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CHAPITRE III

sauvé déguisé. Toutes ces nouvelles, M. de Watteville de Cerlier les tenoit de M. de Châteauvieux, chez qui il avoit dîné la veille. Le courrier d'aujourd'hui apportera bien des nouvelles. Vous les aurez plus vite que nous. Mon B. P. (beau-père) eut hier une lettre de son fils (Rilliet-Huber), qui lui disoit qu’il espéroit que tout iroit bien. Sa belle-mère a failli périr en route; son arrivée en a été retardée, mais sa fille en ignore la raison; mon neveu auroit pu s’en mal trouver, — Voilà le petit chariot de M. Bouer qui vient chercher nos trois demoiselles pour aller courir dans la forêt d’Allamand. M. Naville sera leur conducteur. J'espère qu'il ne les versera pas comme celui qui menoit la petite fille de la chanson. . . . . »

De la même à la même, à Genève, de Germany, mardi matin, octobre 1789.

« Je me suis réveillée après avoir fait un songe délicieux. Je vivois avec une famille charmante ; la mère est ma meilleure amie; le père est si bon qu’il est impossible de ne pas l'aimer beaucoup; les filles ont aussi tout ce qu'il faut pour se faire chérir et regretter; tous ces aimables gens étoient iei avec moi; je commençois et finissois la journée avec eux ; j’étois heureuse ! Mais tout s’est évanoui après n'avoir duré qu'un moment; je voudrois dormir encore, mais il n’y a plus moyen. Il n’est que trop vrai que tout ce qui est agréable finit; le reste est éternel .

Les enfants, qui parlent continuellement de vous, vous envoient € beaucoup de tompiments.» Je suis chargée d’y joindre des amitiés sans fin pour vous et vos filles de la part des miennes. Sophie dit qu’elle ne rira plus, parce que son amie Nanette n’est plus là pour la seconder. M. Rilliet veut aussi vous dire quelques tendresses; prenez donc tous quatre ici

chacun ce qui vous convient. Le quatuor de Grermany vous en

envoie une assez bonne provision pour que la part de chacun. soit considérable.

Bonjour, chère bonne, aimez-moi, par conséquent soignez-

vous bien et écrivez-mol. »

De Monsieur ...,. Gautier, associé à la maison Grand et Oie, à son oncle (à la mode de Bretagne), l’ancien syndic J.-A. Guainier, à Genève, avec copie d’un reçu, signé comte de Virieu, de 2,400 livres en « don gratuit et patriotique à l’Assemblée Nationale, » qui décide qu’il en sera fait mention honorable dans son procès-verbal, du 3 octobre et 29 novembre, — de Paris, le 30 novembre 1789.

& Ce n’a été, mon cher oncle, qu'après avoir écrit une seconde fois à M. Za Borde de Merwille, qui ne nous a pas répondu, et lui avoir enfin parlé, que nous avons su qu’il falloit s'adresser à M. de Virieu. Je lui ai vite écrit, et voici copie de sa réponse et de l'extrait qu’il vous envoie. Vous le recevrez par première occasion, …. sur du gros papier. J’étois très-certain que c’étoit purement multitude d’occupations qui retardoit cette réponse. Les gens de Paris n’en sont pas mal assommés dans ce moment; qu'est-ce donc de ceux qui se marient, qui ont un appartement à faire ranger, une charmante amie dont ils ne peuvent s'éloigner, des convives et des gardes de district?

Je vous prie, mon cher oncle, de ne point vous inquiéter des discours faits aux ministres par-ci par-là, des retards ni des efforts de quelques gens intéressés à tout faire manquer. Tout ira bien cependant, et déjà nous avons la tranquillité, nous avons des subsistances, nous allons avoir des municipalités, et nous aurons bien aussi un plan de finances et une Banque nationale, et le tout le plus rapproché possible des idées de M. Necker. Les commissaires de l’Assemblée natio-

nale pour l'examen de la Caisse d’escompte ont fini leur exa-

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