‹ D'un siecle à l'autreChapitre 141 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

€ au Magnifique Petit Conseil de Genève, » du 25 août 1792, est signée par le baron de Gallatin, lieutenant-colonel d’infanterie et capitaine, Lect et Trembley, capitaines, Galiffe, lieutenant, Rülliet, Puerariet Fatio, sous-lieutenants. Dans plusieurs lettres adressées Ch Messieurs les officiers, bas-officiers et soldats du régiment de Ch., » le comte d’Artois et le prince de Condé s’empressèrent de donner les plus grands éloges à cette conduite, et firent tout leur possible pour grossir leur armée de cette troupe fidèle; celle-ci, qui ne demandait pas mieux, suspendit sa marche pour attendre le résultat de la correspôndance des princes avec ses Cantons respectifs; un officier (le lieutenant J.-P. Galiffe) devait se rendre en Suisse pour activer les négociations dans ce sens. Mais d’accord avec le Conseil d'Etat, le général Lullin de Chäteauvieux, alors à Grenève, devanca ces projets en se rendant lui-même à Bâle, pour signifier officieusement aux trois compagnies genevoises que la patrie allait avoir besoin de leurs services (Glanures ou pièces et citations historiques, etc., ete., par le baron Grenus, N'® 2 et 5; Frag. biog. et hist. du même auteur ; Reg. du Cons. de Genève, 1* au 4 septembre 1792).

Siége ow blocus de (renève par le général de Montesquiou,

et fin du gouvernement aristocratique.

Avant de passer au dernieret principal épisode de l’ancienne République aristocratique, il convient de rappeler ici lexiguïté et le morcellement de son territoire, composé, au delà de sa petite banlieue urbaine, de quelques parcelles microscopiques, enclavées dans les trois grands Etats voisins, dont les deux principaux s’avançaient jusqu'à portée de canon de Genève. Ainsi, les parcelles situées sur la rive droite du lac et du Rhône étaient comme perdues sur le territoire français, sauf

les deux petits fragments de Céligny qu’enserraient les terres de Berne; mais, à moins de prendre la voie chanceuse et souvent périlleuse du lac, les Genevois ne pouvaient s’y rendre qu'en empruntant le territoire de leur redoutable voisine, notamment celui de Versoix, bourgade que Voltaire et le ministre Choiseul s'étaient efforcés de faire fleurir aux dépens de Genève, à l’aide des mécontents de cette ville, et où se tenaient maintenant une douane, des gardes et une administration aussi peu favorables aux Genevois que la population du lieu.

Sur la rive gauche, on ne pouvait communiquer de Genève avec les enclaves genevoises qu’au travers des possessions sardes, où les relations internationales avaient été jadis plus précaires encore que de l’autre côté. Depuis quelque temps d’ailleurs, Carouge y jouait avec succès, à dix minutes seulement de notre ville, le rôle assigné sur la rive droite à Ferney et à Versoix. Sur les deux rives, depuis 1789, les idées nouvelles avaient gagné rapidement les populations rurales et bourgeoises, sans distinction de religion et de nationalité: le fidèle Mandement de Peney lui-même s'était tourné un moment, en 1791, contre ses anciens seigneurs et maîtres de Genève. Enfin sur les deux rives, les dangers redoutés par le gouvernement genevois devinrent exactement les mêmes dès l’envahissement de la Savoie par les troupes françaises, en septembre 1792, et les infractions de territoire d’autant plus fréquentes que ces troupes avaient, en quelque sorte, pour excuse la presque impossibilité d'éviter nos terres au milieu d’une pareille complication limitrophe.

Ce fut le 3 septembre 1792 que le Conseil d'Etat reçut, par une lettre sans signature, mais qu’on supposa venir du ministre de la République à Paris, J.-A. Tronchin, et datée du 26 août, le premier avis du bruit qui courait alors dans les régions officielles qu'il était question d’envahir la Sa-

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