peu, il rassemblait ses jambes, se détachait du tabouret, prêt au brusque mouvement qui serait peut-être nécessaire.

La marquise se leva et vint s'accouder au piano ; elle avait vraiment l'air ému, trop ému et elle regardait son professeur de souvenirs avec des yeux terriblement reconnaissants.

C'était comme une quête, bien inutile, d'improbables audaces, — mais l'évocateur, inq[uiet, hâtant ses dernières notes, tout d'un

l'kvocateur

coup se levait, saluait, enlevait sa boîte à violon et mettant hardiment son chapeau, au mépris du protocole, disparaissait avec une extrême rapidité.

JOSE Eï JOSETTE

José était tout petit. 11 allait à l'école, en suivant les cliemins creux, en sautant les barrières, en se coulant à travers les haies, en musant et dénichant les nids, en cueillant les fraises ouïes noisettes, les surettes ouïes pimprenelles. C'était un garçon doux et obéissant; mais, sitôt seul, il redevenait aussi instinctif et aussi sauvage quune belette ou qu'une musaraigne. Pas plus qu'aucune créature humaine, il n'était fait pour obéir ; l'œil, pourtant, le domptait, ou la parole. Tant que l'impression subsistait il se courbait, humble sous la volonté du plus fort.

Un jour donc qu'il allait à l'école en faisant

tournailler comme une frondj la musette ou sa mère avait mis un morceau de pain et ime pomme, il rencontra Josette qui, tout comme José s'en allait à l'école.

Josette pleurait. Elle avoua qu'on l'avait punie et qu'elle s'était enfuie en colère sans mang^er sa soupe. Elle avait faim. José lui donna son pain et sa pomme, et la petite l'embrassa pour le remercier. Elle ne pleurait plus; elle eut envie de jouer. Ils jouèrent à aller à cloche-pied, à marcher sur les g^enoux, à se coucher sur l'herbe.

Le maître d'école, qui se promenait avant la classe, les rencontra et leur dit sévèrement :

— Vous êtes deux petits polissons ! Est-ce ainsi que l'on joue ? Il faut jouer sérieusement. Pourquoine jouez- vous pas à qui saura le mieux le nom de toutes les sous-préfectures, ou les noms des affluents de la Loire, ou les divisions du système métrique ? Vous finirez mal je le crains... (Il branlait la tète.) Et puis, et puis... Quoi ? Garçon et fille ! Les petits g-arçons doivent aller d'un côté et les petites filles de l'autre. José, va-t'en par ici, et toi Josette, va-t'en par là.

Puis, satisfait, il reprit le chemin de l'école :

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mais, peu à peu, ses cheveux se dressaient sur sa tète, car il prévoyait le malheureux sort auquel se destinaient ces enfants.

Il murmurait :

— Autorité, discipline, géographie, orthographe..., autorité, discipline...

C'était la fête de la paroisse. Le soir venu, on alluma les chandelles et on dansa. José, qui avait dix-huit ans et Josette qui eu avait quinze, étaient là, en leurs beaux habits, et aux premiers cris du violon s'étaient enlacés sous l'œil des familles cpii buvaient du cidre en parlant du temps passé, de la moisson future et des impôts plus effroyables que la grêle.

Quand la première danse fut Unie, Josette, sur un signe, vint retrouver sa mère :

— Josette ma fille chérie, je t'en prie, ne danse pas avec José. Son père est ruiné et lui n'est rien qu'un pauvre petit valet de ferme. Ne te laisse pas courtiser par ce garçon-là car tu ne peux pas l'épouser, nous n'y consentirions pas. A l'argent il faut de l'ar-

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gent, et tu as de l'argent, ma Josette, et José n'en a pas.

Ce soir-là, ils ne dansèrent plus ensemble.

José tira au sort et il fut soldat. C'est en ce métier qu'il apprit sérieusement ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Au bout de quatre ans, il possédait une morale complète et respectueuse ; il savait qu'il y a deux classes d'hommes : les supérieurs et les inférieurs, et qu'on reconnaît les supérieurs à la quantité d'or dont se brodent leurs manches. Ces notions ne lui devinrent pas inutiles quand il fut sorti de la caserne, car, dans la vie ordinaire, il y a aussi deux sortes d'hommes : les supérieurs et les inférieurs, ceux qui travaillent et ceux qui regardent les autres travailler. Comme il trouvait cette distinction toute naturelle, sans doute grâce à son instinctive philosophie, José travailla.

Josette ne s'était pas mariée. Ses parents avaient tout perdu dans un mauvais procès, et, pauvre vachère, elle allait traire les va-

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ches dans la rosée en songeant qu'il est bien triste pour une fille de n'avoir pas d'amoureux.

José, apprenant ces nouvelles, eut de la joie. Il fit confidence à son père de son vieil amour et de ses projets.

— Epouser Josette, dit le vieux paysan, une fille qui n'a peut-être pas trois chemises et qui se fait des jarretières avec une poignée de chanvre ! Tu n'es pas riche non plus, c'est vrai, mais nous avons fait un petit héritage, le blé a bien rendu cette année, et je te donnerai de quoi t'établir quand tu m'amèneras une bru qui ne soit pas servante. L'argent veut l'argent, mon fils ; il ne faut pas le contrarier.

Des années passèrent. José perdit ses parents et, au lieu d'un adorable bas de laine, trouva des dettes. Tout courage fut mutile et tout labeur. Gomme des souris, les hommes de loi grignotèrent le petit patrimoine, et José, un matin pendant qu'on vendait sa maison, prit un bâton et s'en alla, aussi loin qu'il

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put aller, chercher sa vie. Mais, à mesure qu'il allait, la vie fuyait devant lui, et il marcha tant et si longtemps, qu'ayant fait le tour de la terre, il se retrouva dans le champ, au bord de la route, où, pour la première fois, jadis, il avait rencontré Josette.

Il posa son bâton et, s'asseyant sur le revers du fossé, il tira de sa besace un morceau de pain et une pomme. Avant de manger, il réfléchit si tristement, si tristement que sa faim se passa et que la pomme et le morceau de pain tombèrent à ses pieds.

Il faisait froide même à l'abri du vent, il ramena sur ses genoux son grand manteau loqueteux et s'enveloppa la gorge dans la vaste barbe grise qui, souvent, avait eflrayé les petites filles.

Comme il songeait à cela, il entendit des cris aigus, et voilà des enfants qui reviennent de l'école, tout pareils à ce qu'il était il y a plus de soixante ans. Soudain, il comprit l'inutilité de tout et l'abominable stupidité de la vie. Il se leva et brandissant comme une fronde sa musette vide, il fit plusieurs fois le tour du champ tel qu'un halluciné.

Au troisième tour, il tomba dans un grand trou de feuilles sèches ; il y resta, et, comme

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