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CHAPITRE III

men et paroissent ne pouvoir faire qu’un rapport très-satisfaisant.

Voilà où nous en sommes, mon bien cher oncle; Madame Necker est bien remise. ! Nos voisins du Brabant sont dans un état violent et ces belles provinces, perdues pour l'Empereur, achèteront cependant leur indépendance assez chèrement, — Recevez, mon bien cher oncle, mes tendres respects.

Il ne reste, dit-on, à l'Empereur que Bruxelle et Anvers.»

Vers écrits de 1789 à 1790 de la main du conseiller d'Etat Barthélemy Galiffe. — À vrai dire, il n’en faisait guère, surtout à cette époque; mais comme il se serait encore moins amusé à copier ceux des autres, et surtout des vers déjà imprimés, cette fable pourrait à la rigueur être de lui, ou peutêtre encore de son beau-frère le syndic Naville, qui cultivait ce talent avec quelque succès. — On devinera sans peine que les & Trois Frères » dont il est ici question, sont les trois Ordres des Etats Généraux de France, Moblesse, Clergé et Tiers Etat où Bourgeoisie; le reste n’est guère moins transparent.

Trois frères occupoient une même maison, Leur bien, leur intérêt, leur père étoit le même. L’un étoit au premier, le cadet au second, Le dernier de tous au troisième.

L’aîné battoit ses gens, chassoit, Buvoit et surtout s’amusoit ; Le second faisoit des prières, Le dernier faisoit des affaires Et payoit; le ménage alloit d’après cela Tant bien que mal. — Un jour la maison mal construite Craqua, fléchit, et tout de suite Du comble au fondement le mal se décela.

1 Les deux correspondants étaient proches parents du ministre d'Etat Necker, dontla mère était une Gautier-de Gallatin, sœur de celle du syndic Guainier.

Un architecte sage et qui par ses lumières, Ses talents, ses vertus sincères, Se faisoit en tous lieux admirer et chérir, Mandé dans la maison, la voit, dit aux trois frères : « Je puis la réparer, mais il faut vous unir. — Moi, dit l’aîné, moi voir mon frère Qui demeure au troisième! Ho vous riez, je crois ; Mais où donc ? J’ai l’âme trop fière Pour monter dans sa chambre, ou qu’il vienne chez moi. — Oh, disoit le second, je suis chez moi, jy reste; Le dernier doit payer, l’aîné doit ordonner, Moi jouir et ne rien donner.

— Mais, disoit le troisième avec un ton modeste, Au lieu de vous fâcher, tâchons de raisonner.» Vains souhaits, parole inutile; Ils s’injurioient tous sans titre et sans égard, Lorsqu’au milieu d’eux tous parut certain bâtard De la maison, qui faisoit l’homme habile, Crioit toujours, parlementoit, Sans qu’on le demandât, descendoit et montoit, Et ne restoit jamais tranquille, Raisonnoït sans principe et parloit sans objet, Le matin pour l'aîné, le soir pour le cadet.

Bien loin de l’apaiser, il augmentoit le trouble. Mais alors que l’on voit que le besoin redouble, La maison tombe et les écrase tous. François, François, qu’en dites-vous ?

De Madame la comtesse Pictet, née de Thellusson, à Madame Galiffe-Naville, sa nièce, à Genève en Suisse, de Nyon, ce 21 avril 1790.

«Je partage bien sincèrement, ma chère amie, ton chagrin sur la perte que tu viens de faire de ton bon Père. Quoique je fusse préparée à ce triste événement par les nouvelles que je recevois, cette fin pour toujours m'a serré le cœur. Ce digne

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