CHAPITRE III
vellent sans cesse et qui préoccupent tant. Les assignats forcés ont remis un peu de tranquillité dans les finances. Je vais de temps en temps assister à l’Assemblée nationale, c’est bien plus intéressant et instructif que les spectacles. On s'occupe à présent le soir de la municipalité de Paris. J'espère que cet ouvrage achevé, nous aurons la paix sûrement établie. En attendant nous allons passer notre été à une campagne à Passy, trés=près de-Paris 7.4. ">
Du conseiller d'Etat Barthélemy Galiffe à la même, chez M. Domenget, à Aix en Savoie, de Genève, 6 juillet 1790.
&« Nous menons, ma chère amie, une vie bien différente à Genève et à Aïx; ici nous sommes en paix et tranquilles jusqu'à six heures du soir; nous dinons et soupons en tête à tête, Annette et moi, tandis qu'à Aix vous êtes dès le matin par voies et par chemins, et tous vos repas sont des festins. Je souhaite que cette manière de vivre t’amuse. Votre société sera encore augmentée par Miss Cragfts que je vis dimanche. T1 me semble que tu parles bien promptement de ton retour. Tu me marqueras par le prochain courrier ta détermination finale, et si tu t’associes avec quelqu'un pour le retour; parce que, si tu reviens seule avec ta chambrière, je t’enverrai le carrosse-coupé avec deux chevaux.
Je vais demain boire le thé et manger les cerises de Madame de Châäteauvieux. Témoigne-lui le regret que j’ai d’aller chez elle pendant son absence. . . . . .
Votre société est charmante et je suis persuadé que je m’en trouverois très-bien; mais nous devons partir dimanche ou landi pour notre course à Bex, que l’on n’a pas pu différer; ainsi ma connoissance avec Aiïx et ses habitants sera renvoyée à une autre année. Fais mes amitiés et compliments à toutes
les personnes que je connois, et présente mes obéissances à
celles que je ne connois pas encore. Si ces aimables Dames de Lyon passent par Genève à leur retour, je serai très-empressé de les remercier de l'amitié qu’elles te témoignent. Madame de Saussure commence à sentir les bons effets de la douche et se soutient avec des béquilles, ce qui l’engagera à retourner à Aix le mois prochain; Madame Tronchin part dans quelques jours pour Plombières. Je viens d'envoyer chez M. le baron d’Espine, qui a passé une bonne nuit . . . . . . »
De Mademoiselle Anne de Gallatin à la même, sa cousine et plus ancienne amie, de Genève ou de Bel-Air (campagne Revilliod actuelle), 16 juillet 1790 (?).
€ Simon et Mademoiselle D'uchäteau n’ont point encore joué. On dit qu’il a envie de s'engager, mais que ne voulant pas se séparer de sa femme qui l’entretient, et de Mademoiselle Duchâteau qui est sa maîtresse, cela n’arrange pas Saint- Géran. Avec cela je crois que le directeur et lui jouent au plus fin, afin de faire de meilleures paches. En attendant, on dit que Simon et Mademoiselle Duchâteau joueront quelques opéras, mais non pas Didon que la troupe ne sait pas. . . . . »
De Madame Coste, née Jordan, Lyonnaise, à la même, à Grenève, avec laquelle cette dame s’était liée aux bains d'Aix en Savoie, assez intimement pour l’appeler sa «sœur » et Mesdemoiselles G. ses «nièces.» Elle émigra ensuite pendant ou après le siége de Lyon et vint se réfugier en Suisse, d’abord à Court, près Lausanne, puis à Préverenges et enfin à Constance; de Lyon, le 28 juillet 1790.
« Vous me demandez des détails sur nos affaires. Ils ne sont pas gais dans ce moment-ci, mais j'espère que le temps ramè-