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CLAIRE. D

Le goût si peu calviniste, si longtemps comprimé, mais très-prononcé de la population genevoise pour le théâtre, avait été porté à son comble par la théâtromanie de Voltaire et de ses illustres hôtes aux Délices, à Tournay, à Ferney, etc., ainsi que par l'intérêt direct que «le vieux diable de Ferney, » comme on l’appelait à Genève, prenait aux représentations publiques des environs, où figuraient les premiers sujets de la scène française (Le Kain, le Genevois Aufresne, dont le vrai nom était Æival, ete.) et auxquelles, comme à celles de Ferney, on accourait de tous les pays voisins. On sait qu'après l’incendie du premier théâtre des Bastions, en 1768, les représentations furent transportées à Châtelaine, sur terre de France, où un théâtre permanent en pierres avait bientôt remplacé l’ancienne baraque de l'endroit. On sait également que notre vieille salle actuelle, objet au siècle passé de tant de soucis et de débats (sans parler de la fameuse lettre de Rousseau), fut une concession faite d’assez mauvaise grâce aux exigences des médiateurs armés de 1782. Ce qu’on sait moins, c’est que ce modeste bâtiment, condamné maintenant à céder le pas à une construction plus ambitieuse, a constamment été

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